Référence multimedia du sénégal
.
Google

Les sénégalais peinent à créer une association regroupant la société civile : Les Français de Bouguenais suspendent leur coopération avec la communauté rurale de Ballou

Article Lu 1906 fois

Si les populations de la communauté rurale de Ballou n'arrivent pas à s'entendre sur la création de leur société civile, elles risquent de perdre un financement de l'ordre de plus d'un milliard de francs Cfa. Face aux blocages de sa création pour des raisons essentiellement politiques, la commune française de Bouguenais a pris la décision de suspendre sa coopération dans le cadre du Programme Eau potable et aissainissement. La délégation de Bouguenais l'a fait savoir à ses partenaires français et sénégalais, lors de la réunion à cet effet en Allemagne. Et la levée de cette suspension est soumise à la mise en place de cette association représentant la société civile de la communauté rurale de Ballou.



Les sénégalais peinent à créer une association regroupant la société civile : Les Français de Bouguenais suspendent leur coopération avec la communauté rurale de Ballou
(Ginsheim-Gustavsburh - Allemagne) - La communauté rurale de Ballou, située dans la région de Tambacounda, risque de ne pas pouvoir financer son programme local d'hydraulique et d'assainissement. En effet, l'un de ses partenaires, la commune de Bouguenais (France), a suspendu le financement destiné à ce programme. La délégation française a annoncé sa décision samedi dernier, lors de la réunion tenue à Ginsheim Gustavsburg, en Allemagne. D'après la délégation de Bouguenais, c'est le bureau municipal qui a pris cette décision. Pour cause, les Français exigent la création d'une société civile dont le rôle sera de remonter les besoins des villages au Conseil rural qui, à son tour, doit les faire parvenir au cadre tripartite formé par la commune allemande, la commune française et la communauté rurale de Ballou.
Avec cette décision de suspension, c'est la satisfaction des besoins en eau et en assainissement des villages de la communauté rurale qui est remise en question. Le Programme Eau potable et assainissement du millénaire s'élève à 2,5 millions d’euros, soit 1 milliard 639 millions 892 mille 500 francs Cfa. L’Usaid et le Fonds koweitien ont déjà financé les projets de trois villages. Il s’agit des villages de Djimbé, d’Aroundou et de Dembokoulé. Il reste 1 million 865 mille euros, soit 1 milliard 223 millions 359 mille 805 francs Cfa à trouver. Et la décision de suspendre la coopération prise par la commune de Bouguenais risque d'hypothéquer le projet pour les villages restants. Pour les Français, cette association, dont ils exigent la création, est ‘importante puisqu'elle permet d'être en contact’ avec les populations à la base. ‘Elle a pour objectif d’impliquer la société civile de la communauté rurale de Ballou de façon à faire émerger des populations les demandes, les besoins pour les faire remonter par le canal de l’autorité politique de Ballou’, explique Serge Zaroudneff, conseiller municipal de Bouguenais, présent à la réunion. Avant de faire constater à l'assistance que ‘depuis deux ans, nous avons constaté des blocages à la création de cette association’. Ce qui motive, selon lui, la décision municipale de suspension de sa coopération. ‘A la suite de nombreuses demandes à la mise en place de cette association, le bureau municipal de Bouguenais a pris la décision de suspendre ses relations politiques avec le conseil rural de Ballou jusqu’à la mise en place de l’association’. Si la commune de Bouguenais exige la création d'une association représentant la société civile de la coummunauté rurale de Ballou, c'est, soutient le conseiller municipal, pour éviter qu'il y ait des intermédiaires entre les partenaires et les populations.

La question qu'on est en droit de poser, c'est quelles sont les raisons qui bloquent la création d'une telle association civile, vu l'importance du projet en jeu ? Alors que les partenaires ont mis les moyens pour cela et une réunion a été tenue dans ce sens à Dakar. Une réunion qui a réuni toutes les composantes de la communauté rurale. Pour Cheikhna Camara, chargé du Pepam au niveau du comité de liaison, ce sont les politiques qui ont voulu infiltrer l'association. ‘Une assemblée générale pour constituer cette association avait été convoquée, mais il y a eu deux candidatures dont l’une est politisée. Les populations disent qu’elles ne veulent pas de gens politiques. Il s’agit précisément de deux personnes qui se réclament de la société civile, dont l’une est supportée par la société civile et l’autre par les politiques. Nous avons demandé à ce que les politiques ne participent pas à l’élection pour laisser à la société civile le soin de former son association démocratiquement et conformément aux vœux des partenaires. Mais ils ont refusé. Et jusqu’à présent, nous tentons, avec nos partenaires, de débloquer la situation, en vain’.

