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LE PARTI REWMI REÇU AU PALAIS : Wade déroule le tapisrouge pour Idy

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Dans une des salles situées au premier étage des bureaux de la Présidence, se tiennent les premières discussions entre le président de la République et le parti de son ancien Premier ministre, Rewmi. Assis au milieu et séparant les deux délégations du Pds et de Rewmi, Me Wade n’a pas usé d’un langage diplomatique pour déverser sa bile sur Omar Sarr dont le tort est d’avoir montré, d’une manière subtile, que Wade est demandeur de la rencontre. Récit… d’un quasi monologue présidentiel qui ouvre les portes du retour à Idrissa Seck.



LE PARTI REWMI REÇU AU PALAIS : Wade déroule le tapisrouge pour Idy
La rencontre entre Me Wade, les libéraux et les responsables de Rewmi commence par des prières. Sous la conduite de Badou Bâ, elles sont destinées au frère du Président disparu la semaine dernière, Moustapha Wade, et pour une issue heureuse des pourparlers. C’est le facilitateur, le Colonel Malick Cissé, qui introduit la discussion. Habillé d’un costume sombre, il se tient debout à droite de la salle, les mains croisées à l’arrière. «J’ai commencé à travailler pour des rapprochements entre Wade et Idrissa Seck avant l’élection présidentielle et cela s’est poursuivi après cette élection. Certains parmi l’assistance étaient au courant. J’ai fait 40 ans dans le pouvoir et, je devinais la suite de cette affaire. Les gens de bonne volonté m’ont soutenu et je suis entré en contact avec Idrissa Seck. Je lui ai dit que les élections sont derrière nous et le Sénégal reste ce qu’il était. Il m’a demandé si je pouvais venir le rejoindre en France. Ce que j’ait fait après moult tractations.» Son speech accroche et la salle reste attentive. Dans un ouolof limpide, le militaire en retraite poursuit son compte rendu. «Après des discussions, Idrissa Seck m’a chargé, de retour au Sénégal, de prendre contact avec tous ses amis pour leur réaffirmer notre cause commune. Il m’a aussi demandé de leur dire d’aller rencontrer Me Wade pour réunifier la famille libérale. Ce sont ces démarches qui ont abouti à cette rencontre d’aujourd’hui.» Et le colonel Cissé de livrer ses sentiments : «C’est un jour ordinaire, un jour où l’homme a vaincu Satan, un jour où la passion est vaincue par les sentiments.»

A peine le colonel a-t-il terminé son speech que le chef de Cabinet du président de la République, préposé au micro central, Pape Samba Mboup, annonce le tour de Omar Sarr, porte-parole de Rewmi et chef de la délégation. Assis côte à côte avec Wade, M. Sarr se fond en remerciements et livre un discours qui n’a pas duré plus d’une minute. Ajustant parfois son costume jaune, il précise, d’entrée, que la décision de la rencontre vient de Idrissa Seck. «Il nous a appelés, hier, pour nous expliquer que vous voulez travailler avec nous. C’est pourquoi, nous sommes venus vous écouter et discuter avec vous comme on avait l’habitude de le faire dans le passé. Tout en priant que la discussion se termine dans la paix.»

Ces mots de Omar Sarr recoupent avec ceux de son frère de parti, Nguirane Ndiaye. «Nous étions dans le parti avec Idrissa Seck jusqu’à notre départ. Idy nous a rappelé qu’il faut faire la paix après la guerre. Il nous a confié qu’on l’a informé de certaines choses et qu’il en a vu les preuves. D’où notre décision de répondre à cette invitation. C’est pourquoi, nous sommes là pour tendre l’oreille et comprendre la teneur des discussions. Nous nous en réjouissons et remercions le colonel Cissé qui a tenu à préciser avoir entrepris les démarches de son propre chef», termine Nguirane Ndiaye qui passe le relais à Macky Sall. Le secrétaire général adjoint du Pds amorce l’historique de la rencontre et explique que les divergences politiques font partie de la vie politique. «Il y a eu un moment où il existait des problèmes sur lesquels il n’est pas important de revenir. Nous louons l’action du président qui appelle à une refondation du Pds, malgré une majorité qui lui permet de gouverner seul». Et de se raisonner : «Tous ceux qui sont mus par l’intérêt du pays et du parti doivent le soutenir dans ce projet, mais dans le cadre de la discipline de parti et dans une action concertée.»

SHOW PRESIDENTIEL

Après l’adjoint, c’est au tour de secrétaire général national du Pds, Me Wade, de commencer par rappeler le compagnonnage avec ses ex-frères. Sur un débit lent, les doigts croisés, il déroule les péripéties qui ont abouti à l’éclatement de la famille libérale. «Nous étions dans un même parti, chacun est parti de son côté et chacun sait ce qu’il pèse maintenant. Je voudrais que l’on dise l’important de la discussion.» Son discours, jusque-là empreint d’une dose de sagesse, il regrette : «Certains n’aient pas appris à me connaître, contrairement à d’autres avec qui j’ai duré dans le parti qui me connaissent bien.» Son discours prend un peu d’allure : «Comme l’a dit Macky, je ne cherche pas de militants, non plus d’élargissement des bases. Je ne cherche plus rien. Ma seule préoccupation est de rassembler tous les Sénégalais. C’est de ma responsabilité. C’est pourquoi, je dois commencer par mes anciens compagnons dans la mesure où beaucoup de choses nous unissent malgré nos divergences.»

