Référence multimedia du sénégal
.
Google

LA KAABA VINGT ANS APRES : Voyage au cœur des sanctuaires

Article Lu 1930 fois


Vingt ans après son premier et unique pèlerinage aux lieux saints de l’Islam, notre collaborateur Amadou Gaye , le temps d’une Oumrah, a redécouvert et visité les sanctuaires bénis de l’Islam . Aussi bien à Makkah qu’à Médina, il a redécouvert des lieux de culte complètement transformés.

Il nous conte son voyage entre Makkah et Médine , explique les bienfaits de la Oumrah (petit pèlerinage) mais aussi les efforts incommensurables déployés par l gardien des deux Saintes Mosquées . Pour cette année plus dix milliards de rials ont été fournis par le Roi Abdulah pour les travaux d’extension des deux Saintes Mosquées de Makkah et Médine

La Kaaba, dans sa légendaire majesté et toujours revêtue de sa robe d’un noir de jais bordée de fil doré, se dresse dans l’immense cour de la mosquée de DIEU, lieu mythique et boussole vers lequel, cinq fois par jour, se tourne, dans leurs prières quotidiennes, le milliard de musulmans qui peuple le monde.

Vingt ans après mon premier et unique pèlerinage, c’est avec beaucoup d émotion que j’ai foulé, le temps d’une Oumrah (petit pèlerinage), le sol béni et tout de marbre de ce lieu sacré qu’est la Makkah et revisité, avec un infini bonheur, la Mosquée où repose le Prophète Muhamed Ibn Ad Allah (paix et bénédictions de Dieu sur lui.)

La fascinante beauté des lieux n’a pas enregistré de rides même si les travaux d’agrandissement ont littéralement transfiguré certains sites jusqu’à l’intérieur de la Mosquée.

Pour cette année, le Roi Abdullah depuis deux ans au trône, a alloué la rondelette somme de dix milliards de rials pour les nouveaux projets d’extension de la grande mosquée et autres lieux de culte.

Ces travaux concernent, entre autres, l’agrandissement de la Mosquée de Makkah et la construction du pont Ajyad.(Voir encadré).

Il y a vingt ans, en sortant de la Kaaba, on se dirigeait directement vers l’emplacement où se trouve « zam zam » aujourd’hui logé dans l’immense sous sol de la Mosquée. L’emplacement souterrain pouvant abriter de nos jours des milliers de pèlerins n’était à l’époque qu’ un réduit avec deux à trois robinets.

Il est devenu en ce mois de septembre, temps de canicule, l’endroit le plus sollicité .On s’y abreuve à satiété et en plus son sol de marbre permet de s’adonner en toute tranquillité aux prières quotidiennes sans courir le risque d’être bousculé . Les innovations à l’actif des autorités sont tout simplement innombrables . L’emplacement abritant la sainte Kaaba est devenu il est vrai plus réduit, coincé qu’il est entre la Mosquée sacrée et les magasins genre souks . On en arrive à se demander si l option faite de construire tout autour de la Sainte Kaabah est la bonne. Et s’ il n’était pas plus judicieux d’indemniser tout ce petit monde et de maintenir la sacralité de l’endroit. Certes, il est vrai que les souks bordant la « Kaaba » offrent aux pèlerins la possibilité de se payer des souvenirs tout en restant quasiment dans l’ enceinte sacrée et d’y replonger au besoin.

L’un des inconvénients c’est aussi la circulation dense des moyens de locomotion comme les taxis dans l’enceinte même de la Kaaba dont le sous-sol est traversé par une route au trafic dense

En ce temps de Ramadan( coïncidant avec la dernière décade de ce mois béni) l’affluence des non nantis dans la cour de la Kaaba est tout simplement impressionnante . Assis a même le sol sur des tapis persans étalés sur la devanture de la Kaaba, ils sont des centaines à attendre leur « ndogou » gratuit que des âmes généreuses en ce mois béni mettent gracieusement à la disposition de tous .Une façon de traduire en actes la solidarité islamique et cette recommandation tirée des saintes écritures louant les bienfaits qu’un musulman peut tirer du don de nourritures offertes si minime soit-elle pour celui qui observe le jeun. La période de la Oumrah coïncide aussi avec la période choisie pour s’acquitter de la « zakat », cet impôt obligatoire destiné aux plus démunis et qui contribue à équilibrer les rapports au sein de la communauté des croyants. Comme me le confiait un haut fonctionnaire dans une banque islamique de Djedah, chacun s’évertue en cette période du Ramadan à donner. Lui-même s’adonne en toute humilité a cette pratique en assurant chaque jour le « ndogou » à la petite mosquée située à quelques mètres de sa demeure. Au grand bonheur des pauvres qui élisent parfois demeure aux alentours des mosquées où les victuailles (lait, dattes, pains, viande) sont distribuées à profusion.

Même sur les grandes artères comme sur l’autoroute menant de Djedah à Médine, soit une distance de prés de 4oo kilomètres, reliée parfois en moins de quatre heures par des conducteurs (fous) ce sont des files de distributeurs de « zakat » qui, vers les coups de dix neuf heures, s’y donnent rendez vous avec leurs paquets . Il suffit de baisser les vitrines de sa voitures pour être servi. Dés la sortie de la grandes agglomération de Médine devenue une véritable mégalopole, les taximen roulent à tombeaux ouverts. Dans une ambiance bon enfant et dans un décor féerique fait de points lumineux synonymes de bourgades , de pierres taillées et de collines immenses surplombant l’autoroute .

