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LES INCOHERENCES DE LA GOANA

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- 8000 ha a un busnessman espagnol

- Déficit alimentaire chronique


La grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana), la nouvelle politique agricole du régime de Me Wade, en dépit d’une surmédiatisation tapageuse, recèle des incohérences insoupçonnées. Cette trouvaille des libéraux risque, si l’on y prend garde, d’aboutir à des jacqueries.



LES INCOHERENCES DE LA GOANA
Ces révoltes paysannes peuvent embraser le «Sénégal des profondeurs» si rien n’est fait pour juguler les dysfonctionnements constatés dont le plus préoccupant est la distribution gratuite de milliers d’hectares à des «fermiers du dimanche». Analyse d’une aberrante nouvelle politique agricole aux conséquences dangereuses…

Récemment, des voix se sont élevées contre la distribution des terres à des non exploitants. Dans le département de Kanel (Matam), plus de 1000 hectares ont été promis au Premier ministre Hadjibou Soumaré et au ministre Adama Sall. Les ressortissants de ce département s’y opposent et disent même prêts à tout afin de préserver le legs de leurs aïeux. Cent Hectares ont été promis à la députée Aida Mbodj. A kédougou, la situation est encore pire. Huit mille hectares des réserves du Parc Niokolo Koba ont été attribués à un homme d’affaires espagnol. Comme on le voit, la Goana peut-être le fertile terreau de nouvelles révoltes qui peuvent aboutir à une guerre civile comme en Casamance ou en Côte d’Ivoire.

Après le plan REVA, La Grande offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance (GOANA), a été initiée dans un contexte international marqué par des émeutes de la faim. Ce plan a pour objectif de contenir, laisse-t-on entendre, l’inflation généralisée du prix du riz pour éviter aux sénégalais une situation difficilement vivable. Cette nouvelle politique agricole est présentée comme une solution contre la faim. On serait tenté, dés lors, de dire comment la GOANA compte-t-elle s’y prendre ? Selon ses initiateurs, par l’intensification de la production agricole pour pouvoir produire aussi bien en hivernage qu’en contre-saison.

Depuis le lancement de ce plan, il est évoqué dans toute sorte de rencontre, invoqué dans tout discours, au point que le grand public ne s’y retrouve plus. Aujourd’hui, les questions que l’opinion sénégalaise se pose sont les suivantes : quels sont les contours de la GOANA ? Quelle réalité recouvre-t-elle ? Comment, avec ce plan le gouvernement compte-t-il s’y prendre pour que le Sénégalais moyen puisse disposer du minimum vital ?

8000 ha a un busnessman espagnol

L’agriculture occupe 60% de la population au Sénégal. Ce qui est en soi assez suffisant pour nourrir prés de 10.000.000 d’habitants. Est-ce qu’avec ce pourcentage, on a besoin d’augmenter le nombre d’agriculteurs tout en sachant que le Sénégal n’est pas seulement composé du secteur primaire.
«Avec la flambée du prix du pétrole atteignant son sommet à 120 dollars le baril, les pays qui en dépendaient fortement ont mis au point des stratégies palliatives. C’est la ruée vers l’or vert. Les Etats-Unis, l’Europe, le Brésil et le Canada, convertissent ainsi une part croissante de leurs récoltes en biocarburants. Par exemple, les Etats-Unis y injectent 20% de leur production de grains et visent les 136 milliards de litres de produits d’ici 2020, soit 138 millions de tonnes de maïs qui sera hors du marché alimentaire. Le Brésil produira lui, 20 millions de litres dés 2008. Cette course vers les biocarburants, incite ces Etats à consacrer de vastes terres qui, naguère, étaient dévolues à la production de céréales aux biocarburants. Ainsi, la superficie consacrée aux cultures de céréales diminue et ces pays ne produisent plus pour exporter mais pour nourrir leurs populations. La conséquence de cette course effrénée vers la mode biocarburant est un emballement qui a accru la demande de produits alimentaires. Par un principe de causalité, les pays pauvres, comme le Sénégal, ne peuvent plus importer la quantité nécessaire dont ils ont besoin. Ce facteur provoque un dumping économique qui fait envoler les prix des denrées que le consommateur moyen sénégalais ressent fortement. C’est pour cette raison, qu’en moins d’un an, le coût des produits alimentaires a augmentée de plus de 50%pour le riz et de 80% pour les céréales» explique Moussa Diop un universitaire sénégalais installé à Paris.

