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La Banque mondiale dénonce la mauvaise gestion des entreprises parapubliques

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La sixième réunion du groupe consultatif entre le Sénégal et ses partenaires au développement se termine ce jeudi au bureau de la Banque mondiale à Paris. Le Sénégal et ses partenaires planchent sur le thème ‘Sénégal : Vers l'émergence en 2015’. Le Premier ministre Hadjibou Soumaré a en profité pour inviter les bailleurs de fonds à adhérer à la stratégie de croissance, de développement et de lutte contre la pauvreté de son gouvernement. Pour cela, il travaille pour asseoir un environnement apte à favoriser ‘l'attractivité et la compétitivité’ du pays, soutient Hadjibou Soumaré. Reconnaissant les progrès réalisés par le Sénégal en matière de croissance, d’éducation, entre autres, le directeur des opérations pour le Sénégal de la Banque mondiale, Madani Tall, fait remarquer que le développement du Sénégal passe par la résolution de défis importants. Et ces défis sont répertoriés et analysés dans un document intitulé ‘Stratégie d’aide 2007-2010’ dont votre serviteur dispose d’une copie. Entre autres recommandations, la Banque mondiale invite le gouvernement à plus de transparence en rendant compte de sa gestion.



La Banque mondiale dénonce la mauvaise gestion des entreprises parapubliques
(Correspondant permanent à Paris) - Depuis hier, le Sénégal fait face, à Paris, à ses différents bailleurs de fonds. L’enjeu fondamental de cette rencontre, c’est le financement des projets de développement du Sénégal à court terme. Pour en arriver à cela, la Banque mondiale pointe son doigt, dans un document intitulé ‘Stratégie d’aide 2007-2010’, sur les défis qui interpellent notre pays. Et le premier point qui a intéressé la Banque mondiale, c’est le taux de croissance du Sénégal. ‘Au taux actuel de croissance économique de 5 %, il faudrait plus de 12 ans au Sénégal pour atteindre un revenu par habitant de 1 000 dollars (le niveau affiché actuellement par des pays comme les Philippines ou le Paraguay) ou presque 25 ans pour dépasser le niveau de la Tunisie et du Brésil (en supposant que ces pays restent à leurs niveaux actuels)’, avance-t-elle. Avant de faire remarquer le point faible du Sénégal dans plusieurs secteurs de la vie économique. Pour la Banque mondiale, le développement du Sénégal est entravé par ‘de graves lacunes en termes de développement des ressources et des infrastructures. Par exemple, la consommation électrique par habitant reste très inférieure à la moyenne de l’Afrique subsaharienne’.
Le réseau routier est peu développé et de qualité médiocre. En 2006, le Sénégal a été classé au 156e rang par l’Indice de développement humain (Idh) des Nations Unies, note la Banque mondiale. Etant peu riche en ressources naturelles, la Banque mondiale estime que le Sénégal doit obtenir ‘de meilleurs résultats que d’autres pays par le biais d’un ensemble de réalisations obtenues par l’activité humaine en matière de compétences humaines dans quatre domaines principaux : transparence et gouvernance ;

efficacité du gouvernement ; facilité de l’exercice des activités économiques ; et la capacité d’adopter et de s’adapter à de nouvelles technologies à travers l’innovation et le développement humain’. Or, constate l’institution de Bretton Woods, dans ces domaines, le Sénégal est à la traîne. ‘Le Sénégal n’a pas encore affiché des améliorations significatives dans ces quatre domaines. Aujourd’hui, il se situe environ au même niveau que le Ghana et le Vietnam mais reste à la traîne des pays émergents efficaces dans le monde (Irlande, Singapour et Estonie) et en Afrique (Maurice, Tunisie)’.

