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MADA BA: 'Mon père nous avait abandonnés et ma mère vendait ses bijoux pour nous entretenir'

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MADA BA: 'Mon père nous avait abandonnés et ma mère vendait ses bijoux pour nous entretenir'
Vous n'êtes pas issue d'une famille griotte, qu'est-ce qui vous a poussée à faire de la musique ?

J'ai reçu une éducation très rigide, ce qui fait que je n'avais jamais imaginé que je pourrais faire de la musique mon métier. Ma mère m'interdisait de sortir pour aller danser, même le simple fait de palabrer avec mes copines devant la maison était banni de mes habitudes. A 12 ans, on n'avait plus de téléviseur à la maison, toute ma famille allait regarder les sketches chez les voisins. Et moi, compte tenu de ma timidité, je restais à chanter les louanges de Cheikh Ahmadou Bamba pour meubler le temps, en attendant leur retour. En ce moment, je ne savais pas que Ouza était mon voisin, à Liberté 5. Un jour, sa femme m'a entendue chanter. Elle est allée dire ensuite à son mari qu'elle a fait la découverte d'une fillette qui avait une voix extraordinaire. Ouza s'est déplacé pour venir me voir à la maison. 11 m'a fait savoir que j'avais un talent inné et qu'il pourrait m'aider à l'éclore. Au début, cela ne me disait rien car j'avais peur d'affronter le regard des autres. Cependant, mon attitude ne l'a pas découragé, il est allé voir ma mère pour lui demander la permission de m'apprendre à chanter et c'est comme cela que j'ai fait mes premiers pas dans la musique.



C'était en quelle année ?

C'était en 1986. Deux ans après, j'ai arrêté mon apprentissage chez Ouza. (Elle baisse les yeux). J'ai passé une enfance très difficile.

Racontez-nous votre enfance ?

J'adorais les études, mais, par manque de moyens, je me suis arrêtée en classe de Cm2. Ma mère s'est toujours occupée toute seule de nous et elle ne travaillait pas. Elle faisait un petit commerce de gauche à droite. Nous sommes une famille nombreuse, elle ne pouvait pas satisfaire tous nos besoins. Faire des études demandait des moyens dont ma mère ne disposait pas. Ce qui m'a le plus fait mal dans ma vie est en partie dû à l'arrêt de mes études.

Ou était votre père pendant ce temps-là ?

Il était là, mais vous connaissez les réalités de notre pays : une mère est beaucoup plus attachée à ses enfants. Je ne veux pas dire du mal de mon père mais, s'il avait fait comme ma mère, nous allions tous réussir. J'ai rarement vu une mère abandonner ses enfants. Pour les hommes, il suffit d'épouser une seconde femme pour délaisser la première. Et les enfants vont indéniablement en subir les conséquences. Un enfant a besoin d'être entouré de ses deux parents pour s'épanouir et s'affirmer dans la vie. Surtout à bas âge, l'enfant a besoin de l'affection et de la protection d'un père.

Votre papa vous a-t-il abandonnés après avoir épousé une seconde épouse ?

Ah......

Y avait-il des moments où vous ne voyez plus votre père ?

Oui. On se rencontrait par hasard, on se saluait et l'on en restait là.

Vous ne vous parliez pas ?

Si on se parlait. Seulement, il avait un caractère sévère qui faisait qu'on avait peur de lui, même lorsqu'il était à la maison.

Pourquoi est-il parti de la maison ?

Est-ce parce qu'il avait pris une seconde épouse ?

Peut-être. Parce que quand il n'y avait que ma mère, il était toujours avec nous.

Quand votre père quittait la maison, quel âge aviez-­vous ?

En ce moment, je venais juste d'arrêter mes études en classe de Cm2. J'avais peut-être 12 ans.

Ce manque d'affection paternelle n'a-t-elle pas influé dans vos relations avec les hommes ?

(Petit silence). Cela m' a permis de voir autrement la vie. Je me demande d'ailleurs si ce n'est pas cela qui a éveillé en moi ce besoin de chanter. II faut apprendre toujours à connaître un bon musicien à travers ses chansons. Si on prend l'exemple des noirs américains, c'est parce qu'ils ont beaucoup souffert qu'ils se sont investis dans la musique pour retracer leur vécu. La musique retrace en général la souffrance de l'individu. Et moi, j'avais tellement peur d'être bastonnée que malgré l'ambiance qu'il y avait chez nous, je restais toujours dans mon petit coin pour éviter d'être mêlée à certaines histoires. Et c'est d'ailleurs cette façon de me comporter qui m' est restée jusqu'à présent. Ce qui fait que lorsqu'on ne m'a pas connue jeune, on peut se dire que je joue à la star alors que ce n'est pas ça. Aujourd'hui, je peux rester des mois sans voir la voisine d'à côté seulement parce que je me réveille très tôt pour faire mes courses et ne ressortir de chez moi que lorsqu'il fait nuit. C'est une habitude chez moi. I'éducation que j'ai reçue quand j'étais enfant me poursuit encore. Quand j'ai commencé à être connue, certains ne savaient même pas que j'habitais le quartier.

Et vos demi-frères et saeurs est-ce qu'ils sont au Sénégal ? Avez-vous des relations ?

