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LE PARQUET DEMANDE LA RELAXE DE L’INFIRMIER : Une nébuleuse histoire de viol sur une mineure

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L’infirmier Sidate Fall a-t-il profité d’une consultation pour violer la fillette K.D. ? Si les avocats de la partie civile demandent la tête du prévenu, le Parquet, estimant qu’il n’y a pas suffisamment de preuves de culpabilité, préfère requérir la relaxe. A la grande joie de la défense qui attend le délibéré de cette histoire assez nébuleuse.

Sidate Fall, infirmier chef de poste de santé au « daara » de Malika, répondait avant-hier du délit de viol sur mineure. L’histoire est partie d’une consultation dans la journée du 9 juin dernier, au cours de laquelle l’infirmer aurait introduit son doigt dans les parties intimes de la petite K.D., âgée de treize ans et pensionnaire du « daara ». Ce geste aurait provoqué la déchirure de l’hymen de la fille attestée par un certificat médical. Interpellé par la Gendarmerie, Sidate Fall nie les faits en reconnaissant cependant avoir reçu en consultation la plaignante en l’absence de ses parents. A la fin de l’enquête préliminaire, il est déféré au parquet. A la barre du tribunal, le prévenu a encore nié les faits pour servir sa version. « Je conteste formellement les faits », répond-il avant de dénoncer « une cabale montée de toute pièce par le directeur de l’Académie du « daara » de Malika qui est, par ailleurs, le grand père de la plaignante ».

Le prévenu indique à l’attention du tribunal que lui et le directeur ne sont pas en de bons termes. D’ailleurs, souligne Sidate Fall, c’est seulement trois jours après les faits que les gendarmes sont allés le cueillir en plein travail. « Lorsqu’ils m’ont lu l’accusation, j’étais pris de court, stupéfait, car je ne m’attendais pas à pareille accusation », fait-il savoir. Il soutient aussi avoir ausculté l’enfant entre 10 et 10 heures 15 minutes et non à 13 heures, comme indiqué dans le procès verbal d’accusation. K.D., qui était présente à l’audience, a maintenu ses accusations, mais a reconnu n’avoir pas saigné. Dans leurs plaidoiries, les avocats de la partie civile ont essayé d’asseoir la thèse de l’accusation. « Je suis stupéfait par les changements de propos du prévenu à chaque audience », dit l’un des conseils. A ses yeux, l’infirmier a bel et bien introduit son doigt dans le sexe de K.D. « J’ai la conviction que les faits tels que rapportés par l’enfant correspondent à l’exacte vérité », assène-t-il, en soulignant la constance de la plaignante dans ses déclarations à toutes les étapes de la procédure. Me Sow, le deuxième conseil de la partie civile, a essayé de peindre le prévenu sous les traits d’un monstre qui abuse de manière éhontée de ses patientes qui sont de surcroît des mineures. « Des individus comme Sidate Fall méritent qu’on leur coupe la tête », tranche-t-il. Pour cette raison, il demande au tribunal de condamner le prévenu à une peine ferme de prison et d’allouer aux parents de la plaignante la somme de trois millions de francs Cfa, de fixer la contrainte par corps au maximum et d’ordonner l’exécution provisoire.

Le procureur de la République, dans son réquisitoire, a souligné que l’affaire est loin d’être évidente. « C’est une déclaration contre une autre déclaration. Telle est la justice humaine », dit-il. Mais, dans ce procès, fait-il savoir, aucun élément de preuve n’est venu corroborer les propos de la plaignante. Or, dans le procès pénal, pour asseoir une accusation, il faut des preuves. Ce qui n’est pas le cas en l’espèce. « Le procès verbal de l’enquête ne nous édifie pas sur la véracité des faits, ajoute le représentant du Parquet ». L’accusation est rédigée au conditionnel. Au regard de tous ces éléments, le ministère public a estimé que « dans ce dossier, il plane un doute qui doit profiter au prévenu ». Raison pour laquelle il a demandé la relaxe pure et simple. S’engouffrant dans la brèche ouverte par le ministère public, les avocats de la défense ont souligné la légèreté de l’accusation. Dans ce dossier, dit l’un d’eux, les conditions de la culpabilité de leur client ne sont pas établies et les preuves de sa faute ne sont pas non plus rapportées. S’adressant à son confrère de la partie civile, il déclare : « voilà quelqu’un qui, au lieu d’apporter la preuve des faits qui sont reprochés à mon client, se substitue au tribunal en se transformant en un juge expiatoire puisqu’il préconise que l’on coupe la tête du prévenu ». Une telle défense peut s’expliquer par l’absence d’éléments de culpabilité, poursuit le conseil de l’accusé. Devant cette impossibilité d’apporter la preuve du viol de K.D., ils ont demandé la relaxe de leur client.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict sera connu le 13 septembre.


MAMADOU GUEYE
Source: Le Soleil

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Jeudi 13 Septembre 2007

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