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MÉTIER DE « COXEUR » : Dans le secret d’une corporation peu tolérée par nos concitoyens

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Chez nous, on les appelle simplement « coxeurs ». Leur métier consiste à se mettre volontairement au service d’appentis de cars rapides et « Ndiaga Ndiaye » comme rabatteurs de passagers. Méprisés par certains, voués aux gémonies par d’autres, ils déclarent à qui veut l’entendre qu’ils sont des citoyens honnêtes comme les autres. Conversation avec des éléments de cette corporation.



MÉTIER DE « COXEUR » : Dans le secret d’une corporation peu tolérée par nos concitoyens
Aux origines, le métier de « coxeur » était destiné aux chauffeurs de cars de transport en commun en inactivité pour diverses raisons. Le candidat à cette activité n’a plus la force de se mettre au volant pendant longtemps ou bien il est rattrapé par une invalidité, explique Maguette Mbaye, ancien chauffeur de car rapide devenu « coxeur ». « Le chauffeur de car rapide qui travaille en général dans l’informel, ne bénéficie ni d’une allocation familiale, ni d’une caisse de sécurité sociale », ajoute-t-il. Maguette Mbaye trouve salutaire l’initiative ayant abouti à la mise en place de ce corps de métier, car, sans cette parade, beaucoup de chauffeurs devenus impotents sombreraient dans une misère totale, ajoute-t-il. Maintenant, le « coxeur » fait partie du décor bruyant et grouillant des gares routières et grands arrêts de cars de transport.

Bountou Pikine ne déroge pas à la règle. Aux alentours de la station d’essence, ils sont presque une dizaine d’individus à crier haut et fort pour attirer les clients désireux de se rendre à une destination quelconque. Une bonne partie est composée de « coxeurs ». Ce sont des jeunes qui se sont volontairement mis au service des apprentis de cars rapides. Un volontariat qui n’a rien de bénévole. Dans la mesure où, après que le « coxeur » ait glané des passagers pour le car, l’apprenti bénéficiaire est tenu de s’acquitter, de gré et parfois de force, d’un « mandat » (pièces de monnaie pour service rendu) au risque de s’attirer les foudres du « coxeur ». Assis sur une chaise en plastique, les jambes croisées, les yeux derrière des lunettes noires, comme pour fuir les regards des autres, Mbaye Dieng reçoit de temps à autre des pièces d’argent des mains de ses autres collègues. Ces derniers défilent devant lui après le départ de chaque car rapide. Il s’agit en fait du fameux « mandat » dont chaque véhicule ayant déjà fait le plein est obligé de s’acquitter avant de partir. C’est la somme de ces « mandats » que les rabatteurs se partagent à la fin de chaque journée de travail. « Il arrive, à la fin de la journée, que nous nous retrouvons chacun avec 5.000 ou 6.000 francs, comme il peut arriver que nous nous retrouvons avec moins de 2000 francs Cfa », révèle-t-il. Dans l’un ou dans l’autre cas, le rabatteur qui a travaillé ce jour devra se mettre au repos pendant vingt-quatre heures, avant de reprendre le travail. « Nous formons deux équipes de cinq personnes et nous nous relayons toutes les vingt quatre heures ». Sous nos cieux, les « coxeurs » souffrent de l’existence de clichés véhiculés par les populations à leur endroit.

Des clichés à la peau dure

Il s’agit en fait d’une certaine opinion voulant faire passer le rabatteur pour un élément de la pègre locale, bon uniquement à être méprisé. « Ceux qui véhiculent ce genre de clichés ignorent que nous sommes des responsables de familles venus de partout du Sénégal dans le seul but de gagner honnêtement notre vie », se défend Mbaye Dieng. Le bonhomme ajoute également que tous les éléments qui composent le groupe sont titulaires du permis de conduire. « Il y en a également qui sont en train de passer le permis », nous répond Mbaye Dieng. Pour nous convaincre, il exhibe son permis de conduire. « Je suis titulaire du permis de poids lourd. C’est en 2001 que j’ai perdu mon travail », dit-il. Mbaye Dieng précise que pour ne pas donner raison à ceux qui les regardent d’un mauvais œil, que n’est pas « coxeur » qui veut. « Il nous faut d’abord être sûrs de la bonne moralité de la personne avant de l’accepter dans notre groupe », déclare-t-il. Il est tombé dans cette corporation après avoir perdu son boulot de chauffeur, « c’est pour éviter d’agoniser dans l’oisiveté que j’ai intégré la corporation afin de pouvoir continuer à subvenir aux besoins de ma famille ». Seulement, parallèlement à cette race de « coxeurs », évolue celle des « roggodiérou ». Ce sont des jeunes qui fréquentent les garages pour renforcer l’équipe de rabatteurs du jour. Leur démarche consiste à venir travailler temporairement afin de pouvoir disposer d’une somme d’argent à utiliser à des fins personnelles. « De temps en temps, je me transforme en « roggodiérou » dans le but de pouvoir meubler mes journées de chômage et disposer ainsi de quoi mettre dans mes poches », nous confie Saliou Ndiaye.

En réalité, Saliou est maçon de profession. Métier qu’il exerce au gré des humeurs de l’offre en chantiers. Quand il n’a pas de chantier, il rejoint ses amis rabatteurs pour éviter de rester les bras croisés. « Personnellement, je ne m’imagine même pas un avenir dans cette corporation. Je ne le souhaite même pas. Tout de même, j’aurais souhaité que l’état vienne en aide aux ‘coxeurs’ afin de leur permettre de sortir de la précarité comme le désirent les enseignants ainsi que les autres corps de métiers », dit-il. Mbaye Dieng ne souhaite pas plus.

Abdou DIOP
Source Le Soleil

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Lundi 30 Mars 2009





1.Posté par 2guntan le 30/03/2009 12:50
péééééééééééééééééééééééééééééééé

2.Posté par 2guntan le 30/03/2009 12:50
g oublié depuis france

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