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Les bailleurs de fonds s'inquiètent : Le Sénégal enregistre un déficit de 272 milliards

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Le déficit, qui mesure la différence entre les recettes totales et les dépenses totales de l'Etat, a doublé entre 2005 et 2006. De 136 milliards de francs, le déficit budgétaire est passé à 272 milliards de francs l'année dernière. Le déficit de 2006 représente 6 % du Produit intérieur brut, contre 3 % un an plus tôt.



Les bailleurs de fonds s'inquiètent : Le Sénégal enregistre un déficit de 272 milliards
Selon l'information publiée sur le site du Fmi, le déficit budgétaire est passé de 136 milliards en 2005 à 272 milliards en 2006. Le niveau des subventions dans le secteur de l'énergie pèse de manière insupportable sur le budget de l'Etat. En 2006, les subventions directes ou indirectes à la Senelec, à la Société africaine de raffinage (Sar) et celles sur les prix du gaz butane ont coûté à l'Etat près de 150 milliards de francs.
D'après la même source, la masse salariale a aussi contribué à creuser l'écart. De 255 milliards de francs en 2005, elle est estimée à 286 milliards de francs en 2006. Les récentes augmentations des salaires dans la fonction publique, et leur impact sur le déficit budgétaire, sont une source de préoccupation pour le Fonds monétaire international, qui projette déjà une augmentation de la masse salariale pour 2007 qui pourrait dépasser 330 milliards de francs, soit 20 milliards de plus que les prévisions du Budget 2007.

Le Sénégal semble avoir épuisé toute la marge qu'il y avait sur ce poste par rapport au critère de convergence de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (masse salariale en dessous de 35 % des recettes fiscales). Si on ajoute à la masse salariale, les salaires du personnel contractuel dans les secteurs de l'éducation et de la santé (volontaires) et les salaires des agences autonomes, ce ratio aurait été dépassé. La masse salariale des contractuels est estimée à 42 milliards de francs. Dans les agences autonomes, elle est considérée comme des dépenses de transferts.

En 2006, avec une masse salariale de 286 milliards de francs et des recettes fiscales chiffrées à 922 milliards de francs, le ratio était de 32 %. En 2007, avec les 330 milliards de francs, plus les 42 milliards représentant les salaires du personnel contractuel, l'Etat se retrouve avec une masse salariale de 372 milliards de francs, soit un ratio de 36,3 % selon le critère de convergence de l'Uemoa. La tendance est aujourd'hui au non respect des critères édictés au sein de l'espace communautaire.

L'inquiétude a gagné les bailleurs de fonds, surtout avec la décision prise, avant-hier, par le président de la République de débourser 7 milliards de francs pour les indemnités de recherche documentaire en faveur des enseignants qui étaient en mouvement depuis février dernier. Pourtant, l'augmentation des salaires devrait être accompagnée de mesures pour améliorer la productivité et la performance des agents de l'Etat, ce qui n'est pas le cas. Pire, une partie des salaires ne serait pas bien classée dans le Tableau des opérations financière (Tof).

Entre 2003 et 2006, le Pib nominal qui mesure la production globale de l'économie était de 3 986 milliards de francs et 4 803 milliards de francs.

Durant les trois dernières années, le Pib nominal a donc augmenté de 20 %.

Dans la même période, la masse salariale est passée de 204 milliards à 286 milliards de francs, soit un bond de 40 %. La masse salariale a donc augmenté deux fois plus vite que le Pib nominal. Ce qui risque de créer une situation insoutenabale pour l'Etat sénégalais, selon le Fmi.

Toujours dans la même période considérée, les recettes et dons sont passés de 798 milliards à 1 036 milliards de francs, soit une hausse de 30 %. La même source loue la performance du système fiscal sénégalais. En matière de recouvrement, le système fiscal est le meilleur en Afrique. Cela est dû aux réformes introduites dans l'administration fiscale : harmonisation de la Tva à 18 %, le Tarif extérieur commun, le Centre des grandes entreprises, la Contribution globale unique. Il s'y ajoute les mesures d'incitation à l'investissement privé comme la réduction de l'impôt sur les sociétés (Is) de 35 à 25 %.

Le problème auquel est aujourd'hui confrontée l'économie sénégalaise est lié aux dépenses publiques. La générosité de l'Etat risque de créer une crise dans tous les domaines. A titre illustratif, de 861 milliards en 2003, les dépenses sont estimées à 1 324 milliards en 2006. Le ratio a augmenté de 53,7 %. D'où vient cette augmentation si élevée des dépenses publiques ? La première source est les subventions dans le secteur énergétique. Les dépenses de transfert et subventions sont passées de 281 milliards à 497 milliards de francs, soit un bond de 77 %. Autre poste ayant connu une hausse, celui des dépenses en capital (investissements). De 339 milliards en 2003, il est à 475 milliards en 2006. Tous ces gros postes de dépenses ont augmenté plus vite que les recettes de l'Etat. Cette tendance devrait être corrigée, selon le représentant du Fmi à Dakar qui loue les efforts fournis par le ministre sénégalais des Finances (voir ci-contre).

Si le Sénégal est capable de contenir le déficit budgétaire à 4 % du Pib au maximum, la dette publique reste soutenable. Avec la situation catastrophique de 2006, il se pose alors la nécessité de mettre en place des mesures d'accompagnement. Au cas contraire, il y a risque de détérioration de la situation macro-économique. Il est aujourd'hui difficile de parler de Stratégie de croissance accélérée dans une période où le déficit budgétaire se creuse davantage.

La mauvaise gestion dans des sociétés comme les Ics et la Senelec ne serait pas aussi étrangère à la situation. En outre, la Sar, qui est devenue une entreprise publique, ne rassure guère les bailleurs de fonds. Toutes ces crises grèvent considérablement la performance de l'économie sénégalaise. Il se pose avec acuité l'urgence de trouver une solution durable à ces trois ‘plaies’.

La responsabilité incomberait à l'Etat qui donne souvent l'impression qu'il y a suffisamment de ressources financières, alors que celles-ci deviennent rares à cause d'une mauvaise gestion des finances publiques.

Autre préoccupation du Fmi, la mise en place d'un système de suivi, d'évaluation et de planification des dépenses d'investissement. ‘Avec la prolifération des marchés de gré à gré, il y a le problème de la transparence. Comment l'Etat pourrait savoir qu'il va recevoir le meilleur service au moindre coût avec les marchés de gré à gré’, s'interroge Dr Alex Segura, représentant résident du Fmi à Dakar. Il ajoute que ces marchés constituent un grave problème au système d'investissement. ‘Le nouveau Code des marchés va pouvoir conduire à une amélioration de la situation. Il faut qu'il soit mis en application, et que l'on sanctionne ceux qui ne le respectent pas’, indique Dr Segura.

Johnson MBENGUE
Source: Walfadji

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Vendredi 1 Juin 2007

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