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LE SOLDAT MAWA BÂ JUGÉ AUX ASSISES MILITAIRES : «Pourquoi j’ai tiré sur mon capitaine Ndiaga Bâ»

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Ce 10 Août 2002, le capitaine Ndiaga Bâ, Commandant du 3e escadron blindé basé à Diouloulou, organise un cocktail en l’honneur des libérables et des affectés à d’autres unités.On procède à une distribution de cadeaux et autres présents. ll se rend compte de l’absence d’un de ses éléments, en la personne du soldat de première classe Mawa Bâ qui venait d’être affecté lui-aussi au 25e B.R.A (bataillon de reconnaissance et d’appui). Il demande alors au soldat Souleymane Diène d’aller le chercher. Il se présente au capitaine Ndiaga Bâ, au moment où la cérémonie avait pris fin. Mais le capitaine était toujours à table, en compagnie du médecin-lieutenant Sidy Kâ et du commandant Jean Luc Diène. Sur les raisons de son absence, le soldat Mawa Bâ explique qu’il était en train de faire l’entretien de son engin AML (arme de mitraillette légère). Le Capitaine lui fait des reproches et décide de lui infliger une punition. Le soldat tente alors de justifier son attitude, en vain, car la décision des officiers était déjà prise.



Cela semble avoir mis le soldat dans tous ses états, parce qu’on l’aurait aperçu faisant des gestes d’agacement, en dessinant avec ses mains de véritables mouvements d’énervement. Il retourne au dortoir, en passant devant l’Adjudant Chef Sada. Le Capitaine Ndiaga Bâ, en ce moment, prend congé des autres et prend la direction du secrétariat dans l’intention déclarée d’y rédiger la punition qu’il s’est promis de donner comme correction devant ce cas notoire d’insubordination.

Et c’est en pleine rédaction du compte-rendu de la punition que le soldat Mawa Bâ a dégainé un fusil d’assaut H.K 33. Il met en joue le Capitaine qui réagit promptement et courageusement, en se levant d’un bond et en essayant de prendre l’arme par le canon, pour le détourner de lui. Une rafale est aussitôt déclenchée et, le Capitaine atteint, tombe par terre, dans une position assise.

Le bruit des rafales attire l’attention des autres officiers et soldats qui accourent de tous les sens, pour porter secours à l’officier blessé et perdant déjà son sang. Mais Mawa Bâ, toujours en possession de l’arme, les somme de ne pas s’approcher, sous peine d’ouvrir le feu sur eux. Malgré les désespérantes tentatives du médecin-lieutenant Sidy Kâ, d’organiser les secours, Mawa Bâ persistait toujours dans ses menaces, empêchant ainsi l’équipe médicale de procéder à l’évacuation du Capitaine. Finalement, l’Adjudant-Chef Sada Kanté, usant de beaucoup de tact et de persuasion, parvient à convaincre Mawa Bâ de mettre la sûreté de l’arme et de le suivre à la Brigade de gendarmerie de Diouloulou. Ce n’est qu’une fois dans le bureau du Commandant de Brigade, que Mawa Bâ acceptera de se séparer de son arme. Le Capitaine Ndiaga Bâ est décédé des suites de ses blessures, au cours de son évacuation sur Bignona. Le certificat de genre de mort établi par le Médecin-lieutenant, Alassane Sow du Service de santé des Armées, le 10 Août 2002, fait état d’une blessure par balle avec plaie des hypodermiques droits sans orifice de sortie et une lésion hépatique.

