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Le boum de la boule à zéro « Ces femmes qui se rasent la tête »

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Sea, sun and sand (mer, soleil et sable). L'été s'installe et les cheveux dégagent. Après le corps exposé dans des tenues les plus incroyables, les femmes dénudent la tête aussi. Tendance, envie de choquer ou tout simplement style perso, la tête fait des siennes et les hommes font la tête.



Le boum de la boule à zéro « Ces femmes qui se rasent la tête »
A la cantine d'une société de presse dakaroise, alors qu'un soleil de plomb tape fort, une jeune fille attire comme un aimant l'attention. Sans doute à cause de son look peu commun et un air décontracté par rapport à ses collègues. Le visage rond et une coiffure bien mise en évidence, Marie offre sans complexe son crâne rasé aux voyeurs de toute la terrasse et aux rayons du soleil, alors que les autres femmes présentes doivent se retenir pour ne pas arracher leur greffage en feu. Cette nouvelle donne n'est pas propre à notre amie, car des filles, comme elle, squattent de plus en plus les halls de la capitale. Dans les boîtes de nuit, sur les plages ou dans la rue, il n'est plus rare de rencontrer ces dames fières d'exhiber les belles formes de leur cuir chevelu. Actuellement, l'égérie du féminin sans cheveux au Sénégal est Oumou Pro'Vocation. Chouchou des magazines, sa tête de melon brille sous les flashes et la mode est lancée ...officieusement.

La raison de ce nouveau courant peut s'expliquer de multiples manières. Tendance, crise économique, ou tout simplement histoire de style. Marie, commerciale de son état, confie : «Je ne supporte pas les cheveux, c'est pourquoi je coupe toujours les miens. Il faut beaucoup de courage pour le faire, pour affronter le regard des autres et surtout il faut pouvoir assumer ce qu' on fait. » Il en faut du cran pour imposer son style dans une société qui «déteste» le fait de sortir des sentiers battus. «Il y a des gens qui me traitent de garçon manqué et d'autres choses, mais je suis au dessus de tout ça», s'élève plus haut que les préjugés une Marie en phase avec son look Rama, une jeune élève de 16 ans à Keur Khadim 2 a également la boule à zéro. Mais c'est une autre explication qu'elle donne à son choix : «Pendant l'été, je préfere me raser la tête. Ça m'évite de me prendre la tête quand je vais à la plage. Et puis, les cheveux et la chaleur ne font pas bon ménage, mon mec pourrait me quitter à cause de l'odeur et la saleté, donc la solution pour tous, c'est la boule à zéro ! »

Les nouvelles donnes économiques ne sont pas étrangères à ce phénomène non plus. Avec l'inflation, les prix des produits pour l'entretien des cheveux (crèmes, shampoings. tissage etc.) et des prestations de salons de coiffure coûtent les yeux et les cheveux de la tête. Certaines n'ont d'autres choix que de se débarrasser de ces cheveux qui finalement rendent onéreux tout investissement sur crâne. Le cas et les paroles de Yandé, qui sortait d'un salon de coiffure pour homme, sont d'une honnêteté surprenante : " j' aime me sentir femme, mais c'est trop cher maintenant. J'ai perdu mon boulot et ne peux plus me permettre de dépenser de l argent dans ce genre de choses. J'ai du me couper les cheveux malgré moi, mais je sais que ce n ést pa si mal que fa. "

Se raser vaut moins que les tresses, c'est clair comme 1a tête de Yandé. Mamie, croisé dans un marché de samedi, met de l'eau dans le moulin de Yandé et invoque elle aussi la conjoncture galopante sous nos cieux comme motif d'aération de sa caboche. " Je ne suis pas la mode. C'est un concours de circonstances qui m'a amenée à me raser. Ce n'est sûrement pas par plaisir, mais parfois dans la vie, il faut savoir faire des choix, même ceux qui ne nous agréent pas», regrette-t-elle.

Au sein de la jet-set, la boule à zéro est plus une affaire de tendance qu'autre chose. Pour être à la page des cheveux ras, les filles s'imposent une coiffure qui ferait fureur ailleurs. Ce que les jeunes Sénégalaises considèrent comme une nouvelle mode n'est tout simplement qu'une étape dans les caprices de nos chères oiselles publiques. Elles en ont marre des cheveux pour des raison connues par elles seules. Elles font croire que " c'est la mode ".

En psychologie, un spécialiste expliquant le rasage par justification, Britney Sears de ses magnifiques cheveux. i1 y a 4 mois. l'avait analysée comme un signe de rébellion, d'autopunition etc. Les femmes en sont-elles conscientes, ou agissent-elles sans chercher à décrypter leur acte ?

Après les pantalons baggy et les attitudes de «garçons manqués», les femmes s'attaquent à la coiffure des garçons et adoptent le style tête rasée. Révolue l'époque où la femme se distinguait par ses belles coiffures et parures. Place à la liberté du crâne. Boule à zéro, cheveux ras ou court, les femmes volent la vedette aux hommes et exhibent fièrement leur jolie forme de tête.