Oui, ils sont ici. On s'entend d'ailleurs très bien et je me dis que si vous nous trouviez ensemble, vous croiriez que nous avons la même mère. Et récemment, l'une de mes demi-soeurs vivait chez moi. Elle s'occupait de tous mes problèmes. Ce n'est pas le fait d'avoir le même père ou la même mère qui importe chez moi. Ce qui est important, c'est qu'on ait le même sang. Personne n'a demandé à naître alors mieux vaut entretenir de bonnes relations.

Comment votre maman arrivait-elle alors à s'en sortir ?

Elle vendait les bijoux qu'elle avait. Ce que j'ai vécu durant mon enfance a forgé mon caractère. Vous pouvez développer toutes sortes d'idées, mais si vous ne croyez pas à la parité, vous ne pourrez jamais me convaincre. Chaque femme doit avoir quelque chose à elle. C'est essentiel pour la prise en charge des enfants. Personnellement, la réussite scolaire de mes enfants est ma priorité. Je veux qu'ils réalisent mon rêve et qu'ils réussissent là où j'ai échoué par manque de moyens. Comme je l'ai dit dans la chanson dédiée à la scolarisation et au maintien des enfants à l'école, il faut les aider à réussir et à devenir des personnes importantes.

Votre père n'était pas pauvre et dans l'une de vos chansons, Alalou Aduna, vous faites référence au pouvoir de l'argent. Y aurait-il une corrélation entre cette chanson et votre enfance ?

Quand j'ai composé cette chanson, j'étais devenue une grande fille et donc beaucoup plus mûre. J'étais déjà dans le monde de la musique et je voyais comment ça se passait. J'ai chanté cette chanson parce que je me suis dit qu'on ne doit pas réussir à n'importe quel prix. Aujourd'hui, si je le voulais, je pouvais vivre dans un château, avoir de belles voitures mais je préfère vivre modestement et garder ma dignité plutôt que d'avoir de l'argent aux origines illicites.

C'est-à-dire ?

Aujourd'hui, les gens ne reculent devant rien pour mener une vie de rêve. On peut parfois être tenté d'envier quelqu'un parce qu'il a une belle voiture, une belle maison. Mais si on est un bon croyant et qu'on sait que tous ces biens ont été acquis de manière indigne, on saura que cela n'en vaut pas la peine. Certains sont prêts à tout pour se faire de l'argent, ce qui n'est pas mon cas et c'est tout ce que je cherche à traduire dans cette chanson.

Avez-vous fait l'objet de propositions indécentes dans le milieu de la musique ?

Je ne parle pas seulement pour moi. On voit des hommes qui ne font aucune différence entre les femmes mariées et les jeunes filles. Et on en est à un stade où certains sont prêts à tout pour réussir. Chacun aujourd'hui veut réussir dans le domaine ou il évolue. On peut trouver quelqu'un qui soit en mesure de vous donner un coup de pousse et malheureusement, s'il n'a aucun principe, s'attendre à ce que vous soyez prêt à tout pour lui. Juste parce qu'il vous a rendu service. Pour moi, La richesse n'est pas seulement l'argent qui peut disparaître du jour au lendemain. C'est surtout avoir une Conscience qui nous suit partout et qui nous empêche de faire certaines choses.

Est-ce que vous vous êtes déjà retrouvée face à pareille situation ?

(Rires) ah bien sûr !

Donnez-nous quelques anecdotes ?

(Rires ) Ah bien sûr ! (Elle insiste) Chacun suit son destin. Parfois on peut être confronté à d' énormcs difficultés, mais tant que l'espoir est là, il ne faut pas baisser les bras surtout lorsqu'on est une croyante comme moi. Je vous donne un exemple : si les responsables de Weekend décidaient que je ne sortirais pas dans votre magazine, personne n'y pourra rien. Parfois également, il y a des gens qui évoluent dans une entreprise où ils ont un certain poids. Et si ces personnes-là peuvent vous être utiles et qu'elles vous ferment la porte, cela va se faire rcssentir. Un autre exemple : si quelqu'un anime une émission sur la jeunesse à la télévision et qu'il refuse de m'inviter alors que je ne suis pas vieille du tout, je me dis qu'il me met des bâtons dans les roues. II y a tout ce genre de problèmes, mais moi je ne suis pas du tout pressée parce que....

Vous tournez autour du pot. Racontez-nous quelques anecdotes parce qu'on sait par exemple que vous ne passez pas à la 2stv. Quel différend vous oppose à El Hadji Ndiaye, patron de cette télé ?

On ne passe pas mes clips sur la 2Stv, Mais cela ne me fait absolument rien. J'en ai déjà parlé et je ne veux pas me répéter.

Mais on aimerait quand même savoir ce qui s'est passé ?

C'est sa télévision à lui et il a le droit de me censurer s'il le veut.

Mais pourquoi cette censure ?

Moi, je ne regarde même pas cette télé. Ce sont les autres qui me disent que mes clips n'y passent pas.

Mais qu'est-ce qui est concrètement à l'origine du différend qui vous oppose à El Nadji Ndiaye ?