En attendant, le comité de liaison, qui sert de tampon entre la communauté rurale et les partenaires allemands et français, a demandé un délai pour harmoniser les positions et permettre la mise en place de cette association. ‘Cela a été accepté par nos deux partenaires français et allemands au cours de la réunion des 12 et 13 mai derniers. Mais voilà que la délégation bouguenaisienne nous annonce que son bureau municipal a décidé de suspendre sa coopération avec la communauté rurale’. D'ailleurs, dans une lettre adressée au maire de Bouguenais, le maire de Ginsheim Gustavsburg n'a manqué de déplorer la décision unilatérale de la commune française, étant donné qu'elle peut engager ses partenaires et remettre en cause tous les efforts qui ont été fournis jusque-là. Le maire allemand estimait, dans sa missive de protestation, qu'une consultation aurait pu se faire avant de prendre une telle décision. Et durant la réunion du week-end dernier, l'adjoint au maire de Ginsheim Gustavsburg, Hans Jürgen Müller, n'a pas manqué de ‘regretter’ cette suspension pour ‘des raisons simplement de formalités’. Pour lui, il est nécessaire de ‘débloquer cette situation’. Avant de souligner : ‘On est conscient de l'importance du Pepam pour les populations ; c'est pourquoi il faut le réaliser le plus rapidement possible’. D'ailleurs la partie allemande demande à la commune de Bouguenais de se déterminer le plus vite possible. ‘Nous voulons déposer une demande de financement auprès de l'organisation Pingo. Et cela doit se faire en octobre 2007. Passé ce délai, la demande ne pourrait se faire qu'en octobre 2008. C'est pourquoi, nous voulons savoir si la demande doit être déposée sans vous (Bouguenais, Ndlr)’, lance l'adjoint au maire de Ginsheim Gustavsburg.

Interrogé en marge de la réunion, Andréas Klopp, chargé de la coopération de la commune allemande, entretient l'espoir. Pour lui, les deux maires allemands et français vont se concerter afin de prendre une décision qui ne va pas à l'encontre des intérêts des populations de la communauté rurale de Ballou. Du côté français, Serge Saroudneff avance que tout n'est pas encore perdu. ‘La décision de suspension est prise à un échelon inférieur, c'est-à-dire par le bureau municipal. Il n'est pas exclu que celui-ci revienne sur la décision à sa prochaine réunion’, explique-t-il.

En tous les cas, l'association, qui doit représenter la société civile de la communauté rurale de Ballou, ne peut pas être créée avant la fin de l'hivernage. ‘Il sera difficile de réunir les populations durant la saison des pluies. Elles sont plutôt occupées aux travaux champêtres et certains villages sont enclavés à cause de la saison des pluies’, explique Cheikhna Camara chargé du Pepam au niveau du comité de liaison. Mais il compte mobiliser le consul général du Sénégal à Paris, le sous-préfet pour amener les populations à comprendre l'importance du projet.

Pour ramener un peu d'ambiance conviviale dans le groupe tripartite, qui avait été polluée par cette mauvaise nouvelle, la délégation allemande a organisé, samedi, une soirée musicale. La valse allemande et française a permis la communion des uns et des autres. Et la troupe sénégalaise, composée de batteurs et de danseurses de Jimbé, amenée par le comité de liaison, a fait vibrer l'assistance.

Le lendemain, dimanche, c'était l'inauguration de la place de Ballou à Ginsheim Gustavsburg et une mini-foire pour récolter quelques sommes pour le projet, qui ont occupé les délégations tripartites. Ce n'est pas tout puisque la commune allemande a déjà dénommé une de ses rues. Une rue qui porte désormais le nom de Mariama Bâ, cet écrivain célèbre du Sénégal et auteur de Une si longue lettre.

Moustapha BARRY
Source: Walfadji

Article Lu 1906 fois

Mercredi 11 Juillet 2007

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State