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Le harcèlement sexuel : une affaire de pouvoir et non de libido

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Samuel Lepastier est psychiatre au CHU Pitié-Salpêtrière. Auteur de plusieurs études et articles sur le harcèlement sexuel, il nous donne un éclairage différent sur cette notion souvent obscure. Pour lui, le harcèlement sexuel est assimilable au viol et à l’inceste dans la mesure où le rapport d’autorité interdit à la victime toute révolte. Comme le viol, le harcèlement sexuel est une affaire de pouvoir et non de libido…



Le harcèlement sexuel : une affaire de pouvoir et non de libido
A partir de quand peut-on parler de harcèlement ?

Samuel Lepastier : On parle de harcèlement quand un individu, la plupart du temps un homme, fait des propositions à caractère sexuel à une victime qui n’est pas en position d’exprimer son désaccord.

En cela, le harcèlement doit être assimilé à un viol où la contrainte morale remplace la force physique. On peut même parler d’un viol incestueux : le supérieur hiérarchique étant assimilé à l’autorité parentale. Devant le harceleur, la victime se voit comme une petite fille devant son père. En cela, le harcèlement sexuel réveille l’oedipe des victimes. Variante caricaturale du paternalisme, l’une des motivations du harcèlement sexuel peut être de "remettre les femmes à leur place ".

Comment peut-on définir le harcèlement moral ?

Samuel Lepastier : On distingue deux types de harcèlement moral.

Le premier consiste en une politique délibérée qui vise à isoler le salarié en le privant de bureau, en ne lui donnant pas de travail, en dévalorisant ses activités, en insistant sur ses défauts ou en lui proposant un emploi déqualifiant afin d’obtenir sa démission. La seconde, plus perverse, est le besoin pour certains petits (ou grands) chefs de disposer d’un "souffre douleur ". La victime devient nécessaire à l’équilibre du bourreau. Ainsi, ce type de harcèlement moral peut perdurer pendant plusieurs années et être assimilé à une relation au sein d’un couple sadomasochiste.

Certains facteurs peuvent favoriser l’émergence d’une telle relation. On a constaté que lors de périodes économiques difficiles, ce type de relations perverses augmente.

Comment réagir lorsqu’on est victime de harcèlement sexuel ?

Samuel Lepastier : Il faut tout de suite réagir et résister. Par définition, les pervers tenteront de placer leurs victimes au coeur de situations perverses afin de susciter chez elle un sentiment de faute. C’est exactement ce sentiment qu’il faut bannir, la victime n’a jamais eu le choix. Ainsi, elle doit renvoyer au seul fautif sa perversité en lui rappelant la loi. Une réponse cinglante "C’est interdit par la loi !" suffit la plupart du temps à décourager l’agresseur.

Quels sont les principaux symptômes et conséquences psychologiques des victimes ?

Samuel Lepastier : Les conséquences d’un traumatisme psychologique sont bien difficiles à quantifier et chaque personne y répond différemment. Une même plaisanterie répétée sur une longue période peut avoir des impacts psychologiques aussi important qu’un gros traumatisme psychologique.

Dans le cadre d’un harcèlement sexuel, la victime est transformée en complice d’un jeu pervers qu’elle ne dirige pas.

Le syndrome post-traumatique se caractérise par des tendances dépressives, des troubles alimentaires, etc.

Existe-t-il un portrait type du harceleur ?

Samuel Lepastier : On peut distinguer trois types :

L’inhibé profond ou impuissant qui n’ose aborder une femme dans le cadre d’une relation normale et profite de sa position hiérarchique pour se donner l’impression d’une puissance sexuelle qu’il n’a pas. Le narcissique qui ne peut résister à ses pulsions. Il utilise le harcèlement pour valoriser sa propre image. Le pervers qui se plaît à humilier sa victime.

Quelles sont ses motivations ?

Samuel Lepastier : Tous ont une mauvaise image d’eux-mêmes et la plupart d’entre eux ne répondent pas à des pulsions incontrôlables. Le sexe n’est en fait qu’un prétexte à humilier les femmes et prendre ainsi sa revanche sur celles qu’il craint. Ainsi la plupart du temps, les pressions visent à obtenir des faveurs sexuelles incomplètes : fellation, strip-tease, attouchements… Seul le plaisir d’humilier sa victime confère un intérêt au jeu pervers du harceleur.

Choisit-il ses victimes au hasard ?

Samuel Lepastier : Le harcèlement sur le lieu de travail implique qu’il s’agit d’une personne proche qui n’osera pas se défendre. Il pourra choisir sa victime en fonction de ses qualités esthétiques ou au contraire il jettera son dévolu sur une personne peu attirante, plus vulnérable et chez qui l’humiliation sera certaine.

Source: doctissimo

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Lundi 27 Octobre 2008




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