Mais les performances économiques récentes offrent au Sénégal l’occasion de rompre avec son passé de résultats mitigés en matière de croissance, d’équité et d’allègement de la pauvreté. Pour profiter de cette occasion, ‘des actions déterminées sont nécessaires dans deux principaux domaines : l’amélioration de la prestation des services publics ; et la promotion de la participation du secteur privé’, propose la Banque mondiale dans son document. Elle invite le Sénégal à ‘renforcer le rôle de sa politique des finances publiques grâce à une saine gestion publique des équilibres des finances de l’administration centrale’. Pour la Banque mondiale, il est erroné de croire qu'une politique des finances publiques fiscale libérale déclencherait nécessairement une croissance accélérée au Sénégal. ‘Les données d’expérience de ces deux dernières décennies montrent que les dépenses publiques et la croissance économique ne sont pas nécessairement liées ou du moins, pas autant que l’investissement privé, à cause des lacunes persistantes au niveau de l’efficacité de l’allocation et opérationnelle des dépenses publiques. Si les budgets ne sont pas correctement alloués et/ou répartis, les services dont les gens ont besoin (et que vraisemblablement, ils souhaitent) peuvent ne pas obtenir les niveaux de financement adéquats. Et si les fonds ne sont pas correctement répartis, la qualité et la quantité des services offerts en pâtira’, avertit-elle.

Pour la Banque mondiale, le Sénégal reste à la traîne pour ce qui est du développement et de la qualité de ses réseaux routiers et électriques, qui sont inférieurs à la moyenne observée en Afrique subsaharienne. ‘Les estimations de la Banque mondiale indiquent qu’une modernisation des réseaux routier et électrique, au même niveau que ceux du Botswana, pourrait contribuer à augmenter le taux de croissance annuel de près de 3 points de pourcentage’, souligne le document qui reconnaît que, dans ce domaine, une portion importante a été allouée au secteur. Mais ‘des problèmes fondamentaux doivent encore être réglés pour relever le défi posé par l’investissement dans le secteur de l'infrastructure. Non seulement, une portion croissante des ressources publiques doit être allouée pour offrir et maintenir ces services, mais elle sera également nécessaire pour attirer des fonds privés afin de préserver l'espace budgétaire. Une telle orientation a déjà été adoptée dans les secteurs de l’énergie et des routes, mais les résultats ont été mitigés au cours de ces dernières années’, avance la Banque mondiale.

Ensuite, le gouvernement est invité à améliorer l’allocation intra-sectorielle des ressources dans les secteurs de l’éducation et de la santé. La part des dépenses d’éducation et de santé dans les dépenses publiques totales s’est fortement accrue au cours des dernières années, enregistrant une hausse de 0,9 et 0,5 point de pourcentage du Pib respectivement entre 2000 et 2004. Mais il faudra, cependant, consolider cet effort pour permettre à ces secteurs d’atteindre leurs Odm et améliorer la qualité de l'enseignement primaire.

La Banque mondiale constate que les inégalités dans la distribution des biens sociaux et de l’infrastructure sont dues à l’allocation inégale des ressources humaines et financières par région. Par exemple, une grande partie des enseignants et des employés du secteur de la santé se trouvent dans le voisinage de Dakar, au détriment des zones éloignées où les besoins sont urgents. Malgré l’effort du gouvernement en matière ‘de décentralisation du processus de prise de décision en matière de gestion des ressources humaines et financières, y compris le renforcement des capacités des administrations locales et le transfert progressif d’un certain nombre de responsabilités aux communautés locales, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé’. Néanmoins, ‘le Sénégal reste un pays très centralisé avec des recettes fiscales limitées pour les collectivités locales et des transferts financiers dont le montant équivaut à moins de 1,5 % du budget de l’administration centrale en 2005’.

Transparence

La Banque mondiale souligne la lourdeur et la complexité des procédures administratives et financières au Sénégal, malgré les efforts pour les atténuer. Pour elle, ‘une amélioration significative reste nécessaire au niveau des contrôles intérieurs et extérieurs et de l’exécution du budget dans les institutions et entreprises appartenant à l’Etat. De même, il convient de déployer plus d’efforts en vue de renforcer la transparence dans la passation des marchés publics en améliorant le cadre juridique et institutionnel. Ces lacunes ont été particulièrement notables au milieu de l’année 2004, lorsqu’une série d’irrégularités est apparue dans les dépenses d’infrastructure effectuées dans une ville secondaire’. Il s’agit des chantiers de Thiès. A en croire les experts de la Banque mondiale, ces ‘lacunes semblent s’être aggravées ces derniers mois du fait de la mauvaise gestion et du manque de transparence dans les entreprises parapubliques, ce qui s’est traduit par une accumulation de la dette’. D’où la nécessité d’améliorer le système de contrôle. Car ‘de telles améliorations devront également concerner les collectivités locales (dans la perspective de l’accroissement prévu de la décentralisation) et les entreprises publiques’.

