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Les petites souris de Ndoumbélane

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L’histoire se passe à Ndoumbélane, le royaume de notre enfance où les bêtes parlaient aux hommes, sous le règne du Lion, roi de la savane (1). La nuit, tous les chats sont gris et les petites souris de parfaites proies. Mais, avant l’Internet, ces chats savaient manger de petites souris sans faire trop de bruit. Et ces souris savaient, elles aussi, courir à gauche et à droite, feindre de résister, et puis se laisser prendre. Le tout dans une volupté partagée derrière le rideau de la « soutoura » (pudeur).

La morale était sauve. Et le bon peuple pouvait dormir du sommeil du juste ou vaquer à ses occupations puisqu’il ne voyait rien, n’entendait rien, n’était au courant de rien. L’Internet est venu fourrer son nez dans tout cela.

Imaginez le désarroi de ces petites souris, traînées, devant la barre d’un tribunal, sous l’arbre à palabres, pour avoir participé à une soirée sénégalaise, en petite tenue, le pas leste, le nombril en l’air, le petit pagne troué, sous le regard lubrique de chats gris, se léchant les babines en attendant peut-être...

Ce fut une soirée privée, dit-on, entre gens d’un même monde, derrière quelques broussailles touffues, sous un grand tamarinier. Les « djinns » du tamarinier ont béni la rencontre et l’Internet en a fait un « tanebèèr » (séance de tam-tam) sur la grande place du village planétaire.

Les pauvres souris, elles, ne comprennent pas qu’un bon moment passé dans une petite clairière, loin des yeux indiscrets, vire au cauchemar avec tous ces internautes d’ici et d’ailleurs qui, d’un clic ou en visionnant un Cd, s’en rincent les yeux d’abord et, ensuite, crient au scandale. Les pauvres souris, elles sont à la fois victimes de leur passion, du fromage des chats, de l’ambiance torride, de celui qui les aurait filmées à leur insu et d’une bête intelligente, Monsieur tout le monde.

Pourquoi diable le ciel tomberait-il uniquement sur le crâne de ces petites souris de banlieue, alors qu’au royaume de Ndoumbélane, une boîte magique, bien en vue dans toutes les chaumières, alterne, jour et nuit, images pieuses, films violents, danses salaces, rythmes endiablés, chants religieux et, surtout, vedettes étrangères de téléfilms de petite vertu souvent habillées d’une simple feuille de...mangue ?

Une question parmi d’autres d’un débat qui enfle et que les bêtes médiatiques - les loups du barreau et les « wakh sa khalateurs (2) » - ont vite saisi au rebond. À Ndoumbélane, les bêtes sont si intelligentes qu’elles se poseront les bonnes questions.

(1)Empruntez à vos enfants et petits enfants et relisez avec plaisir ce classique : « Leuk le lièvre », le livre de Senghor et Sadji.

(2). « Wakh sa khalateurs » : les auditeurs habitués des émissions de libre opinion des radios FM.


Par EL BACHIR SOW
Source: Le Soleil

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Vendredi 21 Septembre 2007

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