Référence multimedia du sénégal
.
Google

MEISSA DIENG CHARGÉ DE LA COMMISSION ÉLECTORALE DE LA COALITION SOPI À THIÈS:«Karim est un militant du PDS qui a créé un courant de pensée et qui cherche à être majoritaire»

Article Lu 1526 fois

Meissa Dieng coordonnateur du comité électoral de la coalition Sopi 2007. Dans l’entretien qui suit, il a donné un éclairage nouveau sur les ambitions réelles de Karim Wade, fils du président de la République et surtout sur la Génération du Concret qu’il assimile à un courant de pensée dans le Pds.



MEISSA DIENG CHARGÉ DE LA COMMISSION ÉLECTORALE DE LA COALITION SOPI À THIÈS:«Karim est un militant du PDS qui a créé un courant de pensée et qui cherche à être majoritaire»
Le Matin : Est-ce que vous pouvez nous donner une idée de votre parcours politique au PDS ?

Meissa Dieng : Je milite au PDS depuis 1975, cela fait maintenant 32 ans. J’ai assumé beaucoup de responsabilités notamment au niveau des jeunes parce que de 1978 à 1992 pendant 14 ans donc, j’ai été responsable du comité de la liaison communale de Thiès. En même temps j’étais le coordonnateur au niveau régional des jeunes et secrétaire national administratif du directoire national des jeunes. Donc c’est à partir de 1992 que je suis sorti de la structure des jeunes pour intégrer l’instance des adultes. Depuis lors, j’évolue dans l’instance des adultes avec beaucoup de responsabilités parce que j’ai eu à évoluer au niveau de la section communale auprès de Boubacar Sall, ensuite auprès de Idrissa Seck comme secrétaire général adjoint. Comme vous le savez, depuis le départ de Idrissa Seck et de Nguirane Ndiaye, je suis resté secrétaire général adjoint de la section communale. Evidemment, il y a eu des remous et beaucoup de problèmes entre temps, et c’est ce qui a fait que le secrétaire général quand il est venu à Thiès pour les besoins de meeting du 11 novembre dernier m’a désigné comme coordonnateur du comité électoral de la commune de Thiès.

Vous n’avez jamais quitté le parti ?

Je n’ai jamais quitté le Parti démocratique sénégalais. Il y a eu énormément de problèmes, de mécontentements, de tiraillements, de tendances, mais malgré tout, je n’ai jamais quitté le parti.

Depuis les élections législatives et présidentielles, on a noté une certaine léthargie au niveau des structures du PDS à Thiès. Il y a également l’épineuse question du numéro 2 qui est agitée. À Thiès, êtes-vous pour ou contre la suppression de ce poste ?

D’abord, par rapport à la léthargie, je crois que cette question est agitée depuis très longtemps, bien avant les élections. Mais je vous dirai que le mouvement du PDS est un mouvement assez vivant. Ce que l’on peut noter, c’est qu’il y a une espèce de confusion depuis 2004 surtout avec la dissolution de structures qui a aggravé la situation. Dès lors on a assisté à un laisser-aller parce qu’il n'y avait pas de responsables autour desquels la vie du parti pouvait se mouvoir. Il y a eu dès lors des responsables de mouvements de soutien, des responsables traditionnels du parti, chacun a voulu tirer de son côté pour se proclamer responsable.
C’est cela qui a créé des problèmes en se répercutant dans la vie et l’animation du parti. Quand le président est venu le 11 novembre me désigner comme coordonnateur, je crois que si tous les responsables avaient eu conscience de la nécessité de se regrouper autour de ma personne, certains problèmes seraient réglés.

Et selon vous, pourquoi les responsables ont rechigné à suivre le regard du président qui vous avait porté son choix sur votre personne ?

Parce que tout simplement la majorité de ceux qui se réclament du PDS ne se préoccupent que de leurs intérêts personnels. Le fait que le secrétaire général national du PDS m’ait désigné comme coordonnateur n’était rien d’autre qu’une approche devant aboutir aux retrouvailles qui conduiraient vers des renouvellements. Certains ont trouvé que ce choix serait une porte ouverte pour me désigner définitivement comme responsable du PDS à Thiès. Dès lors, des responsables qui se réclament de Me Wade ont commencé à saboter et à bloquer le travail du parti à Thiès. Ceci a créée énormément de problèmes lors des différentes campagnes. Heureusement que je n’ai pas suivi certains responsables dans leur logique sinon on aurait vécu le pire.

Et pourquoi n’avez vous pas pris la mesure de la situation en informant le président Wade qui vous a légitimé à Thiès… ? (Il coupe)

Ecoutez, des informations ont été données à qui de droit et je crois que le président et la direction du parti ont tous été très bien informés de ce qui s’est passé à Thiès.

