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LA RÉGIONALE - ROSSO-SÉNÉGAL : UNE COMMUNE À L’ÉTROIT DANS SES TERRES

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LA RÉGIONALE - ROSSO-SÉNÉGAL : UNE COMMUNE À L’ÉTROIT DANS SES TERRES
C’est un véritable cri du cœur que le maire Oumar Sory Diop a lancé pour sa commune, qui aurait dû avoir un aspect plus attrayant, à cause de sa position de vitrine du Sénégal. Selon lui, les 500 ha de terres, situées à l’Ouest de la commune et qui appartiennent à la Css, doivent être réaffectées à sa circonscription, afin d’offrir un champ d’activités agricoles à ses « citoyens », d’autant plus que la Css ne les a jamais mises en valeur .

Porte d’accès au Maghreb...

Porte d’accès au Maghreb, à l’Europe et à l’hinterland africain, la ville de Rosso -Sénégal traverse mal sa crise de croissance. Erigée en commune en février 2002, la bourgade a du mal à se départir de son allure de commune rurale, dont les populations s’adonnent principalement à l’agriculture, au petit commerce, à la pêche et...à la fraude. Comme toutes les cités frontalières, la ville connaît le petit banditisme, la drogue et la prostitution.

La vie dans la petite ville de Rosso-Sénégal posée sur la rive du fleuve du même nom est essentiellement rythmée par le commerce et dans une moindre mesure, l’artisanat. La minuscule voie bitumée qui la traverse de long en large sert de parking aux camions lourdement chargés de matériels et qui attendent leur tour pour traverser la frontière à bord de l’unique bac qui relie les deux cités et entrer à Rosso-Mauritanie, qui est située juste en face, à un jet de pierre. Rosso-Sénégal, vendredi après-midi. Le bac assurant la liaison entre les deux Rosso fonctionne à plein régime. A chaque fois, il débarque à l’embarcadère une foule composite de passagers entre lesquels émergent de nombreuses commerçantes lourdement lestées et des citoyens mauritaniens, habillés de grand boubou aux coloris subtils et délicats. Car, les rapports de bon voisinage font que de nombreux voisins passent volontiers le week-end à Rosso-Sénégal, s’ils ne poussent pas une pointe jusqu’à Richard-Toll ou Saint-Louis. Leurs équipées se font à bord de voitures haut de gamme et rutilantes, qui, à elles seules, parlent mieux que mille discours. Ils donnent un autre visage enturbanné à la ville qui n’a que très peu de reliefs.

Dès les premières heures de la nuit, des signes avant-coureurs renseignent sur la température qu’il fera, car déjà, les premiers disciples de Bacchus, passablement éméchés refluent des deux bars de la ville qui fonctionnent à feu continu. Pour le repos des guerriers quelques belles rôdent, invariablement en Jeans ou sari multi-colles moulants et serrés. Trop même.

Nécessité d’un « plan Marshall » pour la commune rurale

Sous un autre abord, la ville de Rosso est renommée pour le passage de la fraude de marchandises et de la drogue. Il parait qu’à ce niveau, en dehors de la trentaine de points de passages répertoriés, le trafic est, le plus souvent, le fait de personnes qui présentent un aspect extérieur bien, sous toutes les coutures. Vu ce caractère sensible, la lutte se trouve corsée. Ainsi donc, ce sont de petites quantités qui sont saisies sur des seconds couteaux. Visiblement, la petite ville a besoin de moyens financiers et matériels exceptionnels pour pouvoir justifier de son statut de commune frontalière du Sénégal. C’est plutôt l’aspect d’un village qu’elle donne, souffrant de l’insalubrité et du ravinement, inéquitablement réparti de part et d’autre de sa seule voie bitumée , qui ressemble à une épine dorsale.

La configuration du terrain donne des lézardes aux rues et ruelles, accentuant son caractère villageois. Pourtant, selon nos interlocuteurs, l’équipe municipale, en l’espace de 5 ans, a eu à faire beaucoup de réalisations à caractère hautement social et économique. Il est vrai que l’équipe municipale a en boîte de nombreux projets « mais, la ville a besoin d’un sérieux coup de main de l’Etat, afin de nous permettre de remplir notre ambition de ville lumières aux portes du Sénégal », a souligné M. Diop, le 2e adjoint au maire de Rosso -Sénégal.

« Nous avons déjà fait d’innombrables efforts en matière de lotissement, d’électrification, d’adduction en eau potable... »

La marque toujours présente de l’histoire

Rosso-Sénégal a du mal de se départir de son passé. Une petite évocation met en lumière que le royaume du Walo s’établissait de part et d’autre de la Vallée du fleuve Sénégal. Entre Diourbel (Rim), capitale d’intronisation du Brack et Thiagar (lieu de repos) se trouvait une large bande de terre touffue et peuplée de bêtes sauvages, principalement des lions. D’où le nom de « Dal Gaïndé » (territoire de lion) donné à ce lieu qui allait devenir Rosso.

