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[L'intégralité de l'interview] Alioune Mbaye Nder Musicien: ' Le Président Wade m’a offert un milliard Francs CFA'

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Une modeste demeure, au quartier des Maristes. A l'entrée, un portrait du chanteur en grand format, meuble les lieux. Habillé en caftan de couleur bleue Nder se prélasse dans son salon et joue au maître des lieux. Très jeune, Alioune Mbaye Nder est attiré par la danse et les percussions. Asix ans, il monte sur scène. Il devient chanteur d'un groupe, Worma, alors qu'il n'est agé que d'une vingtaine d'années. Son ascension est rapide et les succès connus avec le Lemzo Diamono sont francs. C'est avec le Setsima groupe, fondé en 1995 que Nder boy titilla les "Grands". Sa présence scénique et son entrain attirent et déchaînent des foules. Helas, son défunt père, tambour-major à tivaoune ne verra pas le succés de ce fils prodigue qui roule en hummer et en Hover, aux bons soins de Abdoulaye Wade, s'autoproclame thiof de luxe et retourne sa veste de porte-parole du peuple en " griot de l'alternance."



[L'intégralité de l'interview] Alioune Mbaye Nder Musicien: ' Le Président Wade m’a offert un milliard Francs CFA'
Aujourd'hui, comment Alioune Mbaye Nder se présente-t-il aux lecteurs de Weekend Magazine

Je suis d'abord un Sénégalais, ensuite un artiste compositeur, interprète. Je suis ambassadeur de l'Ecole Sénégalaise, ambassadeur de la paix pour Amnesty internationale ( organisation des droits de l'Homme, Ndlr).

Pouvez-vous revenir sur votre enfance ?

J'ai eu une enfance très difficile et com­pliquée. J'ai vécu dans la pauvreté totale. Je suis né dans une famille où les parents n'amènent pas leurs enfants à l'école, com­me dans la plupart des familles de griots. Et, par chance, je faisais partie des plus jeu­nes enfants de la famille, j'étais même le ca­det, raison pour laquelle j'étais très choyé. Malheureusement, les moyens financiers n'étaient pas là, car mon père n'était qu'un simple tambour-major. Malgré ses maigres revenus, il m'a amené à l'école à l'âge de 7ans. Comme j'étais âgé, il a été obligé de m'inscrire dans une école privée tout en gérant difficilement mes frais de scolarité. Il est décédé quand je faisais le Cp. J'étais donc exclu de l'école, je n'avais personne pour payer mes études. II a fallu que mon homonyme, qui avait loué un logement à l'Etat pour usage d'école, intervienne pour que je continue mes études. C'est à la réus­site à l'entrée en sixième et au Certificat d'études que je suis allé au Cem Ababa­car Sy de Tivaoune. Ce n'était pas du tout facile parce qu'on n'avait aucun soutien. Je me rappelle, même à la tabaski, on se contentait des odeurs de cuisine venant des environs. On n'avait pas de mouton, tout le monde restait là, triste...
Et ce qui m'a le plus marqué dans tout cela, c'est que jusqu'à mes 20 ans, je n'avais jamais vu ma mère porter de l'or. Ce que les femmes aiment le plus, les bijoux, l'or, ma mère n'en avait pas. Ça me faisait mal et ça me rongeait le coeur. Tout ce qui l'intéressait, c'était qu'on puisse avoir quelque chose à manger.

Que faisait-elle pour essayer de trouver le repas quotidien ?

(L'air triste et absent). Elle était vendeuse au marché. Le matin, de bonne heure, elle était déjà au marché. Et quand j'allais à l'école, je passais chez une grande soeur qui s'appelait Astou Mboup où je prenais du pain et ma mère me donnait 10 francs pour que je trouve quelque chose à mettre dans mon pain à la récréatian. A la descente, je revenais la voir et c'était triste. Il lui arrivait de ne rien vendre, car elle n'avait pas beaucoup de légumes, ensuite ils n'étaient plus frais. C'était vraiment grave...

Vous dites que vous êtes le cadet, où se trouvaient vos grands frères durant tes moments difficiles ?

Mes frères aussi n'avaient pas fait l'école et comme toute famille de griots, leur activité favorite, c'était de battre les tam-tams. Malheureusement, quand on dépasse certaines choses, il est impossible de les rattraper, c'était leur cas. Dieu a fait de moi le soutien de la famille. Je suis le seul à avoir des revenus que l'on peut considérer comme pouvant servir à grand-­chose. Je suis le seul et je l'ai toujours été. Bien vrai que j'avais des oncles aisés, mais ils avaient aussi de grandes familles à nourrir. Et quand les temps sont durs, chacun s'occupe d'abord de soi avant de penser aux autres. Ce sont des frères de sang de ma mère. Ils nous soutenaient de temps à autre.

Quand vous avez été exclu de l'école, où étaient vos oncles ?

Ils étaient là, mais ce n'était pas leur problème ! Désolé, c'était leur dernière préoccupation.

Généralement les familles guéwel sont soudées, pourquoi la votre ne l'était pas ?

Il faut qu'on se dise la vérité. Aussi soudée que l'on puisse être, les gens ont parfois des limites. Car, ce sont des familles qui sont aussi très nombreuses. C'est pourquoi, chacun a suffisamment de problèmes.

Faites-vous partie d'une famille nombreuse ?

Oui, le fais partie d'une grande famille. Aujourd' hui, vous y êtes tombés ( jeudi 12 juillet, Ndlr), beaucoup sont venus me voir. Il y a ma mère, des neveux, des frères.. Ils sont là et j'en suis très heureux.

Quel genre d'enfant étiez-vous ?

Je n'étais ni timide ni réservé. Je ne m'accompagnais qu'avec de personnes plus âgées que moi. Aussi, un enfant travailleur à l'école, j'étais toujours le premier ou le deuxième de ma classe.

En quelle classe avez-vous arrêté les études ?

En classe de cinquième secondaire. Ce qui est déjà assez bien, car j'étais supposé être batteur de tam-tam comme mon père et mes frères. J'en avais le talent, mais je n'en voulais pas, je préférais la danse. A l'âge de 9 ans, j'allais danser dans les baptêmes, les mariages, les meetings et j'y gagnais beaucoup d'argent. Je n'ai jamais pensé que je chanterais un jour, tellement je dansais bien. Ah, ça, c'est sûr ! La chasse aussi, je l'adorais. Ce n'était pas pour manger le gibier mais pour contempler le spectacle qu'offraient les chiens à la chasse. J'y allais de 6h du matin à 14h de l'après-midi. J'allais même jusqu'à récompenser ceux avec qui je m'accompagnais.

