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L’ALTERNANCE POLITIQUE DE MARS 2000: Une erreur de jeunesse.

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Par un concours de circonstances à la fois internes et externes, le peuple sénégalais majoritairement jeune, est tombé dans le piège de Wade en 2000.

Contrairement à la quasi-totalité des Etats africains, le Sénégal à échappé aux coups d’Etats militaires et aux vents des conférences nationales qui ont balayé le continent africain au début des années 90.

Cette BARAKA notre peuple l’a doit entre autres, et largement au géni et à la sagesse du Président Senghor qui opta à l’indépendance de bâtir un Etat (une somme d’institutions) à la place de l’empire familial qui semblait être le modèle de bien de Chefs d’Etats à l’époque. Il a consacré nos maigres ressources à l’éducation et à la formation d’un citoyen model qui échappe à l’emprise des dérives de l’ignorance qui ont souvent conduit ou contribué à alimenter les foyers de tensions. Il a progressivement mis en place et/ou renforcé les institutions, puis aidé à leur rayonnement par le biais de l’éducation et de la formation du citoyen.

Le fondateur du Parti Socialiste et père de l’indépendance venait ainsi de jeter les bases d’un Etat démocratique moderne et par conséquent stable. Un Etat où les conflits religieux, tribaux et les coups d’Etats militaires n’avaient pas de place car les citoyens avaient foi en leurs institutions et confiance dans l’avenir.

Le Président Abdou Diouf renforcera ces acquis en faisant sauter le verrou de limitation des partis politiques dans un premier temps, puis la libéralisations des ondes qui permis l’éclosion des radios et organes de presse privés , offrant ainsi au Sénégal un espace d’expression, d’échanges et de dialogue qui a largement participé au renforcement de notre démocratie et à la stabilité du pays.

Les différentes forces sociales que sont les politiques, les syndicats, les religieux … ont trouvé dans ces espaces d’expression que sont les médiats privés que le géni et la volonté politique du régime socialiste du Président Diouf venait de mettre en place, un formidable outil de formation et d’éducation des masses.

Alors le Président Senghor ayant posé les fondations d’un Etat démocratique moderne que le Président Diouf renforce et élargi ; le peuple sénégalais venait de satisfaire ainsi un besoin grégaire celui de l’égalité entre ses fils devant le savoir, l’avoir et le pouvoir, mais aussi et surtout celui de la liberté d’expression et d’initiatives.

Une fois ce besoin satisfait, notre brave peuple à naturellement et légitiment voulu approfondir sa démocratie (la théorie de la hiérarchisation des besoins de Maslow). Une démocratie à laquelle ne manquait plus que l’alternance du pouvoir par le biais des urnes.

A ce facteur interne qui nous précipita au piège de Wade en 2000, s’ajoute un paramètre exogène relatif aux politiques d’ajustement structurelles auxquelles notre pays, tous comme la quasi-totalité des pays dits alors, pays-sous développés ne pouvaient échapper.

Les choques pétroliers des années soixante dix conjugués à une agriculture manuelle fortement tributaire d’une pluviométrie instable et le tout dans un système de commerce mondial inéquitable ont largement freinés l’élan de nos économies, obligeant nos dirigeants à recourir aux concours des bailleurs internationaux comme le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale dont nous, nous souvenons tous les conditions d’intervention d’alors. Cette dernière à d’ailleurs avoué son échec et le nouveau patron du FMI promet aussi des réformes.

Des conditions qui se sont traduites entre autres par d’abord les privatisations à outrance de l’essentiel des entreprises dont l’Etat est propriétaire ou majoritaire au capital sans souvent une prise en charge réelle des intérêts de milliers de familles des travailleurs poussant ainsi les syndicats dans la rue.

Ensuite la réduction, voire la suppression dans certains cas des ressources publiques destinés à des domaines vitaux comme l’éducation, la santé et l’administration (suppressions des internats et de la gratuité des fournitures scolaires, des bornes fontaines publiques, l’arrêt des recrutements pour le renouvellement du personnel dans la fonction publique, arrêt des subventions aux producteurs agricoles, bref toutes ces mesures anti sociales mises en places par des banquiers froids n’obéissant qu’à une logique financière.

Ces politiques austères et anti sociales auxquelles aucun Etat sollicitant l’intervention du FMI et/ou de la BM ne pouvait se soustraire, le Sénégal sous Abdou Diouf les conduisit avec brio au point de rétablir les grands équilibres à la fin des années quatre vingt dix.