Avec la fin de la traite négrière, principale activité le long du fleuve, en plus du commerce de la gomme arabique et du sel, le gouverneur Smalt signa en 1819 le traité de « Ndiaw » qui consacre la cession d’une partie des terres du Walo pour implanter des établissements agricoles en substitution à l’importation de l’indigo et du coton en provenance de l’Inde et de l’Europe.

L’importance stratégique de la zone fait qu’après le voyage de Faidherbe en 1854, un comptoir commercial fut installé pour faciliter le commerce de la gomme arabique et du sel provenant des Maures de la rive droite.

Situé en hauteur sur la partie non habitée de la berge gauche, l’actuelle zone d’emprise de Rosso fut choisie pour abriter « Balakosse », l’escale de transit des bateaux.

Un chasseur du nom de Birahim Fall fut le premier à habiter dans cette zone vierge et hostile pour sécuriser les marchandises des traitants européens en transit dans l’escale « Balakosse ».

Ce fut le nommé Monsieur Rose qui a été à l’origine de son départ de « Breun », village situé à 6 km de la rive droite du fleuve Sénégal pour la zone de Rosso. Selon la tradition orale, « Rosso » serait une déformation linguistique du nom de Rose.

En guise de rétribution, il demanda des terres. Il fut rejoint peu à peu par ses parents de Thiagar. C’est ainsi que naquit le village qui allait devenir Rosso avec cinq grandes concessions, dans le quartier traditionnel de « Cité niakh », essentiellement peuplé de ouolof.

En 1950, la ville de Rosso-Mauritanie connut une grande inondation. Ce qui entraîna un déplacement massif des populations vers la rive de Rosso-Sénégal, qui était le plus en hauteur.

La ville de Rosso-Sénégal connut, en 1965 à son tour, une inondation qui occasionna des dégâts matériels importants ; mais sans grandes conséquences sur le peuplement.

Afin de sécuriser les habitations et les populations, une digue de protection fut érigée en 1966 par les services des Travaux publics.

Après l’indépendance de la Mauritanie, un bac fut mis en service pour faciliter la traversée du fleuve et par-delà, la circulation entre les deux Etats.

Afin de permettre la circulation des marchandises mauritaniennes qui transitaient par le port de Dakar, la Route nationale 2 fut construite en 1964. La circulation du bac et la construction de la route firent de Rosso un point de convergences.

Le premier plan de lotissement de Rosso-Sénégal fut réalisé en 1966. Les quartiers de Santhiaba 1, 2, 3 et 4 furent créés. Les premières habitations virent le jour en 1967.

Des populations d’agriculteurs

Le village de Rosso se trouve sur des terres fertiles. Les populations pratiquent principalement l’agriculture, l’élevage et la pêche.

Avec l’avènement de la route et le développement des transports, d’autres activités économiques comme le commerce, les prestations de services voient le jour.

Mais la date d’expansion des activités économiques à Rosso fut sans conteste l’année 1973, avec la naissance de « l’ouguiya » (unité monétaire de Mauritanie).

La nouvelle monnaie fonctionnant selon le principe du « change flottant » rend les marchandises mauritaniennes plus accessibles. La destination de Rosso est de plus en plus prisée par les commerçants et les cambistes.

En 1984, avec l’électrification de Rosso-Sénégal, de nouvelles activités apparaissent, surtout dans le domaine de l’artisanat de production et de service.

Les relations de bon voisinage entre le Sénégal et la Mauritanie, qui regroupent de part et d’autre du fleuve les mêmes peuples, se traduisent, entre autres, par une vivacité des activités et le déplacement massif et quotidien des populations.

Mais en 1989, le conflit éclate entre les deux pays entraînant un retour massif des populations. Aussi bien du côté mauritanien que sénégalais. Un nombre impressionnant de populations regagne Rosso-Sénégal. Mais la plupart ne faisaient qu’un bref transit pour regagner l’intérieur du pays, du fait de l’exacerbation de la tension et des risques d’intervention militaire.

C’est seulement en 1992 que les relations entre les deux pays sont rétablies, entraînant ainsi un retour massif des populations.

Situation administrative

La commune de Rosso-Sénégal est créée par le décret n°171-2002 du 21 février 2002. Elle est située au Nord du pays, dans la région de Saint-Louis, département de Dagana et couvre une superficie de 68 ha en zone urbaine.

La situation de la commune lui confère une position géopolitique d’une grande importance dans les relations avec la République islamique de Mauritanie. En effet, les communes de Rosso-Sénégal et de Rosso-Mauritanie sont séparées par la partie la plus réduite du fleuve Sénégal.

