Référence multimedia du sénégal
.
Google

Jeu mortel à trois: Idrissa Seck - Le come-back timide

Article Lu 1540 fois

On attendait mieux du retour d'Idrissa Seck dans le Parti démocratique sénégalais. Il n'a même pas réussi à surprendre les Sénégalais. Depuis l'en­tame du second mandat de Me Abdoulaye Wade, les observa­teurs se demandaient quand Seck allait revenir au PDS. Quand allait-il mettre un terme à tout ce charivari chez ses par­tisans qui se croyaient toujours en opposition dans leur parti croupion qu'on aurait pu quali­fier « de contribution » davan­tage que le PDS de 1974 face au tout puissant UPS de Léopold Sédar Senghor ? Finalement, Seck va sauter le paillasson de la maison Wade pour retourner dans la cour paternelle après une fugue de plusieurs mois.



Jeu mortel à trois: Idrissa Seck - Le come-back timide
Le président Wade l'a dit en y mettant les formes, c'est-à-dire en feignant une grosse colère contre le « malheureux » Omar Sarr : Seck reviendra de lui-même. On ne lui déroulera pas le tapis rouge et il n'y aura pas d'accueil triomphal. Il pous­sera la porte d'entrée et revien­dra dans la maison comme si de rien n'était. Point barre. Dans le cas d'espèces, d'aucuns diront que ce sont des retrouvailles, mais cela ressem­ble fort à une capitulation sans condition, une reddition pure et simple, un drapeau blanc agité avec vigueur par un défait qui ne veut pas subir un assaut final. Les parti­sans de Seck reçus au palais le 25 juillet en sortant de l'audience, en étaient sûrement convaincus : le président Wade ne leur ayant laissé aucune illusion sur la nature de ce qui arrive à leur chef et à REWMI, leur parti politique. Au demeurant, en rappelant à Omar Sarr que les instructions de Seck pour la tenue de l'audience étaient différen­tes de la posture adoptée par la délégation de REMWI reçue, Wade a insidieusement éclairée l'opinion sur l'équilibre des forces des uns et des autres dans les différends qui l'opposent à Idrissa Seck.

Ce que Wade n'a pas dit tout haut ou a voulu suggéré dans sa colère contre Omar Sarr, c'est que si Idrissa Seck revient, ce dernier ne pourra réclamer aucune position particulière à son avantage. Il reviendra dans le PDS et adoptera un profil bas. Peut-être bien que Wade a voulu par là, rassurer son propre camp, les hommes qui étaient en conflit avec Seck et qui ont été traumatisés par la gestion dictatoriale de ce dernier sur le parti, la violence avec laquelle il se com­portait avec eux. A-t-il réussi à convaincre tous ceux qui avaient été martyrisés par Seck, les faucons et les exclus du système Seck que le retour de l'ancien Premier ministre ne menace en rien leurs intérêts ? Que ce n'est pas le bras armé des ambitions de Seck qui revient, mais Idrissa Seck revenu de ses illusions? Seulement, aucun signe ne permet au président Wade de croire qu'il a endigué toute forme d'opposi­tion au retour de Seck. Et certainement, il ne se fait aucune illusion sur les états d'âme des « faucons » et autres qui regardent le processus du retour de leur ex-bourreau sans grand enthousiasme ni inquiétude. Ils attendent de voir leur ancien « frère » revenir. Ils vont apprécier sur pièce ce qui restera des crocs aiguisés de celui qui s'est fait la main et les dents sur leurs peaux pour appren­dre la gestion du pouvoir.

Alors, le retour de Seck, est-ce que ce sera celui d'un fils prodigue ? D'un soldat vaincu ? D'une poule mouillée ? D'un héros déchu ? D'un conjuré rattrapé par ses fau­tes ? Ou alors, est-ce un homme atteint qui cuve sa vengeance pro­chaine, attendant une belle occa­sion pour reprendre là où il les avait laissées ses œuvres ?

Le retour de Seck n'est certaine­ment pas celui de Terminator annonçant à la fin de l'épisode pré­cédent d'une voix d'outre-tombe, «I'U corne back ». Il a cessé de faire peur à ses ex-souffre-douleur. Wade peut d'ailleurs se permettre un baiser de la mort parce que le serpent a perdu ses crocs. Les trau­matisés de l'ère Idrissa Seck peu­vent bien voir revenir le tortion­naire sans crainte. Dans ces condi­tions, la bataille pour la succession sera extrêmement rude pour le tou­jours maire de Thiès. Il avait tout misé sur sa férocité et sa proximité avec Wade pour faire taire toute ambition dans le PDS et comptait sur sa complicité politicienne avec Wade pour sacquer tous les leaders alliés qui pouvaient le gêner dans son ascension. La question que l'on peut aujourd'hui, se poser, c'est de savoir si entre Idrissa Seck et Me Abdoulaye Wade, il y a une clause secrète dans l'accord sans conditionnalité pour son retour. Wade a-t-il promis à Seck de lui donner le coup de pouce nécessaire en le nommant à une « station » stratégique ou en le ramenant dans sa cour au palais présidentiel ? Lui a-t-il assuré de son impartialité dans le combat fratricide qui va l'opposer à Macky, Karim et les autres où il sera seul contre tous ?

Le projet que l'on prête à Wade de créer un poste de vice-président, s'il parvient à le faire aboutir, Seck en deviendra-t-il l'uni­que usufruitier ? S'il en est ainsi, alors, le retour de Seck sera considéré demain comme l'adoubement d'un fils spirituel devenu l'héritier à la place de l'héritier et des légataires potentiels nés et grandis dans le Parti Démocratique Sénégalais.

Par Issa Sall
Source: Nouvel Horizon

Article Lu 1540 fois

Mercredi 15 Août 2007


Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 19 Octobre 2016 - 12:30 Convocation de Barhelemy Dias: le Ps divisé

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State