M. Dieng, qu’est ce qui est à l’origine du long mutisme que vous avez observé depuis votre accession au poste de chargé de la commission électorale de la Coalition Sopi ?

Vous n’êtes pas le seul à m’avoir posé cette question, on m’a toujours reproché à tort de manquer de dynamisme politique, mais il n’en est rien. Si j’ai observé ce silence, c’est tout simplement parce que je suis un militant extrêmement jaloux de mon parti. J’ai toujours voulu éviter d’aborder les problèmes de mon parti en public.

Par rapport à la suppression du numéro deux, des voix se sont levées pour dire que ceux qui veulent supprimer ce poste n’ont rien compris. Est-ce que la fédération départementale de Thiès partage cet avis ?

Comme vous le savez, la fédération s’est réunie le mercredi 7 novembre. C’était autour de deux points dont les 19 mesures prises par Me Wade pour relever la situation économique du pays et la question du numéro 2. Par rapport à ce deuxième point, il y a une position de principe, ce ne sont pas les personnes qui nous intéressent, mais si nous nous appuyons sur l’expérience, nous constatons que les postes de secrétaire général adjoint ont toujours été source de conflit et de division. Si nous prenons l’exemple de Fara Ndiaye, premier secrétaire général adjoint du parti qui a quitté en 1986, nous nous rappelons encore qu’en un moment donné, il y a eu des rapports conflictuels.
Certains se réclamaient de Fara Ndiaye, d’autres de Me Abdoulaye Wade. Quand Fara Ndiaye a finalement quitté, il y a eu une prise de conscience de la direction du parti parce que de 1986 en 1995, année du décès de Boubacar Sall, il n’ y a pas eu de secrétaire général national adjoint parce que Boubacar était nommé comme coordonnateur chargé des affaires financières de 1986 à 1995. De 1995 à 1998, il n’y a pas eu de coordonnateur, ni de poste de secrétaire général adjoint. C’est seulement à partir de 1998 que le poste a été ramené et Idrissa Seck responsabilisé. Et vous avez vu ce qui s’en est suivi. Donc ce poste est source de conflit. Et par principe, la fédération de Thiès a purement et simplement proposé sa suppression.

La décision de créer un siège dans toutes les fédérations départementales et rurales est-elle opportune au moment où l’on parle de difficultés financières ?

Ecoutez, l’existence d’un siège était une quête permanente des responsables qui se sont toujours préoccupés de la question. Maintenant que le parti a pris la décision de doter les fédérations de permanence, je crois que c’est une très bonne chose qui est saluée par l’ensemble des militants. L’essentiel de la gestion revient aux militants et aux responsables comme d’habitude, et je crois que là il n’y a pas de problèmes particuliers.

Est-ce que vous ne pensez pas que la question du leadership risque encore de se poser avec cette permanence ?

Vous savez, le Pds a une grande capacité pour régler certains problèmes cruciaux. Même au plus haut niveau des crises, il s’en est toujours sorti. Ce que je veux dire c’est que pour ce qui concerne la gestion de la permanence, des responsables vont se réunir, parce que même s’ils ne sont pas organisés de façon officielle, on peut désigner des responsables qui vont se charger de la gestion de cet outil d’une importance stratégique pour la vie du parti.

Mais pour le moment, on ne peut pas dire que c’est Meissa Dieng qui est le responsable désigné du PDS à Thiès.

Le problème à ce niveau, c’est que jusqu’à preuve du contraire, la dernière décision du secrétaire général national du parti à Thiès c’est celle-là. Il n’y en a pas une autre. On ne peut pas prétendre respecter les mots d’ordre du Secrétaire Général sans respecter ses décisions. Excusez-moi du terme, mais c’est de l’hypocrisie politique. Ce n’est pas acceptable. Ceci peut être transitoire, naturellement parce que nous n’en sommes pas encore aux renouvellements qui reflètent la volonté de la base. Mais en attendant cette situation, on ne peut que s’en tenir à la décision de Me Wade pour permette au parti de vivre, en attendant.

Que pensez vous de ceux qui disent qu’Abdou Fall, au vu des efforts qu’il a consentis dans le PDS à Thiès mériterait ce poste de leadership à Thiès.

Cela n’engage que ceux qui l’ont dit. De toute façon, Abdou Fall n’aurait pas fait mieux que, d’autres. Attention, depuis 1975 nous sommes militants du parti et l’on est sur le terrain où l’on a consenti énormément de sacrifices. Et je suis sûr que les sacrifices consentis par certains responsables n’ont pas été consentis par Abdou Fall pour le parti. Personnellement, j’ai été pour la première fois arrêté et emprisonné en 1979, une deuxième fois en 1981, une troisième fois en 1985 à la marche de l’apartheid et enfin une quatrième fois en 1988. Y a-t-il un plus grand sacrifice que cela ? Il est bon de noter que le PDS n’est pas né en 2004. En 2004, ce qu’il y a eu, c’était des problèmes internes entre frères libéraux, rien du tout par rapport à ce que nous avons vécu.
Et c’est tellement faux et malhonnête de dire qu’en 2004 personne n’avait le courage de bouger et que c’est Abdou Fall qui a fait bouger les choses, c’est faux. Le problème de 2004 est tellement différent des combats antérieurs que nous avons vécus pour implanter et élargir le PDS au niveau local et national.

