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LES SENEGALAIS ET LE SOPI - Le charme rompu? (Nouvel Horizon)

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Fini le temps où le Sopi faisait rêver. Wade, élu triomphalement en 2000 pour apporter une réponse urgente à la demande sociale, n'y parvient toujours pas. Et les Sénégalais semblent gagnés par le désenchantement. On l'a cru secoué et en proie au doute suite aux émeutes déclenchées le 21 novembre dernier par les marchands ambulants à Dakar. Et pourtant, Wade semble plus que jamais sûr de son aura auprès des Sénégalais. En témoigne sa réponse à Ulysse Gosset dont il était l'invité le 6 décembre dernier dans « Talk de Paris » sur France 24 quand ce dernier lui demanda si ces émeutes n'étaient pas « un symptôme de désenchantement ». « Je ne crois pas. Vous savez, je suis toujours en état de grâce, c'est ça qui est extraordinaire au Sénégal. Venez faire un reportage au Sénégal et vous verrez que le miracle, c 'est ça », lui répon­dit-il sans sourciller. Wade s'est-il laisser bercer par ses illusions ? Ou feint-il de ne rien voir de ce mécontentement général qui couve, s'engraisse, s'entasse et s'encrasse jusqu'à s'exprimer maintenant dans des endroits où on s'y attend le moins.



LES SENEGALAIS ET LE SOPI - Le charme rompu? (Nouvel Horizon)
La première chaude alerte a eu lieu, contre toute attente, le 25 octobre dernier au Cices. Venu présider une cérémonie de remise de don de matériels agricoles, Wade qui s'at­tendait sûrement à être gratifié d'un bain de foule comme il en raffole, a eu droit à un accueil plutôt mouvementé. Reçu qu'il était dans une bordée de huées par une foule massée des deux côtés du tapis rouge déroulé pour la circonstance. Lui qui croyait sans doute aller au-devant de popu­lations triées sur le volet, convoyées par des responsables libéraux et donc probable­ment acquises à sa cause. Mais c'était sans compter avec le fait que ces populations étaient suffisamment exaspérées par la hausse en cascade des prix des denrées de consommation courante pour se retenir de crier leur ras-le-bol à Wade à la première occasion.
Ce mouvement d'humeur a eu toutefois le don d'amener Wade à reconnaître, bien que ce fut à mots couverts, les difficultés que vivent les Sénégalais. Les exhortant à « plus de patience » et indiquant n'avoir « jamais-promis de transformer le Sénégal du tic au tac ». Il a fallu que le chef de l'État soit accueilli sur le chemin de Popenguine par les mêmes complaintes à son passage à Rufisque pour enfin prendre la réelle mesure de la détresse sociale des Sénégalais.

Rattrapé par une demande sociale qui n'a jamais été aussi pressante, même durant les pires moments du régime Diouf, Wade se voit alors obligé de réagir. Ce qu'il fit hélas à la va-vite et de manière plutôt désordon­née avec d'abord l'annonce, à grand renfort de publicité, de dix-neuf mesures touchant essentiellement au secteur du commerce et censées mettre un terme au renchérisse­ment du coût de la vie. Mais Wade se ren­dra très vite compte qu'il en fallait bien plus pour bien enclencher son opération de séduction en direction des Sénégalais. D'où la décision d'une ponction généralisée des salaires, vite abandonnée devant la levée de boucliers des syndicats et limitée finale­ment au chef de l'État, aux ministres, dépu­tés et sénateurs. Suivie de la réduction de la taille du gouvernement de trente-neuf à vingt-huit membres. Mais c'est à croire que toutes ces mesures n'auront pas eu l'effet escompté. Pour beaucoup, elles ne relevaient que de simples effets d'annonce. Ibrahima Sène du Pit parlera ainsi de « 19 mesures de diversion de Wade ». Les tour­nant en dérision dans une contribution parue dans la presse quotidienne où il sou­tiendra que c'est « devant le tollé général que son aveu d'impuissance a soulevé au sein des populations, et face à la montée en force de la colère populaire contre sa poli­tique économique et sociale qu'il lui était impératif d'accompagner la nouvelle hausse des tarifs de l'électricité de 6% par des annonces de velléités de baisse des prix des denrées et services de première néces­sité, surtout pour les couches les plus défa­vorisées ». Hélas, ils sont nombreux les Sénégalais à penser, à l'instar du responsa­ble du Pit, que ces mesures de Wade cen­sées abréger leur souffrance ne servent en définitive que de trompe-l'œil.

