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La grève de la faim permet-elle d’avoir gain de cause au Sénégal?

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La grève de la faim est certainement la forme de grève la plus dangereuse et la plus dure. Non seulement elle peut laisser des séquelles à ces adeptes mais elle ne parait pas toujours concluante.



La grève est la forme de lutte la plus convoitée au Sénégal. Conçue généralement comme l’ultime recours du syndicat pour se faire entendre, la grève est devenue très banale dans notre pays. Au lieu d’être une exception, elle devient une règle. Ainsi cause-t-elle souvent, plus de torts que de satisfaction à tous ses protagonistes. Les élèves en général et les candidats aux examens académiques de cette année ne diront pas le contraire. Beaucoup d’entre eux se souviendront avec amertume de l’ année 2009 bigarrée de piquets de grève et de sit-in.

La grève de faim consiste à se priver de manger. Elle n’entraine pas forcément le fait de ne pas boire. C’est une stratégie qui consiste à jouer sur la sensibilité voire l’humanisme de l’employeur ou de l’autorité en général. Elle requiert une forte médiatisation. Pour se faire entendre, pour donner une dimension inquiétante à leur acte. Les grévistes de la faim ont besoin toujours des médias. Une grève de faim sans média aura du mal à aboutir.

Il reste constant que la grève de faim n’a de sens que par la presse. Si la grève de faim ne s’accompagne pas de campagne forte de presse, elle réduit réellement ses chances de trouver une issue favorable pour ces adeptes. Il faut que l’action soit un évènement. Il faut que tout le monde ne parle. Il faut que partout la grève de faim soit le sujet de discussion.

Si non c’est au moment où les grévistes sont vraiment fatigués, au début de la deuxième décade du mouvement que les autorités commencent à se faire entendre. Selon les médecins, jusqu’au 10ème jour de grève, le danger est moindre. L’organisme humain peut compter sur ses réserves pour se maintenir en vie même si c’est difficile.

La grève de la faim est utilisée dans des cas extrême. Quand ceux qui luttent pensent avoir épuisé toutes les voies de recours à leur disposition, ils peuvent opter pour une grève de faim. Elle conviendrait plus à des gens qui n’ont pas la force de manifester. C’est le cas des prisonniers convaincus de leur innocence et qui souhaitent que l’on révise leur peine ou qu’on les libère. La grève de la faim peut être aussi une option pour des partisans de la non violence. Ghandi par exemple est connu pour les grèves de faim qu’il a livrées pour la liberté et la reconnaissance du peuple indou. Sa conviction que la violence ne mène à rien a été surement l’une de ses plus grandes forces qui l’a aidé à triompher de ses adversaires les plus coriaces au profit de ses compatriotes.

Les autorités, cyniques, peut-être, non pas par nature mais par devoir, cherche toujours, malgré elles, à cultiver la bravoure et la résilience des lutteurs. Le rapport de force est déjà là. Il faut jouer au plus dur. Il ne faut pas céder facilement. Cela ouvre la porte aux dérives. Surtout quand le motif de la grève est paiement de salaire, manque d’emploi. C’est un motif suffisant pour que la grande partie du peuple sénégalais aille en grève. Le chômage ou le spectre du chômage, une entreprise qui se liquide et qui doit des arriérés de salaires à ces employés sont, à coté de la cherté de la vie, actes, entre autres, qui relèvent maintenant du registre des faits divers au Sénégal.

La grève de faim est-elle concluante dans un pays où la chose la mieux partagée parait la pauvreté. Celle-ci a comme symptôme principal la faim. Le message souvent délivré dans la diète extrême comme forme de lutte c’est que l’on préfère mourir de faim volontairement dans une société dont le principe est d’affamer pour nourrir. Il faut affamer les plus faibles pour nourrir les plus riches. Il faut sacrifier l’éducation des fils de pauvres au profit de la reproduction de la bourgeoisie taillée sur mesure qui est sur place.

Le Sénégal commence à bien connaitre ce style de grève. Beaucoup de syndicalistes et d’hommes politiques ont eu, à un moment de leur vie militante, à s’engager sur ce terrain où un certain stoïcisme dicte sa dure loi de s’abstenir de manger même si l’on meurt de faim.

Mais qu’ont-ils gagné de cela ? Au plus profond de leur intimité loin de tout bruit du jour, se sentent- ils à l’aise de l’avoir fait dans une société où le fait de rire des autres est plus une vertu qu’une bassesse ? Ceux qui, ont eu des emplois ou des postes politiciens à la suite de leur grève de faim sont-ils prêts à la refaire ? La sympathie avec la faim s’accompagne généralement d’ironie de mauvais goût. Les larmoiements qu’elle peut entraîner sont dans la plus part des cas des larmes de crocodiles très loin de la région du cœur. Sauf, bien sûr, si l’on est vraiment proche du courageux gréviste de la faim.

Ousmane Thiendella Fall
Source Sununews.com

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Vendredi 7 Août 2009





1.Posté par Penda le 08/08/2009 01:04
Regarder des vidéos d’expulsion d’étrangers en France. C’est hallucinant.
dakaronline.net/Expulsion-d-etrangers-en-France-videos-inedites_a180.html

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