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MEDECINE TRADITIONNELLE : les guérisseurs se font aimer

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Pout, grosse bourgade calme de la région de Thiès, ne paie pas de mine. Mais cette petite commune, plus connue pour ses richesses fruitières, abrite également un Centre de recherches et de médecine traditionnelle. Un joyau dédié aux tradi-praticiens de la sous-région ouest-africaine dont l’implication, dans la prévention et la prise en charge des Ist-Sida, est vivement souhaitée.



MEDECINE TRADITIONNELLE : les guérisseurs se font aimer
Ce sont des tradi-praticiens venus du Mali, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, des deux Guinées, de la Sierre Leone, du Libéria et du Burkina Faso qui se sont donné rendez-vous à Pout, à l’occasion de la célébration de cette journée de la médecine traditionnelle, sous le regard des populations composées à majorité de femmes… vendeuses de mangues. Des femmes qui ont tenu à accompagner les visiteurs jusque dans l’antre du Centre de recherche et de médecine traditionnelle, grand bâtiment décoré en peinture jaune et blanc qui s’offre aux yeux étrangers dès l’entrée de Pout. Après un moment de dégourdissement des jambes, place aux visites proprement dites des lieux. Mamadou Bâ, coordonnateur de l’Ong Gëstu par ailleurs initiateur de cette journée de clôture, a d’abord tenu à rappeler que le Centre en question a été construite «sur appui financier de la présidence de la République, de l’Ong Enda plantes médicinales et surtout grâce aux contributions considérables de Open Society initiative for west africa (Osiwa)».
Ensuite, l’historique de l’acquisition du terrain qui abrite le centre a été largement évoqué. Même les souvenirs du défunt «parrain» du local, El Hadj Demba Bâ ont été glorieusement rappelés par M. Bâ, qui précise avoir obtenu ce terrain grâce à sa famille restée à Pout, après sa disparition.
Devant des dizaines de personnes, mais aussi de collègues venus du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, des deux Guinée, du Libéria, du Mali et de la Sierra Leone, Mamadou Bâ, dévoile les composantes du Centre dans toutes leurs diversités. Comme dans un hôpital moderne, le complexe dispose d’une salle d’accueil/orientation, sous la direction de M. Bèye. «Nous recevons environ 15 patients par jour, en majorité des femmes» et «le ticket se vend à 1 000 francs Cfa». Les patients qui viennent de la commune de Pout et du reste du Sénégal, «souffrent pour la plupart de maux de rein, de maux de jambe, d’hémorroïde, de diabète et de beaucoup d’autres maladies». La particularité de ce centre est qu’il y dispose de deux salles occupées par des voyants… octogénaires. Ces derniers qui consultent par cauris et sable sont censés révéler la nature de la maladie dont souffre le patient. Et à l’issue de leurs méditations, ils peuvent «découvrir chez la personne toutes sortes de maladies, sauf celles liées au sang». Sinon, ils conseillent de se tourner vers les structures sanitaires conventionnels.
UN CENTRE UNIQUE EN AFRIQUE DE L’OUEST
L’étape suivante, c’est la pharmacie. Une salle décorée, avec des étagères comme on en trouve dans les officines classiques. Toutes les plantes médicinales y sont exposées dans des sachets en plastique, en papier ou dans des bouteilles. Les «pharmaciens», également des octogénaires, y vont de leurs explications. «Après avoir diagnostiqué le patient, nous lui donnons le produit qui va soigner sa maladie… et nous lui précisons les dates de prise et autres nécessités.» En réalité, Mamadou Bâ, tradi-praticien en chef, est seul habilité à prescrire des ordonnances aux patients.
Mais, la véritable découverte de cette visite guidée, c’est semble t-il, les salles d’hospitalisation. Le Centre de recherche et de médecine traditionnelle de Pout compte quatre salles de séjour, «qui sont souvent occupées par des malades venus de l’intérieur du pays et de la sous-région», indique le responsable opérationnel. Meublées en lits, tables et ventilateurs, sous un décor flamboyant, les salles ont ébloui nombre de visiteurs parmi eux, les tradi-praticiens africains invités à cette occasion. «C’est impressionnant», se disent-ils entre eux. Ici, la durée d’hospitalisation ne dépasse pas deux jours et, surtout, «l’accès est gratuit, du moins pour le moment», a laissé entendre le responsable.
De Mamadou Bâ aux tradi-praticiens voyants, en passant par les «pharmaciens», ils sont tous unanimes à propos du Vih Sida : «Nous ne pouvons pas diagnostiquer le virus du Sida, encore moins le neutraliser.» Des propos sans doute destinés aux nombreux journalistes étrangers présents à Pout. «Nous nous efforçons de trouver un remède issu des plantes médicinales», précise M.Bâ. D’où, d’ailleurs, l’appui sans ambages financier des bailleurs de fonds : «Nous voulons aider Mamadou Bâ et les autres tradi-praticiens de la sous-région dans leur lutte contre les Ist/Sida», souligne Hortense GBaguidi Niamké, chargée de programme à Osiwa. «Ils (Ndlr : les tradi-praticiens :) ne disent pas avoir trouvé le remède, ils sont très modestes dans leur recherche, c’est ce qui nous motive.» Des mots qui valent leur pesant d’or, puisque dans les coulisses un débat a lieu entre étrangers. Le sujet porté sur le cas d’un patient, Lamine Diaby, et chacun y va de ses regrets. Ce Sénégalais, tradi-praticien renommé, avait mis sur pied une plante dénommée Pld (Plante Lamine Diaby). Un produit dont on dit qu’il a agi chez des malades du Sida, mais l’expérience est restée sans lendemain. «Il n’aurait pas dû s’enflammer trop vite, sa plante était bonne, mais il devait pousser ses recherches», expliquent nos interlocuteurs.
«PACIFIER LA CASAMANCE, LES BONNES PLANTES SONT LA-BAS»
Dans ses séances d’explications, le coordonnateur de l’Ong Gëstu, promu président du «Réseau Vih et médecine traditionnelle en Afrique», revient sur l’historique de sa matière première. «Les bonnes plantes, dit-il, sont dans la région de Casamance.» Pour corroborer ses propos, il introduit ses hôtes dans le couloir d’un autre bâtiment situé à l’intérieur du centre. Des centaines de photo sont exposées et où on peut voir le coordonnateur de l’Ong Gëstu, avec des dignitaires du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) et de l’armée sénégalaise. «J’ai travaillé avec le défunt Abbé Diamacoune Senghor et je continue de collaborer avec son frère Bertrand ainsi qu’avec l’armée sénégalaise.» Le but de cette collaboration, poursuit-il, «est non seulement de m’investir pour la paix, mais aussi d’accéder plus facilement dans les zones à risque à la recherche de la bonne plante».
Au cours de la tournée à l’intérieur de l’édifice nouvellement aménagé et qui abrite également un jardin botanique, les hôtes africains ont reconnu «l’avance prise par le Sénégal en terme de structures». Le guinéen Damou Camara, après avoir magnifié l’œuvre réalisée par l’Ong Osiwa, soutient que l’Afrique est entrain de damer le pion à l’Europe, en matière de traitement du Sida. «Nous reconnaissons l’efficacité des Arv (Ndlr : anti-rétroviraux), mais si nous parvenons à les combiner à nos plantes qui font des merveilles face aux maladies opportunistes, nous arriverons à vaincre le Sida.» Pour lui, le virus n’est pas indomptable : «Il est invaincu pour le moment, mais pas invincible.» Ousmane Savadogo du Burkina Faso, de son côté, dit apprécier «cette démarche unitaire des tradi-praticiens africains», mais lance un appel «à ne pas tourner le dos à la médecine conventionnelle qui a fait des progrès énormes dans la lutte contre le virus». Ce quarantenaire, chercheur en plantes médicinales, souligne l’encadrement du travail de ses collègues dans son pays. «Chez nous, il faut d’abord faire des recherches sur l’efficacité ou non d’une plante, ensuite avoir l’aval du gouvernement, avant de la mettre sur le marché», dit-il, avant de se demander : «est-ce que le Sénégal est arrivé à ce stade ?»