Tout cela se passait à Tivaoune ?

Oui, c'était toujours à Tivaoune.

Faites-vous partie d'une famille polygame ?

Quand je suis né, mon père n'avait qu'une femme et c'était ma mère. Il n'a jamais eu de deuxième femme.

N'est-ce pas chose rare dans une famille guéwel ?

Oui, mais j'ai aussi des frères de même père seulement. Bon, je peux dire de même père et de même mère, car leur maman était la grande soeur à la mienne. C'est quand elle est décédée que ma mère a rejoint le domicile pour prendre soin des enfants. C'est de cette union que je suis né moi et une petite soeur qui est décédée très tôt.

Et comment s'est passée votre adolescence ?

Quand j'ai quitté l'école, on m'a amené à Dakar pour me remettre sur les rails : abandonner la danse, arrêter d'imiter des musiciens. Ma venue à Dakar devait être l' occasion pour moi de continuer les études, je ne l'ai pas fait parce que je ne l'ai pas voulu.

Quels musiciens imitiez-vous ?

Le musicien que j'appréciais le plus, c'était Moussa Ngom, sa façon de danser, de chanter. Il y' avait aussi Alla Seck, danseur du Super Etoile qui m'avait séduit par sa manière de danser. Si les Sénégalais ont bien remarqué, je danse à l'image d'Alla Seck, avec finesse. Quand le Super Etoile se produisait quelque part, j'y allais spécialement pour Alla. Une fois, j'ai quitté Tivaoune sur le haut d'un train pour me rendre à Saint-Louis, parce que le Super Etoile devait se produire là-bas. Je ne voulais pas rater cette occasion de voir mon idole, Alla Seck. Je ne pouvais pas m'intéresser à Youssou Ndour, parce que la chanson n'était pas encore mon domaine, il ne m'intéressait pas. Et à chaque fois qu'il me voyait, il m'appelait pour qu'on fasse ensemble des chorégraphies. Ceci jusqu'au jour où je commençai à prendre goût à la chanson.

Comment avez-vous pris goût â la chanson ?

En dansant, j'ai fini par murmurer aussi les paroles des artistes. J'imitais Youssou Ndour, Thione Seck, et surtout Moussa Ngom. Ensuite, j'avais une très belle voix (il insiste). Quand les artistes sortaient une nouvelle cassette, je me rendais au marché, m'arrêtais devant un vendeur pour écouter les morceaux. Du coup, je retenais les paroles et je les chantonnais tout en dansant. C'est à partir de là même qu'un grand frère m'avait surnommé Youla, c'est-à-dire Youssou et Alla. Un jour, j'étais envoyé par mon oncle à Sicap liberté 3 et en y allant, j'ai entendu de la musique qui venait d'un garage. Immédiatement, j'y suis allé, j'ai sonné et je leur ai supplié de m'improviser un morceau. Ils m'ont demandé d'attendre qu'ils finissent leur répétition et je l'ai fait. Quand j'ai débuté le premier morceau, ça s'appelait Kilifa, j'y chantais ma mère, les habitants du quartier ont commencé à sortir pour venir me voir et m'écouter. Là, j'ai commencé à faire le malin et quand je suis devenu plus mature, je me suis dit que ce n'était pas la peine de faire la grosse tête. Car, il est possible que ces gens soient venus parce qu'ils venaient d'entendre une voix nouvelle, une voix qu'ils n'avaient jamais entendue, et non parce que j'avais du talent.

C'était quel groupe ?

C'était un groupe qui s'appelait Worma qui jouait du mbalakh.

Où sont maintenant les différents membres de ce groupe ?

Je n'en connais personne qui soit aujourd'hui célèbre dans le milieu de la musique. II y a peut-être des instrumentistes comme celui qui se trouve à Saly et qui fait des variétés.

Est-ce de là qu'est parti Nder ?

Oui, ma carrière est partie de là. J'ai dû arrêter avec Worma parce que le guitariste avait eu une bourse pour Moscou. Je n'avais plus envie de continuer. Comme je n'avais pas appris la musique, j'avais besoin de quelqu'un qui puisse réveiller ce qui dormait en moi. Ce fut quand même une belle expérience car, i1 leur arrivait même de me confier les tam-tams, pour ne pas léser les autres chanteurs. Je n'aimais pas cela du tout, mais c'était bien. A chaque fois qu'on m'interrogeait sur une éventuelle proposition comme choriste de Youssou Ndour avec 300 mille de salaire, je leur répondais que ça ne m'intéressait pas. Je voulais entendre «Alioune Mbaye Nder et le... », c'est-à-dire être le lead vocal d'un groupe.

Après cette expérience, dans quel groupe avez-vous évolué ?

Je suis allé à Ndakaru Lt, et j'y ai trouvé Alias Diallo, Doudou Sow, Omar Bassoum, de temps en temps Assane Ndiaye venait là-bas et El hadji Faye, auteur de Samina.

Comment avez-vous intégré ce groupe ?

J'avais une de mes connaissances, Adama Diaw, qui connaissait le gérant de la boîte de nuit où se produisait le groupe. Je suis allé le voir avec un ami guitariste et ce jour, Adama m'a dit qu'il fallait qu'on me teste d'abord entre l lh et minuit, avant le début de la soirée. Et ce soir-là, j'ai joué.

Etiez-vous payé dans ce groupe ?

Oui, 40 mille francs. On jouait tous les jours, de minuit à quatre heures du matin. C'est pourquoi, il m'arrive rarement de sentir ma voix fatiguée.

Donc arrivé à Dakar, vous vous êtes directement lancé dans la chanson ?

Non, je travaillais dans une papeterie. J'étais spécialement venu à Dakar pour continuer mes études, Ma famille croyait en mes études, elle disait déjà que Alioune deviendra président de la République parce qu'il est toujours premier de sa classe. Elle y croyait et voulait m'éloigner de tout ce qui pouvait influer négativement sur mes études. Malheureusement, c'est à Dakar que s'est propagé en moi le virus, mes talents ont commencé à s'affirmer et la chance m'a souri.

C'était en quelle année ?

En 1980. Je logeais chez un oncle à la Médina, et le bureau de Youssou Ndour se trouvait dans ce quartier. Je m'y rendais chaque jour pour discuter avec Alla Seck. Et quand mon oncle a su que je ne m'intéressais plus à l'école, on m'a amené chez un autre oncle qui tenait une papeterie. Et là-bas, je me suis lancé dans le métier, on fournissait des matériaux de bureau. Il m'arrivait de tenir une trentaine de ramettes, c'est ce qui a sûrement dû créer une malformation chez moi... (Rires).

