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KAMALDINE « Des fiancés m’ont fait des coups ignobles »

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Outre sa voix douce, sensuelle, mélodieuse et captivante, Mama Aïssata Kamaldine Konté n'en est pas moins charmante et talentueuse. La sirène de Guinée est, sans nul doute, la nouvelle princesse de cette musique mandingue aux influences hindoues. Meilleur artiste féminin de l'Afrique de l'Ouest en 2004- les Kora en Afrique du Sud - l'artiste guinéenne établie au Sénégal est plus que jamais au faîte de son art, la musique. Dans cet entretien, l'artiste revient entre autres sujets, sur son dernier album, G'bileax (retour), un message aux émigrés clandestins, ses projets, sans oublier de parler de sa vie amoureuse. Sur ce dernier point, s'indigne-t-elle, «les fiancés m'ont fait des coups bas extraordinaires et ignobles ».



KAMALDINE « Des fiancés m’ont fait des coups ignobles »
Walf Grand-Place : Née dans une famille religieuse, comment en êtes-vous venue à faire de la musique ?

Kamaldine : Dieu est maître de notre destin. Et j'ai un don en musi­que. Donc je me suis rendue compte que je peux réussir dans cet art. Mais, c'était très dur au début car mon père, qui est un soufi, ne voulait pas que je fasse de la musique. II fallait s'armer de courage et de patience.

En plus, je dois rappeler que j'étais en contact permanent avec de grands musiciens comme Doura et son groupe Taylor Système. Et j'ai commencé à chanter entre 1l et 12 ans. Mais c'est l'âge de 14 arts que j'ai entamée ma carrière musicale.

Commencer une carrière musi­cale à l'âge de 14 ans voudrait-il dire que vous n'avez pas fait de longues études?

A vrai dire, j'ai arrêté les études à l'école primaire en classe de Cml. Cependant, j'ai fait aussi la couture.

Vous avez un style musical très particulier qui est un métissage de musique mandingue et hin­doue.

Il est vrai ma musique est un mélange de styles. L’influence hin­doue vient du fait que je ressemble à une hindoue. Sincèrement, le style hindou n'est qu'un rêve d'enfant. J'ai été beaucoup influencée par les films hindous: Les femmes hin­doues sont très bel­les, dans une rue de paris, me voyant habillée comme une hindoue, trois hindous m’ont longtemps suivie et me parlaient dans leur langue que je ne comprenais pas.

Et je puis vous dire qu'il y a des Hindous plus noirs que moi. A mon avis, les plus grandes chanteuses du monde sont les Hindoues avec leur voix fine et très aigue.

Expliquez-nous le titre de votre dernier album G'bilen qui veut en français «retourne».

G'bilen veut dire le retour au pays. Dans ce morceau, je m’adresse aux émigrés. Ensemble, nous constatons que les jeunes fuient l'Afrique parce que disent-ils, il y 'a trop de problèmes sûr le continent.

Et je profite de l'occasion qui m'est offerte à travers cette interview pour m'adresser aux jeunes qui prennent les pirogues de fortune pour se rendre à l'étranger sous pré­texte que la vie est dure en Afrique. Il faut qu'on se dise la vérité, la situa­tion n'est pas aussi catastrophique au point de pousser tous ces jeunes à se jeter en mer. L’émigration clan­destine aurait sa raison d'être, donc compréhensible, si le continent était déchiré par des guerres fratricides. Or, tel n’est le cas. Pourtant, nous restons convaincus que l'Afrique ne va jamais se développer sans les Africains, notamment sans cette frange importante de sa population, je veux parler de sa jeunesse.

Nous (les jeunes, Ndlr) consti­tuons l'avenir de ce continent. Les problèmes de l'Afrique se sont les africains (elle insiste). II faut rester en Afrique pour affronter les difficultés à fin de leur trouver des solutions durables. Car, le continent a assez de richesses pour se développer.

«L’Afrique a assez de richesses pour se développer», dès lors ne pensez-vous pas que c'est à cause de la mauvaise gestion de nos ressources par les gouver­nants? Confrontés au chômage, à la pauvreté et aux conditions vie de plus en plus précaires, que les jeunes prennent les pirogues pour aller chercher du travail ailleurs, «le bonheur» au prix de leur vie.