Mais pourquoi avez-vous alors gardé ce mutisme malgré les sacrifices que vous dites avoir consentis pour que les responsables reconnaissent que vous avez participé à tous les combats ?

J’ai fait plus que participer, j’ai dirigé tout ce qu’il y a eu comme action au PDS de 1975 à 1991. Ceux qui ont vécu ces moments-là ne peuvent pas contester cela. Ceux qui ne les ont pas vécus peuvent les contester. Mais je vous dis qu’après 1991, année de la première entrée du PDS dans le gouvernement, il n’y a pas eu de problèmes majeurs. Le véritable parcours du combattant au PDS, c’est de 1978 à 1988. En 2004, ce qui s’est passé ne relève que de la vie du parti. Ce qui nous a valu la prison en 1979, 1981, 1985, 1988, n’est pas négligeable du tout.
Et c’était face à un pouvoir extrêmement puissant et disposant de tous les moyens. En 2004, celui qui est descendu à Thiès avait le soutien moral et financier de Me Wade et du premier Ministre. Quand quelqu’un bénéficie de ce soutien-là, il peut au moins avoir le courage de descendre sur le terrain, on ne me dira jamais le contraire. Mais je voudrais apporter une précision. Vous savez, en politique, il y a des normes à respecter, des normes qui figurent dans le code moral et dans l’éthique. Mais quand tu as en face de toi quelqu’un qui fait fi de toutes ces considérations, tu deviens malheureux parce qu’au moment où tu respectes l’éthique et que tu appliques la règle qui veut que le linge sale se lave en famille, d’autres vilipendent les affaires du parti sur la place publique.

Est-ce que vous n’êtes pas en train de confirmer ceux qui disent que le PDS est un parti amoral ?

Le PDS est un parti extrêmement moral, ce sont certains responsables peut être qui n’ont pas de moral, mais le parti que nous avons vécu et connu respecte la conduite, une conduite basée sur la morale et l’éthique. Je ne peux pas comprendre la conduite de certains responsables qui vacillent de gauche à droite au gré de leurs intérêts, ce n’est pas acceptable. Et d’ailleurs il n’y a pas que le poste de numéro deux du PDS qu’il y a à régler. Il faut également respecter le poste de porte-parole du parti qui, à mon avis ne doit pas être occupé par une seule personne de façon permanente. Nous, nous sommes en train de nous organiser pour nous adresser au Comité directeur pour lui dire notre désaccord par rapport à l’occupation de ce poste.

Les élections locales se profilent à l’horizon au moment où l’on parle de retrouvailles entre Wade et Idy, quels sont vos objectifs pour les élections locales ?

Evidemment, notre objectif, c’est de gagner la mairie de Thiès. Et le PDS, s’il est uni peut gagner la mairie et nous sommes sur la logique de l’unité. Nous avons tiré les leçons des élections présidentielles, législatives et sénatoriales et c’est la synthèse de l’ensemble de ces leçons qui nous fera gagner. Absolument et rapidement nous devons aller vers l’unité parce que le PDS, ce n’est plus le parti mais un grand mouvement qui accueille les mouvements de soutien, les partis politiques et la société civile. Et c’est ce grand mouvement unifié qui nous mènera vers la conquête de la mairie de Thiès.

La Génération du Concret est en train de gagner du terrain à Thiès, on peut dire qu’elle y est plus dynamique que le PDS, ne craignez vous pas qu’elle prenne la place du parti à Thiès ?

Là aussi, il faut une précision. Il n’y a pas encore une théorie philosophique acceptée par tout le monde de la Génération du concret. Mais moi, je considère la Génération du Concret comme étant un courant de pensée dans le PDS. La Génération du Concret n’est pas antinomique au PDS.

Mais Karim, président de la Génération du Concret n’est pas membre du PDS que je sache.

C’est vous qui le dites, mais détrompez vous, Karim est un militant du PDS qui a créé un courant de pensée et qui cherche à être majoritaire dans le parti. Et c’est d’ailleurs l’occasion de lancer un appel à tous les frères et sœurs du PDS d’évoluer dans la génération du Concret.

Source: Le Matin

Article Lu 1526 fois

Mardi 13 Novembre 2007


Dans la même rubrique :
< >

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State