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Jean Paul Dias, secrétaire général du Bcg : «Karim et Cie sont une menace pour la sécurité de l’Etat»

La procédure empruntée pour entendre Karim Wade et ses frères libéraux soupçonnés de s’être enrichis de façon illicite n’agrée pas Jean Paul Dias. Le leader du Bcg suggère que Karim Wade et Cie soient arrêtés d’abord et mis en prison avant d’être entendus. Ne parlez surtout pas de présomption d’innocence à Jean Paul Dias qui affirme que les libéraux ont volé 4 000 milliards de francs Cfa. Soit deux fois le budget du Sénégal. Pour l’ancien conseiller du candidat Macky Sall, plus on perd du temps dans ces enquêtes, plus ces gens-là qu’il appelle «Ali Baba et les quarante voleurs» s’organisent et risquent de mettre la sécurité de l’Etat en péril. Farouche défenseur du mandat de 7 ans, Dias estime que Macky Sall prend des risques en ramenant le sien à 5 ans puisqu’il ne lui reste en vérité que 3 ans pour mettre le Yonnu Yokkuté en œuvre.



Jean Paul Dias, secrétaire général du Bcg : «Karim et Cie sont une menace pour la sécurité de l’Etat»
Wal fadjri : Les auditions des dignitaires de l’ancien régime font couler beaucoup d’encre et de salive. Notamment les va-et-vient incessants de Karim Wade à la gendarmerie de Colobane. Au point que d’aucuns parlent de théâtralisation de la procédure, d’autres d’une politisation. De quel bord êtes-vous ?

Jean Paul DIAS : Je voudrais dire que dans cette affaire, il y a cinq constantes : La première constante, c’est que 8 milliards de dollars - soit 4 000 milliards de francs Cfa - ont été volés à notre pays. La deuxième constante est que cette affaire-là est le fait de certains dignitaires, je ne dis pas tous, de l’ancien régime. Ce sont eux, les voleurs. La troisième constante, c’est qu’au moins la moitié de cet argent volé l’a été du fait de Abdoulaye Wade et de sa famille, notamment de son fils Karim Wade. Quatrième constante est que la récupération de cet argent n’est pas une demande sociale comme j’entends souvent certains le dire. C’est une exigence sociale. Tout autant que le peuple demande que le coût de la vie baisse, que la bonne gouvernance s’installe tout autant il exige que cet argent soit récupéré et c’est légitime. La cinquième constante est que si jamais le pouvoir actuel au bout du compte se montre faible, pusillanime, se montre défaillant, il doit s’attendre à un retour de flammes avant 2017. Un retour de flammes qui pourrait même coûter à Macky Sall son pouvoir. Maintenant vous me parlez de théâtralisation, et de politisation de ces auditions, moi, personnellement, je respecte ces juges, ces enquêteurs qui s’occupent de ce dossier-là que je n’ai pas la prétention de connaître mieux qu’eux. Cependant je dois reconnaître que c’est un peu dérangeant ce défilé de mannequins, de gens qui rentrent qui sortent et qui en sortant donnent dans la bravade, la grande gueule etc…

Je dis que la meilleure manière de régler ce genre de dossier, ce n’est pas en procédant de la sorte. Je n’ai pas dit que ce n’est pas la bonne façon. Mais la meilleure manière de gérer ce genre de dossier, c’est de prendre des mesures fermes de les mettre en prison et d’enquêter après. Oui, il faut d’abord mettre tous ces gens-là qui parlent en prison et qui sont visés par les enquêteurs. Puis on verra après. C’est ce qu’ils ont fait à tout le monde. Abdoulaye Wade et son régime l’ont fait à tout le monde. Ils ont souvent mis des gens en prison et parfois pour de faux problèmes. Moi, on m’a mis en prison et ensuite on a enquêté sur le fait de savoir si j’étais Sénégalais ou pas. Donc dans ce dossier, on doit se dire : article 1, on envoie tous ces gens en prison d’abord. C’est le mandat de dépôt, car il y a suffisamment de balance de suspicions. En les laissant comme ça, qu’est-ce qui va se passer ? Ou qu’est-ce qui se passe ou va certainement se passer ? Ils sont libres en dehors même d’agiter la presse. Vous savez dans le monde que l’argent circule électroniquement. Ils peuvent faire circuler cet argent électroniquement à partir de leurs ordinateurs. Parce que là ils ont certainement le feu là où je pense donc ils ne dorment pas la nuit. Or nous la nuit pendant qu’on dort il y a des places financières qui fonctionnent. Donc ces gens-là peuvent même travailler la nuit. Ils peuvent appeler des gens de l’étranger, des gestionnaires de patrimoines, des banquiers qui viennent ici recevoir des ordres et repartir pour exécuter avec leurs signatures. Ils peuvent eux-mêmes prendre des gens ici, les envoyer à l’étranger faire des opérations. Ils peuvent aussi bien vendre des biens que des actions. Donc moi je ne comprends pas la logique consistant à les appeler, les laisser ensuite partir pour les convoquer à nouveau 15 jours après. Je répète que je respecte le travail des enquêteurs et des juges en charge du dossier. Le danger, c’est de se retrouver dans une situation où il n’y aura plus rien à récupérer.