Il est vrai que le chômage et la pauvreté sont des réalités que nous vivons tous les jours dans tous les pays d'Afrique. Une fois de plus, il faut affronter les problèmes. Je reconnais que c'est très difficile de sortir de l'université avec des diplô­mes et ne pas trouver du travail pour gagner sa vie. Il est évident que les tenants du pouvoir ont une grande part de responsabilité dans cette détresse des jeunes. Mais à mon avis, quelle que soit la situation, il faut se battre. Les problèmes naissent pour être résolus. Et ce n’est pas non plus, parce que c’est difficile que l’on doit dire aux jeunes d'aller se jeter en mer au prix de leur vie. Maintenant, les leaders d’opinion comme les musi­ciens doivent mettre l'accent sur la sensibilisation. Que les gouvernants sachent réellement les problèmes auxquels les jeunes - qui constituent l'espoir du continent - demeurent confrontés.

Par conséquent, il ne faut pas dire : «j'ai tout essayé, ça n'a pas marché donc je vais me jeter en mer ». Je demeure convaincue que si on essaye tout ça va marcher.

Qu'en est-il de la promotion de votre dernier opus qui reste mal connu au Sénégal?

La promotion marche bien, même si tel n’est pas le cas au Sénégal. (Rires) Ce qui est un para­doxe, car je vis dans ce pays. Je vous informe que nous avons fait des tournées africaines et internationa­les. La preuve; je suis revenue d'une tournée il y ajuste une semaine (l'in­terview a été réalisée le 24 décembre 2007).

Nous allons aborder mainte­nant un autre sujet. Il s'agit des divorces dans le milieu artisti­que. Avant tout, êtes vous mariée?

Ah bon (elle semble surprise par cette question)! Vous voulez savoir si je suis mariée? En me voyant (rires), je ressemble à une grande demoi­selle ou à une dame? A votre avis je ressemble à qui?

Je ne saurais répondre à votre place ...

Mariée ou pas, je suis une reine, une vraie femme africaine (rires).

Comment analysez vous la récurrence de ce phénomène dans le milieu artistique? Est-ce que la vie artistique est incom­patible à celle conjugale?

Aujourd'hui, avec les problèmes inhérents à la vie, seuls un amour réciproque et une compréhension mutuelle peuvent aider un couple à surmonter toutes les difficultés.

D'ailleurs, en Islam, on dit que quand ça ne va pas dans un couple, mieux vaut se séparer. Ce qui est grave, c'est l'hypocrisie.

Je ne suis pas contre le divorce, si les gens ne peuvent plus vivre ensemble.

Avez-vous été victime de trahi­son en amour?

Qui n’a pas eu de déception dans sa vie, en amour?

Moi, je n'ai jamais eu de décep­tion en amour...

(L'air étonné) Vous? Votre coeur ne fonctionne pas alors. Et c'est la première que je vois quelqu'un qui n'a jamais eu de déception en amour. J'aimerais vraiment entrer dans ton école (rires). Sincèrement, j'ai eu deux déceptions d'amour dans ma vie, même si là deuxième est moins grave que la première. Des fiancés m'ont fait des coups bas extraordinaires, ignobles. C'est peut-être dû à mon âge aussi, parce que j’étais très jeune en ce moment.­ Cependant, à l'heure où je suis, si quelqu'un essaye de jouer avec mes sentiments, il va mourir (rires). Les femmes doivent être toujours bien traitées et choyées...

Dès lors, peut-on considérer le mariage comme un contrat dans les affaires? Ça marche on est ensemble, dans le cas contraire, on rompt?

II y a trois choses dans une vie de couple ; l'amour, la maturité et la compréhension. Dès lors, il ne suffit plus d'être avec l'homme ou la femme qui t'aime mais, il faut que les gens soient assez matures et compréhensifs avant de se marier. Aujourd'hui, la règle consiste à dire à la fille de se marier avec l'homme qui l'aime et qui est prêt à faire n'im­porte quoi pour elle.

Il y a problème à ce niveau: Car, les gens ne font pas la différence entre aimer quelqu'un ou la désirer. Or, si l'amour est éternel tel n'est pas le cas pour le désir. Il est très éphé­mère (elle insiste).