Peut être que ce n'était pas méchant. Il y' a eu des problèmes avec la distribution de mon produit. je n'étais pas satisfaite et je le lui ai fait comprendre parce que pour moi, la liberté d'opinion est très importante. Maintenant, si l'individu juge que son statut doit le mettre à l'abri des reproches, c'est son problème, ce n'est pas le mien. peut-être que je ne suis pas si célèbre que ça mais je sais quand même ce que je vaux. J'ai le droit de le dire lorsque je me fais arnaquer. La censure doit obéir à un certain nombre de règles. En tant qu'artiste, les gens prennent exemple sur nous. Et je remercie le bon Dieu parce que je n ai rien à me reprocher. J'ai toujours contribué à faire avancer les choses à travers ma musique. Donc si je suis censurée, ce n'est pas parce que je me suis mal comportée dans mes clips mais uniquemcnt du fait de l'arbitraire, cela ne me fait absolument rien. Vous savez je n'aime pas parler d'un certain genre d individu.

Mais il est important que les gens sachent ce qui s'est passé ?

Je ne suis pas sortie du néant. J'ai fait mes preuves et je suis connue sur le plan international. Ceux qui me connaissent aujourd hui m' ont connue â travers la musique. J'excelle dans ce que je fais. je ne me jette pas de fleurs, dans ce milieu, chacun connaît les capacités de l'autre. Ceux qui ont du talent sont connus. Je suis loin d' être impolie. Je respecte tout le monde et quel que soit le rang qu'on occupe, mais je refuse de fermer les yeux face à l'injustice et la malhonnêteté. Quel que soit le poids financier de l'individu, je ne cesserai jamais de lui dire la vérité lorsque c'est nécessaire.

Donc on peut dire qu'El Hadji Ndiaye vous a arnaquée en ce qui concerne la distribution de votre produit ?

Je ne veux même pas que vous prononciez son nom. Peut-être que je n'ai pas été la seule mais il n' y a que moi qui me suis ouvertement prononcée sur la question. On ne petit pas vouloir faire avancer les choses et passer tout son temps à mentir, excuser moi du terme. Je pense qu'on ne peut pas esquiver certaines questions. C'est important d'en parler pour épargner les autres.

Parlez-nous un peu des propositions indécentes qu'on vous aurait faites en tant qu'artiste femme au cours de votre carrière musicale ?

Pour moi, un homme qui respecte un tant soit peu sa propre mère, devrait en faire de même pour toutes les femmcs. II faut qu'on valorise la femme. Si un homme fait certaines propositions à une femme qu'il rencontre dans le cadre de son mérier, c'esr peur-être parce que d'autres, avant elle, les ont acceptées. Les individus, quel que soit le domaine dans lequel ils évoluent, voient différemment les choses. Mais c'est quand même malhonnête qu'on privilégie certains parce que seulement ils acceptent vos conditions. Moi, je ne suis guidée que par mes principes et je n'aime pas la facilité car je veux toujours être en mesure de justifier la provenance de ce que je gagne. Et ceux qui me sont proches savent de quoi je parlé. Je ne regrette pas ma réaction parce que j'ai pu éviter à certains de se retrouver dans la mêle situation. Je n'ai réagi de la sorte que pour faire avancer les choses. Je travaille comme tout le monde et je crois que je dois avoir le même traitement.

C'est-à-dire ?

Par exemple si durant les vacances, on nous demande, en fonction du thème développé d'animer une émission, nous le ferons. Si ce n'est pas le cas, nous avons d'autres moyens de nous exprimer sur un tel thème à travers notre musique. Après quoi, à défaut de participer à une émission, il y a votre œuvre qui peur être diffusée. A partir de ce moment, on peut prendre la décision sur nous d'appeler l'animateur pour l'informer mais on se voit répondre parfois que le moment ne s'y prête pas, que c'est encore trop tôt.

Avez-vous eu à faire face à ce genre de situation ?

On me l'a fait à maintes reprises. Si on vous dit d'attendre, c'est parce que la personne n'a pas encore eu ce qu'elle veut. Je n'accuse pas tout le monde parce qu'il y a encore des gens qui se respectent et qui respectent également leur prochain.

Donc si on vous dit que c'est encore tôt, c'est peut-être parce qu'ils n'ont... ?

(Elle coupe) Ne dires pas "ils" comme s'il s'agit de plusieurs individus. Dans tous les corps de métier, il y a des brebis galeuses. Je ne pense pas qu'on puisse être quelque part et passer tout son temps à faire chanter les gens. Il y aura forcément un jour où le glaive divin s'abattra sur vous. Et ce jour là, vous serait obligé de partir.

Vous parlez de qui ? Soyez plus précise ?

Je me méfie beaucoup des gens que je ne connais pas. Je n'ai aucun problème avec la Rts1. J'ai d'ailleurs participé dernièrement à une émission animée par Marième Samba qui est une femme respectée et respectable. Mais il faut faire la différence entre la télévision et l'émission animée par une personne qui refuse de vous y inviter. J'étais indésirable dans une émission et non à la télévision nationale en tant que telle. je trouve que les gens sont respectables à la Rts. Je fais une mention spéciale à Dj Prince parce que si les journalistes s'intéressent à moi aujourd'hui, c'est un peu grâce à lui. Lui, je le trouve honnête et respectueux parce qu'il s'en tient strictement au cadre professionnel.

