Référence multimedia du sénégal
.
Google

MAGAL DE SERIGNE ABDOUL LAHAD: COMMEMORATION POUR UN HOMME DE CONVICTION UN BATISSEUR DE CITE

Article Lu 13117 fois

Touba accueille le 03 novembre prochain le Magal de Serigne Abdoul Lahad MBACKE sous l’égide de Serigne Sidy MBACKE, fils aîné du défunt et de ses frères et sœurs le retour à Dieu de leur illustre père. Il était donc nécessaire de rappeler qui était cet éminent et charismatique guide religieux.



MAGAL DE SERIGNE ABDOUL LAHAD: COMMEMORATION POUR UN HOMME DE CONVICTION UN BATISSEUR DE CITE
Cheikh Abdoul Lahad MBACKE est né le 23ème jour du mois de Korité en 1332 de l’Hégire, soit 1914 de l’an Romain à Diourbel. La naissance de ce premier enfant de l’après exil provoqua selon la tradition un vif émoi de la part du Cheikh qui lui prédit un destin hors du commun. Cheick Abdoul Lahad est le fier aîné de Serigne Chouhébou avec qui il partage la même mère Sokhna Mariama DIAKHATE.

Il entama ses humanités coraniques au début des années 20 avec son oncle Serigne Amzatou DIAKHATE dont l’érudition est restée célèbre. De ces propres dires Cheick Abdoul Lahad éprouva de grandes difficultés de mémorisation du texte coranique à ses débuts et ce ne fut qu’à l’issue d’une entrevue mémorable avec son père à « Keur Gu mag » à Diourbel qu’il acquit cette prodigieuse capacité de rétention et cette pénétration hors norme dont il fait preuve dans ses exégèses de la Sainte vulgate.

L’âme profondément rurale comme tous ses frères il fonda plusieurs villages dont Belel, comptant 300 hectares de terres cultivées et Boki Barka fondé en 1945 sur la demande de son grand frère Serigne Modou Moustapha qui s’était, depuis la disparition de leur père chargé de son éducation et l’aidait à faire ses premiers pas dans la vie.

Son accession au califat, le 6 août 1968 fut marquée par la rigueur, le sens du concret et une détermination dans l’œuvre que traduisaient son franc parler et ses réalisations. De la construction de l’Université Islamique de Touba Madyana à celle de Daâray Kamil, bibliothèque en passent par la rénovation d’Aynu Raxmati, l’agrandissement de la mosquée et la réalisation d’une corniche autour de la ville pour faciliter la circulation, le successeur de Serigne Falilou a confirmé l’image d’urbaniste qu’il a laissée à la postérité. En collaboration étroite de 1968 à 1978 avec son neveu Serigne Cheick Gayndé Fatma, ils apparaissent comme ceux qui ont posé les fondements de l’actuelle ville de Touba qui a émerveillé les participants au sommet d’Istanbul 1999 qui l’ont perçu comme la ville la mieux urbanisée.

A ce forum l’homme de haute culture Serigne Moustapha Saliou MBACKE représentant la ville de Touba prononçait un discours historique mémorable de haute portée. Au lendemain des indépendances Serigne Cheikh Gayndé Fatma dans sa vision prophétique apporta une innovation de taille : il procéda au lotissement complet de la ville sainte en collaboration avec son oncle Serigne Falilou Kalif de la communauté. A cette époque, dans la cité religieuse les langues se diluaient pour ou contre le lotissement. Serigne Falilou mettra fin à ces rumeurs en déclarant « tout acte posé par mon neveu Serigne Check n’engendre que du Bien ». Serigne Abdou Lahad procéda ainsi à la reconstruction de l’ancien marché « OCAS » dont les normes ne s’adaptaient plus à celle d’une agglomération comme Touba. Il a réorganisé ce marché contredisant la chanson qui disait : « Marsé Ocas ba ca Touba dagay caay ba ngonn dimballax di dem keen du la junti » (Ndr : au marché Ocas de Touba on commerce sans payer de taxe). Ce partisan de l’ordre à ouvert Touba aux forces de l’ordre et aux sapeurs pompiers otant du coup la parapluie que son prédécesseur El Hadj Falilou avait ouvert au dessus de tous les habitants de la cité religieuse.

