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LE JOURNALISME EN TEMPS DE GUERRE: Un métier à risques

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25 journalistes appartenant à différents organes de presse sénégalaise viennent de bénéficier d’une formation tactique et technique dans la région de Kédougou. Du 13 au 19 juin, les journalistes en collaboration avec la direction de l’information des relations publiques des armées (DIRPA) ont bravé un certain nombre de pièges liés à l’exercice de leur profession en cas de conflits.



LE JOURNALISME EN TEMPS DE GUERRE: Un métier à risques
Après les promotions de Thiès et Kaolack, c’était au tour de la cité collinaire d’abriter la troisième session de formation des journalistes. Dès le mercredi dernier 13 aux environs de 11h, débarquait le Fokker de l’armée de l’air à l’aérodrome de la vieille ville qui est à 5 km environ de la ville. Direction le camp militaire Fodé Bâ, futur parrain de la promotion. A un kilomètre de l’aérodrome seulement, le cargo militaire faisait semblant de faillir à sa mission."Descendez la voiture est en panne" disait l’adjudant-chef Dame Guèye. Aussitôt dit, aussitôt fait. Le groupe de 25 journalistes dont 6 demoiselles devaient maintenant rallier à pied le camp situé à quelques 4km des lieux. C’était le début du commencement comme on a l’habitude de le dire.

Les professionnels de l’information baignaient tous dans leur sueur malgré le climat un peu clément en cette saison de pluie dans cette partie ouest du pays. Une fois au camp le petit petit-déjeuner les attendait.Chacun avait droit à une gamelle appelée"quart" dans le jargon militaire."Vous avez 5 minutes pour les laver et prendre votre petit-déjeuner" criaient presque tous les membres de l’encadrement qu’ils soient capitaines, lieutenants, adjudant-chef sergents-chefs,sergents et caporaux qui avaient la lourde tâche de "massacrer les journalistes" comme ils le disaient. Deux morceaux de pain et quelques gorgées de lait et un autre ordre nous interdisant de ne plus prendre une seule goutte de lait ou un seul morceau de pain.

A cet instant nous attendaient le capitaine médecin et le major pour une visite médicale. Seuls 4 confrères devaient être ménagés à cause de quelques anomalies mais cela ne les empêchait pas de faire les exercices physiques et théoriques. Alors les choses sérieuses commencent."Bonjour les dégâts et les problèmes" disait le sergent Mouhamadou Moustapha Ndiaye alias "Praia". Les militaires voulaient bouffer du journaliste Après avoir enfilé les magnifiques uniformes de notre armée sénégalaise, nul ne pouvait douter un seul instant que ces messieurs n’étaient pas de vrais soldats. De la marche du canard à l’endurance en passant par des cours qui portaient sur le règlement de discipline générale des militaires, le règlement de service des armées (RSA) ,aux grades et appellations et les actes élémentaires réflexes surtout en zone d’insécurité etc. Bref, la première journée n’était pas de tout repos pour tous les confrères.

La manière de saluer dans l’armée a été aussi parmi les quelques éléments à avoir été enseignés par les professionnels de l’information. C’est vers les coups de 22h que les journalistes ont été lâchés sans pour autant prendre leur bain."La première journée a été difficile car on devait vous faire oublier vos vieilles habitudes," martelait le capitaine Mouhamadou Abdoulaye Sylla commandant de la onzième compagnie des fusiliers et voltigeurs de Kédougou. Avant de quitter le Cercle-mess sur instruction du capitaine Sylla, les caporaux Cheikh Diène et Mbaye Kâ ont recommandé aux journalistes de se raser la tête. Cinq heures du matin sonnait le réveil habituel des hommes de l’information.

Un véritable parcours du combattant

Le jeudi, tôt le matin tous les membres de l’encadrement et même le colonel commandant de la zone militaire numéro 4(comzone) ont accompagné les journalistes dans une endurance pour une distance de 5 km au lieu de 8 km parce que peut-être tenant compte des ordres du colonel indulgent. Cette journée du jeudi dernier a été aussi chargée. Et après avoir sillonné les grandes artères de la ville en scandant des chansons, les confrères ont beaucoup appris des militaires.