Quels étaient vos rapports avec les filles quand vous avez commencé à être connu ?

Je n'avais aucun rapport avec les filles. Et ce n'est pas à Ndakaru Lt que j'ai commencé à être connu, je n'avais ni cassette ni clip. Mais, c'est plutôt au Lemzo Diamono.

En quelle année avez-vous rejoint le Lemzo Diamono ?

En 1992, juste après avoir quitté le Ndakaru Lt.

Comment ?

C'est Lamine Faye qui m'y a amené. Lui, il m'écoutait souvent au Ndakaru Lt. Il n'entrait pas dans la boîte, mais quand on faisait une pause, je sortais et l'on discutait dans sa voiture. Comme moi l'alcool ne la jamais intéressé. Quand aussi le Super Diamono faisait des soirées, c'est Worma qui assurait la première partie. Il m'a suivi pendant longtemps. C'est pourquoi, à la formation de son groupe, il a fait appel à moi.

Comment se passait le travail là-bas ?

Ce n'était pas facile. Lamine est un grand musicien, je lui faisais même le thé pendant qu'il jouait sur sa guitare. Je faisais comme si je ne l'écoutais pas, alors qu'au fond, je m'inspirais des fois à partir de là. Et, on finit par faire une cassette qui s'appelle joom où il y avait Sportif, un morceau qui a cartonné. C'est de là que j'ai commencé à être célèbre.

Quel effet cela vous faisait d'avoir un tel succès ?

Non, je n'arrivais pas à croire que c'était moi. Aussi chaud que le climat puisse être, je m'habillais comme dans le clip. Le même pantalon en lin, le cuir, le gilet, le blazer, le chapeau et ma canne. Ce n'était pas mon problème d'étouffer, l'essentiel, c'était que l'on me reconnaisse dans la rue. Et je saluais tout le monde pour me faire remarquer. Et habituellement, ce sont les enfants qui me reconnaissaient, qui me prêtaient une attention. Il arrivait que je passe devant un groupe d'enfants qui m'appelle «Eh nitt kou gnoul» (un refrain de la chanson Sportif).

Avez-vous précédé les autres membres de Lemzo Diamono dans le groupe ?

Au début, j'étais le chanteur. C'est après que sont venus Fallou Dieng, Mada Bâ, tous les autres. D'ailleurs, les titres de la plupart des cassettes du groupe ont été composés par moi. Ce sont des titres qui m'ont lancé dans le milieu de la musique.

Comment étaient vos rapports entre musiciens du groupe ?

Super! Nous nous entendions à merveille. J'ai beaucoup aimé la complicité au sein de ce groupe.

N'y avait-il pas de jalousie secrète entre vous ?

Ben, je ne me suis jamais occupé de cela. Je ne pense pas qu'il y en avait ou alors je ne l'ai pas ressenti. Il y avait de la jalousie entre les admirateurs. En soirée, certains voulaient que Fallou Dieng chante, alors que d'autres préféraient Mada Bà ou moi...

Qu'est-ce qui est à l'origine du déclin du groupe ? En commençant par votre départ ?

Sénégal dal, dafà dooy war ! Parce que certains pensent que le sort qu'a connu le groupe, avec nos départs successifs n'est pas naturel. On m'a souvent dit qu'on nous a séparés par des moyens mystiques. Je ne le pense pas, je ne le réfute pas non plus.

Mais pourquoi pensez-vous que des gens vous ont séparés ?

Notre manière de nous imposer, de bien faire n'arrangeait pas certains. On ne faisait de mal à personne, mais on dérangeait quand même, sincèrement.

Vous dérangiez qui ?

Tout le monde, on dérangeait tout le monde. Tous les groupes qui étaient là. Si le groupe existait encore, avec les membres qui le composaient, nous n'en serions pas encore là. On aurait dépassé bon nombre de groupes depuis longtemps au moment où je vous parle.

Mais, y a-t-il des personnes que vous suspectez particulièrement ?

Je sais qu'il y a des gens qui ne voulaient pas que le groupe progresse, je ne peux citer de noms. Ce serait injuste et mensonger de ma part, parce que je peux me tromper. Je peux croire à des choses totalement fausses.

Mais vous dites que vous y croyez ?

J'ai dit que je ne soutiens pas le contraire. Le fait qu'on parle de séparation mystique, c'est une probabilité, c'est bien possible. Mais je n'en suis pas sûr.

Pourquoi cette nuance dans votre réponse ?

J'y crois, parce que les choses mystiques existent et l'on dérangeait. Je n'y crois pas aussi, parce que je voulais devenir un jour Alioune Mbaye Nder et le...

Expliquez-vous ?

Sommes-nous obligés de parler du Lemzo Diamono là ?

Bien sûr, cela fait partie de votre cursus ?

Moi, je voulais plus d'espace pour mieux exploiter mon talent, avoir mon propre groupe. Mettre sur le marché toutes mes chansons, mes inspirations. Et puis, Lemzo existe toujours.

Mais ses différents membres dont vous, Fallou, Mada, Salam et Amath Samb, ont quitté. Pourquoi ?

Je ne sais pas pourquoi les autres ont arrêté avec le groupe, mais moi, je vous l'ai dit, c'était pour mieux exploiter mes talents, être leader d'un groupe. J'ai senti que j'avais une certaine expérience et je suis allé poursuivre mon chemin seul.
D'ailleurs, au début quand venait de commencer le Lernzo, j'ai fait toutes les chansons dans le premier album Joom, le second album .Setsima, j'avais six morceaux, je n'en ai eu que quatre et dans la troisième production, sur quatre morceaux, j'en ai chanté que deux. A ce rythme, je craignais de ne chanter aucun morceau dans les cassettes à venir.

Aviez-vous peur qu'on vous arrache votre statut de lead vocal ?

Oui, je le craignais un peu. Parce qu'il n' y avait aucune raison que l'on diminue Ie nombre de mes morceaux à chaque production. C'est pour vous dire qu'il avait un problème de leadership. Je devenais trop fort dans le groupe, trop même.

Donc, il y avait de la jalousie ?

Je ne veux pas l'appeler ainsi, je crois que c'était une stratégie.

Stratégie par rapport à quoi ?

C'était le groupe de Lamine, et il avait besoin de prendre des décisions stratégiques pour le gérer. C'était son droit, mais je voulais aussi continuer ma carrière. Et en diminuant mes morceaux de cette manière, les gens pouvaient penser que c'est l'inspiration qui manque, ce qui n'était pas du tout le cas. Il me fallait le courage de voler de mes propres ailes.