Mais de qui parlez-vous alors ?

Non ! Quand même, vous aussi !

Est-il producteur ou animateur ?

Il est animateur. D'ailleurs, il n'est plus à la Rts.

A-t-il voulu vous faire des propositions indécentes ou l'a-t-il déjà fait ?

Si vous invitez par exemple quelqu'un dans votre émission, je ne vois pas pourquoi vous vous arrogez le droit de lui dire que vous l'aimez. Ces genres d'individus sont des coureurs de jupons et ce sont eux qui pervertissent le métier. C'est sûr que si demain vous en faites un imam, il cherchera toujours à tirer profit de sa situation. I,'habitude est une seconde nature.

C'est après l'émission qu'il vous a dit qu'il vous aimait ou bien ?

Non pour moi, c'est pas...

Vous tournez toujours autour du pot ?

Le bruit court. Ce n'est pas tourner autour du pot mais il faut être professionnel et ne pas prononcer de noms.

Oui mais vous pouvez être beaucoup plus explicite ?

Qui faisait les émission du samedi soir à la Rts! et qui est parti ailleurs maintenant ? Vous suivez la télé quand même. Son remplaçant n'a rien à se reprocher. Je pense qu'il est là pour tout le monde. Ceux qui ont des principes, comme ceux qui n'en n'ont pas.

RELATIONS AVEC OUMAR PENE, DEPART DU SUPER DIAMONO Quels sont vos rapports avec les autres producteurs ?

J'ai de très bonne relation avec eux. Ma cassette a été produite par Oumar Pène. La dernière, c'est même qui l'ai produite. Donc si demain j'ai un producteur, je travaillerais avec lui. Sinon, je n'ai pas de problèmes avec les producteurs. Maintenant, si quelqu'un essaye de m'arnaquer, je n'hésiterai pas à le dénoncer. II faut respecter l'individu et non la craindre et je suis toujours dans cette logique. Le rapport de force existe toujours au sein de la société. Le plus faible paie toujours les pots cassés.

Pourquoi avez-vous quitté le Super Diamono ?

J'ai fait 8 ans au Super Diamono. J'y ai affûté mes armes et je trouve que ça a été un passage significatif pour ma carrière. Les années que j'y ai passées, je ne l'ai fait dans aucun autre groupe.

Vous n'avez pas eu de problèmes là-bas

Pas du tout. Il n'y a pas eu de problèmes.

Avez-vous gardé les relations avec Omar Pène ?

Je sors rarement, ce qui fait qu'on ne se voit pas.

Mais 8 ans de collaboration, ça doit quand même raffermir les relations. Et si vous avez quitté le Super Diamonno sans problèmes, vous devez quand même maintenir cette relation ?

Je suis partie du Super Diamono de façon naturelle. C'est juste après la sortie de la cassette My Baby que la rupture a été consommée. Et je peux vous assurer que je n'ai pas sorti cette cassette pour quitter le Super Diamono. Peut-être ça devait arriver. Après, il n'y avait plus cette entente entre nous. Ils ne m'informaient plus de leurs déplacements, de leurs tournées. Je suis restée chez moi parce que jusque-là, ce sont eux qui m'appelaient. C'est très simple : auparavant, on m'informait et un beau jour, on ne m'informait plus. Même si on a fait 8 ans, on n'avait pas développé de relations en dehors du travail.

Donc vous n'aviez pas décidé de votre propre chef de quitter le Super Diamono. Est-ce que la sortie de la cassette n'est pas à l'origine de lu rupture ?

Ah, je ne sais pas ! En tout cas, quand le groupe se déplaçait, ils ne m'appelaient pas. Et au bout de 6 mois d'attente, je me suis dit qu'il était temps de voir ce qui se passait.

Durant les 6 mois vous faisiez la promotion de la cassette ?

Non, la promotion ne pouvait pas m'empêcher de travailler avec le groupe. La promotion n' est rien d'autre que parler à la presse et d'animer des soirées. Je n'ai pas arrêté parce que je l'ai cherché, mais je me suis dit qu'il était quand même temps. Je me suis fait beaucoup arnaquer mais Omar Pène ne me doit aucun centime. On avait des relations strictement professionnelles. On ne se voyait qu'au bureau. II ne se déplaçait pas pour venir me voir, moi également je ne le faisais pas. Et pourtant, on habite presque dans la même zone. par exemple pour le mois de ramadan qui est un congé forcé pour les artistes, on ne se voyait pas.

Donc à part les relations professionnelles, il n'y avait pas autre chose ?

Non, on n'avair pas d'autres relations, ce n'est pas grave ça . Quand son père est décédé, on s'est vu, il y a certaines occasions qu'on ne saurait manquer. Je crois qu'il faut faire la distinction dans les relatiens. On ne force pas une relation, elle doit être naturelle. Peut-être qu' il y a des gens avec lesquels je travaillais et qui lorsqu'ils ne me voyaient pas, passer me voir. Et puis, comme je dois m' occuper de mon foyer, je n'ai pas trop prêté attention à cela. En tout cas, durant le temp; qu'on a eu à collaborer, j'ai toujours respecté mes engagements quel que soit le lieu.

