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LE QUARTIER "LES MAMELLES" CHANGENT DE VISAGE: Le domaine maritime est-il bradé ?

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Situé entre Ouakam et Ngor, le quartier "les mamelles" a, depuis quelques années, changé de visage avec l’érection de bâtiments. Beaucoup d’autres sont en chantier sur tout le long du domaine maritime. Bintou est allée sur le site.



LE QUARTIER "LES MAMELLES" CHANGENT DE VISAGE: Le domaine maritime est-il bradé ?
Jadis neutre et vierge, le domaine maritime, la côte des "Mamelles" est aujourd'hui un site objet de multiples constructions d'hôtels, de boîtes de nuit, de résidences, sans compter les immeubles de bureaux. Ces bâtiments surplombant la mer appartiennent, dit-on, pour la plupart à des hommes importants, politiquement parlant. Déjà, il y a quelques mois, un rapport de l'ONG Aide Transparence intitulé "Le domaine public maritime de Dakar : élites, pouvoir et impunité" tirait la sonnette d'alarme.

D'ailleurs sur la plage de Teuf (appellation de la mer du quartier des Mamelles), il n'y a plus de cabanes. Interrogé sur l'état des lieux, un jeune homme trouvé sur le bord du petit mur d'un immeuble qui surplombe la mer, la vingtaine un peu dépassée et teint noir répond : « J'ai tellement mal quand je vois ça, parce que nous étions bien quand nous venions ici alors que j'étais encore petit. Il y avait de l'ambiance, de l'harmonie, surtout avec les cabanes. Mais maintenant il n'y a que des pierres et des bâtiments, il n'y a plus de vie. Ce qui fait qu'il n'y a plus de brise et les propriétaires des cabanes n'ont plus de boulot », déplore-t-il.

Non loin de là, des jeunes discutent. Une maison inachevée leur sert d'abri. Interpellés sur le sujet, ils montrent un engouement certain, d'ailleurs l'un d'entre eux me cède sa place assise. Certes, ils ne sont pas au courant du rapport faisant état du bradage du domaine maritime, comme tout le reste de mes interlocuteurs, mais ils estiment toutefois que ceci n'est pas juste. Parmi eux, un certain Malick, ancien étudiant au département d'Anglais à l'Université de Dakar. Il m'explique : « Avant, il n'y avait que des ravins ici. C'était un site sauvage, les populations avaient même peur d'accéder à la plage à cause des génies. Il a fallu que nous soyons les premiers à franchir ce pas. Nous avons alors construit nos cabanes où nous vendions soit des objets d'art, soit à manger. Puis, le propriétaire de cet immeuble [un politicien du parti au pouvoir] nous a demandé de déguerpir nos cabanes avec la promesse de nous donner du travail mais nous n'avons rien vu. Il n'a pas tenu sa promesse», se désole-t-il. Un autre le coupe et me lance : « Nous pouvions devenir des agresseurs ou des voleurs car nous sommes au chômage. Cet état de la mer nous fait très mal car avant, les gens venaient ici, mais il n'y a même plus de plage, il n'y a que des pierres et du sable rouge ».

Du côté des occupants de l'immeuble, c'est silence radio, on refuse de me parler. Après les salamalecs d'usage avec un homme d'un certain âge qui s'apprêtait à faire ses ablutions, et avec un autre plus jeune, c'est motus et bouche cousue. Le moins âgé monte dans sa voiture tandis que l'autre me lance un « je ne sais rien, je ne suis qu'un gardien. » D'ailleurs, je pouvais lire sur sa tenue de travail le sigle "CDE" (consortium d'entreprises, la société chargée de beaucoup des travaux de bâtiment). Aussi, n'ai-je pas pu avoir accès à l'intérieur.

Les sportifs aussi se plaignent. C'est le cas d'un monsieur en training, la quarantaine bien sonnée, rencontré au niveau d'un tableau où l’on peut lire "projet de construction d'une clinique ambulatoire". Interpellé sur le sujet, il répond : « La vue est bouchée à certains endroits, et c'est dommage pour les sportifs que nous sommes puisque nous n'avons plus de vue sur la mer ». Il m'explique par ailleurs qu'il fait de plus en plus chaud aux Mamelles : « Les alizés sont stoppés nets par les constructions qui forment un écran le long de la corniche et cela conduit à une certaine hausse des températures. Pour preuve, cette année, il n'a pas fait trop froid par rapport aux années précédentes. » A ma question relative à la propriété des bâtiments, il déclare : « Je ne vais pas me prononcer là-dessus. En 2004, des constructions avaient été arrêtées, certaines cassées, mais ça reprend de plus belle. Ce sont des faits vérifiables, concrets. Ces constructions gênent la vue », assène-t-il.

Le domaine public maritime est de plus en plus en passe de devenir un domaine privé appartenant à des particuliers. Cela crée une inquiétude chez les populations qui ont peur de ne plus pouvoir profiter des bienfaits de la mer. Cette inquiétude est accentuée quand on pense au rempart naturel que constituait certains sites.

Bintou Athie

Source: Dakarblog.info

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Vendredi 5 Juin 2009





1.Posté par Oumar le 05/06/2009 21:00
Thia kaoo thia kanammm rekkkk..........thiey Wade, do senn moromm

2.Posté par ndiog le 06/06/2009 14:48
Quand on voit comment le bord de mer est aujourd'hui, ça fait vraiment mal au cœur surtout pour nous qui avons grandi à coté de ces plages.dès fois je me demande même si je peux maintenant avoir confiance à notre justice et à nos dirigeants. c'est vraiment alarmant.Et la population qui l'a accepté sans y avoir d'intérêt.Des fois il faut penser à l'avenir de vos enfants et voir sur le long terme.

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