Mais à ceux qui étaient tenté de faire une parallèle entre son prédécesseur et lui, il aurait dit cette boutade : Falou est un avion qui emprunte la voie qu’il veut, moi je suis un train qui roule sur des rails qu’il ne peut pas quitter : comme pour dire embarquez dans le train (du mouridisme) ou embarquez ailleurs, ce qui ne serait qu’une illustration de son franc parler légendaire, résultante de ses convictions inébranlables dont la plus constante fut que l’on n’est pas sur terre pour le farniente, mais pour y subir une épreuve en vue d’expier la faute de nos aïeux Adama et Awa (sermon adressé aux fidèles lors de son dernier Korité).

En héritant du Khalifat de Serigne Touba en 1968 Bay Lahad succédait à son frère Serigne Falilou MBACKE connu pour sons sens de la répartie, son esprit et sa grande tolérance vis-à-vis des faiblesses de la gent humaine. Toute de subtilité, la manière Fallou permissive, avait été abusivement interprétée par certains qui ignoraient que tout ce qui touche à l’ordre Mouride participe d’une symphonie en plusieurs tableaux écrite par le Saint Cheikh Mamadou Bamba. Quand l’homme au grand turban et aux lunettes fumées (je fus impressionné par ce personnage majestueux que je voyais pour la première fois en 1940 j’avais à peine 12 ans à Dahra Djoloff accompagné de son grand frère Serigne Modou Moustapha MBACKE venus rendre visite à mon père Sidy Alboury NDIAYE) arriva, ceux qui ne comprirent pas qu’une page venait d’être tournée et qu’une autre partition devait être jouée furent déroutés.

L’exigence de rigueur de droiture et de soumission aux lois (même de la société laïque) la condamnation de l’affairisme hors la loi et du commerce de la foi mouride en certains de ses symboles (l’eau de puits de la miséricorde ou « Ain Rah Mati »). Certains n’hésitant pas à créer de faux symboles furent pour Cheick Abdoul Lahad des préalables avant la grande affaire : Ramener le travail au rang de culte et parachever sa partie de l’ouvrage mouride tant au plan spirituel que temporel.

LA PENALISATION DECLAREE DU 18 SEPTEMBRE 1980 DANS TOUT LE PERIMETRE DE LA VILLE DE TOUBA

L’histoire retiendra qu’il mena une âpre lutte pour l’assainissement de Touba des fléaux qui menaçaient la ville sainte à cause de son urbanisme : drogue, cigarette, alcoolisme, contre bande, manifestation ludique et jeu de hasard, visant à concrétiser les prières de Cheikhoul Khadim qui dans une de ses odes dit : « Fais de ma demeure la cité bénie de Touba, le paradis du fidèle qui s’est confié à Dieu et s’est engagé pour la quête de l’absolu ; qu’elle soit aussi un rempart qui entrave et détourne le rebelle qui t ente de profaner la décence de l’Islam ou la déférence de l’enceinte »

Cheick Abdoul Lahad avait un grand respect qui ne fut jamais seulement théorique. Fils de Cheick Mouhamadou Bamba qui pouvait vivre aisément sur « l’Adiya » il a toujours travaillé jusqu’à la prise en charge du Khalifat pour gagner sa vie.

UNE SOLIDE BASE MORALE

La rentabilisation du travail mouride, l’extension des rapports sociaux dans cette confrérie seront sans doute favorisées par la morale que les disciples ont acquise dans la philosophie de Cheikh Mouhamadou Bamba : discipline, solidarité, volontariat, conscience professionnelle et respect réciproque.

Quand les adeptes de la Mouridiya auront atteint ce stade dans le processus d’évolution et dans l’interaction entre hommes de notre société, toute politique s’appuiera sur eux et agira en fonction d’eux.

Si Cheick Abdoul Lahad a été choisi comme symbole de cette nouvelle orientation, c’est pour cela qu’il avait enseigné aux mourides et qui entretiennent encore cette option, le « Fullâ » : la personnalité. Il faut que les Mourides aient assez de « Fullâ » puis ne plus donner la chance à des individus dont le seul but est de déséquilibrer leur confrérie et de l’ensevelir pour empêcher sa percée sur le plan universel. Il faut assez de « Fullâ » pour ne plus trahir la confiance et l’espoir des fils et frères de Cheikh Mouhamadou Bamba.