Mais quand même sur le plan du travail vous étiez très proches. Est-ce à dire que c'est lui qui ne voulait pas de cette relation de familiarité ?

Je suis professionnelle, c'est pourquoi je suis partie de façon professionnelle en pensant qu'un jour on peut être appelé à travailler ensemble par l'intermédiaire d'un producteur ou d'une quelconque personne. Six mois après, j'ai donc appelé au bureau pour m'informer.

Mais pourquoi avoir attendu six mois ?

(Elle nous interrompt) Il faut d'abord écouter. Je vous ai dit tout à l'heure que je n'étais pas au courant de leurs déplacements. Donc je voulais être sûre de ce qui se passait. Les gens me demandaient les raisons de mon absence parce qu'ils avaient vu le groupe se produire quelque part sans moi. J'ai appelé au bureau pour leur dire qu'il (Omar Perte) me rappelle lorsqu'il sera de retour parce que je voulais confirmer ma démission. Je n'étais au courant de rien et je me suis dit que la situation ne pouvait plus continuer et qu'il fallait tirer tout ceci au clair pour qu'on puisse se quitter en bons termes. Après, il m'a demandé de passer chez lui pour qu'on en discute. Mais je ne voulais pas puisque durant tout le temps qu'a duré notre collaboration, je ne suis jamais allée chez lui. Je me suis dit alors que les relations professionnelles devaient être débattues au bureau. Donc, je ne suis pas passée chez lui, il n'est pas non plus venu me voir. I1 s'est passé un an et je suis partie sur invitation en tant que professionnelle (elle tient à le préciser) à l'occasion des 30 ans du Super Diamono. II a invité tout le monde, il en a fait de même avec moi et j'ai accepté en tant que professionnelle. On s'est revu à cette occasion. Depuis lors, on en est resté là. Peut-être que c'est Dieu qui en a décidé ainsi.

Mais quand même 8 ans, c'est quelques chose?

Je ne voulais pas revenir sur cela parce que je ne veux surtout pas qu'on pense que j'en veux à quelqu'un. Je ne lui en veux surtout pas, mais on a fait 8 ans et il n'a jamais mis les pieds chez moi.

C'est pourquoi alors vous avez refusé de passer chez lui ?

Pas du tout. Seulement, on avait un bureau où on discutait de tout ce qui a trait au groupe. Cest là-bas qu'on se rencontrait.

Mais pourquoi avoir peur ?

Non, je n'ai pas peur du tout. Il peut passer chez moi comme je peux le faire. Mais on s'était dit dès le départ que les questions professionnelles se réglaient au bureau. Je vous l'ai dit plus haut, on n'avait des relations strictement personnelles.

Mais c'est vous-même qui avez pris l'initiative de l'appeler pour vous informer ?

Ça ne coûtait rien de le faire....

Donc avec votre refus de passer chez lui le voir, vous n'avez toujours pas eu d'explications claires par rapport cette rupture ?

J'en connais un petit bout. Seulement, il se trouve qu'on ne peut pas tout dévoiler. Ce qui est sûr c'est... (elle ne termine pas sa phrase).

Mais dites-nous ?

Vous êtes des professionnelles et vous savez de quoi il est question. On s'est toujours rencontré au bureau et je crois que c'est l'endroit le mieux indiqué pour discuter de problèmes professionnels.

N'avez-vous pas eu d'antécédents qui vous empêchent d'aller chez lui ?

Quel genre d'antécédents ? Il n'y en a pas. S'il y en avait, je n'aurais pas participé aux 30 ans du Super Diamono. Moi, je ne suis pas curieuse. Si on travaille ensemble, le simple fait de connaître ton manager m'impose de m'adresser directement à lui quand j'ai des choses à traiter avec toi. Même si je suis malade et qu'auparavant j'ai pris une avance sur un contrat donné, je me vois dans l'obligation de l'honorer même si je dois le faire en rampant. J'accepte les critiques, mais je fais tout pour ne pas en recevoir, car je suis orgueilleuse.

Ne pensez-vous pas que c'est uniquement de la jalousie, car My baby a eu un succès notoire ?

(Rires) je ne sais pas mais franchement je n'arrive pas à comprendre son comportement. Une chose est sure, si je n'avais pas sorti une cassette, je serais encore au Super Diamono en train d'assurer les choeurs pour lui. Je vais vous dire une chose : quand je travaille avec toi, je ne t'emmerde pas. Je ne prends pas de prêts, je ne te fréquente pas. Quand je viens pour le boulot, je me mets avec les musiciens et j'essaie de jouer correctement ma partition pour ne pas recevoir de reproches. Au temps, il (Omar I'ène) me demandait souvent pourquoi je ne venais pas au bureau quand il n'y a pas de répétition, simplement pour vous dire que je me limite à mon boulot. Le reste de mon temps libre, je le consacre à ma famille. Je ne peux pas dire qu'on me jalousait. Mais ce qui est sûr, c'est que si la cassette n'était pas sur le marché, je serais encore dans le groupe.

Comment est venue l'idée de faire cette cassette tout en étant au Super Diamono ?