N'y avait-il pas un enjeu financier ?

C'était mon dernier souci. Ce que je voulais, c'est être connu.

Mais on dit que les problèmes du groupe sont d'origine financière ?

Non ce n'est pas vrai. Quand nous avons rejoint Lemzo, ce n'était pas sur la base de contrats, donc il n'y avait pas possibilité de nous rouler. Les Sénégalais aiment les rumeurs. Et en ce moment, le groupe avait signé un contrat de publicité avec une grande société de la place, c'est ce qui a un peu suscité les rumeurs. C'est ce que je vous dis qui s'est réellement passé. Je commençais à perdre ma place.

Qui a quitté le groupe en premier ?

C'est Fallou Dieng qui a quitté le premier, ensuite moi, après Amath, Mada ci puis Salam.

Comment sont devenus vos rapports ?

Géniaux, on a tous de bons rapports. Dix ans après, je suis revenu vers Lamine Faye pour lui tendre la main, faire un album ensemble Homme public. Il faut être reconnaissant, car quoique l'on puisse dire, Lamine a beaucoup contribuer dans ma carrière musicale, dans mon développement artistique. Il m'a beaucoup appris.

Comment se faisait le partage des revenus dans le groupe ?

Suivant la prestation, chacun avait son cachet personnel. Ce n'était pas un salaire, et ça variait. La charge d'un groupe, c'est très difficile.

Mais est-ce qu'en ce temps, votre art vous faisait vivre ?

Hormis ce que je gagnais, j'avais beaucoup de connaissances. C'est cela la musique, vous vous faites des admirateurs, des amis qui vous veulent tout le bonheur du monde et qui peuvent tout vous donner. Je ne me plaignais pas. Vous savez, à un moment de ma vie, mon problème n'était pas d'être plein aux as, je voulais être célèbre. Aujourd'hui, je le suis, il suffit que je sorte pour voir quelqu'un s'évanouir à mes pieds. Certains plongent sur moi, avec leur maquillage et tout, ils me salissent et ne s'en rendent même pas compte. Ou encore, l'exemple qui me touche le plus, c'est qu'un admirateur à qui l'on a empêché de venir à mon concert se soit suicidé. Etre célèbre n'est plus mon objectif, je veux à présent devenir un "grand quelqu'un", être riche, «tekki» (réussir).

C'est pour cette raison que vous avez rejoint l'arène politique ?

Non, ce n'est pas cela.

Donc comment vous y prenez-vous pour devenir ce «quelqu'un» ?

En empruntant le chemin sur lequel je me trouve déjà.

C'est lequel ?

En ayant la volonté et le courage. Il faut être fort pour être quelqu'un dans la musique Sénégalaise. Parce que, si on ressent cette ambition en vous, on ne cesse de vous attaquer, sur tous les plans. II faut vraiment être courageux pour tout affronter. Vous avez tantôt parlé de politique, on y reviendra.

Parlons-en tout de suite ?

Je veux vous dire que la politique en fait partie. Et puis, qu'entendez-vous par politique d'abord ? Pourquoi n'avoir pas évoqué la musique

Nder des années 90 dans sa musique était beaucoup plus structuré avec des textes riches alors que Nder des années 2000 ne fait que de la laudation envers les riches comme Wade ?

Non ! je ne suis pas d'accord, je préfère beaucoup plus mes morceaux d'aujourd'hui que ceux des années 90. J'ai plus de maturité, je joue et au niveau international aussi, on me saisit mieux.

Mais par rapport aux paroles ?

Elle sont plus riches. Je ne souhaite pas dans ce monde chanter une chanson dont les paroles ne sont pas riches. Voyez dans mon répertoire un morceau qui ne soit pas significatif.

Pensez-vous que votre chanson qui parle de Farba Senghor intéresse plus les Sénégalais que celle qui parle d'amour ?

Farba Senghor, je n'ai pas chanté ses ancêtres, ni son père, ni sa mère, encore moins sa femme et ses enfants. J'ai parlé de la solidarité dont il a fait preuve. J'ai vécu la tristesse de n'avoir pas de mouton à la tabaski étant enfant, et j'ai vu un jour Farba distribuer des moutons aux démuns à l'approche de la tabaski. C'est un geste qui m'a beaucoup marqué. J'ai parlé de Tyson, Tapha Guèye, de Serigne Mansour. Farba est un exemple qui répond bien à la solidarité, je ne pouvais pas chanter cette chanson sans parler de lui.

II ne vous a pas donné de l'argent après ce morceau ?

Non, je ne l'ai pas chanté pour qu'il me donne de l'argent. Je ne veux pas entrer dans les détails. Quand je chantais Wade, je savais que certains allaient m'insulter parce que ça ne les arrange pas.

Vous a-t-on insulté ?

Oui, et ils n'ont pas analysé mes faits. Ce que j'ai fàit, c'est pour mon pays. Wade respecte tous les artistes, s'il me donne de l'argent je prends. En écrivant une chanson pour Abdoulaye Wade, je savais que les gens allaient m' insulter. Vous étes des jeunes journalistes, nous appartenons à la même génération, et je pense que c'est très important pour vous d'écouter attentivement les paroles des chansons avant de faire des jugements. Je vais vous expliquer ce qui m'a poussé à composer une chanson pour Abdoulaye Wade. Quand on l'a élu en 2000, je suis allé le voir, mais ce n'était pas pour lui demander de l'argent. Je auis allé lui faire écouter deux chansons que j'avais composées à l'époque, concernant le pays et son Président. Le premier titre faisait allusion ,aux inquiétudes que j'avais par rapport au manque de patriotisme de certains de nos anciens dirigeants qui ont abandonné le pays aussitôt après qu' ils sont démis de leur fonction. Cette chanson s' intitulait Sénégal et se trouve dans l'album Loutax. Le second titre donnait des conseils au président de la République sur la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion des affaires du pays. Apres les avoir écoutés, le Président m'a dit: " Est ce que je vais trouver le sommeil aujourd'hui, mon fils je sais que je peux être ton grand-père, mais ce que tu viens de me dire, personne ne l'a fait auparavant. Je suis en train de travailler et de faire en sorte que le Sénégal émerge mais grâce aux paroles de tes chansons, je vais redoubler d'effort. Ce que je peux dire pour le moment, c'est que j'aiune maison au point E, mais, pour le reste, je ne sais vraiment pas ce que l'avenir me réserve." Six ans se sont écoulés, j'ai observé le pays par rapport aux inquiétudes que j'avais au début, et je me suis rendu compte qu'il y a un homme qui est en train de poser des jalons pour le faire avancer. Maintenant, la conclusion que j'ai faite par rapport à ces observations n'engage que moi. J'ai beaucoup voyagé, et je sais ce qui se passe dans d'autres pays, je sais que le Sénégal est sur la bonne voie pour aspirer à des lendemains meilleurs.
Cependant, je n'ai pas chanté les louanges du président de la République car si vous écoutez bien la chanson, il n' y a pas de mot qui fait allusion à sa lignée du genre "diri wade ndiak, fara wade ngiak, gorou Viviane bayou Karim" je lui ai plutôt dit: "Maat nga ngiitou rew, sa bilan bi doy na ma campagne Président Abdoulaye." ( Vous avez qualité de chef de l'Etat et votre bilan se passe de commentaires).

