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L’urgence d’exploiter les ressources naturelles de l’Afrique pour lutter contre la pauvreté

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Il y a moins d’un an, un sentiment d’optimisme régnait dans de nombreux pays africains. Les taux de croissance en Afrique sub-saharienne étaient comparables à ceux de l’Asie, et se situaient à environ 6 pour cent, découlant du niveau élevé des prix des denrées de première nécessité, d’un environnement mondial favorable - mais aussi de l’amélioration de la gestion économique, des investissements, du flux de capitaux privés et de la gouvernance. Mais une crise mondiale sans précédent menace maintenant ces acquis et la plupart des pays d’Afrique commencent à ressentir de plein fouet la récession. La croissance dans la région devrait baisser à 2,4 pour cent en 2009, entraînant une augmentation de la pauvreté, de la mortalité infantile et entrainant ainsi la détérioration rapide des budgets.



L’urgence d’exploiter les ressources naturelles de l’Afrique pour lutter contre la pauvreté
C’est le cas pour des pays riches qui ont bénéficié de l’augmentation rapide des revenus au cours de l’année. Ces recettes avaient conduit à la croissance dans de nombreux pays africains. Mais à la suite de la crise financière, la baisse des prix du diamant au Botswana a poussé les grands opérateurs de mines de diamants à suspendre les opérations. En Zambie, où le prix du cuivre a presque doublé au cours des trois dernières années, pour atteindre 9000 $ en 2008, les prix ont chuté de moins de 4000 $ au cours des derniers mois. Les mines de cuivre en République démocratique du Congo ont été touchées de la même façon, de même que les prix du pétrole au Gabon. La crise actuelle se traduit par des restrictions budgétaires, un ralentissement de l’investissement étranger, une augmentation du chômage, et la détérioration des indicateurs de développement humain.

En période de hausse des prix, la bonne gestion des revenus pétroliers et miniers a le potentiel pour être un tremplin pour le développement. Avec un environnement mondial moins propice, il devient encore plus urgent pour les gouvernements de faire une utilisation judicieuse des ressources disponibles, et de prendre des mesures structurelles et institutionnelles pour faire en sorte que les expansions à venir – ce qui ne manquera pas de se reproduire - soient exploitées pour lutter contre la pauvreté et améliorer la vie des citoyens.

Comment les gouvernements peuvent faire de sorte que les revenus des ressources sont utilisés à bon escient ?

Quelque 28 gouvernements africains ont adopté l’Initiative de Transparence des Industries Extractives (EITI)*, dans le but d’améliorer la gouvernance par le biais de la vérification et la publication complète des paiements de la société et les recettes publiques provenant du pétrole, du gaz et des mines. En outre, 37 compagnies minières de pétrole, de gaz ont décidé de soutenir l’initiative, de même que les investisseurs institutionnels gérant des actifs s’élevant, avant la crise financière, à plus de $ 14 billions de dollars.

L’adhésion à l’EITI est une première étape qui envoie un signal fort de l’engagement du gouvernement à la transparence. De plus, si les citoyens sont prêts à récolter les bénéfices de l’exploitation minière, la transparence est nécessaire dans l’ensemble des flux des ressources, depuis l’attribution au suivi des contrats, de la façon dont les taxes et les redevances sont perçues, de la manière dont les choix d’investissement sont exécutés. C’est ce qu’on appelle le « EITI + + », qui met l’accent sur l’amélioration de la gestion des ressources de l’ensemble de la chaîne allant des recettes aux résultats pour les citoyens. La communauté internationale, y compris la Banque Mondiale, peut aider les pays dans l’amélioration de la gestion des flux de ressources, cependant la société civile aura à jouer un rôle clé dans cette initiative.

Plusieurs pays se concentrent à présent sur cette chaîne de ressources. Le Niger et le Libéria ont approché leurs partenaires techniques pour une assistance juridique sur l’attribution des marchés. Au Mozambique et en Tanzanie, les travaux d’analyse contribuent à favoriser un dialogue sur la gestion des dépenses publiques et responsabilité financière dans le contexte de la hausse des revenus provenant de l’extraction minière. Certains pays demandent un appui dans des domaines tels que la mise aux enchères de licences et de la négociation des contrats avec de grands investisseurs, la gestion des revenus liée, ou dans l’amélioration de la composition et la qualité des investissements publics.

Comme l’illustre la crise, les pays riches doivent également se préparer à une époque où les ressources pétrolières et minières pourraient être épuisées, en diversifiant leurs sources de croissance. La diversification n’est pas une tâche simple, il nécessite d’importants changements de politique et d’importants investissements de ressources dans les institutions, les capacités humaines, la santé, l’éducation et les infrastructures. Par exemple, de nombreux pays riches en ressources minières n’ont pas exploité le potentiel de l’agriculture. Le secteur agricole a fait croître d’un tiers le PIB de l’Afrique au cours des 15 dernières années, avec le droit et les types de soutien, y compris l’amélioration de la qualité de l’eau, la gestion des terres, les routes rurales, une meilleure politique de l’environnement, la productivité (la valeur ajoutée pourrait augmenter de manière significative), rendant le secteur plus fort en contribuant à la croissance économique et la réduction de la pauvreté, et en atténuant les risques de sur-dépendance sur les ressources minérales.

Une transformation des économies nationales peut découler de l’association des efforts de réforme et de diversification. On peut faire en sorte qu’un plus grand impact sur le développement soit obtenu en période de baisse des prix et a partir des ressources disponibles, et ainsi mettre sur pied les bases d’une croissance économique générale quand les prix reviennent à la hausse. En développant d’autres sources de croissance, les pays peuvent atténuer l’impact des chocs tels que la baisse spectaculaire des prix en 2008.

Cette fois-ci, les pays africains riches en ressources peuvent tracer une voie différente des précédents cycles d’expansion et de rupture qui ont conduit au paradoxe de la pauvreté pernicieuse au milieu de l’abondance des ressources. Cette crise est une opportunité pour la transformation économique, et défie les dirigeants et citoyens à agir en urgence. C’est faisable !

Obiageli Katryn Ezekwesili
Vice-Presidente de la Banque mondiale (Afrique)

*Le Senegal ne fait pas parti des pays qui ont adopté cet instrument

Source SudQuotidien

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Samedi 11 Avril 2009





1.Posté par jio le 11/04/2009 20:33
le senegal ne fait pas partie parceque nous avons une bande d'escrot

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