On m'a connue bien avant que je ne fasse les chœurs au Super Diamono. Quand je venais tout juste d'intégrer le groupe, il (Omar Pène) m'avait dit qu'il allait m'aider à mettre un produit sur le marché. Donc, quand j'ai voulu sortir la cassette, je lui en ai parlé pour la production parce que je n'en étais pas à mes débuts et je pouvais trouver un producteur. Je lui en ai parlé et on l'a fait. Avec le Super Diamono, nous nous sommes produits un peu partout en Europe. Seulement, il faut accepter le destin. Je crois que parfois, il est bon d'avoir de petites difficultés pour mieux aller de l'avant. Je ne jalouse personne et je l'ai toujours soutenu. Je ne lui veux que du bien. Je me suis toujours approprié le Super Diamono et c'est pourquoi je faisais le travail comme si c'était mon propre groupe. Je me dis que ce n'était pas méchant et il faut également comprendre que rien n'est éternel. II y a des moments où on est appelé à s'éloigner de ses parents à plus forte raison d'une personne Connue dans le cadre du travail. De toute façon, je ne trahirais personne. Je n'ai pas pour habitude de trahir les gens avec qui je suis. Dans les relations, quand je sens qu'il y a un problème, je prends du recul pour mieux analyser ce qui se passe. Je ne l'ai pas quitté parce que je l'ai trahi...

Mais on peut dire alors que c'est lui qui vous a trahie parce qu'il vous a laissée tomber au moment où vous vous y attendez le moins ? Ne l'avez vous pas senti comme de la trahison sinon comment le qualifiez-­vous ?

Je n'ai pas pour habitude de juger les gens. Je n'aime pas interpréter au risque de me tromper. Seulement, il faut faire attention aux gens. Combien de fois certaines personnes sont venues me dire qu'il était temps que je quitte le groupe ?

Donc on peut dire que certaines personnes pourraient être mêlées à cela ?

(Elle coupe) Je sais qu'on ne peut pas facilement m'influencer parce que je n'écoute pas ce qui se dit. Peut-être également certains diront que j'ai mis une cassette sur le marché et que je projette de faire une carrière solo. II y a des gens qu'on influence facilement. Chaque musicien projette de mettre le plus grand nombre de cassettes sur le marché. Après My Baby, j'ai fait une autre cassette. Avant My Baby, je suis restée 8 ans durant sans sortir de cassettes et mêmes certains me disaient que si je le faisais, c'aurait été un fiasco car cela faisait longtemps que je n'ai pas sorti de cassette.

N'avez-vous pas le sentiment de lui avoir forcé la main ?

Je ne le pense pas. Personnellement, on ne me force pas la main. Donc je ne crois pas que ça soit le cas. Ce qu'il y a, c'est qu'il a jugé que j'avais raison. Et je crois que tout peut se régler en communiquant. Je n'ai jamais eu peur de dire la vérité même à mon patron même si je respecte tout le monde. Vous savez, je suis une femme et c'est pourquoi je fais très attention à ce qu'on pourrait dire sur moi. Je peux travailler avec quelqu'un sans avoir d'affinités avec lui car je veux qu'on ait confiance en moi pour que je puisse faire correctement mon travail. Je n'ai jamais pris de décision sans en discuter auparavant avec lui.

Comment s'est passée la production ?

A vrai dire, il n'y a pas eu de problèmes de ce côté. II m'a payé ce qui était convenu. Et pour la promotion, tout s'est bien passé. Je m'y suis investi parce que cela faisait 8 ans que je n'avais pas fait de produit. Et cela a marché parce que les textes étaient éducatifs surtout pour le titre éponyme. Beaucoup de gens m'ont appelée pour me dire qu'ils avaient repris les cours grâce à cette chanson. La promotion dépend de Dieu. Aujourd'hui, tu peux avoir beaucoup d'argent, mettre ton produit sur le marché et ne pas enregistrer de succès.

Combien vous a rapporté cet album ?

L',argent ce n'est pas le plus important. Mais il m'a beaucoup rapporté. My Baby a connu un succès. J'ai entendu un imam faire son prêche sur cette chanson. Et pour moi, cela vaut plus que tout l'or du monde. Je me dis que même si on gagne énormément d'argent pour une cassette et qu'on ne gagne pas l'estime des gens à travers ses propos, ça n'en vaut pas la peine.

Mais est-ce que vous avez réellement gagné de l'argent avec cette cassette ?

Les clauses ont été respectées et on m'a donné ce qu'on me devait. Maintenant, s'il y a d'autres retombées qui me passent entre les mains, je saurais que ça devait se passait ainsi.

RAPPORT AVEC LES AUTRES MUSICIENS

On vous connait dans la musique, mais on ne vous a jamais vue en duo avec les autres chanteuses. Quels sont vos rapports ?

Je n'ai aucun problème avec elles. Si l'une d'entre elles m'invite pour une prestation, j'y vais. Et ce n'est pas seulement pour les femmes, c'est la même chose avec les hommes. Lorsqu'on se rencontre quelque part, on échange dans le respect mutuel. Si je vois qu'elles ont fait un bon produit, je les appelle pour les féliciter, parce que c'est une réussite commune qui doit faire la fierté de toutes les femmes. Parfois, quand je suis dans un milieu où l'on traite un artiste de tous les noms d'oiseaux, je prends toujours sa défense et quel que soit l'artiste d'ailleurs.