Sur le plan économique, Rosso est fortement affectée par la proximité avec Rosso-Mauritanie. Toute mesure de politique économique ou monétaire prise par le gouvernement mauritanien se répercute sur les activités économiques de la population de Rosso-Sénégal.

OUMAR SORY DIOP, MAIRE DE ROSSO-SENEGAL

« L’Etat doit aider la Croix Rouge à mieux faire face au phénomène »

Le maire de Rosso-Sénégal, se prononçant sur le rapatriement des voyageurs irréguliers en Espagne, a indiqué que l’Etat devrait mettre plus de moyens à la disposition de la cellule d’accueil à la frontière, qui est parfois submergée, à cause de sa faible capacité en accueil et hébergement. « La structure est plongée au cœur d’un drame humain et le personnel fait d’énormes efforts pour contenir les rapatriés, les accueillir, les prendre en charge aussi », a dit M. Diop.

L’édile de Rosso-Sénégal plaide pour un plan d’urgence qui est le seul capable de donner à sa cité le lustre qu’elle mérite.

Etant le premier établissement humain sur la route de Dakar, en venant de la Mauritanie, la cité, pour lui, doit pleinement justifier son statut de commune frontalière. Pour M. Diop, la ville, qui a été érigée en commune en février 2002, a certes connu une évolution. Mais, pour lui, seul l’Etat peut aider le conseil municipal à hausser le standing de cette ville frontalière.

« Depuis notre entrée en fonction, nous avons eu de nombreuses réalisations à notre actif. Mais, il reste encore beaucoup à faire et cela nécessite des investissements lourds, que seul l’Etat peut nous apporter. Le premier problème pour nous, c’est la restructuration de la ville qui est construite dans une cuvette.

Son encaissement fait vivre le calvaire aux populations pendant la saison des pluies.

La deuxième priorité est l’assainissement. Nous avons à disposition, des charrettes chargées de la collecte des ordures ménagères. « Avec sa taille de ville d’environ 20.000 habitants , vous conviendrez qu’il est assez difficile de ramener la salubrité à un niveau acceptable », a noté M. Diop, qui a signalé par ailleurs que le conseil municipal a beaucoup contribué à la démocratisation de l’enseignement, en portant le nombre des écoles élémentaires de une à quatre, en plus d’un Cem.

« Nous voulons aussi que la distribution d’eau potable touche les huit quartiers de la ville, tout comme l’éclairage public. Nous voulons aussi offrir à nos citoyens, des rues stables et carrossables ».

« L’autre doléance qui nous tient à cœur, c’est la désaffection des 500 ha de la Css qui bordent la commune et enserrent les réserves foncières municipales. L’immatriculation des ces terres à la commune nous donnera plus de profondeur et permettra aux populations qui sont restées foncièrement des agriculteurs de trouver des zones d’exploitations, qui vont contribuer à l’essor économique et social de notre commune », a souligné M. Oumar Sory Diop.

« Le visiteur doit être charmé par notre ville qui a un beau cadre. Il ne reste que les investissements d’accompagnement pour lui faire jouer pleinement son rôle premier ».

Pour lui, certains d’entre eux décident de rester à Rosso -Sénégal et s’adonnent à des petits travaux. « La population se fait le devoir de leur venir en aide, chaque fois que de besoin ». « Nous pensons que les capacités du centre doivent être multipliées, ce qui mettra tout le monde à l’aise », a encore signalé le premier magistrat de Rosso-Sénégal. N’empêche que les citoyens de sa ville compatissent et assistent ceux qui s’adressent à eux, dans la pure tradition du Walo.

KHAYAR BA, RESPONSABLE DE LA CELLULE DE LA CROIX ROUGE : « Nous avons accueilli 3.875 expulsés en un an »

La ville frontalière de Rosso est le cimetière du rêve des immigrés clandestins qui sont expulsés d’Espagne, du Maroc, d’Algérie et de Mauritanie. C’est là que nombre d’entre eux ont pris la ferme résolution de retourner au bercail. Les autres font dans les petits emplois, histoire de se refaire de quoi repartir à l’aventure ; par saut de puce. Les autres enfin ne rêvent que de rentrer chez eux, histoire de serrer leurs proches dans leurs bras, se refaire une santé physique, après la cascade de déboires et repartir du bon...pied. En terme clair, seulement après l’obtention d’un visa, en bonne et due forme ....

Rosso-Sénégal. Il est 16h. Malgré l’ambiance carnavalesque que l’approche de la Tabaski et les fêtes de fin d’année donne à la ville, le camp de transit de la Croix-rouge est calme. Pour l’instant, il n’y a personne sous les tentes immaculées, frappées de l’emblème du Cicr.