Pourquoi votre attachement pour le Président Wade ne s'est-il pas manifesté lorsqu'il était au sein dans l'opposition ?

Quand il était dans l'opposition, j'avais déjà cet engouement pour lui.

Cela ne se faisait pas sentir dans vos chansons, comment l'expliquez-vous ?

Je n'étais pas encore connu sur la scène musicale.

Vous étiez beaucoup plus connu quand vous étiez au Lemzo Diamono et Wade était pendant ce temps, dans l'opposition...

(Il coupe). Vous n'avez pas compris, moi Alioune Mbaye Nder, j'ai évolué avec une génération dans ma carriere musicale. Avant de penser à aider les autres pour les faire positionner, je dois d'abord essayer deme positionner.

N'est-il pas prétentieux de votre part de croire que vous pouvez faire positionner le Président Wade ?

Non je n'essaie pas de faire positionner Wade, car c'est lui le Président.

Mais vous...

( Il coupe) Non ! Non ! Non ! pourquoi je vais le faire si c'est déjà fàit ?

Vous avez essayé de l'aider pendant la campagne à obtenir le suffrage des Sénégalais à travers vos chansons ?

(Dépité) Ecoutez, j'ai écrit cette chanson sur la base de mes sentiments par rapport au Présidrnt. Quand un journaliste de la place a raconté des histoires sur Serigne Mansour sous prétexte qu'il possède une limousine, j'ai écrit aussi une chanson pour le défendre en lui faisant comprendre qu'une limousine, c'est peu par rapport à l'aura de Serigne Mansour. Car le fils de Sergine Babacar Sy peut posséder plus qu'une simple limousine. J'avais des inquiétudes par rapport au pays, Wade est en train de faire des efforts pour ce pays alors j'ai cru bon, comme je l'ai fait avec Serigne Mansour, d'écrire une chanson pour lui. Et je jure, que demain, si un autre Président fait pareil que Wade, je vais lui dédier une chanson, parce que je suis un citoyen qui vit dans ce pays. Composé un titre pour Wade ne veut pas dire que je fais de la politique car je ne suis pas un politicien.

Alors comment cela se fait-il qu'on vous voit dans les réunions du Parti démocratique sénégalais (Pds) ?

Je pars de temps en temps au siège du Pds. Et puis, je suis le seul musicien en 1993 à avoir organisé un concert pour Wade alors qu'il était dans l'opposition. J'ai les cassettes ici. Je suis un simple citoyen qui a le droit d'aimer qui il veut.

Donc vous faites de la politique ?

Non. Je ne fais pas de la politique.

Mais vous êtes dans toutes les manifestations du parti ?

Je suis avec Abdoulaye Wade pas avec le Pds.

C'est la même chose...

Moi Alioune Mbaye Nder, je soutiens le Président Abdoulaye Wade.

Pensez-vous que c'est votre rôle de prendre position, alors que vos fans sont dans tous les partis politiques du pays ?

Je peux prendre position si c'est quelque chose de bien pour le pays.

Cette position peut vous arranger et ne pas être le cas pour vos fans ?

Ce n'est pas mon problème.

Ne vous préoccupez-vous pas de ce que vos fans pensent de vous ?

Ils ne sont pas obligés de me suivre.

Vous accompagnez le Président lors de ses sorties en qualité de quoi ?

Quand est-ce que vous m'aviez vu avec lui ?

A Accra par exemple (1e et 2 juillet 2007) lors du sommet en vue d'un Gouvernement fédéral africain ?

Il y a tellement de musiciens dans ce pays qui ont fait de la politique. Je remercie le ciel que tout le monde se retourne et en parle quand je me suis mis à faire de la politique. Je ne m'en cache pas, j'aime Abdoulaye Wade. Pour moi, les artistes ne doivent plus s'abstenir par rapport à leurs idées.

Vous voulez dire que tous les artistes doivent afficher leur ambition politique ?

Je n'ai pas dit cela, mais, je sais que personne n'est neutre sur ce point de vue. Les autres artistes ont peur de leurs idées, c'est tout.

Au début de l'entretien, vous avez dit que vous avez changé d'objectif. Avant vous vouliez être populaire, maintenant vous voulez la richesse. Est-ce par rapport à vos nouvelles ambitions que vous avez tenu à écrire une chanson pour Wade pour qu'il vous donne de l'argent ?

Ce n'est pas pour de l'argent que j'ai écrit cette chanson, et je pense qu'avant de connaître Wade, j'avais de quoi vivre.

Vous avez dit que vous en voulez plus...

Qui dans ce pays, a des ambitions mesurées ?

Wade vous a-t-il donné de l'argent ?

Oui.

Combien ?

Si Wade me donne des milliards, c'est parce qu'il doit le faire.

II vous a donné combien ?

Il m'a donné plus d'un milliard parce qu'il se préoccupe de moi et de ce que je fais. Quand il part en vovage, il m' amène avec lui, dernièrement, je suis parti à Accra et c'est très important dans la carrière d' un artiste de participer a ce genre de rendez-vous.­

Vous n'avez pas répondu à la question combien, il vous a donné après la sortie de votre cassette ?

II m'a donné 1 milliard de francs Cfa. Encore une fois, l'argent n'est pas important, le simple fait de l'avoir au téléphone quand je veux, vaut plus qu'1 milliard.

Donc vous avez son numéro personnel ?

Le jour de la Tabaski, le Président m'a appelé pour me présenter ses voeux. Et m'a dit qu'il était très content du boulot que je fais, c'est-à-dire la musique.

Vous avez combien d'épouses ?

Deux.

Vous vous êtes marié en quelle année ?

1994.

Dans quelles circonstances, vous avez connu votre première épouse ?