MEDECINE TRADITIONNELLE : les guérisseurs se font aimer
Hortense Gbaguidi Niamké, chargée de programme à Osiwa : «Le Sénégal est un réceptacle de compétences dans la lutte contre le Sida»

Interpellée au cours de la visite du Centre de recherche de la médecine traditionnelle de Pout, Hortense Gbaguidi Niamké, chargée de programme de l’Ong Open society initiative for West Africa, est revenue sur le sens de l’engagement d’Osiwa dans ce secteur. «Ce que vous avez vu (Ndlr : la visite du local et de ses structures) est une parfaite illustration de l’appui que nous voulons apporter aux tradi-praticiens, pour la lutte contre le Sida», explique-t-elle. «Cet appui novateur va occasionner d’autres opportunités au Sénégal et dans les autres pays de la Cedeao, en plus du Cameroun et du Tchad.» Financée par la Fondation du milliardaire américain George Soros, l’Ong Osiwa, en plus de la lutte contre le Vih Sida, intervient également dans «la promotion des droits humains, la gouvernance économique et politique, l’éthique et les médias», renseigne Mme Niamké. Quid du choix porté sur Mamadou Bâ ? La chargée de programmes de Osiwa soutient simplement que «l’Ong Gëstu est en avance en matière de recherche».
Partagée entre l’espoir et les regrets, elle avoue qu’on perd «beaucoup de force dans la querelle entre la médecine conventionnelle et celle traditionnelle», avant d’appeler à la synergie des actions. «Il faut intégrer dans la réponse au Vih tous les intervenants». Et pour élargir la portée de la lutte, elle suggère fortement une plus grande «implication des guides et leaders religieux», car ils «peuvent nous aider à obtenir certaines avancées comme l’introduction des lois dans ce milieu….» Pour ce qui concerne le financement des travaux du Centre de recherche de la médecine traditionnelle de Pout, Hortense Gbaguidi Niamké laisse entendre que l’Ong «Osiwa a un budget pour toute la sous-région», mais précise-t-elle, «nous n’avons fait que finaliser ce que l’Ong Enda a commencé», avec la participation de l’Union européenne et des Etats-Unis, entre autres bailleurs.

Source: Le Quotidien

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Dimanche 2 Septembre 2007





1.Posté par Good le 02/09/2007 15:41
Farmakopé c'est bien enfait cé ce ke lé toubab utilise d'une autre manière mais ça vien d'ici nassarane bi amoul djeumbeut amoulitam adaa

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