L’ACTUEL KALIF SERIGNE SALIOU A DONNE ASSEZ D’EXEMPLES.

Il a réalisé l’entreprise de Khelcom, inédit et incontournable sur le plan agricole, par ses seuls moyens. Il a affiché auprès de l’état, auprès des structures financières locales et internationales comme auprès des chancelleries et ambassades une indépendance d’action et de pensée qui démontre que le Mouridisme peut tout seul améliorer le sort de ce pays et les conditions de ses populations.

KHELCOM OU LA VOIE A SUIVRE

Il a fait tout cela pour montrer quelle devait être la position de la vraie descendance de Serigne Touba et de leurs vrais disciples. Si au Sénégal on réalisait 3 ou 4 Khelcom dans la vallée où dorment 240.000 hectares de terres aménagées non exploitées ou dans le Niombato fertile à souhait où le machinisme pallierait à toutes les insuffisances, le Sénégal aurait alors atteint voire dépassé l’autosuffisance alimentaire, serait devenu un pays modèle en Afrique, un pays de grande exportation entraînant dans son sillage plusieurs contrées de la sous région.

MATLABU FAWZANI

En adoptant ainsi l’ouvrage Matlabu Fawzani consacré par le Cheikh à Touba comme constitution et projet de société, Cheikh Abdoul Lahad ira plus loin et s’investira dans la dotation d’infrastructures à la ville. Il entamera la décoration intérieure de la mosquée et du Mausolée de Serigne Touba dont les murs seront inscrites d’or 18 carats. Il paraphera son œuvre par l’extension de l’enceinte extérieure avec un budget d’un milliard 750 millions ce qui dépasse de 17% le financement escompté lors de son appel à la participation des mourides. Il attaquera la réalisation de la bibliothèque Khadimou Rassoul l’une des plus grandes d’Afrique Noire dénommée la « Maison du Coran » à cause de la quantité inestimable du livre Saint qui y est conservée. Elle compte des centaines de milliers d’ouvrages de valeur (18 tonnes en 1983 pour un coût de plus d’un milliard de francs. Sergine Abdoul Lahad donna également une impulsion durable à l’édition coranique avec la création d’une imprimerie moderne contribuant à la vulgarisation du saint coran et des écrits du serviteur du Prophète dont il participait activement en même temps que son neveu Gayndé Fatma à la collecte des œuvres et au recensement du patrimoine. Il mit en chantier la première université d’Afrique Noire pour un coup de 7 milliards de francs.

Le bâtisseur édifia une magnifique Maison d’accueil dénommée Résidence Khadimou Rassoul. Un important effort de modernisation de la ville fut entamé sous le troisième Kalifat avec la viabilisation de 80.000 parcelles habitables gratuites, la construction d’un centre de santé à Ndamatou devenu aujourd’hui l’hôpital Matlaboul Fawzeini qu n’a rien à envier aux hôpitaux de Dakar. Une autoroute à l’entrée de la ville, un chapelet de forages, le chantier d’un aérodrome, l’ouverture au réseau automatique du téléphone et à l’électricité, la mise en place d’une brigade de gendarmerie etc…

LES RELATIONS DU SPIRITUEL ET DU TEMPOREL

L’épaisseur de sa dimension humaine fut que Cheikh Abdoul Lahad entretenait des relations de fraternité musulmane avec l’ensemble des différentes familles religieuses envers lesquelles son soutien ne se démentit jamais. C’est ainsi qu’il reçut lors des visites mémorables Serigne Abdou Aziz Dabakh Malick son cousin de par Mame Marame MBACKE leur aïeul commun, Cheikh Sidati, Mame Alassane Laye, Boucounta Ndiassane, Serigne Thiénaba Seck, Yankhoba Oul Ch. Sidia Baba, Seydou Nourou Tall, Serigne Cheick Tidiane Sy, Cheick Abdoulaye Thiaw Laye etc… mais aussi celle de chefs d’Etats comme Mobutu Sesé Séko du Zaire venu visiter la tombe de son ami El Hadj Ndiouga Kébé, le Président Sékou Touré de Guinée en mémoire des liens qui unirent Cheick Mouhamadou Bamba a son ancêtre l’Almamy Samory lors de son exil au Gabon etc…

