Des centaines de manifestants armés protestant contre la politique des nouvelles autorités libyennes ont attaqué samedi le siège du Conseil national de transition (CNT) dans la ville de Benghazi. Ce dimanche, c’est le vice-président du CNT qui a annoncé sa démission sur la chaine panarabe Al-Jazira.
Samedi 21 janvier, des centaines de personnes se sont rassemblées devant le siège du gouvernement pour contester la loi électorale adoptée par le CNT "sans discussion publique". A l’issue du rassemblement, les protestataires en colère ont jeté des grenades artisanales sur le bâtiment et dans son périmètre. Ils ont ensuite investi les lieux puis saccagé les locaux.
Auparavant, les médias arabes ont rapporté que plus de 3.000 Libyens s’étaient réunis sur la place centrale de Benghazi, deuxième plus grande ville du pays, considérée comme le berceau de la révolte populaire contre le régime de Mouammar Kadhafi, afin d’exiger l’instauration de la charia (jurisprudence islamique) en Libye.
Selon l’agence Reuters, le chef du CNT, Moustapha Abdeljalil, a tenté de s’adresser à la foule. Plusieurs manifestants lui ont lancé des bouteilles de plastique vides. Les forces de sécurité ont quant à elles lancé des gaz lacrymogènes.
Depuis plusieurs semaines, les manifestants réclament notamment davantage de transparence dans la gestion des ressources libyennes par le CNT.
Par ailleurs, le vice-président du CNT, Abdelhafidh Ghoga, a annoncé dimanche sur la chaîne qatarie Al-Jazira qu’il démissionnait, après des appels à son départ. "J’ai choisi de démissionner dans l’intérêt de la nation", a déclaré M. Ghoga à la chaîne par téléphone.
M. Ghoga était souvent accusé par des manifestants libyens d’être un « opportuniste » et d’avoir été partie prenante du régime Kadhafi. Il avait été pris à parti et agressé jeudi à l’Université de Ghar Younès, à Benghazi, où il était allé pour une cérémonie en l’honneur des martyrs de la révolution qui a renversé Kadhafi.
Cette démission intervient au moment où le CNT doit présenter la loi électorale qu’il a élaborée, en prévision de l’élection en juin d’une assemblée constituante, et de l’annonce de la composition de la commission électorale. Sous la pression de la rue, l’adoption de cette loi est reportée à la semaine prochaine.
Source Afriscoop avec agence