Me Mbaye Jacques s’est inspiré de l’ancien Premier Idrissa Seck. Celui-ci s’était fait inviter à table à Tivaoune, par le président Wade, pour lui avoir mobilisé du monde à Thiès. Le chef de l’État s’était arrêté pour lui faire place dans son cortège, en partance pour le Gamou. En fin politique, Me Mbaye Jacques Diop a tenu à servir au président Wade sa dose préférée : les bains de foule, qui lui manquent de plus en plus. C’était à Rufisque, le 5 mars courant, quand le président Wade se rendait à la Sococim. Ému par l’accueil, le président fera entorse au protocole, en arrêtant le cortège présidentiel, pour embarquer à bord de son véhicule celui qui lui avait permis de voir tant de personnes. Il oubliait qu’il n’était pas dans les habits de chef de parti, mais de président de la République.
Abdoulaye Wade est habitué à poignarder le protocole, surtout s’il voit des « militants ». Il avait
déclaré au putschiste guinéen Dadis Camara qu’il n’était pas impressionné par les foules, mais démontrera le contraire quelques minutes après, au contact des nombreux Guinéens massés dans les rues de Conakry, tout le long du parcours qu’ils avaient emprunté. Me Wade est atteint du syndrome des stars : se voir entouré par des centaines, voire des milliers, de personnes, et applaudi.
Le président Wade a nommé Me Mbaye Jacques Diop président honoraire du Conseil économique et social. Un fauteuil à deux, qu’il va partager avec Famara Ibrahima Sagna. Comme celui-ci, il aura droit à un cachet financier, à des centaines de litres de carburant, à une voiture de fonction et à une garde rapprochée. Des millions lui seront encore décaissés mensuellement et bien d’autres avantages. Ils seront tirés de l’argent du contribuable.
Le président Wade ne se gênera pas. Ce qui l’intéresse, c’est de conserver le fauteuil présidentiel et d’être acclamé. Le contribuable sénégalais sera saigné. Car, pour ce mois de mars, le président Wade a rappelé dans son cabinet l’ancien ministre Lamine Bâ. Il va reporter son titre, pour s’occuper des questions humanitaires et de la banlieue. Il sera un doublon du ministre des Affaires étrangères. Un rappel aux affaires qui atteste la carence du régime et sa propension à se sucrer sur le dos du peuple.
La Redaction