A son tour, il rendra visite à plusieurs d’entre eux particulièrement à Serigne Abdoul Aziz Sy dont les liens d’amitié étaient indéfectibles. Sur le plan temporel autant son prédécesseur Serigne Falilou soutenait Senghor autant il a soutenu Abdou Diouf en précisant que quiconque s’occupe de Touba bénéficiera de son soutien car il n’a d’autre ambition que le développement de Touba. Mais il ne s’est pas mêlé de politique en dehors des élections au cours desquelles il lui est arrivé de donner un Ndigel pour qu’on vote Abdou Diouf. Mais quand Senghor est venu lui annoncer son départ de la tête de l’Etat Sénégalais, il a eu cette réplique aussi désarçonnante que brève : si les Sénégalais vous remercient une fois vous devez leur dire merci dix fois pour vous avoir permis de leur diriger.

La fermeté et l’intransigeance caractéristique de Baye Lahad se manifestaient cependant lors, par exemple de son sermon de la tabaski de 1984 lorsqu’il réagit aux nombreuses plaintes des mourides portant sur les injustices dont ils faisaient l’objet à la radiodiffusion publique. Il termina son allocution de ce jour là par un sermon devenu célèbre : « s’il convient que les choses doivent évoluer de la sorte, je jure par Dieu et par Serigne Touba que plus personne n’entendra ma voix sur les antennes ». Une autre fois lors d’une visite de ministres de la République, après que les attributions de chacune de ses personnalités ont été déclinées, il s’est inquiété de la place réservée à Dieu si tous les domaines étaient déjà pris en charge par les autorités qui lui ont été présentées. Voilà un fils de Cheick M. Bamba tel qu’en lui-même : rigoriste, partisan de l’ordre habité par un seul objectif, le développement de Touba.

Cheikh Abdoul Lahad marqua durablement de son empreinte le Mouridisme en faisant non seulement de son centre la seconde métropole du pays avec une expansion étonnante mais aussi en lui aménageant une place et une image qui lui valurent le respect publique, sinon la reconnaissance comme première force de la nation. Le Calife charismatique au verbe enflammé inculqua aux talibés à travers ses inoubliables sermons, entrecoupés de versets coraniques qui les subjuguaient, la conformité aux prescriptions du Seigneur et l’absentions de ses prescriptions, le respect des limites de la sunna prophétique ; il développa leur attachement au service de Khadimou Rassoul et la sincérité dans l’acte grâce à la certitude en l’incomparabilité du Cheikh.

Ce fut un jour du 18 juin 1989, à Touba Belel que le 3ème Kalif de Bamba s’éteignit après 21 ans d’un sacerdoce exceptionnel où il veilla sans relâche sur le flambeau éternel du mouridisme. Il repose aujourd’hui au cœur de la magnifique bibliothèque qu’il érigea sur la terre de Touba au centre de milliers de Coran après avoir vécu le nombre frappant de 77 années d’une vie originalement marque du sceau d’un destin prodigieux de bâtisseur de l’Islam.

Talla Sidy Alboury NDIAYE
Biographe de Cheikh Mouhamadou Bamba MBACKE et sa famille
Ancien Secrétaire particulier de Cheikh Mouhamadou MBACKE Gayndé Fatma 1956 – 1978.
HLM Paris villa n°12
Tel : 342.24.98 / 433.50.14
Email : tallasidy@yahoo.fr
Source: Sud Quotidien

Article Lu 13117 fois

Samedi 3 Novembre 2007





1.Posté par mor niang beug bay lahad le 17/04/2008 22:14
ziyar mbokk mi,
je voudrais d abord vous signifier toute notre satisfaction de nous avoir permis d apprecier sur l eouvre haut combien importante de notre guide baye lahad. cet homme qu on pourrait appel ALHOURR AN verite imuable, parce que toute sa vie durant, lles actes qu il a pose emanent d ALLAH et de la tradition de son illustre envoye PSL . dans ce monde encore marque par l insertitude et la perte fulgurantes des valeurs, on a plus jamais besoin de reperes pour orienter et ainsi et l exemple de borrom bellele nous suffise pour acceder a la saintete Mouhammedienne. Que la lumiere du venere cheikh continue d eclaierer notre chemin

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State