Un grand cours sur les actes élémentaires réflexes et une institution sur le tir (IST) a été livré aux confrères. S’orienter, se camoufler, progresser, apprécier une distance, se protéger, observer, communiquer rendre compte, désigner un objectif et surtout se déplacer en zone d’insécurité pour les journalistes militaires ont permis aux futurs élèves stagiaires sous-officiers de connaître les rudiments de notre armée. L’international sénégalais Salif Diao en vacance dans son terroir, était venu se solidariser à la presse et leur a accordé une interview d’une trentaine de minutes. Le sociétaire de Stock City en division 2 anglaise bien habillé en commando a suivi et appliqué les roulades qu’ordonnaient les caporaux. Les cours du jeudi ont été bouclés par un grand entraînement de défilé avant que les stagiaires ne reçoivent l’ordre de faire l’extinction des feux dès 22 heures.

Après une journée bien pleine force est de reconnaître qu’il nous est facile d’être dans les bras de Morphée dès notre tête touche le lit. C’est minuit et demi que tous les membres de l’encadrement ont surpris les journalistes avec des coups de feu jusque dans les chambres ."Bandes de minables dormez et vous refusez ,levez-vous et portez vos tenues de sport" martelaient les encadreurs et d’ajouter"mettez -vous dans les rangs et courez". Il fallait être là pour voir les grandes enjambées des confrères. Certains étaient plus rapides que Amy Mbacké Thiam."A terre et couchez-vous" criaient-ils. Les coups de fusil continuaient à retentir et les stagiaires recevaient un grand bain. Toute l’eau que contenaient les grosses marmites a été versée sur tout le corps des dociles confrères.

C’est à ce moment la promotion devait être baptisée sous le nom de Fodé Bâ parrain d’ailleurs aussi de la onzième CFV de Kédougou. C’est le vendredi dernier que les journalistes élèves sous-officiers ont vu la couleur ou le drapeau suivi d’un grand défilé avant qu’ils n’aillent au champ de tir pour s’exercer. Une autre séance de tir a été faite et faites attention si un des séminaristes a un fusil pointé devant vous car ils ont réussi des coups de 100 mètres. Le centre d’entraînement tactique numéro 4 de Patassy, situé à 22 km de Kédougou a été visité par les stagiaires avant de faire une excursion à la cascade de Dindéfello pour décompresser.

La journée du dimanche avait démarré par un cours de corps à corps appelé CAC par le sergent "Praia" très apprécié par les stagiaires. Les journalistes ont eu aussi un aperçu sur l’organisation de la défense au Sénégal,sur la composition de l’état major général des armées et surtout sur le groupement tactique inter-arme que leur a livré le capitaine Mouhamadou Abdoulaye Sylla de la place d’arme de Kédougou. Les devoirs et responsabilités des militaires composés des devoirs et responsabilités des chefs et subordonnés, un important cours livré aussi par le sergent chef Joseph Ndiaye a permis aux élèves de connaître qui est qui et qui fait quoi dans l’armée.

Pour boucler la boucle les élèves stagiaires ont reçu leur attestation le lundi dernier devant toutes les autorités du département."Je suis vraiment satisfait de la troisième promotion Fodé Bâ qui a bien voulu répondre à notre appel pour mieux connaître l’armée sénégalaise" a indiqué le capitaine Mouhamadou Moustapha Sylla, chef du bureau de la direction de l’information des relations publiques des armées. Et d’ajouter"Je pense que ce que vous avez appris va vous servir un jour quand vous serez dans une zone d’insécurité," fulminait-il. Une grande soirée folklorique animée par les Bassari a été organisé à l’endroit des journalistes pour leur permettre d’avoir une idée sur les ethnies minoritaires.

Elève sous-officier Mamadou Cheikh Fall
Source: Sud Quotidien

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Mercredi 20 Juin 2007

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