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L’ambassadeur du Sénégal à Banjul parle des rebelles du Mfdc emprisonnés en Gambie : ‘Le Sénégal ne peut pas intervenir à cause de leur double nationalité’

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Une dizaine de membres du mouvement irrédentiste de Casamance se trouvent en détention en Gambie depuis près d’un an. Et parmi ces rebelles du Mfdc se trouvent des ‘colombes’ comme Ibrahima Magne Diémé qui œuvrait pour la paix en Casamance. Mais les autorités de Dakar semblent ne pouvoir rien faire pour eux parce que, selon l’ambassadeur du Sénégal à Banjul, la plupart d’entre eux ont la double nationalité. Une affaire qui n’a aucune incidence sur la coopération entre les deux pays qui est au beau fixe, d’après l’ambassadeur Mamadou Fall.

Le Sénégal hésite à s’impliquer pour la libération des rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc) emprisonnés en Gambie. La révélation a été faite par l’ambassadeur du Sénégal en Gambie, Mamadou Fall, dans un entretien accordé à des journalistes sénégalais présents à Banjul mercredi dernier avec une délégation de la mairie de Rufisque en cérémonie de jumelage avec la commune de Kanifing. Et si les autorités hésitent autant, c’est parce que, explique le diplomate sénégalais, ‘ces rebelles qui sont plus d’une dizaine, quinze pour les uns et douze pour les autres, ont la double nationalité. Beaucoup de ces maquisards sont Gambiens et Sénégalais et d’autres sont Bissau-Guinéens et Sénégalais. Et cela pose problème. La Gambie a des difficultés pour classer ces rebelles selon tel ou tel pays. C’est un cas compliqué pour les deux pays’, souligne l’ambassadeur du Sénégal à Banjul. Parce que, précise le diplomate sénégalais, ‘la protection diplomatique ne prend en charge que ceux qui ont la nationalité exclusive du pays’.
La justice gambienne accuse ces rebelles du Mfdc de trafic de document. En fait, les membres de la branche armée du Mfdc faisaient de la Gambie leur lieu de repli. Mais depuis des mois, des difficultés ont surgi. C’est ainsi que plusieurs rebelles ont été arrêtés. Ils seront maintenus dans les liens de la détention des mois durant, avant d’être inculpés par la justice. Et c’est ainsi que le jeudi 4 octobre 2007, la justice gambienne a accusé de tentatives de coup d’Etat huit d’entre eux. Parmi ceux en détention figure Ibrahima Magne Diémé qui s’était rendu en Gambie pour soigner son asthme. Il s’en est suivi l’arrestation d’Abdoulaye Diédhiou, chef de l’aile politique du Front Nord et héritier de feu Sidy Badji, ancien chef d’état-major du maquis. Abdoulaye Diédhiou s’était rendu à Banjul pour négocier la libération de ses camarades et le malheur s’est abattu sur lui. En fait, la justice gambienne, lasse de rechercher sans résultat le colonel Ndur Cham, auteur de la tentative de putsch manquée, s’est rabattue sur les rebelles casamançais pour les faire parler.

Pour leur libération, le président Wade avait, à l’époque, dépêché une délégation conduite par le ministre d’Etat Serigne Diop, qui n’avait reçu que des assurances de la part des autorités de Banjul. Les cadres casamançais y ont aussi activité leur réseau de relations, mais en vain. L’emprisonnement des rebelles du Mfdc est un coup dur pour le camp de Magne Diémé qui s’était pourtant rapproché des autorités sénégalaises pour aller vers une paix durable.

Par ailleurs, sur les 750 000 Sénégalais résidant en Gambie, seuls trois se trouvent en prison, selon l’ambassadeur du Sénégal en Gambie, Mamadou Fall. ‘C’est un chiffre très en deçà de celui concernant les ressortissants de certains pays. Cela prouve que les Sénégalais sont bien traités en Gambie’, apprécie le diplomate. Cependant, les Sénégalais de Gambie éprouvent des difficultés non moins importantes.‘Un certain nombre de problèmes reste encore à régler. Au sommet des chefs d’Etat, des dossiers ont été préparés, il reste maintenant à les finaliser. Voilà pourquoi il est urgent que les deux chefs d’Etat se retrouvent’, explique le diplomate sénégalais. Ces difficultés sont liées entre autres à l’Alliance carte, une taxe de 20 000 francs que payent les étrangers en Gambie. ‘Cela pose d’énormes problèmes aux familles nombreuses qui demandent sa suppression. Il y a aussi que les Sénégalaises payent quatre à cinq fois plus cher dans les structures sanitaires que les Gambiennes pendant les accouchements et les soins sanitaires. Les Sénégalais veulent être mis dans les mêmes dispositions que les Gambiens’.

Paix en Casamance : Farba tombe dans son propre piège

Le ministre Farba est-il tombé dans son propre piège dans sa stratégie de recherche de la paix en Casamance ? La question est sur toutes les lèvres depuis que lui et ses sages ont été éconduits à l’université de Ziguinchor. Selon les observateurs de la scène, dans cette crise, il faut partir des frustrations ressenties par les populations avant de mettre sur pied un vaste programme de développement spécifique à la région. ‘Une paix véritable passe forcément par une sensibilisation dans les écoles et les villages. Nous avons remarqué que Farba veut aller plus vite. Pour lui, la crise ne semble pas importante du point de vue de sa gestion’, se désole cet ancien facilitateur qui déplore également les multiples gestionnaires de la crise nommés depuis l’alternance. ‘Il faut que le président confie le dossier à des gens qui ont des rapports directs avec le Mfdc, qui connaissent la région et des personnes externes au conflit’. Pourtant, nous apprend-on, le Général Fall et son équipe avaient réussi, dans la discrétion, à regrouper les rebelles dans des axes. D’après tous nos interlocuteurs, pour réussir dans la mission de paix, il faut servir de meilleurs arguments aux rebelles et aux populations. ‘Car si les populations sont toujours prêtes pour la paix, prêtes à retourner dans leur village, le processus de paix est toujours bloqué alors que les revendications des rebelles ont évolué depuis les accords de 2004’, constate l’un d’eux.

C’est pourquoi, ils recommandent que ‘soient tenues au préalable des assises inter Mfdc, comme cela a été toujours souhaité par les rebelles, d’autant que Salif Sadio est aujourd’hui dans de bonnes dispositions, avant d’organiser des négociations à un haut niveau’. Mais pour nos sources, ‘on aura beaucoup besoin de l’aide de certains pays de la sous-région parce que le conflit a fini par déborder au niveau des pays limitrophes’.

Source: Walfadjri

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Lundi 7 Juillet 2008


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