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Lenteurs dans le jugement de Hissène HABRE : Les victimes et les défenseurs des Droits de l’homme indexent les conflits d’intérêts

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La Coalition sénégalaise pour le jugement équitable de Hissène Habré (Cosejehab), l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme et l’Organisation américaine de défense des droits de l’homme Human rights Watch ont tenu une conférence de presse, hier, pour faire le point sur l’évolution du dossier de Hissène Habré. Pour les responsables de ces organisations si le dossier n’ a pas ‘bougé depuis un an’ c’est parce qu’il y a ‘des conflits d’intérêts’ et des ‘pressions’ politiques, économiques et religieuses qui retardent l’ouverture du procès.



‘Manque volonté politique’, ‘manœuvres dilatoires’, ‘prétextes fallacieux’, ‘jeu de yo-yo’, ’tergiversations’, ‘déni de justice aux victimes’, telles sont les expressions usitées par la Coalition sénégalaise pour le jugement d’Hissène Habré (Cosejehab) qui regroupe neuf organisations de la société civile et de défense des droits de l’homme sénégalaises, l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme, Human rights Watch et les victimes rescapées de la torture du régime de l’ancien homme fort de Ndjaména de 1982 à 1990. Pour ces organisations de la société civile et de défense des droits de l’homme, ‘un an après la décision de l’Union africaine donnant mandat au Sénégal de juger Habré, au nom de l’Afrique, aucun progrès notable dans l’organisation du procès n’a été noté’. Des lenteurs que Me Jacqueline Moudeina de l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme, par ailleurs avocate des victimes, Me Demba Ciré Bathily d’Amnesty international, Souleymane Guengueng, représentant les victimes tchadiennes et Alioune Tine de la Rencontre africaine de défense des droits de l’homme (Raddho) ont déploré. ‘Ce qui se passe aujourd’hui est très grave. Nous avons une personne qui est poursuivie pour les infractions les plus graves. Comment peut-on comprendre qu’on reste sept ans sans le juger, alors qu’il suffit d’un coup de fil du ministre de la justice au procureur de la République pour que la procédure démarre avant 18 heures. Si ce n’est pas un manque de volonté politique, il n’y a pas une autre explication’ regrette Me Demba Ciré Bathily, ancien secrétaire général d’Amnesty international Sénégal. D’après lui, la justice s’arc-boute sur des ‘prétextes fallacieux’ pour retarder la tenue du procès d’Hissène Habré conformément aux recommandations de l’Union africaine, le 02 juillet 2006 à Banjul. La vérité c’est qu’ ‘il y a des réseaux d’intérêts politiques, religieux, économiques qui travaillent dans l’ombre. Au besoin, ils s’affichent pour empêcher ou retarder, au maximum, la tenue du procès de Habré’, accuse Me Bathily.
Et Alioune Tine de la Raddho d’enfoncer le clou. ‘Aujourd’hui, le doute s’installe sur la crédibilité de la justice. Il y a des raisons internes qui le confortent avec la manière dont Cheikh Tidiane Sy gère la justice et cette dépendance du pouvoir judiciaire à l’exécutif. Il y a des conflits d’intérêts flagrants. Il y a dans le gouvernement trop de ministres avocats d’Hissène Habré : prenez le cas de Souleymane Ndéné Ndiaye, ministre d’Etat ancien directeur de cabinet du président de la République, Madické Niang, ministre et ancien coordonnateur principal des avocats de Habré, El Hadji Diouf, ancien ministre et député de la coalition Sopi. Donc, c’est légitime que les victimes nourrissent des soupçons sur l’indépendance de la justice’, fulmine Alioune Tine. Avant de se demander : ‘Qui a peur de juger Habré ?’.

Pour Me Jacqueline Moudeina, présidente de l’association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme et avocate des victimes d’Hissène Habré ‘le dossier a été sorti de son cadre légal’ depuis qu’il a été remis au président Wade qui a en a fait une ‘affaire africaine’. Mais depuis un an que mandat a été donné au Sénégal de juger Habré ici, au lieu de l’extrader vers la Belgique, ‘la seule information que nous avons reçue c’est la modification de la législation sénégalaise pour lever l’obstacle juridique de la compétence de la justice sénégalaise’, reconnaît Me Moudeina. Elle trouve ‘ridicule’ le budget de 400 milliards confectionné par la justice sénégalaise pour le procès de l’ancien dictateur tchadien. Avis que partagent, du reste, Me Demba Ciré Bathily et Alioune Tine. Pour ces derniers, ‘le peuple sénégalais doit exiger que Habré soit jugé’, Mais, il faut surtout que ‘l’Union africaine prenne ses responsabilités et mette en demeure le Sénégal pour juger Habré’ avant qu’il n’y ait plus de victimes vivantes si le procès doit se tenir dans trois ans. ‘On se pose une question sur la crédibilité de l’Union africaine. C’est scandaleux que des chefs d’Etat se réunissent et prennent une décision et soient incapables de la faire appliquer un an après’, se désole Me Demba Ciré Bathily.

Quant à Reed Brody de Human rigths watch, il continue de croire que ‘le Sénégal a une opportunité en or de montrer au monde sa capacité ou la capacité africaine à garantir un procès équitable à Habré’. ‘Mais depuis un an, on ne voit pas les résultats’, dit-il avec un brin de déception.

Hissène Habré est exilé au Sénégal depuis 17ans après sa chute en 1990.

Mamadou SARR
Source: Walfadji

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Samedi 7 Juillet 2007


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