Les aveux de Mawa Bâ

Entendu par les pandores, le soldat Mawa Bâ déclare avoir toujours fait l’objet de brimades et de traitements méprisants et humiliants de la part du Capitaine. Soutenant, entre autres, avoir été accusé de vol de casque à char et, pour punition, était envoyé effectuer un ratissage de 17 jours, au moment où il devait rester à Bourgadier. Il aurait favorisé le soldat Ahmet Sy, qui de ce fait de proximité avec son chef, était devenu arrogant et insolent vis-à-vis de lui. Toujours, selon lui, le Capitaine Ndiaga Bâ se serait opposé à ce qu’il passe son permis de conduire et lui a intimé l’ordre de débarquer de son engin à Sindian en plein ratissage. Bref, le soldat déclare avoir été victime, par la faute du Capitaine, de punitions abusives et de menaces récurrentes de le faire libérer et de briser ainsi sa carrière militaire. Il soutient qu’il n’a utilisé cette arme que pour intimider l’officier et l’amener à se rendre compte lui-même des sévices qu’il lui faisait endurer. Aussi, dit-il, mon intention n’a jamais été de tuer le Capitaine, que c’est l’officier, en s’agrippant énergiquement à l’arme, qui a fait partir le coup fatal, pendant qu’ils cherchaient à se l’arracher.

Cependant, les témoins, le Colonel Mackhtar Guéye, l’adjudant-Chef Sada Kanté, le Commandant Jean Luc Diène et le lieutenant Sidy Kâ, ont battu en brèche la version du mis en cause, en précisant que celui-ci a bien visé et tiré sur le défunt et a empêché les gens de le secourir.

Procès de Mawa Bâ, meurtrier du Capitaine Ndiaga Bâ : Une cour d’Assises à formation spéciale pour le 17 Décembre

L’accusé Mawa Bâ a répondu à l’interrogatoire sommaire devant le président Demba Kandji. Il s’est agi principalement de questions sur son identité, s’il a reçu notification de l’arrêt de renvoi, s’il a constitué des conseils, s’il reconnaît les déclarations qu’il a eu à faire devant le juge d’instruction. La Cour d’appel de Dakar, par la Chambre d’Accusation, au fond, a prononcé, la mise en accusation de Mawa Bâ des chefs d’assassinat, de violences et voies de faits envers un supérieur ou une autorité qualifiée pendant le service ou à l’occasion du service : articles 281, 287 du Code Pénal et 160 du Code de justice militaire. Le renvoi devant la Cour d’Assises de Dakar avec Jury militaire.

Au 19e siècle, la rébellion de deux Toucouleurs

Aussi loin qu’on peut remonter dans l’histoire de notre justice, une juridiction de ce type n’a jamais été organisée. C’est à la limite de l’anecdotique qu’on raconte l’histoire qui se serait déroulée au 19e siècle, de deux soldats Toucouleurs qui se seraient rebellés dans le Podor contre leur chef militaire blanc, qu’ils auraient assassiné par la suite. Un tribunal avec jury militaire aurait été constitué et les accusés exécutés. Cela serait la seule trace de juridiction assimilable à ce qui va être fait sur le plan juridique pour juger l’affaire Mawa Bâ.

Le parquet général et le Président de la Cour d’Appel (Siége) ont travaillé à mettre sur pied cette Cour d’Assises à formation spéciale dont la composition est arrêtée comme suit :

-Président : Demba Kandji ( Président de la 2e chambre civile)

-Deux magistrats assesseurs : Ahmet Diouf et Cheich Niang

Quatre jurés militaires qui seront désignés par le premier président de la Cour d’appel de Dakar.

Le Banc du Ministère Public sera occupé par l’Avocat Général, Ndiaga Yade

L’accusé, Mawa Bâ, sera défendu par Mes Sadio Diaw (ancien officier de la Gendarmerie), Joseph Etienne Dione, Emmanuel Padonou, Amadou Moustapha Dieng et un défenseur militaire, Capitaine des Sapeurs-Pompiers Mamadou Birane Wane. La date du procès est fixée au Lundi 17 Décembre prochain.

Source: L'as

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Samedi 8 Décembre 2007





1.Posté par MBAYE le 08/12/2007 10:08
dites a ce bayacall de ne pas nous fatiguer avec son sit de musique afro qu'ils soient senegalais ou pas(les musiciens) ça ne nous interesse pas le mbalax national suffi largement

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