Le Parti socialiste (Ps) doute de la sincérité de Me Abdoulaye Wade de vouloir dialoguer avec l'opposition. Parce que, rappelle l'instance dirigeante du Ps, «l'impasse du dialogue politique est de la seule responsabilité d'Abdoulaye Wade puisque l'opposition a déjà fait des pas significatifs dans ce sens.» La manière avec laquelle le chef de l’Etat invite l'opposition est, selon le Bp du Ps, «une curieuse pratique de la démocratie qui démontre si besoin en était encore, la mauvaise foi d’Abdoulaye Wade.» En revanche, dans la déclaration sanctionnant leur rencontre, Ousmane Tanor Dieng et compagnie ont salué l'initiative du khalife général des Tidianes, Serigne Mansour Sy. Pour les socialistes, en invitant le pouvoir et l'opposition au dialogue, le khalife général des Tidianes reste dans «sa responsabilité de régulateur social et d'autorité morale».
Seulement, pour dépasser cette impasse du dialogue politique, le Ps estime que «c'est à Abdoulaye Wade de faire la preuve de sa bonne foi en répondant à la dernière lettre en date du 23 octobre 2009 de Bennoo Siggil Senegaal, qui lui indiquait le format et le contenu du dialogue et lui proposait des discussions inclusives élargies à chaque secteur et acteur intéressé.» Selon le communiqué, c'est à Abdoulaye Wade de faire démarrer les concertations sur la révision du système électoral, les travaux d'audit du fichier électoral et de créer les conditions d'un processus électoral apaisé. Ce, indique la même source, «en donnant des instructions fermes à son ministre de l'Intérieur qui n'a toujours pas répondu à la lettre des partis membres de Bennoo Siggil Senegaal datée du 26 janvier 2010.»
En tout état de cause, avertissent les socialistes, le Ps «n'associera jamais son image à une opération de communication, dont un prétendu dialogue servirait de cadre et de prétexte.» Car, selon eux, il est établi qu'Abdoulaye Wade «n'est mû que par la volonté de manipuler l'opposition dans une mise en scène médiatique destinée à la consommation extérieure.» Cette volonté de paraître de Me Wade, déclarent Tanor et Cie, «,explique par ailleurs, les contradictions, les amalgames et les contrevérités distillés dans la presse française et qui, au final; renseignent sur le désarroi d'un homme au régime finissant qui jette progressivement le masque pour faire apparaître au grand jour son projet de dévolution dynastique du pouvoir.» Mais, le plus consternant dans la pratique de Me Wade, disent-ils, «c'est le paternalisme de mauvais aloi et l'énergie folle qu'il déploie pour tentez de disculper son fils de toute responsabilité de la gestion chaotique de l’Anoci.»
Ousseynou BALDE
Source Le Populaire