Je ne veux pas en parler. J'ai fait 15 ans avec la première, on s'est connu naturellement, et cet état de fait n'est pas hors du commun, c'est humain d'aimer une personne et de se marier avec elle. On s'est connus à Dakar, elle ne savait même pas que j'étais un chanteur, car elle vivait à l'étranger.

Où exactement ?

Elle vivait à l'étranger. Laissez ma femme tranquille.

Quand est-ce que vous vous êtes remarié ?

Bayi lene sama djabaryi laissez mes femmes tranquilles. Je ne me rappelle plus. Cela fait 10 ans déjà.

Votre deuxième épouse savait que vous êtes musicien ?

Non. Elle non plus n'était pas là.

Vous les avez connues toutes à l'extérieur ?

Non, à Dakar ! Elles ne me connaissaient pas et pourtant j'étais très populaire à l'époque, c'était un coup de foudre pour les deux. Vous savez, je suis un super Thiof (rires). Ce ne sont pas les femmes qui m' intéressent pour l'instant. Ce que je veux, c'est être un «grand quelqu'un» dans ce pays. Je veux avoir beaucoup d'argent comme certains de mes collègues.

Comme qui ?

Certains chanteurs. Tous les moyens sont bons pour y parvenir, il suffit qu'ils soient , et l'égaux.

Vous avez une troisième femme ?

Vous voulez que j'en aie ? (rires).

D'aucuns disent que vous avait pris une troisième épouse en catimini ?

( Il s'énerve) C'est ma vie privée et cela ne regarde que moi, encore une fois, je ne veux pas parler de ma vie privée. Même si j'avais 5 femmes, cela ne regarde que moi.

Quels sont vos rapports avec les filles ?

Ce sont mes amies et je les adore.

Vous draguent-elles en boîte, lors de vos soirees ?

Elles savent que je suis marié.

vous n'avez jamais reçu de déclarations amoureuses, en tant que chanteur ?

( Il affiche un petit sourire qui en dit long sur sa réponse). Non.

Cela ne vous est pas arrivé à Foundiougne ?

(Rires) Non. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a des fans qui sont mes disciples, elles m'appellent «papa».

Avec la nouvelle génération, «papa» a changé de sens. Est-ce dans ce sens-là ?

Quel sens ?

Chéri par exemple ?

Non, ce sont des fans et cela se limite à ça.

Les artistes sont en général aimés par les filles, ne nous dites pas que vous faites exception à cette règle...

Vous ne pouvez pas me faire dire ce que je n'ai pas dit. Ce sont mes amies, ma femme répond à mon téléphone portable donc je n'ai rien à cacher.

Vos femmes ne sont pas jalouses ?

Si, mais elles savent que je suis un artiste. Si une femme a la malchance d'être mariée à un artiste qui sort tous les soirs, bien habillé, il y a de quoi être jalouse. Surtout un mari comme Alioune Mbaye Nder «nga khamné dafay defar bamou bakh»(moi, je m'habille très bien) et elles ne sont pas folles, elles savent que beaucoup de filles sont tombées sous mon charme.

Comment elles manifestent leur jalousie ?

Heureusement quand on a des problèmes, elles viennent me le dire ouvertement, et l'on essaye de trouver une solution dans l'intimité de notre chambre. Même les enfants ne seront pas au courant car ils sont grands maintenant.

Vous avez combien d'enfants ?

J'en ai beaucoup, mais je ne veux pas dire le nombre. Mon aînée a maintenant 18 ans.

Dites-nous une anecdote qui vous est arrivée dans votre couple et qui a eu à susciter la jalousie de votre femme ?

Je ne peux rien vous dire car cela ne m'est jamais arrivé.

Vous avez dit que vous avez vécu ce genre de situation...

(Il coupe) Il m'est arrivé une fois en compagnie de ma femme d'être agressé par une fille qui s'était jetée littéralement sur moi.

Là on sait que c'est une fan mais est-ce que les filles vous courent après ?

Non, personne ne me court après. Vous savez, je suis un artiste et je dois donner le bon exemple.

Mais il vous arrive des fois de voir une fille qui vous intéresse, comment faites dans ce cas ?

Je ferme les yeux, sinon j'aurais 2 200 femmes et ce n'est pas raisonnable. Ce n'est pas facile car les Sénégalaises sont très belles, mais il faut se dire qu'on ne peut pas les épouser toutes.

Votre première copine, vous l'avez eue à quel âge ?

Oh la la, je ne me rappelle plus et puis j'avais une peur bleue des femmes.

Pourquoi?

Boba da ma tiéré. Pendant ce temps-là, je n'étais pas «in» (rires). Et puis ma seule préoccupation était ma famille.

Vous aviez 16,17 ans...

Plus de 20 ans, cela ne fait pas longtemps quand j 'ai commencé à draguer les filles. Je vous ai dit que j'avais peur d'elles. Même avant d'être connu, j'avais un succès auprès des filles, mais j'avais peur de les aborder.

Et maintenant que vous êtes riche, vous n'avez certainement plus peur des filles ?

Non, maintenant je n'ai plus peur car Dieu m'a donné quelque chose.

Si je vous comprends bien, le rapport entre l'homme et la femme, vous le limitez à l'argent ?

Non. Mais cela en fait partie. Vous savez, si tu n'as rien, et que tu aimes une femme, cela devient compliqué le jour où tu auras un rival qui a du fric. Si, par malchance, le mec a une belle Voiture, tu feras tout pour en avoir. Alors comme je n'avais rien à l'époque, je refusais ce genre d'humiliation et préfèrais rester chez moi. Car je ne veux être avec une femme et ne pas la prendre en charge, c'est même honteux à la limite.

Vous dites tout le temps que vous êtes un super thiof, ce sont les filles qui ont l'habitude de vous le dire ?

Ce sont mes femmes qui me le disent. Elles m'appellent Nder Boy.

En venant, on a vu un Hummer et un Hover devant votre maison, vous aimez les voitures de luxe ?

Le président Wade m'a offert le Hover et je l'ai donné à ma femme. pour la voiture Hammer, ce sont deux amies gambiennes, qui me l'ont donnée après leur avoir dédié une chanson pendant une soirée qui s'était tenue en Gambie. La voiture que j'avais achetée est une 4X4 Mitsubishi et tout le monde la connaît.

En tant que citoyen, quel regard portez-vous sur le fonctionnement actuel du pays ?

ça va tres bien, mais il faut qu'on essaie de juguler l'inflation des prix des denrées de première nécessité.

Pour vous, qu'est-ce qui doit être la priorité de l'Etat, construire des routes ou essayer de diminuer les denrées de première nécessité ?