Dernièrement, vous disiez que vous aimez Youssou Ndour parce qu'il est un exemple à suivre. Pouvez-vous revenir sur cela ?

(Elle jure sur Cheikh Ahmadou Bomba). Depuis que je suis petite, j'aime Youssou Ndour et en ce temps je n'étais pas encore dans la musique. D'ailleurs, partout où j'ai fait une interview, j'ai toujours soutenu la même chose. parmi plusieurs artistes, il peut arriver que quelqu'un sorte du lot et c'est son cas. Il faut reconnaitre qu'il s'est beaucoup investi dans le métier. Il n'a jamais rien fait pour moi, mais c' est mon idole et je sais que c'est quelqu'un qui se bat énormément pour faire avancer les choses.

II est de la même génération que le Super Diamono. Qu'est-ce qui explique votre penchant pour Youssou Ndour ?

Omar Pène, je ne l'ai connu que quand j'ai rejoint le Super Diamono en 1995. On se croisait avant et il me faisait des compliments sur ma manière de chanter. C'est quand j'ai intégré son groupe qu'on s'est connus. Pour vous dire que je n'ai pas de parti pris. J'écoute toutes les musiques. J'ai commencé dans les variétés et je reprenais des musiciennes comme Aïcha Koné, Célia Cruz et d'autres dont je n'ai découvert les visages que récemment. J'aime tous les musiciens mais c'est Youssou Ndour mon préféré.

Pourtant c'est Ouza qui vous a formée ?

Lui-même le sait. Il a d'ailleurs beaucoup fait pour moi. Il me dit toujours que je suis une révolutionnaire et qu'il m'apprécie beaucoup. C'est quelqu'un de très engagé, qui a beaucoup fait pour la musique mais qui n'est toujours pas récompensé à sa juste valeur. Il a toujours été méconnu parce que comme il était engagé, il était toujours censuré. On apprend à faire face aux vicissitudes de la vie lorsqu'on est aux côtés d'une personne engagée comme lui. Ouza, c'est mon père. Il m'appelle tout le temps pour me donner des conseils. C'est un révolutionnaire et quand il lit un article me concernant dans la presse, il m'interpelle pour me dire : «Ça se voit que tu es ma fille, car tu ne te laisses pas faire.» D'ailleurs, si une personne sort de son école, il suffit que j'entende sa voix à la radio pour le savoir. Sa femme m'adorait quand j'étais gamine et elle a même demandé à ma mère ma garde tellement elle m'aimait.

Vous aviez quel âge ?

Je ne me rappelle plus. Mais je devrais avoir entre 1 1 et 12 ans. Après ma première sortie sur scène, je suis venue me plaindre à ses côtés car je lui disais que tous les regards étaient braqués sur moi et j'avais peur. Elle me répondait tout le temps que c'était normal que les gens me regardent car cela prouve qu'ils s'intéressent à moi. Malheureusement, la formation n'a duré que deux ans.

Après cette étape de votre vie qu'avez-vous fait ?

Je suis restée à la maison. Mais cette expérience a augmenté mon goût pour la musique et je consacrais mon temps à écrire des chansons.

Pourquoi Ouza vous a laissée repartir sans pour autant sortir une cassette avec vous ?

Mais pendant ce temps-là, même lui ne pouvait pas sortir une cassette. Je me rappelle qu'il était tout 1e temps censuré (rires).

Quelle a été votre première sortie sur scène ?

C'était à Rufisque, j'avais 12ans, quand j'accompagnais père Ouza. Je reprenais Guantanamera et le public m'appelait Célia Cruz. Je me rappelle que ce jour-là, on m' avait donné beaucoup d'argent. Après cette soirée, on s'est séparés. Et un jour, un ami de ma famille est venu me proposer de travailler avec Lamine Faye. Sur ce, il me demande si je connaissais Lamine et je lui ai répondu que non.

Vous êtes restée combien de temps avant de rejoindre lamine Faye ?

Je ne sais pas.

5,10 ans ?

Je ne me rappelle plus c'était en 1991.

Vous avez quel âge ?

Je ne vous le dirais pas ( Rires). Disons plus de la trentaine.

A quel âge avez vous rejoint le Lamzo Diamono ?

En tout cas, j'était dèjà mariée et mère d'un petit garçon. Car, je me suis mariée très tôt, en 1990.

Comment s'est passé votre premier entretien avec Lamine Faye?

Quand il m' a auditionnée, il a trouvé ma voix superbe et il m'a intégrée dans le groupe où il y' avait déjà Salam Diallo, (Alioune Mbaye) Nder, et Fallou Dieng.

Vos parents ne se sont-ils pas opposés à l'idée que vous fassiez de la musique ?

Mon père était réticent, mais ma mère me soutenait. Ce qui l'inquiétait par contre, c'était ma timidité. Car des gens lui faisaient comprendre que ma timidité pouvait me pousser à me saouler pour pouvoir affronter le public. Cela a préoccupé ma maman au plus haut point. Toutefois, après chaque répétition, elle m'appelait dans la chambre pour me conseiller de ne jamais m'écarter du droit chemin et c'est ce que j'ai fait jusqu'à présent.

Vous n'avez jamais touché à l'alcool ?