«Même si nous avons des terres, il faut savoir que «la terre n’est rien sans l’eau». Ce qu’on constate aujourd’hui, c’est que plus que la disponibilité de l’eau, c’est son accessibilité qui se pose au Sénégal. Comment faire pour que l’ensemble du pays soit bien arrosé. Avec le projet OMVS, sur les 375.000 ha de terres irrigables avec les barrages (Diama et Manantali), 240.000 ha se trouvent dans la partie sénégalaise. Mais, à ce jour, l’objectif d’irrigation est loin des réalisations qui ne dépassent pas 70.000 ha.

Déficit alimentaire chronique

Une première explication est l’absence d’une réelle politique de l’eau au Sénégal. Les objectifs de production n’ont pas été atteints pour une raison principale : 80% des investissements dans le domaine agricole étaient concentrés dans une portion du territoire qui ne regroupe que 10% des producteurs sénégalais. Ce qui avait poussé la Banque mondiale à réorienter les investissements consentis dans la vallée du fleuve Sénégal vers d’autres parties du pays. Mais la crise actuelle nécessite comme solution un accroissement du rendement qui, à l’heure actuelle, ne peut se faire en grande partie que dans cette région du fleuve. Loin de nous cristalliser sur des positions politiques et idéologiques qui nous pousseraient à des réactions épidermiques, pourquoi ne pas remettre au goût du jour le vieux rêve du président Diouf qui voulait faire de la vallée du fleuve, la Californie du Sénégal et cette région « amphibie » un «Eden vert ?» s’interroge l’expert.

A ses yeux, Le Sénégal qui est un pays en déficit alimentaire chronique n’a trouvé d’autres moyens, dans cette danse des pays riches interdite aux pauvres, que de se mettre à la mode biocarburant. Il fut ainsi, comme le gouvernement aime bien à le répéter, le premier pays africain du sud du Sahara, à produire du biocarburant. Or, le fondement de la mode biocarburant est de sacrifier des terres arables. Une aberration.

Au retour d’une visite officielle au Brésil, le président ne peut cacher son admiration pour le président Lula et surtout pour sa politique en agro carburant. Le 30 Novembre 2007, il inaugure, en grande pompe, la distillerie de la Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS) qui devra permettre de produire jusqu’à 10 millions de litres d’Ethanol par an pour promouvoir les biocarburants mais aussi produire de l’alcool de bouche, de parfumerie et pharmaceutique. Ainsi, l’Ethanol serait mélangé à de l’essence pour faire fonctionner les voitures au Sénégal afin de réduire la facture pétrolière de l’Etat qui absorbe 40% des recettes d’exportation du pays. Le Sénégal dépend 95% de source d’approvisionnement extérieur pour satisfaire sa consommation en énergie. Mais pour arriver à cet objectif, la CSS doit broyer au moins, chaque jour, jusqu’à 6.000 tonnes de cannes. Ce qui suppose d’étendre ses champs, mettre en

culture des hectares supplémentaires. Or, sur les 12.000 ha de terres brutes que lui a concédées l’Etat, elle n’a aménagé, en 2006, que 8.650 ha. L’extension de ces champs destinés à l’Ethanol va se développer au détriment de la production du sucre et de la diversification agricole. Se dessine avec cette politique de production d’Ethanol, une intensification du processus d’expropriation des paysans, aux alentours, de leurs terres moyennant indemnisation dans le meilleur des cas, au profit d’une extension de la culture de cannes destinée à la production d’Ethanol. La conséquence serait alors une décroissance de la production, à long terme, du riz qui est déjà très négligeable.

Pour fabriquer ces biocarburants, le Sénégal parie donc sur des monocultures de sucres alors même que se profilent déjà des carburants de deuxième génération, au meilleur rendement énergétique, moins polluante et ne concurrençant pas les cultures alimentaires. N’aurait-il pas été plus judicieux, pour l’Etat sénégalais, avant de se lancer à corps perdu dans cette aventure de subventionner davantage la recherche sur ces filières du futur ? Sinon avec l’objectif de favoriser l’extension de l’Ethanol, le Sénégal risque de se trouver avec un outil industriel rapidement obsolète.