(Son chargé de com, Larrzine Fall intervient et griffonne sur un papier un mot "global" et le montre à Nder, qui le répète machinalement) je pense que c'est un processus global (il rigole)

(Lamine Fall intervient : je pense que votre question est tres sensible, je vais répondre.)

Vous n'êtes pas la star, on ne vous pose pas de questions, laissez Nder répondre, c'est un homme intelligent. M. Mbaye, en tant que père de famille, comment ressentez-vous les difficultés actuelles du pays ?

(Le chargé de Com écrit sur un autre papier "tout le monde n'est pas Wade») Comme tout le monde, je vis difficilement les coupures de courant, par exemple, et puis les factures, sont élevées. La vie est devenue très chère, mais comme je l'ai dit tantôt, tout ne peut pas se faire en un jour. Je suis en train d'écrire une chanson sur cela et le titre fera partie de mon prochain album.

Votre position actuelle en tant que politicien, est souvent critiquée par vos pairs. Ils disent que vous avez vendu votre âme ?

(Il s'énerve) C'est parce qu'ils sont méchants et je ne les gère méme pas. Car ils aimeraient être à ma place.

II paraît que vous deviez une trentaine de millions à Mamadou Konté, le défunt patron de Africa Fête.

(Surpris) Ah bon ! Vous savez, le jour de son enterrement, quand toute l'assistance était au cimetière, l'imam a dit que tous ceux qui doivent de l'argent à Mamadou Konté, n'ont qu'à lever la main et vice-­versa. J'ai levé la main et j'ai dit a haute et intelligible voix que je lui dois de l'argent. Je pouvais ne pas le faire, car dans ce genre de situation, l'imam le fait pour les dettes qui n'ont pas de décharge. Sa famille, son avocat, la structure (Africa Fête) avec laquelle nous travaillions, et moi-même, avons chacun une copie de cette dette. J'ai travaillé pendant 8 ans avec Mamadou Konté, on avait d'énormes problèmes dans Ie cadre professionnel et personne n'était au Courant. II s'occupait de tout, les voyages, la sortie des cassettes et j'en passe. Je lui dois de l'argent mais pas une trentaine de millions.

C'est combien alors ?

Je ne peux pas le dire ici. Je ne nie pas le fait que je lui dois de l'argent. Quelques jours avant son décès, il m'a appelé pour qu'on fasse les comptes, C'est comme s'il savait qu'il allait quitter ce monde Alors, je lui ai signé une reconnaissance de dette qui se trouve en ce moment chez son avocat et je pense que sa fàmille va rentrer dans ses fonds le jour de l'inventaire de ses biens pour son héritage, je suis un musulman et je ferai tout pour lui rendre son argent avant de quitter ce monde. Il ne m'avait pas donné du liquide, ce sont des sommes qui entraient dans le cadre de notre collaboration. C'est tout à fait normal d'avoir des dettes dans son lieu de travail.

Qu'est-ce que Mamadou Konté représentait pour vous ?

C'était un père, un manager. Il me devait aussi de l'argent, mais ce que je lui doit est beaucoup plus significatif. Car l'argent qu'il me doit n'est plus important. Aujourd'hui, on a des produits qui étaient sous sa responsabilité et il devait les écouler, notamment en France, mais il y'a un bureau au sein d'Africa Fête qui s'occupe de cela. Beaucoup de gens qui en parlent ne savent pas ce qui me lie à Mamadou Konté.

Quelle a été à l'origine de votre différend avec Demba Dia «Rock Mbalax» ?

Demba Dia ! Au nom du prophète, je ne suis pas au courant de ce que vous me dites.

Le problème de sono que vous avez eu...

(Il coupe) Non, mais c'était un malentendu, je lui avais donné de l'argent pour qu'il m'achète une sono et comme j'étais un pressé, je croyais qu'il voulait me rouler, mais Demba Dia est un type bien, et quelque temps après j'ai reçu la sono.

Etes-vous riche ?

Oui car le gens m'adorent

Vous avez combien de maisons ?

J'ai seulement une maison à Tivaouane et je l'ai achetée pour ma mère quand Abdoulaye Wade m'a donné de l'argent personnellement, je n'ai pas de maison.

Votre carrière professionnelle ne vous a pas permis d'acheter une maison, il a fallu l'intervention du Président Wade pour que vous en ayez, comment expliquez-vous cela ?

Parce que Dieu la décidé ainsi. Avec l'argent que le Président m'a donné, je pouvais acheter une maison aux Almadies, mais j'ai préféré en acheter pour ma maman d'abord. Ensuite, je vais en chercher pour moi.

Quels sont vos rapports avec les autres artistes ?

J'ai de très bons rapports avec eux, car je ne suis pas faux.

Qu'entendez-vous par «je ne suis pas faux» ?

Je veux dire que certains d'entre nous (les artistes) sont des hypocrites, quand ils vous voient, ils rigolent ci disent du bien de vous, mais dès que vous leur tournez le dos, ils vous poignardent.

Quels sont vos rapports avec les producteurs ?

Je n'ai aucun rapport avec eux car cela fait un bail que je produis mes albums. Car j'investis 20 à 25 millions et personne ne veut mettre cette somme dans mes produits.

Comment vous vous en sortez ?

Parfois, je ne m'en sors pas. pour l'album Courage, j'ai investi 25 millions et, à cause de la piraterie, j'ai perdu de l'argent dans cette affaire.

Quelles solutions proposez-vous pour lutter contre la piraterie et quels sont les gens qui tournent autour ?

Il y a des gens qui ont des machines pour dupliquer les cassettes et les donner à des revendeurs qui sont dans la rue.

Ne pensez-vous pas que ce sont les producteurs qui sont derrière cette pratique ?

Je pense qu'il faut qu'on respecte les artistes, car enregistrer une cassette qui n'est même pas encore sur le marché et qui se trouve dans la rue, c'est grave. Et cela ne peut provenir que d'un studio. Il faut que nous revoyons les structures et c'est très important.

Cela vous est-il déjà arrivé ?

Non, car je travaille avec des professionnels.

Vos chansons font pratiquement allusion à l'amour. Que cherchez- vous à prouver ?

Quand j'aime, je me donne à fond (rires). Je sais aimer, et je suis trop sentimental cause de ma mère. Elle m'a permis de connaître la valeur d'une femme.

Quel est le plus grand cadeau que vous avez fait à une femme à part la maison que vous avez offerte à votre mère ?

Rien n'est trop beau pour mes épouses, je leur achète de l'or, une voiture, je les envoie à la Mecque pour faire la Oumra et je pense à leur offrir une maison.

Quel est le plus beau cadeau qu'on vous a offert ?