Amélioration de la gestion des ressources humaines

La Banque mondiale reconnaît que dans le cadre de leur objectif d’amélioration de la qualité de la gestion des ressources humaines publiques, les autorités ont amorcé des réformes de la fonction publique. Mais l’audit récent de la masse salariale révèle qu’il est nécessaire de mettre en application un nouveau système de paiement pour moderniser la gestion des ressources humaines dans l’administration publique. Le gouvernement devra renforcer sa fonction publique en accordant plus d’attention à l’élaboration des programmes d’apprentissage adéquats, y compris la formation en partenariat avec le secteur privé.

L’institution financière internationale souligne que ‘les autorités sénégalaises doivent être tenues de rendre davantage compte de l’emploi des fonds publics en renforçant l’équilibre des pouvoirs et en diffusant les informations pertinentes aux médias et aux parties intéressées’. Le gouvernement doit s’assurer que les ressources allouées parviennent à leurs bénéficiaires finals visés. Par exemple, ‘une enquête récente a révélé que seulement 58 % des enseignants exerçaient activement leur profession, ce qui laisse planer un doute sur l'efficacité du système éducatif. De même, les fuites et les inefficacités sont nombreuses dans le secteur de la santé’. Pour la Banque mondiale, ‘le contrôle des entités indépendantes et des entreprises publiques doit aussi être renforcé, comme le soulignent la récente mise à jour de l’examen des dépenses publiques et le rapport sur l’observation des normes et codes (Rosc) sur la gouvernance des entreprises, publié par la Sfi au début de l’exercice 07’.

Les obstacles qui freinent le secteur privé sénégalais

Le secteur privé a aussi intéressé le diagnostic de la Banque mondiale. Qui estime que ‘la performance du secteur privé est contrastée au Sénégal, comme en témoignent la réduction des investissements privés, qui passent de 17 % du Pib en 2000 à 15 % en 2004, et la stagnation relative des exportations, qui avoisinent les 27 % du Pib. Ce manque de dynamisme transparaît aussi au niveau microéconomique’. Elle invite les décideurs à relever des défis importants pour améliorer le climat d’investissement au Sénégal et promouvoir le développement sectoriel. Et cela passe par ‘la réduction de la bureaucratie et l'amélioration de la transparence qui sont les principaux défis à relever, comme le montrent le classement médiocre du Sénégal selon les indicateurs du rapport Doing Business et le récent rapport Rosc de la Banque sur les pratiques comptables dans le secteur privé’.

Les principaux ‘obstacles graves’ auxquels est confronté le secteur privé au Sénégal, sont, liste la Banque mondiale, ‘les difficultés d’accès et coût de financement qui représentent 60 %, l’impôt élevé et administration inefficace pour 50 %, les procédures administratives complexes 45 %, la Justice non fiable/corruption 40 %, le manque d’infrastructure de transport 35 %, l’électricité/énergie 30 %, pratiques commerciales non compétitives 35 %, les difficultés d’accès aux terres et développement 30 %, le manque de main-d’œuvre qualifiée et la réglementation rigide 20 %…’. Alors pour renforcer le développement du secteur privé, ‘le Sénégal devra augmenter davantage sa productivité, renforcer la qualité et la variété des produits d'exportation sénégalais ; augmenter les innovations productives, promouvoir l'intégration de chaînes d'approvisionnement et développer le capital humain à travers l’éducation et l’emploi des travailleurs expatriés dans la production locale’, estime la Banque mondiale.

Moustapha BARRY
Source: Walfadjri

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Jeudi 4 Octobre 2007


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