Décidément la loi portant sur l’interdiction de la mendicité est toujours d’actualité. Il ne passe plus un jour sans que ce sujet ne fasse l’objet de commentaire sur les places publiques. Avec les incohérences et les incompréhensions notées sur l’applicabilité de cette loi, le ministre de la Famille et de la Petite enfance, Mme Ndèye Khady Diop, a tenu hier au centre Ginndi une réunion de clarification et de concertation. Réunissant bon nombre de Serigne Daraa, d’associations de maîtres coraniques, de personnes handicapées, d’organisations non gouvernementales, etc., Mme le ministre a tenté de donner une explication rationnelle sur l’applicabilité de la mesure relative à l’interdiction de la mendicité dans la rue. Une mesure qui, selon la responsable de la Petite enfance, est incompréhensible pour les Serigne Daara. Car, clarifie-t-elle ‘la loi n’interdit pas la mendicité. C’est sur les lieux publics comme la voirie où la loi prohibe la mendicité.’
Ayant en sa possession un document relatif aux dispositions juridiques sur la mendicité, extrait du code pénal sénégalais et traduit en Wolof, Mme le ministre a essayé de convaincre les Serigne Daara sur les termes fondamentaux de la loi. Il ne s’agit pas, selon elle, d’une loi qui interdit totalement la mendicité, mais d’une forme de protection des enfants. Ainsi, dira-t-elle, ‘des efforts consistants ont été consentis par l’Etat du Sénégal pour la protection des enfants. C’est dans cette optique que la direction de la protection des droits de l’enfant a été mise sur pied avec un projet pour la lutte contre les pires formes de traite des enfants. Aussi, des Evf Daara pour renforcer l’environnement des Daara ont été mis en œuvre. Et enfin le centre Ginndi ouvert pour assurer la sécurité, la protection des enfants défavorisés’.
Une explication, qui malgré la réticence de certaines Serigne Daara et maîtres coraniques, a été approuvée. Si certains maîtres coraniques, dont Serigne Abdou Bakhin Dème, Adama Seck, Seybatou Fall Niang ont salué la mesure prise par l’Etat, d’autres en revanche avec notamment le représentant de l’association Jamma Alkhourane wa soun, a élevé le ton pour marquer sa désapprobation sur la mesure relative à l’interdiction de la mendicité dans certains endroits. Car, il soutient que cette mesure est une attaque frontale contre l’Islam. Non sans qualifier certains de ses défenseurs leurs d’être des ‘proches du pouvoir’.
Abdoul Magib GAYE & Judith Duportail (Stagiaire)
Source Walfadjri