Or, sincèrement ce sont les hom­mes qui pourrissent la vie des fem­mes (rires). Je vous donne l'exemple d'une femme qui gagne 500 F par jour, et parvient à s'assurer les trois repas de la journée avec cette somme. Un homme débarque dans sa vie et lui donne 5000 F par jour. La femme croit avoir obtenu une sécu­rité sociale, elle accepte le mariage et se retrouve avec moins de 500 F par jour. Je veut dire par-là que c'est à cause de vous (elle pointe du. doigt votre serviteur, visiblement irritée), les hommes que les femmes sont devenues des opportunistes, des matérialistes. Pour satisfaire leur désir sexuel, les hommes racontent toutes sortes d'histoires. C'est de l'égoïsme. Et chez nous, on dit que si les feuilles des arbres étaient de l'ar­gent, les femmes vont se transformer en singe pour:(rires).

Changeons de sujet pour parler de la piraterie, existe-t-elle en Guinée?

Les pirates en Guinée (rires)! Je dirais que les pirates sont dans le vent, dans l'air. Nous respirons la piraterie partout. Toutefois à propos des pirates, je ne peux pas les insul­ter, ni les maudire mais ce qu'ils font, fait très mal. J'ai été piratée. Et le premier jour où j'ai vu mon Cd dans les rues sans mon autorisation, j'étais tombée malade la nuit.

C'est inimaginable voire incroyable. Ecrire ses textes, faire la composition, la mélodie, entrer en studio ...tout ça demande beaucoup de travail. Les pirates n'attendent que le produit fini pour se remplir les poches. Nos Cd sont vendus dans les rues comme de petits pains. Ça fait très mal. Puisqu'ils sont des croyants (les pirates) et après avoir lu ce que je viens de dire, j'espère qu'ils vont arrêter. Car, chrétiens ou musulmans nous croyons tous au jugement dernier et chaque individu ne récoltera dans l'au-delà que ce qu'il a semé dans ce bas monde. San nul doute, la piraterie est pire que le vol. Par conséquent, le jour du jugement dernier, les pirates trouveront dans leurs sacs des bouteilles d'acide, de citron et des gros ser­pents venimeux (elle insiste visible­ment irritée).

Quelle est la date de sortie de votre prochain album?

Incha Allah, mon prochain album sera sur le marché au plus tard au mois mars 2008. II y aura une cassette et un cd. Comme ça ceux qui n'auront pas le prix du Cd, vont se contenter de la cassette qui coûte moins cher. Dans ce nouvel opus, j'ai chanté l'amour qui nous empêche de manger, de dormir, de nous épa­nouir... J'y lance aussi un appel aux hommes qui crient sous les toits que les femmes sont des matérialistes. Je donne beaucoup de conseils surtout en amour. La preuve, les déceptions en amour poussent certains à se sui­cider. C'est vraiment compliquer l'amour.

En dehors de la musique, avez-­vous d'autres projets?

J'ai beaucoup de projets parce que je rêve beaucoup. J'ai, surtout des projets pour les enfants. Même s'il est très difficile de lutter contre la pauvreté, il reste évident que dans la vie, il y aura toujours des riches et des pauvres.

Néanmoins, mon rêve consiste à construire une maternité, une pédiatrie et une grande école pour les enfants. Dans ces structures, tous les services seront gratuits. C'est mon rêve le plus cher. Et je profite de l'occasion pour remercier tous ceux qui se battent corps et âme pour le mieux-être des enfants. La promo­tion des droits de l'enfant africain interpelle chaque Africain. En tant que artiste, je compte jouer ma par­tition dans ce combat.

Maké DANGNOKHO

Source: Walf Gran Place

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Vendredi 4 Janvier 2008





1.Posté par ... le 04/01/2008 12:10
Tu es naturelle et trés belle!!!!!!!!!!!!

2.Posté par Paco le 04/01/2008 16:00
Bravo, féllicitation
je suis très content de cet entretien et moi qui croyait que tu faisais parti des soit belle et toi

3.Posté par Paco le 04/01/2008 16:04
je souhaite de tout coeur que ton rêve pour les enfants se concrétise!!!

4.Posté par peul le 05/01/2008 01:22
Trés belle mais toi aussi tu as brisée beaucoup de coeur y compris le mien (rires)

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