Que Dieu m'en garde! C'est ce qui m'a inspiré d'ailleurs la chanson «limata marie», car j'avoue que j'avais peur de succomber aux tentations, avec les paillettes et l'ambiance qui régnait dans les boîtes de nuit. Mais j'ai toujours eu des garde-fous. Je savais que j'allais m'en sortir indemne.

Vous n'avez jamais succombé à une tentation liée à ce milieu ?

Dans ce milieu, on voit du n'importe quoi, mais c'est seulement Dieu qui peut t'aider à t' en sortir. Et je l'en remercie pour cela. Je pense aussi que l'éducation de base est très importante dans la vie d'une personne. Personnellement, je ne peux pas me permettre de faire n'importe quoi. Je n'ai jamais fumé, ni touché à l'alcool.

Mais il paraît que vous fumez du chanvre indien...

Je devrais vous gifler ! (rires) Que Dieu m'en garde ! Jamais au plus grand jamais !

La plupart des artistes le font pour affronter le public ?

Je prie le ciel pour que cela n'arrive jamais. Je vais vous dire une chose, je serai timide pour toute ma vie, mais je ne me droguerai jamais pour n'importe quel prétexte. Je préfère mourir que de faire certaines choses. Même mon fils, qui est très jeune, est très croyant. Je suis éduquée avec des valeurs islamiques et je compte rester dans le droit chemin. Je n'ai pas d'amis, mes seuls compagnons sont mon chapelet et mes khassaides.

Vous avez donc réussi à échapper à toutes ces tentations ?

Dieu m'a préservée. Quand on veut réussir par tous les moyens, on peut tomber dans certains pièges. Je ne regarde jamais ce qu'a mon prochain. Je me contente de ce que j'ai. Les belles voitures ou les maisons, ce n'est rien pour moi.

Donc vous n'êtes pas dans le lot des femmes qui couchent pour réussir ?

(Catégorique) Jamais ! Pour moi, la réussite ne revient qu'à Dieu. Et ce que je cherche à éviter tout le temps, c'est de voir mon nom mêlé à des pratiques peu recommandables. Ces dernières d'ailleurs poursuivent l'indivi­du durant toute sa vie. Vous savez, on est au courant de tout ce qui se passe dans ce pays. Je ne suis pas quelqu'un qu'on fait chanter pour lui permettre de réussir. Je pense que j'aurai toujours ce qui me revient de droit, sans passer par là. D'ailleurs, il faut avoir confiance en soi. Parce qu'il ne faut pas se tromper, car, dans ce milieu, si on n'est pas guidé par le talent, on va se casser la figure. Un jour où l'autre, on se rendra compte de la supercherie.

Revenons pour parler du Lemzo Diamono...

(Elle coupe) Je ne reviens pas sur le Lemzo Diamono (Rires). je refuse de revenir là-­dessus.

Quand vous avez débuté au Lemzo Diamono.....

(Rires aux éclats) Mais vous êtes tenaces, vous.

Quand vous avez commencé au Lemzo Diamano, étiez-­vous déjà mariée ?

Bien sûr

Mais certains disaient que vous aviez divorcé ?

La rumeur a longtemps couru. Tout ce que je peux vous dire, c'est que depuis que je me suis mariée, je n'ai jamais divorcé (elle jure sur Cheikh Ahmadou Bamba). Je jure sur Mame Cheikh Ibra Fall, grâce à qui je réussis toujours à évacuer ma timidité lorsque je fais face à quelqu'un, que je n'ai jamais divorcé. C'est pour cela que je ne fais pas attention aux rumeurs.

Mais est-ce qu'il n'y avait pas de problèmes avec les voyages...?

Quel problème ? Mais chacun souhaite avancer dans ce qu'il fait. Je vous ai dit tout à l'heure que je suis pour la parité. Je n'attends personne pour certaines choses. Par exemple quand la bonbonne de gaz est finie, je vais l'acheter, quand mon enfant me demande de l argent pour acheter un cahier, je le lui donne. Et comme le dit le chanteur Thione Seck, être en mesure de satisfaire ses besoins est extrèmement important. D'ailleurs, cela participe à forger le respect de votre conjoint. Je crois en cela, car j'ai appris très tôt à être responsable. Je voyais, étant petite, tout ce que ma mère supportait comme charge. Je suis d'accord qu'on nous donne des choses en tant que femme, mais nous aussi, devons participer à la gestion du foyer. Je vois mal pourquoi on ne pourrait pas aller travailler.

Par mame Saye Diop et Aissatou Laye mamesaye@weekend.sn et ayda@weekend

Source: Week End

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Mercredi 4 Juillet 2007





1.Posté par mor talla le 04/07/2007 17:14
Vraiment ce "sounaliste" est nul,les memes questions à répétition,des questions qui n'ont aucun sens,pour la forçer à admettre qu'elle s'est laissé aller.Heureusement que Mada ba,n'est pas petite.


2.Posté par niakhoum le 04/07/2007 17:48
Mada Ba, Elle est vraimen brave cette dame. Bon courage

3.Posté par waw le 04/07/2007 23:14
sotura waye ndawsi c pas important de rvèles ta plm pirivè ici komagga gareme sabay banga kharabe tu ma fait honte way

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