Mon compatriote m’avait pourtant prévenu et même recommandé pour le départ de Médine de prendre les cars climatisés et roulant moins vite . Mais à l’arrivée, ce fut somme toute une expérience exaltante contrastant avec le voyage aller où j’ai pris les cars .

De nuit, le spectacle est fort différent . La seule escale eut lieu dans enceinte dune mosquée où l’on effectue deux raakas avant de prendre d’assaut le restaurant pour le repas de l’aube. Sandwiches, poulets grillés à la manière américaine : chiken fried ; thé au lipton ou café vite avalé et nous reprenons la route menant sur la ville du Prophète Mohamed. que nous atteindrons à bord de cars avec un groupe de la banque islamique de développement (BID) au petit matin,après cinq heures de route

Dépaysement total

Là aussi mon dépaysement vingt ans après premier séjour en ce lieu sacré est total . Les hôtels genre « Sheraton » sortis de terre forment une sorte de ceinture autour de la Mosquée de rêve où reposent Seydou Mohamed Muhamad Ibn Abd Allah de son vrai nom (paix et bénédictions de Dieu sur lui) et ses illustres compagnons Omar et Aboubacr .

Juste le temps de déposer son baluchon et parfois de se laver et cap sur la Sainte Mosquée où une seule prière équivaut à mille autres partout ailleurs sauf à la Kaaba.

C’est d’abord l’immensité de l’enceinte qui frappe par rapport à ce qu’il était jadis. Il y a aussi ces sanitaires fort luxueux et fort pratiques implantés dans les quatre points cardinaux et où les pèlerins peuvent non seulement faire leurs petites ablutions mais à la limite se baigner

Ces toilettes de forme ovale contrastent avec l’architecture des lieux surplombés par des colonnes dorées qui se dressent tout autour.

Le soir, la Mosquée ou reposent l’illustre Prophète et ses compagnons scintille de mille feux.

L’émotion forte grandit au fur et à mesure que l’on s’approche de ce lieu sublime objet de rêve. C’est les yeux embués de larmes que je foule pour la troisième fois le sol de ce lieu béni. Mon compatriote qui en est à son premier séjour est inconsolable. Il se dit comblé de bonheur en foulant le sol de ce lieu historique où le Messager d’Allah envoya des expéditions, dirigea des batailles et fut victorieux dans la plupart d’entre elles . Là résidaient les Ansars, musulmans médinois rejoints plus tard les Muharijins, musulmans ayant quitté la Mecque pour s’installer à Médine.

De cette ville, lui furent révélés divers versets du Saint Coran traitant de questions pointilleuses de la législation islamique, des détails des jugements légaux, des divers types de lois civiles, pénales, militaires mais aussi des droits individuels ainsi que diverses œuvres culturelles . Autant de faits qui font de la visite de Médine une visite singulière dans le cœur des croyants . Plus est, cette visite me révélera mon guide, fait partie de la Sunna .

Il y a qu’aussi et surtout comme l’ont rapporté beaucoup de hadiths notamment d’Al Boukhari et Mouslim, le Prophète lui-même a dit : « Une seule prière dans ma mosquée ci équivaut à mille prières dans les autres mosquées à l’exception de la mosquée sacrée (la mosquée où se trouve la Kaaba). Pourtant, cette visite ne donne à aucun rituel particulier.

Celui qui visite la Mosquée du Prophète doit en entrant avancer son pied droit et réciter la supplication suivante « Au nom d’Allah que la paix et la bénédiction soient sur le messager d’Allah ; je me réfugie auprès d’Allah le Grand par son noble Visage et par son Pouvoir éternel contre Satan le maudit. O Allah ouvre moi les portes de ta miséricorde.

Après cette invocation en réalité la même que celle que l’on dit en entrant dans toute mosquée , on doit faire une prière de deux raakas et implorer la bénédiction d’Allah et les meilleurs bienfaits dans ce monde et dans celui de l’au-delà.

Un infini privilège

Chacun s’évertue cependant à effectuer dans une atmosphère empreinte de ferveur ces deux raakas dans le « Rawdat il jannah » (le jardin du Paradis) car, rapportent les hadiths, le Prophète a dit « Entre ma maison et mon Minbar (la tribune), s’érige l’un des jardins du Paradis. » Cette prière terminée, on doit saluer le Prophète et se deux compagnons Abou Bakr et Oumar en faisant face aux grilles dorées de sa tombe. « Personne ne me salue sans qu’Allah ne rejoigne mon âme à mon corps afin que je réponde à sa salutation » a dit le Prophète.

Pénétrer en ce mois béni de Ramadan dans la mosquée du plus Illustre des Prophètes, lequel a reçu le livre saint, s’est battu férocement au point de s’exiler pour le rayonnement de l’Islam et pour que cette religion révélée soit de nos jours la religion de l’immense majorité des fidèles de la planète, est un privilège infini.

La prise de conscience de ce don justifie les larmes de joie et de bonheur inondant les visages de ces quinquagénaires qui , des heures durant, s’adonnent à des génuflexions et ouvrent grandement les paumes de leurs mains pour implorer le Tout Puissant afin qu’Il répande sa grâce sur Mohamed sa famille et ses compagnons. Certains passent des heures dans ce lieu d’où il ne s’arrachent qu’après l’ultime prière de la journée, une manière de rendre un hommage mérité à Celui qui fut, selon le termes du Coran, une lumière , un luminaire, un annonciateur de la bonne nouvelle et une miséricorde pour tout le monde.

A SUIVRE

Un reportage de Amadou Gaye
Source: Le Soleil

Article Lu 1930 fois

Mercredi 31 Octobre 2007

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State