« Le Sénégal n’a pas beaucoup profité des avantages de l’Agoa ». La remarque est de l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Sénégal, Mme Marcia S. Bernicat. Elle l’a formulée le 8 mars dernier à Dakar.
Rappelons que l’Agoa (en Anglais) est la Loi américaine sur la croissance et les opportunités, à laquelle le Sénégal est éligible depuis 2000. Elle offre à notre pays la possibilité d’exporter vers le pays de l’Oncle Sam six milles produits, au profit des artisans et agriculteurs. Mais, seuls 67 produits sont exportés jusque-là ; soit près de 1 % ! C’est le choix des autorités qui explique ce très faible taux.
En lieu et place d’appuyer et d’encadrer les artisans et agriculteurs, le président Wade privilégie le train de vie de l’État. Mme Awa Ndiaye, à l’époque ministre de la Famille prétend avoir acheté des cueilleres à 37 500 francs Cfa l’unité ! L’état est plus soucieux de la construction de routes dans une partie réduite de la capitale sénégalaise, grâce aux fonds de l’Organisation de la conférence islamique, dont l’agence nationale était gérée par le fils du président. La porte était ouverte pour qu’il surfacture un kilomètre de route à 7 milliards, un faux tunnel à 10 milliards, son bureau à 750 millions, etc. Il ne se déplace plus qu’en jet privé.
Le Sénégal n’a pas encore profité de l’Agoa, parce que le président Wade n’est soucieux que de se maintenir au pouvoir. C’est ce qui fait que pour chacune de ses mobilisations, il débourse des milliards. Combien d’artisans pouvaient profiter des millions que l’on donne en guise de « cadeaux », des milliards dissimulés dans les surfacturations et ceux dépensés dans les mobilisations politiques ?
Pourtant la majorité des Sénégalais tirent leurs revenus d’activités agricoles et artisanales. Le développement du pays passe par le secteur primaire et l’informel. Mais Wade l’économiste n’est préoccupé que de son pouvoir et de sa famille.
La Redaction