Abdoulaye Wade m'a amené en France et m'a dit de chanter à la Sorbonne, on m'a montré dans le monde entier et ça je ne l'oublierai jamais.

Votre prochain album ?

Je prépare un album pour les vacances, je vais mettre quelques remix. Je prépare aussi un album acoustique et semi-acoustique pour le Sénégal et l'internarional.

Quels sont les musiciens qui ont participé à cet album ?

C'est vrai que ce n'est pas seulement le Setsima group qui va le faire, je suis en train de contacte d'autres musiciens pour avoir plus d'ouverture par rapport à ma musique.

Quels sont les musiciens que vous avez invités ?

A l'extérieur, je suis entré en contact avec certains musiciens, mais je ne peux pas dire leur nom car ce n'est pas encore concrétisé. -le prépare aussi des duos, avec des chanteurs sur le plan international comme Corneille, Akon ou Jean-Jacques Goldman. Cela va être difficile car je viens de perdre mon manager, je vais essayer de recontacter ces gens. Il (Mamadou Konté) est parti, et je pcnse que la meilleure chose à faire, c'est de continuer ce qu'il avait commencé pour moi pour ne pas le d écevoir.

Votre grand projet ?

Je veux faire un complexe culturel, mais aussi créer l'Apm (Afrique production musique).


[L'intégralité de l'interview] Alioune Mbaye Nder Musicien: ' Le Président Wade m’a offert un milliard Francs CFA'
Par AÏssatou Laye et AÏssatou Thioye ayda@weekend.se - aicha@weekend.sn
Source: Week End

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Mardi 24 Juillet 2007





1.Posté par Ngouri le 24/07/2007 14:45
WOOR NE YALAH ALIOUNE MBAYE NDER DAFA YEBATAI. MAI N'EMPECH JE S8 SON FANS NUMERO 1

2.Posté par décue le 24/07/2007 16:42
Je ne savais pas que nder était aussi nul. Là il vient de la confirmer.

ndékété éducation bakh na si nitt.

Ostentatoire, vantard, tu es.


3.Posté par Mbaye le 24/07/2007 16:56
NGOURI DOKHAL FOWI WAY, TA ENTENDU IL A BIEN DI KIL SE FOU DE SES FANS KE SES FANS NE SON PAS OBLIGER DE LE S8VR

4.Posté par KANDAO le 24/07/2007 17:25
Le président m'a offert un milliard. Un point c'est tout. Ce mec n'est nullement conscient de ce qu'il dit. L'histoire vous jugera toi et ton corrupteur de président. Le peuple sénégalais créve de faim et il ne se pose pas la question de savoir où abdoulaye wade a puissé ce milliard. Pour quelqu'un qui était fauché en 2000, il devient naturel de donner un milliard en 2007. GOR YOMBOUL. Je refusais de croire à ce que je prenais pour une rumeur, jusqu'à la lecture de ces lignes. Combien KARIM A RECU , ET SINDIELY, et VIVI. AKHOU SENEGAL BOULENE DALE DOU BAKH. NDER DAL YAYE DOME. C'est grâve.

5.Posté par maty le 24/07/2007 19:00
nder était bien parti! mais beug khaliss dinako yakhal lèp! la chanson et la danse moom, amou ci morom! mais yakh na lèp!

6.Posté par lazou le 24/07/2007 20:03
you alioune Mbaye Nder the best ever mother fucker i ever seen in my life ,you worst than a Pig and filty like a dirt because someone or who ever he is give you some money you willing to sold your soul ,you are the crap of the crap ,keep doing the good work you thing you doing kiss asssssssssssssssssssssssssss. mother fucker if you don't like it kiss my black asss

7.Posté par eva le 24/07/2007 20:30
à lire son interview on voit que nder tout ce qui l'interresse c'est l'argent. comme le dit l'autre diague bakhna

8.Posté par ndiog le 24/07/2007 20:50
qu'est ce qu'on a à foutre de ça nder boyy...j'aimai bien ton boulot ava,t,maislégui mome t'es vraiment nazzzz. 1/10

9.Posté par you le 24/07/2007 21:56
Cet Imbecile de Nder!

J'avais decide de ne pas lire l'article consacre a cet arriviste, mais il fallait que je decouvre quel genre d'individu nous avons a faire.
Je suis plus que decu et surpris par le manque de modestie et de savoir-vivre de cet individu.

Ne sait-il pas pas que l'argent mal acquis n'a point de lendemain?

Ne sait-il pas que l'argent que Wade lui a offert est l'argent du contribuable Senegalais?

Ces Senegalais qui n'arrivent plus a joindre les deux bouts.
Nder est l'individu le plus hyprocrite sur terre. N'est-ce pas lui qui avait chante les louanges de Diouf au temps ou il dirigeait le Senegal, jusqu'a obtenir untitre d'Ordre National du Lion? Aussitot apres l'evenement de l'alternance, il retourne sa veste pour confirmer qu'il est un veritable leche-cul.
Si Nder se permet de dire que ses fans ne sont pas oblige de le suivre, je suis persuade qu'il se croit une veritable star. Il y'a au Senegal des musiciens qui sont plus talentueux, plus professionels, et qui ont reussi par la sueur de leur front, car seul le travail bien fait paye.

Cet individu "Nder", je ne peux pas l'appeler "artiste" n'est qu'un minable. Il brille par son manque de savoir-vivre et manque de modestie. Ce President Wade qu'il adore tant, va quitter un jour et il doit savoir que Wade et ses camarades vont rendre compte quelque soit la maniere dont ils vont quitter. Un jour viendra ou tous les comptes seronnt reus et toutes personnes rsponsable sera juge.

Cet individu est plein de contradictions. Tantot il dit qu'il ne fait pas de la politique, tantot il dit le contraire, tantot il dit qu'il est avec Wade et non le PDS tout en sachant que Wade est le PDS car tout lui appartient dans ce parti.
Il a su profite d'une situation pour arnaquer Wade, tromper les autres musiciens de sa generation, et s'enrichir sur leurs dos. Qu'ils sachent que les Senegalais savent aimer, amis une fois qu'ils te lachent tu ne serviras plus rien. Je suis sur et certain que les Senegalais ne veulent plus de lui, ni de sa musique. Il pretend qu'il va produire un album, mais je vous assure que personne n'acheteras sa production.


10.Posté par khady le 24/07/2007 23:46
bravo wade doli nou.Cher senegalais reveillez vous,. Nder ment parce que il a louer des apartement a cote de chez nous a maristes 1 et 2 ou ses deuxfemmes vivent.allal na la mak.


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