Dix années de prison ferme, c'est la réquisition du procureur à l'encontre du professeur de mathématiques et de sciences de la terre du Cem de Pikine-Est, Youssoupha Mbaye. Poursuivi pour viol commis par une personne ayant autorité sur la victime ce marié et père de 2 enfants a été attrait hier à la barre d u tribunal des flagrants délits.
Forte corpulence, taille élancée, celui qui n'envie rien physiquement au lutteur Tyson a baissé la tête tout au long de l'audience. À 37 ans, ce jeune professeur de maths, répétiteur par ailleurs de sa victime, risque de séjourner longtemps à Reubeuss. En attendant son délibéré prévu pour le 21 avril prochain, il retourne en taule.
F.BA, 18 ans, élève, en classe de 2e au lycée Limamou Laye a tenu tête à son professeur qui l'a encadrée, 5 ans durant. Depuis le Cem de Pikine Est où l'élève a décroché son diplôme de Brevet de Fin d'études moyennes (Bfem). Revenant sur sa mésaventure du 22 mars, Mlle Bâ confie au juge : «il m’a donné rendez-vous chez lui à 19h pour me remettre des documents. A mon arrivée, il a fermé la porte à clé avant de m'arracher mon collant puis mon slip. Après, M. Mbaye m’a entraînée de force à entretenir avec lui des rapports sexuels. J'avais tellement peur à cause de sa corpulence herculéenne… » Et d’après cette fille, son répétiteur lui a volé sa … virginité. «Mon collant et mon slip étaient lâchés de sang», précise la victime.
Des faits qui heurtent la partie civile. Et Me Nafissatou Diouf de s'exclamer : « il n’avait pas le droit d'entrer dans ses pattes. Cette fille n'a rien d'une partenaire consentante. Ce professeur non imbu de déontologie doit payer.» Et la peine requise par le procureur qui se dit déçu par l'acte de ce professeur qui s’est rabaissé est de 10 ans ferme.
Des allégations réfutées par la défense qui ne veut pas entendre parler de viol. D'après les conseils de Mbaye, la jeune Ba était consentante parce qu'elle s'est rendue sans gêne chez celui qu'elle veut caricaturer comme son «bourreau» «Une fille qu'on viole crie pour ameuter le voisinage. Ce qui n’a pas été le cas. Pis,elle aurait avisé sa mère le même jour. Mais, elle l'a caché et s'est rendue le lendemain au cours», refute un des avocats. Quant au prévenu, il ne s'est pas abstenu de plaider le consentement de la fille. «J'ai entendu des rumeurs faisant état qu'elle était de mœurs légères, je l'ai invitée à coucher avec moi, elle a accepté, c'est lorsque je l'ai pénétrée et qu'elle se trémoussait et pleurait que je me suis rendu compte qu'elle était vierge. J'ai arrêté pour le calmer. Elle était consentante. J'ai résisté des années durant à sa provocation.» Non sans présenter des excuses, «c'est le diable qui m’a poussé à coucher avec elle. Je demande l'indulgence à sa famille. Je demande pardon au tribunal.»
Le verdict est mis en délibéré jusqu'au 21 avril prochain.
Ndèye Awa LÔ
Source Walf Grand Place