Le ton redescend quand Me Wade rappelle son penchant à toujours dire la vérité quelles qu’en soient les circonstances. L’ambiance des retrouvailles est saine jusqu’à ce que Me Wade se tourne vers Omar Sarr. L’index pointé sur le porte-parole de Rewmi, il dément : «Idrissa Seck ne t’a pas dit ce que tu viens de dire. (Wade se répète). Je peux l’appeler toute de suite. Il ne t’a pas dit de venir écouter ce que je vais dire.» Le ton trahit l’énervement de Me Wade. La salle retient son souffle. Omar Sarr fixe le regard devant lui. Me Wade s’emporte. Les lèvres sèches, il gesticule et poursuit son discours musclé : «Il ne faut pas chercher à jouer au plus malin.» «Est-ce que tu m’entends», crie-t-il sur l’ancien président du Conseil régional de Diourbel. Les mots bien articulés, il balaie d’un regard la salle et précise : «Nous ne sommes pas là pour du chantage et pour partager quoi que ce soit. Si vous trouvez que nous pouvons aller ensemble, qu’on en étudie les modalités.» Il se tourne de nouveau vers le porte-parole de Rewmi et le tance : «Avec mon âge et mon parcours, si tu penses que tu peux me tromper, alors que tu n’es pas encore né, tu te trompes toi-même. Tu nages dans l’erreur si tu es dans cette position.»

Dans cette ambiance électrique devant une assistance médusée, Me Wade convoque l’adage arabe qui dit qu’il vaut mieux avoir des ennemis intelligents que des amis bêtes. (Désignant du doigt Macky Sall, Pape Diop, Abdoulaye Faye et autres). Le Président allie le geste à la parole et passe aux accusations contre Omar Sarr : «Tu es responsable à 90% de la situation actuelle. Tu ne lui (Ndlr : Idrissa Seck) rends pas service. Quand il œuvre pour la paix, tu fais le contraire, tu n’as jamais œuvré dans le sens qu’il veut. C’est la vérité.» Et de demander aux membres de Rewmi d’aller vérifier. «Il suffit que je le veuille pour que Idrissa Seck vienne passer la nuit ici. Mais, tu trouves à faire le contraire de ce qu’il dit ou veut.» Il fixe les responsables qui composent la délégation de Rewmi et leur lance. «Si vous acceptez qu’il (Omar Sarr) vous entraîne là où il veut, il va vous fourrer dans un autre pétrin. Vous vous en rendrez compte. Qu’on cesse ces jeux enfantins. Il faut apprendre la politique.»

LA PLAIDOIRIE DE MAITRE

Toujours dans son défoulement sur Omar Sarr, Me Wade s’emporte. «Tu ne me connais pas parce que tu n’as pas duré dans le parti. Avec moi, il faut jouer franc jeu et parler le langage de la vérité.» Le Président observe une pause et décide de raisonner. «Malgré tout, je laisse cela de côté pour vous dire l’essentiel.» Il cherche ses mots et se répète. L’énervement n’a pas encore cédé la place à la raison. Après quelques secondes, il amorce : «Dieu a tout planifié, c’est nous qui ne maîtrisons rien. (Il hésite et continue). Ma vocation est de réunir tout le monde. Si je décide d’ouvrir le parti, ceux avec qui j’étais dans le parti ne doivent pas être en reste. Un libéral ne peut être à l’aise que dans le Pds. Vous (désignant les membres de Rewmi) êtes dans l’opposition, mais vous ne bénéficiez même pas de leur confiance.» Le discours vire au sermon : «Un égaré doit revenir à la maison de son père. Je suis votre père et je me dois de vous dire la vérité. Vous nagez dans une erreur monumentale.» Et de diluer : «Vous êtes pardonnables parce que vous ne connaissez pas le fond du problème entre Idrissa Seck et moi. Je ne l’ai pas dit et je ne vous le dirai pas, Idrissa Seck non plus. Vous faites du suivisme en scandant son nom, mais Idrissa Seck est intelligent. Il n’est pas fou.» Et Me Wade de plaider la cause du fils qu’il avait banni. «Si vous voulez lui rendre service, mettez-vous derrière lui et faites ce qu’il vous dit. Il ne veut que revenir dans le Pds. Sans conditions. Exécutez ce qu’il vous dit.»

Omar Sarr qui croyait sortir des griffes du Président reçoit encore une claque : «Tu ne peux pas l’avoir au téléphone et tu continues d’envahir les journaux pour raconter des histoires. Je ne sais qui, entre Idy et toi, joue un jeu, mais je doute que ce soit lui.» «Il faut vous poser la question de savoir pourquoi je lance cet appel pour que vous puissiez m’aider en cela. Il ne faut pas me considérer comme votre adversaire, je ne peux pas être votre adversaire. Je suis votre père. Le parti vous est ouvert, revenez dans votre parti. Si vous acceptez de venir, nous discuterons des conditions dans d’autres instances. Entre vous et nous, entre Idrissa Seck et moi», suggère le Président.


Ndiaga NDIAYE
Source: Le Quotidien

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Jeudi 26 Juillet 2007


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