Qu'on ne leur parle surtout pas de palu pour désigner la pathologie dont ils souffrent. De plus en plus de Lougatois croient dur comme fer que la maladie dont ils souffrent ces temps-ci est tout sauf du palu. En dépit des diagnostics et assurances des professionnels de la santé, ils ne veulent pas démordre de leur sentiment que ce qu'on appelle palu n'en est pas. Pour les malades ou ceux qui ont eu à vivre les affres de cette maladie, il ne s'agit point du paludisme, mais d'une autre maladie que «les médecins ne veulent pas dire».
Le vieux Atoumane Fall, habitant la communauté rurale de Coki, croit dur comme fer que «cette nouvelle maladie qui atteint nos articulations au point qu'on ne peut même pas les bouger, n'est pas le paludisme. C'est autre chose.» Ce que confirme également un patient trouvé dans un poste de santé. Pour lui, les sensations qu'il éprouve et la réaction diarrhéique de sa maladie lui font croire que ce n'est pas le palu qu'il a.
Il est vrai que tous les patients qui se disent atteints du paludisme présentent à peu près les mêmes symptômes : diarrhée, douleurs articulaires, forte fièvre, maux de tête .... des signes que beaucoup de nos interlocuteurs réfutent comme étant ceux du paludisme. «Mon fils, j'ai vécu longtemps sur terre. Dieu merci et je connais bien le palu. Mais cette nouvelle maladie qui sévit actuellement dans nos foyers n'est pas le paludisme. Il faut que les médecins nous disent la vérité», martèle ce vieux.
À la région médicale de Louga, les hommes en blouse rencontrés disent être conscients de la situation épidémiologique de la maladie, mais c'est bien le palu que beaucoup d'entre les patients ont.
Seulement, argumente-t-on, la difficulté avec les populations, c'est qu'elles attendent jusqu'à. ce que le patient soit vraiment fatigué pour l'amener chez le médecin. C'est ce qui explique les signes relevés ça et là.» En tout état de cause, le constat est bien là : le nombre de cas noté cette année est sans commune mesure avec ce que les structures sanitaires avaient l'habitude de voir à Louga. Ainsi, comme le dit Mme Cissé, mère d'une patiente, «palu ou pas, cette maladie est bien bizarre.»
Thierno Amadou DIENG
Source Walf Grand Place