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Keur Mbaye Fall : Les jeunes veulent bloquer le cortège présidentiel

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La commune de Keur Mbaye Fall entend laver l’affront des morts successifs qui hantent leur sommeil depuis des mois. Alors qu’ils avaient organisé une marche «sans résultat» et barrer la route «sans effet», ils comptent pousser le bouchon plus loin afin d’attirer l’attention de l’Etat. Mais si ces jeunes imputent la responsabilité à l’Etat, d’autres plus sceptiques évoquent la présence de djinns sur cet axe réputé dangereux ou encore la défaillance technique des véhicules. Mais quoi qu’il en soit, les jeunes semblent déterminés et comptent interpeller le Président Abdoulaye Wade lors du passage de son cortège demain en direction de Touba.



Keur Mbaye Fall : Les jeunes veulent bloquer le cortège présidentiel
Il était une fois, la quiétude commune de Keur Mbaye Fall. Une bourgade nichée entre Keur Massar et Grand Mbao sur la route de Rufisque. Il y a quelques années encore, cette localité brillait par son environnement flegmatique. Point de monde qui puisse troubler la fluidité de la circulation sur cet axe de la route nationale N°1.

Une dynamique de peuplement s’est emparée des lieux dans les années 1980 suite à la surenchère sur le foncier dans le centre ville et la crise de l’économie rurale. Depuis les années 1990 donc, Keur Mbaye Fall nourrit son peuple et agrandit son espace. Aujourd’hui, cette commune ne compte pas moins de 18 000 âmes, selon le chef de quartier. Une explosion démographique qui n’est pas sans conséquence : l’axe routier à hauteur de Keur Mbaye Fall est devenu le plus meurtrier de Dakar. Les morts se comptent par dizaine, selon les habitants qui ont encore le cœur meurtri par l’accident mortel survenu la semaine dernière et qui est à l’origine d’un ras-le-bol longuement contenu et qui s’est déversé sous forme d’émeutes.


Jusqu’à samedi dernier, les riverains étaient encore sous le choc. Sur le long de la route menant vers Rufisque, les stigmates de la dernière manifestation des jeunes de Keur Mbaye Fall étaient bien visibles. Sur les lieux, les gendarmes veillent au grain et aident à la circulation des passants. Des forces de l’ordre qui, selon certains riverains, sont pourtant là depuis deux mois maintenant dans le cadre du plan Orsec, mais qui ont assisté «impuissants» au dernier cas d’accident.


C’est dans une colère démesurée que les jeunes de la localité, regroupés dans une association, ont tenu une assemblée générale samedi dernier afin de définir les stratégies de riposte face à cette recrudescence des accidents mortels sur Keur Mbaye Fall et au «mutisme» dont font montre les autorités… du pays. Selon Abdou Sy, qui s’est entretenu avec la presse après une assemblée générale houleuse entre des jeunes divisés sur l’option à envisager (utilisation de la voie légale ou illégale), ils vont laver l’affront des dizaines de familles éplorées qui pleurent encore leurs morts. Car bien des hommes ont laissé leur vie sur cet axe. Du fondateur du village au muezzin en passant par un infirmier chef du poste de santé de la localité, la liste est loin d’être exhaustive.

ALERTE AU CORTEGE DE WADE
Après des marches, des pneus calcinés sur le long de cet axe et des affrontements avec les forces de l’ordre qui ont fini de plonger Keur Mbaye Fall dans un état de siège, les jeunes estiment aujourd’hui qu’il faut passer à la vitesse supérieure. A en croire encore Abdou Sy, les autorités municipales sont d’ores et déjà exclus des initiatives prises. Cette fois ci, assure t-il, ils vont régler leur problème avec leurs propres moyens. Pour l’instant ils pensent sérieusement attirer l’attention du président de la République qui va passer sur cet axe pour rejoindre la ville de Touba mercredi prochain. Si d’aucuns souhaitent décorer Keur Mbaye Fall de drapelets rouges et accueillir le chef de l’Etat avec un concert de huées, d’autres souhaitent faire de sorte que le chef de l’Etat immobilise son véhicule afin d’entendre le cri de cœur des habitants. Tout est envisagé pour donner un signal fort à l’Etat.

Car de l’avis d’Abdou Sy, les chauffeurs ne sont en rien coupables de ces accidents, c’est l’Etat qui doit prendre ses responsabilités en mettant un pont sur les lieux ou tout simplement ériger un sens giratoire avec des feux pour sécuriser les habitants. Faute de ces mesures qu’ils disent réclamer depuis le début des morts successifs le 12 juin dernier, ils ne sont plus en mesure de suivre la voie de la légalité. Selon une confidence d’un «proche du maire», ce dernier a dit chercher «en vain» du soutien au plus haut niveau de l’Etat.

Face à leurs certitudes, Abdou Sy et compagnie bandent leurs muscles et disent attendre Me Wade de pieds fermes.

Source: Le Quotidien

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Mardi 11 Novembre 2008




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