Quand Wade se trompe d'époque

Il n'y a manifestement que Wade pour pen­ser que son aura reste encore intacte auprès de ses compatriotes. Comme il l'a encore rappelé sur France 24, le 6 décembre, mal­gré les émeutes du 21 novembre dernier, certes attribuées aux marchands ambulants qui protestaient ainsi contre leur déguerpissement. Mais que certains n'ont pas eu tort de considérer comme l'expression violente d'un malaise généralisé. Et la preuve la plus éloquente en a été donnée le week-end dernier à Touba. Qui aurait pu imaginer, il y a seulement quelques années, que le Talibé-Président pourrait en venir à être accueilli dans la ville sainte avec des huées ? Ni l'ap­pel du khalife aux populations pour un accueil chaleureux à son hôte, encore moins le caractère éminemment symboli­que de l'objet de sa visite - le lancement de grands travaux censés moderniser la ville sainte - n'auront refreiné leur ardeur à exprimer leur mécontentement à Wade. Manifestement, le Sopi ne fait donc plus rêver. A moins d'être adepte de la méthode Coué comme semble l'être Wade et se per­suader qu'aucun ressort ne s'est cassé entre lui et ses compatriotes. Et qu'il n'a rien perdu de sa superbe. Un argument que même ses plus fervents thuriféraires ne sau­raient soutenir tellement les Sénégalais semblent à présent édifiés sur le décalage entre leurs préoccupations et celles de ceux qui les gouvernent. Elu triomphalement en 2000 par des électeurs qui espéraient le voir trouver très rapidement des réponses concrètes à la lancinante demande sociale qui causa la perte des socialistes, Wade n'a apparemment pas compris tout le sens de ce vote. Tel le Roi Christophe, il se lança sur tout et partout. Pensant même devoir dres­ser le profil d'un Sénégalais de type nou­veau. En témoignent ses propos d'un entre­tien accordé à l'hebdomadaire Jeune Afrique, deux mois après sa victoire sur Diouf en mars 2000. « L'Unesco a décidé d'inclure dans ses programmes la préscola­risation, qui est depuis longtemps l'un de mes chevaux de bataille ? Il s'agit de pren­dre les enfants en bas âge et de les éduquer avec des jeux, comme cela se fait déjà dans certains pays développés. Je considère que les petits Européens ont des avantages sur nos enfants, en cela qu'ils sont pris en charge très tôt », confiait-il dans cet entre­tien. Montrant ainsi toute son envie de faire table rase sur le passé pour bâtir un Sénégal nouveau. Le Sénégal de ses rêves. Aussi, ne sera-t-il pas peu fier de s'entendre dire par un de ses pairs invité à un défilé du 4 avril qu'il était « en train de construire une nou­velle nation ». Et c'est là tout le paradoxe du magistère de Wade. Tel un « père des indépendances », il s'est vu bâtir un nou­veau pays, lancer de grands chantiers, construire ponts et routes et se donner corps et âme pour des causes panafricanistes, tel Kwame Krumah. Aussi, s'est-il battu avec force arguments pour obtenir la fusion de son fameux plan Oméga avec le plan MAP des présidents Mbeki, Obasandjo et Bouteflika. Toutes choses qui semblent loin, bien loin des préoccupations des Sénégalais, en proie à un quotidien de plus en plus difficile. Les dépenses de prestige des libéraux, l'inflation d'institutions inuti­les et budgétivores, le train de vie dispen­dieux de l'État qui auront caractérisé les sept premières années du magistère de Wade ajouteront au décalage entre lui et ses compatriotes. Ce que refuse toujours de croire le Pape du Sopi, à moins d'avoir été, enfin, édifié sur sa cote de sympathie auprès des Sénégalais par son dernier accueil mouvementé à Touba. Car, confiait un observateur, « l'attitude de Wade est assimilable à celle d'une fourmi. Elle ne se ravise que lorsqu'elle a fini de cogner le mur ». Le mur serait-il tout proche pour Wade. A moins qu'il ait compris le signal à lui adressé à Touba et s'emploie vite à se réconcilier les Sénégalais.

Momar DIONGUE

Source: Nouvel Horizon

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Mercredi 19 Décembre 2007





1.Posté par khalil le 19/12/2007 02:08
Quand la fin approche, on ne sent pas les menaces.Malheur à ceux qui croient que la vie est éternelle.
A UUZU BILLAAHI MINA ABDULLAAY WADD A RAJJIIM!

2.Posté par GASSAMA TORONTO le 19/12/2007 04:36
Vous prenez-vous pour un médecin ordonnant une ordonnance médicale ? Cela traduit votre méconnaissance totale du pays.

3.Posté par DIOP Abdou le 19/12/2007 17:29
ce gassama toronto moo deeg toubab de!mort de rire!

4.Posté par MOUHAMED le 19/12/2007 19:08
FUORI WADE FUORI DAL PALAIS,ON VEUT PLUS DE LUI C'EST LA MERDE AU SENEGAL DEPUIS 2000 BASTA BASTA PORCO PUTANA...


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