Parité quand tu nous tiens ! Ce serait l'exclamation indiquée pour qualifier le comportement des femmes modernes. Supra modernes. Le constat est là. Les femmes n'hésitent plus à aller toujours plus loin, pour atteindre le monde féerique des mâles. Ces hommes qui sont traités de machos, rustres, sexistes, émousseraient la jalousie de ces dames, qui voudraient tellement les copier. Ces hommes qui ne laisse aucun choix aux femmes auxquelles ils piquent tout les idées: tresses, vêtements, manières etc. Les femmes l'an 2000, ont décidé de passer à l'action et de rendre la pièce de la monnaie. Dans les rues de Dakar aujourd'hui, bon nombre de ces gazelles sont fières libérees de leurs cheveux qui étouffent, qui parfois même font honte tellement ils sont cassés et sales. Elles bravent les tabous qui veulent que le cheveu soit un signe de beauté chez la femme et prènnent le risque de montrer ce crane boursouflé que l'on ne saurait regarder. alros que les hommes se rongent les ongles à l'idée de devenir chauves et sont prêts à de nombreux sacrifices pour ralentir ce phénomène, les femmes elles, découvrent les plaisirs de ne plus se préoccuper des shampoinages et des autres cosmétiquescapillaires qui pourrissent la vie de nos «Barthez-ettes».

Le message, lancé par les tète, de ces jeunes filles et dames, est sans équivoque. Seulement, les hommes les aiment avec de longs cheveux et la société les accepte avec de belles coiffures. Mais elles préfèrent autre chose et sont décidées à l'imposer. Marie-Paule, étudiante camerounaise à Dakar, s'est liée "d'amitié avec la tondeuse" il y a 4 mois et coiffe au poteau le classique : «J'ai toujours eu les cheveux longs et j'étais un, abonnée des salons de coiffure. Cette envie m'est venue d'un coup. Je voulais sortir du moule dans lequel les gens confinent les femmes. Je sais que ça choque et c'est là toute la joie. je suis fatiguée d'être obligée de me conformer à une image, je veux imposer la mienne et tant pis si les autres n'aiment pas. »
Ces femmes se sentent bien dans leur peau et leur tète dénudée, et sont décidées à exhiber leur look... de militaire.
Pour Ndeye Khady, une jeune footballeuse à la Scat Urbam, c'est d'un naturel sportif que viendrait l'envie d'une tête lisse " je dois me couper les cheveux pour bien jouer au foot,et surtout ça me permet d'avoir une allure de garçon et m'imposer sur le terrain. Les filles pensent souvent que celle qui a une allure de garçon, joue mieux ", dribble-t-elle.
Mais, il n'y a pas que les jeunes filles qui se rasent la tête, car de plus en plus de femmes âgées suivent la tendance. En lieu et place de ces beaux cheveux blancs qui prouvent leur âge, elles préfèrent une coupe qui ne donne pas d'indice de temps. Madame Boaventura, belle capverdienne de 50 ans, paraît vingt ans de moins avec sa coiffure : «Je suis une maman, mais ce n'est pas une raison pour me laisser damer le pion par le jeunettes. La tête rasée me permet de passer incognito et je peux même vous dire que les jeunes garçons se laissent avoir !»

Comme elle, beaucoup de femmes mûres ont découvert les " bienfaits" de cette tendance et n'hésitent pas à y recourir et se donner l'illusion d'une seconde jeunesse. Mireille Ndiaye, Présidente du Conseil Constitutionnel, est elle aussi dans 1a mouvance boule à zéro. La soixantaine, elle ne s'est jamais prononcée sur sa coiffure, mais sa tête ovale lui permet peut-être de noircir ses cheveux.

Cependant, tous les hommes ne partagent pas cette libéralisation du " sans-cheveux " féminin. Diop, vendeur de livres et articles scolaire par terre à Sandaga trouve que la " femme, c'est de beau cheveux ". Il ne comprend pas cette envie que les dames et demoiselles ont de vouloir ressembler aux hommes. «Que chacun reste à sa place, car même avec la tête rasée, elles ne seront jamais des hommes et viendront toujours après nous», vomit-il en machiste démodé.

Dans certains milieux, le crâne rasé est un signe de reconnaissance ou d'appartenance. Melissa, rencontrée dans un club(!) tombe le masque après les cheveux. Lesbienne avide de revendiquer son statut sans le crier sur toutes les têtes, elle a adopté ce «code communautaire» et ne se laisse jamais pousser les cheveux. Elle vit avec une fille et fréquente des endroits où ses «semblables» aux tendances secondaires se retrouvent sans risquer de heurter les sensibilités molles. Elle déclare d'un air crane : «Chez les lesbiennes, celles qui ont la tête rasée sont souvent les dominatrices, l'homme si vous voulez. je suis une maîtresse-née et ma boule à zéro ne laisse pas de doute à celle qui veut m'aborder, elle sait qu'elle devra se soumettre!» Le même son de cloche retentit sous la chapelle de M. V qui y prêche sa foi gay : «Je ne peux pas crier sous tous les toits que je suis ce que je suis. Alors la seule chose que j'ôse afficher est une allure de garçon et maintenant que beaucoup de filles se rasent la tête, nous les lesbiennes, nous pouvons le faire sans risquer de nous sentir rejetées par la société ! »

Ce petit trait de virilité, elles le vivent très bien et en font une sorte de grade dans leur communauté. Ici, chacune connaît sa place et ce signe de reconnaissance brouille les pistes des chasseurs de dépravées. Mode, conjoncture, revendication sexuelle, la tête rasée des femmes est lisse de raisons, mais la boule à zéro ne tourne toujours pas rond dans la tête de certains. Question de culture capillaire ! Et les usines de production de mèches apprécieront.

Eva BAKENEKHE eva@weekend.sn
Source: Week End

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Vendredi 29 Juin 2007





1.Posté par Amina le 29/06/2007 15:17
G toujour hesiter pour me raser la tete, mais je kif tro la boule a zero

2.Posté par Linguère le 29/06/2007 15:40
c troop bon je me suis rasée la tete pas de boule à zéro mais kan meme c pratike c bo enfin c magik

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