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Le pétrole atteint le seuil historique de 100 dollars le baril à New-York

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Le pétrole atteint le seuil historique de 100 dollars le baril à New-York
NEW YORK (AFP) - Le pétrole a attaqué l’année en fanfare, avec le franchissement du seuil symbolique des 100 dollars le baril à New York, profitant de tensions géopolitiques accrues et de la faiblesse persistante du dollar, qui ont également poussé l’or, autre reine des matières premières, à un sommet.
A New York, le "light sweet crude" a explosé son record , atteignant pour la première fois de son histoire le prix exact de 100,00 dollars le baril. Vers 18H30 GMT, le baril pour livraison en février redescendait de ses sommets, restant toutefois en hausse marquée de 3,29 dollars à 99,27 dollars.

A Londres, le cours du Brent de la mer du Nord a aussi franchi un cap historique, celui des 97 dollars le baril, se propulsant même jusqu’au niveau jamais atteint de 97,74 dollars.

En une seule séance, les prix ont bondi de pas moins de trois dollars.

Dans le même temps, l’once d’or a brillé de mille feux : elle a atteint 859 dollars, pulvérisant ainsi son record historique (850 dollars) qui datait de janvier 1980, au moment du second choc pétrolier et de la Révolution iranienne.

"Les fonds sont revenus sur le marché en ce début d’année, nous avons plus de problèmes au Nigeria et il y a aussi les inquiétudes sur ce qui va se passer au Pakistan. Enfin, on attend une chute des stocks aux Etats-Unis", a énuméré Robert Montefusco, de la maison de courtage Sucden.

Dans un contexte d’approvisionnements jugés précaires, la montée de la violence au Nigeria, premier producteur de brut africain, a fourni l’électrochoc attendu depuis des semaines : depuis la fin du mois de novembre, le marché était sur les braises et spéculait sur le franchissement du fameux seuil des 100 dollars le baril.

Au moins 12 personnes ont été tuées pendant les festivités du Nouvel An lors de l’attaque de deux commissariats et d’un hôtel par des hommes armés à Port Harcourt, centre pétrolier du Nigeria.

Estimée à environ 2,1 millions de barils par jour, la production du pays a déjà été amputée d’environ un quart en 2006 et 2007.

"Cela augmente la crainte qu’un retour au chaos dans ce pays puisse de nouveau perturber la livraison de pétrole pour l’international", a expliqué John Kilduff, analyste de MF Global.

La montée des tensions géopolitiques au Pakistan, après l’assassinat de l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto la semaine dernière, avait déjà amorcé un mouvement de hausse des prix du brut. Les élections législatives, prévues initialement le 8 janvier, ont ainsi été reportées mercredi au 18 février.

Bien que le Pakistan ne produise pas de pétrole, il se situe dans une région stratégique et compte comme la seule puissance nucléaire connue du monde musulman et un allié-clé des Etats-Unis.

La nouvelle s’inscrit dans un contexte de craintes récurrentes sur l’équilibre du marché. Les opérateurs s’inquiètent que l’offre ne suffise pas à satisfaire une demande en forte augmentation.

Le marché s’inquiète notamment de la fonte des réserves pétrolières aux Etats-Unis. Pour la semaine achevée le 28 décembre, les analystes anticipent la publication jeudi d’une chute, pour la septième semaine d’affilée, des stocks de brut.

"Nous avons enfin touché cette barre des 100 dollars et nous allons y rester tant qu’il y aura un déséquilibre entre l’offre et la demande" de brut, a réagi Bart Melek, analyste de BMO Capital Markets.

Antoine Halff, de la Fimat a estimé, pour sa part, que la montée ce mercredi jusqu’au cap des 100 dollars n’avait "pas une signification particulièrement marquée" et que "ces niveaux très élevés" ne pourraient "être maintenus pendant très longtemps".

L’ascension parallèle du précieux métal et du visqueux liquide n’a rien de surprenant : la courbe de l’or suit généralement les sinuosités de celle du pétrole car la flambée pétrolière entretient les craintes inflationnistes et incite les investisseurs à se munir d’or, placement refuge en période d’escalade des prix.

Par ailleurs, la faiblesse du dollar —qui s’échangeait mercredi près de son plus bas historique face à l’euro— contribue à augmenter aussi bien le prix de l’or que celui du pétrole. Comme le prix de ces matières premières est libellé en dollar, la dégringolade du billet vert renforce le pouvoir d’achat des investisseurs munis d’autres devises et stimule ainsi la demande.


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Jeudi 3 Janvier 2008

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