Malheureusement, ces plans d’ajustement structurels avec leurs corolaires vont beaucoup chauffer le front social, les syndicats des travailleurs de tous les secteurs victimes des licenciements économiques du fait des privatisations des entreprises, les syndicats d’élèves et étudiants qui étouffent dans les lycées et universités du fait de manques d’infrastructures, d’enseignants et de personnel administratif avec la quasi interdiction de recrutement dans la fonction publique et aussi l’arrêt des subventions aux agriculteurs et l’ajustement des prix aux producteurs agricoles à ceux du marché mondial ont mis à jour et cristallisé la demande sociale. Les recrutements dans la fonction publique repris par le régime de Wade avec la propagande à outrance sont le résultat des ajustements structurels conduits par les socialistes sous Diouf.

Alors, la volonté du peuple sénégalais d’approfondir et conforter sa démocratie en expérimentant l’alternance du pouvoir politique par la voie des urnes d’une part et les conséquences des plans d’ajustements structurels d’autre part ont précipité le Sénégal dans la gueule du loup en 2000. Ce n’est pas l’échec du régime socialiste que les sénégalais ont sanctionné en mars 2000, c’est plutôt l’aboutissement d’un processus de l’œuvre démocratique initié par le père du Parti Socialiste Abdoulaye Wade au regard du niveau d’organisation de son parti en 2000 n’a pas joué un rôle actif dans le processus qui conduisit à l’alternance politique le 19 mars 2000.

Les restes d’un Parti Démocratique Sénégalais inorganisé, agonisant tel un vieux crocodile hors de l’eau a saisi la perche tendue par gauche fumiste pour bondir sur une proie quasi hors de danger car les différents plans de redressements Sakho/Loum tiraient à leur fin. Les grands équilibres macro économiques étaient rétablis (cf le livre du Premier Ministre Mamadou Lamine Loum).

Aux faits comment une population majoritairement jeune par conséquent idéaliste, avide de nouveaux horizons de liberté d’une part et tenaillée par des politiques d’ajustements structurelles d’autre part, pouvait échapper aux ruses et leurres d’un vieux politicien ?

Abdoulaye Wade contrairement à tous les opposants en Afrique jouissait d’une liberté totale grâce à l’Etat de droit que Senghor et Abdou Diouf avaient mis en place. Il se rendait en toute liberté dans tous les coins et recoins du Sénégal, tenant des meetings de jour comme de nuit promettant monts et merveilles sans jamais être inquiété. Wade a évolué dans un terrain largement favorable et en a profité pour multiplier les leurres en promettant tout ce qu’il y avait de meilleur dans le meilleur des mondes. Excellant dans la propagande et la politique politicienne, il s’est battu pour faire supprimer la caisse de péréquation et de stabilisation des prix arguant que la libéralisation de la filière riz et du sucre allait conduire à la baisse des prix : 60 f/kg de riz nous disait-il ? Il s’est érigé contre tous les mécanismes propres au socialisme qui permettaient de stabiliser les prix et protéger les couches défavorisées.

Les néolibéraux, militants du PDS de la 25eme heure comme Iba Der Thiam, Bacar Dia, Mamadou Diop Decroix et tous les autres laudateurs nés qui n’ont à la bouche que les 40 ans du PS conviendront certainement avec moi que ne serait-ce que l’Etat de droit qui consacre et garantit les libertés d’expression et d’initiatives mis en place par le régime socialiste n’a pas de prix. Sans la grandeur et l’esprit démocratique des Présidents Senghor et Diouf, l’initiative malheureuse et regrettable de l’opposant Wade de fonder le PDS en 1974 serait étouffée dans l’œuf tout comme bien d’initiatives d’opposants en Afrique après les indépendances.

En somme les Wade et les néolibéraux sont incontestablement les bénéficiaires de l’alternance politique du 19 mars 2000. Les perdants sans doute les véritables militants du PDS mais aussi et surtout la jeunesse sénégalaise qui paie actuellement la facture de ce qu’il convient d’appeler « une erreur de jeunesse »

Le mérite de Wade dans l’alternance politique du 19 mars 2000 est insignifiant comparaît aux rôles joués par les Présidents Senghor et Diouf respectivement père et produit du Parti Socialiste.

Sayf Allah Balde
Vision Socialiste,
Secrétaire Général de la Coordination départementale PS de Vélingara,
Membre du Bureau Politique du Parti Socialiste

Source: Sud Quotidien

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Vendredi 16 Novembre 2007





1.Posté par amoctad le 16/11/2007 12:46
oh! c'est une bel analyse meme si j'ai certain reserve sur certains point. Mais c bien ecrit.


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