Dans une petite pièce surplombant la rive du fleuve Sénégal, qui s’étire paresseusement, quelques personnes prennent le thé et devisent tranquillement. Au cours de leur conversation, l’on peut se faire une idée, à leur accent. Certains d’entre eux ont le regard dans le vague. D’autres sont recroquevillés, emmitouflés dans des couvertures de laine. Ces jeunes font partie du dernier convoi de refoulés d’Espagne, arrivé le 28 novembre, par Rosso-Mauritanie, par les soins du Croissant -rouge.

Khayar Bak est secouriste à la frontière pour le compte de la Croix-rouge sénégalaise. C’est le responsable de la cellule de Rosso-Sénégal qui s’occupe « de nos frères et compatriotes voyageurs irréguliers, qui tentaient leur chance, pour regagner l’autre rive du côté européen. Dieu a décidé qu’ils ne réussissent pas dans leur entreprise désespérée et ils ont été refoulés par la voie terrestre. Nous sommes sur place depuis le 26 novembre 2006, au plus fort du phénomène. De ce jour à la dernière réception, qui est intervenue le 28 novembre 2007, nous avons reçu 3.785 personnes. Du point de vue assistance en repas, nous en avons distribué 3.250 déjeuners, 588 plats, le même nombre en petit-déjeuners. Nous avons assuré le transport de 2.171 personnes sur Dakar », a signalé M. Bak. Selon lui, les refoulés par la voie terrestre continuent d’arriver, mais, à une cadence moins soutenue. C’est durant cette semaine-ci que nous avons connu une baisse significative du nombre des refoulés. Cela est attribué aux conditions de navigation qui sont extrêmement pénibles et risquées dans cette période de l’année. Il paraît que les morsures du froid sont plus cruelles, les conditions de navigabilité désastreuses, les vagues plus hautes et destructrices. C’est peut-être la raison pour laquelle, le trafic perd de son amplitude. Seulement, je dois vous dire qu’il nous a été signalé l’arrivée prochaine d’un convoi qui s’est formé à Nouadhibou (République de Mauritanie) », a noté M. Bak, selon qui, les derniers arrivants proviennent du Sud du Sénégal et des pays limitrophes. Ce sont essentiellement des passagers venant de Kolda, Vélingara et Tambacounda. Je précise que les Sénégalais constituent 85 % du nombre de personnes que nous avons reçu. Pour les ressortissants étrangers, nous les conduisons jusqu’à leurs représentants consulaires ou diplomatiques qui les prennent en charge. Ceci dit, nous avons reçu souvent des ressortissants d’autres pays africains. Mais, le gros des contingents sont des Sénégalais ». A Rosso, il est noté une forte présence de ressortissants de pays anglophones d’Afrique. Ceux-là ne sont pas arrivés en même temps que les refoulés.

« Ce sont des gens qui font de petits travaux, histoire de se faire de l’argent et poursuivre leur chemin. Le plus grand nombre sont des Ghanéens qui sont des migrants devant l’Eternel. Ces derniers s’investissent dans les petits travaux, afin de se faire des économies et poursuivre le trajet qu’ils ont choisi dès le départ. Ces derniers voyagent aussi par sauts de puce ».

SAMBA BALDE : « Mon seul désir, c’est de rentrer chez moi »

Bathie Baldé revient de loin. Au récit de sa mésaventure, il ne peut s’empêcher d’avoir des frissons rétroactifs. Un tic nerveux court sur le côté gauche de son visage qui est terminé par une sorte de proéminence, accentuée par des « dents de lapin ». « Je suis originaire de la région de Kolda, plus précisément du village de Saré Diallo. Je me dois à la vérité de dire que l’immigration clandestine ne figurait pas originellement au nombre de mes projets immédiats. Je me trouvais en Mauritanie où l’on m’avait parlé d’un Sénégalais qui était chef de chantier à Nouadhibou. Je m’y rendis et, il me recruta dans ses équipes. Au moment de la paie, je reçus 1.250.000 francs qui m’ont servi à financer le voyage vers l’Espagne. Nous atteignîmes les eaux territoriales de ce royaume et c’est là que nous avons été arraisonnés. Nous avons été transférés dans un camp espagnol où nous nous remîmes des fatigues du voyage. Après six jours dans ce camp, notre contingent a été refoulé sur Nouadhibou puis acheminé ici à Rosso -Sénégal. Je me dois de dire également que ce qui nous a le plus éprouvés, ce sont les conditions du voyage. Mais, nous avons été traités avec considération dans tous les camps où nous avons été internés. Je remercie particulièrement les secouristes de la Croix-Rouge sénégalaise qui sont aux petits soins pour nous », a laissé tomber Samba Baldé, qui a ajouté que son seul désir est de « retourner chez lui ». « Là, je me remettrai au travail. Je précise que ce n’est que partie remise ; car, je suis toujours tenté par l’immigration.

Source: le Soleil

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Vendredi 14 Décembre 2007

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