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Les questions ouvertes de l’après Wade : Le Président à la recherche d’un scénario constitutionnel apaisé

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L’initiative du président de la République, Me Abdoulaye Wade de modifier la loi fondamentale du Sénégal est à plus d’un titre incompréhensible politiquement. Il est en exercice pour quelques années. Moins de cinq ans. En soi, c’est presque un mandat.



Les questions ouvertes de l’après Wade : Le Président à la recherche d’un scénario constitutionnel apaisé
Depuis sa réélection en 2007, il est confronté à des questions touchant à la consolidation de son œuvre, de son ambition et à des questions majeures éminemment politiques. Il ne fait l’ombre d’un doute qu’il sera jugé aux termes de cette gouvernance en fonction du traitement qu’il aura apporté à sa succession tant à la tête de la formation libérale qu’à la tête de l’état post alternance. De ce point de vue, il est difficile d’établir un lien entre le passage du mandat présidentiel de cinq ans à sept ans et une volonté de se maintenir au pouvoir. Autrement dit, il est permis d’exclure un enjeu personnel dans cette nouvelle initiative. Toutefois, la loi constitutionnelle revêt assez souvent une dimension exceptionnelle dans l’histoire des hommes et des institutions républicaines. Elle est toujours au service d’un rapport de forces politiques réelles ou en perspective. Notre pays a connu l’article 35 sous le règne du président poète Léopold Sédar Senghor. C’est le cadre juridique que l’ancien président de la république a tracé pour son dauphin, le président Abdou Diouf. Senghor a taillé par conséquent la loi fondamentale sur mesure pour son successeur. Il n’y a point de formule magique de transfert démocratique d’un pouvoir.

Dans le cas actuel du président Abdoulaye Wade, il est peut être exagéré de penser que le retour au mandat de sept ans prépare le terrain de la succession à un acteur virtuel à l’ombre du pouvoir. Dans l’hypothèse d’un départ du président en exercice avant 2012, on peut envisager une vacance du pouvoir quelque soit par ailleurs sa durée dans le temps, rendant possible l’arrivée d’un homme dont la fonction fondamentale serait de gérer la transition de l’alternance et de préparer une présidentielle anticipée pour lui-même ou pour un allié masqué capable de nouer des accords politiques. Ce cas de figure n’est point une construction imaginaire. Bien au contraire. Le report des élections locales a l’avantage aujourd’hui de créer les conditions de l’apaisement de la guerre de succession au sommet de l’Etat. Il n’y a pas de campagne électorale dans l’immédiat. La prochaine présidentielle est encore lointaine. Dans ces conditions de l’apaisement politique dans la famille libérale, la modification de notre charte fondamentale participerait alors d’une volonté de faire décrocher tous les protagonistes des campagnes électorales et des stratégies de successions. Les camps des anciens Premiers Ministres en l’occurrence ceux du Président de Rewmi et du Président de l’Assemblée nationale et celui de la génération du concret sont à l’écoute du maître du jeu. Ces trois camps devront nécessairement à se transformer deux camps ennemis.

Ils ne se feront pas de cadeaux. Le Ps de l’après Diouf a volé en éclats. Le Pds de l’après Wade volera lui aussi en éclats tôt ou tard en raison des ambitions non conciliables des candidats potentiels à la succession. Evidemment, le président Aboulaye Wade va tirer son épingle de ce jeu en raison du fait qu’il se donne suffisamment de temps de réflexion sur la nature de son retrait progressif du pouvoir, sur la gestion des carrières de tous ces candidats à la présidentielle de 2012 et le scénario de sortie de la guerre de succession. La modification de la constitution peut déboucher à des réponses à la refondation du Parti démocratique sénégalais et à son remplaçant. A défaut, rien ne l’empêche de briquer la succession à sa propre succession. C’est une épée de Damoclès qu’il fera peser de tout son poids sur les libéraux candidats à sa succession et sur certains alliés candidats non déclarés à la prochaine présidentielle. C’est là, un véritable exercice intellectuel et politique que le président Abdoulaye Wade vient d’engager. Il ne perd absolument rien dans ce jeu de passation organisée de main de maître du pouvoir à l’intérieur du Pds et de l’Etat.

Par contre, le « Front Siggil Sénégal » à tout à perdre. Et, naturellement, c’est à l’opposition de jouer pleinement sa fonction de contre pouvoir. Elle a échoué à l’occasion de la première révision constitutionnelle en 2001. Le challenge ne sera guère aisé à relever. Elle a échoué face à la volonté du président Wade de maintenir son mandat à sept ans. Elle a échoué en décidant de boycotter les dernières législatives. De ce point de vue, autant le président Abdoulaye Wade n’a plus droit à l’erreur en matière d’initiative politique dans un contexte d’implosion du Pds et de la société, autant ses adversaires n’ont plus le droit à l’erreur en matière de contestation de l’initiative des lois et du vote citoyen. L’essentiel est et reste que le peuple est le seul souverain capable de d’assurer la paix et la stabilité des institutions de la République.

Source: Ferloo.com

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Mercredi 14 Mai 2008


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