Certes, il est indéniable de reconnaître que le Président Aziz affiche une ferme volonté politique de rupture avec « les méthodes du passé » dont les effets négatifs ruinent encore les espoirs de développement du pays. Les finances publiques sont en voie d’assainissement avec plus ou moins de bonheur et, l’Etat, a consenti à de substantielles mesures visant à réduire son train de vie. Des routes ont été érigées dans des quartiers de la capitale jusque là oubliés, une campagne d’assainissement est menée dans les moindres recoins de Nouakchott et le Président multiplie les visites surprises afin de pousser les fonctionnaires au travail.
Somme toute, des mesures encourageantes mais qui toutefois risquent de se terminer par des désillusions comme d’autres mesures similaires prises par le passé en raison du choix des hommes devant accompagner ces changements. Les nominations ne répondent à aucune logique objective si ce n’est celle de la politique politicienne et de l’affairisme.
Des hommes sont tous les jours promus à de hautes charges de l’Etat sans présenter des profiles répondant à des responsabilités aussi élevées. Ce sont des parents de parlementaires, d’officiers supérieurs de l’armée, de grandes notabilités tribales ou claniques etc., qui se partagent encore les grands postes de l’administration, en dehors de tout critère de compétence.
Comment ces gens bombardés le plus souvent à des charges très élevées pourront-ils contribuer au changement ? La seule chose ayant changé jusque là, c’est que ces hommes et femmes se méfient désormais et prennent des précautions pour ne pas être pris la main dans le sac.
Avec une pléthore de ministres sans aucune dimension, des conseillers béni-oui-oui, des responsables de l’administration recyclés par tous les partis (PRDS, Adil et UPR aujourd’hui), une majorité présidentielle en proie à des luttes intestines sans fin, comment le Président Aziz va t-il conduire les changements annoncés ? On a vu bien souvent qu’il a fallu que lui-même prenne les devants pour que des mesures soient prises dans différents secteurs de l’administration (santé, transport, police etc.). C’est alors que l’immense espoir de voir une Mauritanie nouvelle ayant rompu avec les néfastes pratiques du passé, commence à céder le pas au doute.
L’équipe du Président Aziz tarde à convaincre et ce ne sont pas ceux qui la rejoignent tous les jeudis qui vont changer la donne. La flambée des prix des denrées de première nécessité, les récents cafouillages du Ministère de la fonction Publique, et la modestie des indemnités de transport et de logement, ne sont certainement pas à l’avantage du nouveau pouvoir. Il y a lieu pour lui de réagir, car l’état de grâce est fini et, c’est le cauchemar qui risque de s’installer au grand dam du changement promis.
Birome Guèye
Source Africanglobanews.com