La volonté de l’Etat de développer le biocarburant est un handicap pour la Goana car ces nouvelles cultures privent les populations de terres arables pour les espèces vivrières. Mais, le danger le plus immédiat est la distribution des terres à des «fermiers du dimanche». Une spoliation qui ne dit pas son nom. Comme on le voit, la Goana recèle beaucoup d’incohérences.

Source: La voix plus

Article Lu 11433 fois

Jeudi 16 Octobre 2008





1.Posté par Z le 16/10/2008 05:55
Vous êtes vraiment négatif. Les hectares de terre sont données ou prêtées à des gens qui les exploitent. Personne ne les aurait mises en valeur. Vous ne parlez pas des semences et des produits qui ont été donnés aux paysans. Vous cherchez toujours des détails qui font mal dans tout ce que font Wade et son gouvernement. On a beau être contre eux, mais on peut reconnaître que l'appel du Président pour la GOANA et une bonne pluviométrie nous promettent de bonnes récoltes. Tout le monde doit s'en réjouir.

2.Posté par samba le 16/10/2008 07:15
Mon ami la GOANA est a l etat de projet. Tu fais confusion par rapport aux declarations politiques . La GOANA n a pas encore demarre.Il y a eu une coincidence entre un retour massif vers la terre du fait de penuries de produits de consommation et une bonne pluviometrie. Certains pour plaire a Wade ont assimile ce fait a la GOANA. Pas d amalgame. Attendons l annee prochaine pour voir si le financement de ce projet sera boucle ou non car il ne l est pas contrairemnt a ce qu on veut nous faire croire.Cependant nous saluons l 'idee en elle meme

3.Posté par emti le 16/10/2008 10:13
Bonne remarque Samba. Le GOANA, comme le disait Aissata Tall, a péché aussi bien sur le fonds que la forme.
sur le fonds, c'est que cette réforme qui se veut selon les dire même de WADE à la fois conjoncturelle et structurelle ne peut en aucun cas aller de pair avec le développement du biocarburant au Sénégal. quasiment tous les pays au monde qui développent cette filière ont déjà atteint l'autosuffisance alimentaire. L'article révèle également la non prise en compte de la problématique de l'eau :irrigation de tout le Sénégal, du moins de toutes les surfaces arables, et pluviométrie. sur la pluviométrie justement, comment peut-on imaginer que l'Etat, malgré la sonnette d'alarme d'un organisme lié au CILSS sur les risques de "sur -pluviométrie" cette année, n'ait même pas pensé à tous les problèmes liés à l'inondation.

sur la forme, il est inconcevable de ne pas avoir associé dès le début les paysans à la GOANA , qui les concerne en premier chef. Mais non, on a préféré attribuer selon je ne sais quels critères, des terres à tous les polticiens (bonjour les dérives).

Pour répondre à Z, tu as parfaitement raison en disant que personne ne peut être contre l'idée de la GOANA. Sauf que entre une idée, sa faisabilité, les moyens mis en oeuvre pour la réaliser et le résultat, tu dois pouvoir accepter quand même que Wade nous a habitués à des hiatus immesurables. Est-il besoin de te rappeler tous les projets dionysoïques de Wade?
J'espère que WADE nous surprendra avec la GOANA lorsque celui-ci atteindra les objectifs qu'il s'est fixé. Mais de grâce, arrêtons d'être aveugles devant la mauvaise gestion de Wade.

4.Posté par KIKI le 16/10/2008 12:10
De toute façon on va faire comme au Kenya récupérer nos terres!

5.Posté par TEUSS le 16/10/2008 13:24
WADE ne fait mélanger les choses et j'ai peur que cela resulte d'une catastrophe dans le futur

6.Posté par la prophetesse le 16/10/2008 14:35
on dirait que wade a une predisposition genetique a creer et a attirer que des frictions et des tensions entre les populations. si l'on y prend garde, il sera bientot a l'origine d'une autre catastrophe que le joola, une guerre ethnique. que DIEU nous debarasse de SATAN. amen.

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