«Je dis que la meilleure manière de régler ce genre de dossier, ce n’est pas en procédant de la sorte. Je n’ai pas dit que ce n’est pas la bonne façon. Mais la meilleure manière de gérer ce genre de dossier, c’est de prendre des mesures fermes de les mettre en prison et d’enquêter après»

Vous insistez pour qu’on mette les mis en cause en prison, mais que faites-vous alors de la présomption d’innocence ?

Quelle présomption d’innocence ? Que faites-vous de la présomption d’innocence quand vous prenez Jean-Paul Dias, vous le jetez en prison en disant qu’il n’est pas Sénégalais ? Alors qu’il est né avant que la République du Sénégal n’existe. Avant que la nationalité sénégalaise n’existe. Que faites-vous de la présomption d’innocence quand des gens inventent par mensonges que Jean Paul Dias a décalé que le président Wade est un mécréant - même si quelque part ce n’est pas tout à fait faux - et qu’il ne l’a jamais dit et que vous le poursuivez jusqu’à l’intérieur d’une église pour le mettre en prison ? Alors il ne faudrait pas que des bandits fassent leurs actes de banditisme et viennent nous opposer la loi. Une fois de plus, je respecte ceux qui ont ces dossiers-là en main et je leur fais confiance. Cependant, si c’était moi qui avais les dossiers et qu’on accepte mes conditions, on n’en serait pas là en train de parler. Je vous signale que l’ancien président du Maroc Hassan II a vécu une situation similaire. Croyez-vous qu’il a cherché des commissions ou enquêtes ? Non. Il a utilisé les méthodes qu’il faut utiliser en la matière et il a récupéré beaucoup de biens. N’oubliez pas qu’il s’agit de biens mal acquis. Personne n’a remis en cause l’appellation. Pourquoi voulez-vous que des propriétaires de biens mal acquis soient protégés ?

Pourtant les gens dont vous parlez contestent en peu les procédures utilisées notamment les auditions. Ils estiment qu’ils sont passibles de la Haute Cour de justice du fait de leurs fonctions antérieures.

Vous me faites rires. Parce que c’est le voleur qui vole et qui dit que vous ne pouvez pas porter plainte au commissariat du Point E, il faut aller au commissariat de Dieuppeul. C’est exactement ça. Ces gens-là n’ont rien à dire. Ils n’ont pas à choisir la juridiction qui doit statuer sur leur sort. Le problème est qu’on les laisse dire tout ce qu’ils veulent. C’aurait été moi à la tête de l’Etat ou en charge de ces dossiers, ils n’en seraient pas là en train de faire du tintamarre. Encore une fois, c’est une exigence du pays. Si jamais il y a une défaillance quelconque dans ce dossier, le pouvoir le paiera très cher. C’est moi qui vous le dis.

«En dehors de Karim Wade qui représente au moins, à lui seul, la moitié des 4 000 milliards, il y a les autres 40 voleurs. Lui Karim, c’est le Ali Baba Junior mais il y a les autres 40 voleurs dont des femmes grandes voleuses de l’ordre national. Ces gens-là ont des fortunes qui varient entre 50 et 100 milliards voire plus.»

Ne croyez-vous pas que l’on peine à trouver des preuves suffisantes pour amener ces gens en prison comme vous le souhaitez ? Parce que Karim Wade va passer pour la quatrième fois devant les enquêteurs.

Mais ce n’est pas normal. Il faut le f… en taule. Il faut l’enfermer. J’insiste vraiment. Son père et sa mère ont enfermé des Sénégalais pour moins que ça. Il faut enfermer Karim Wade. Parce que si vous ne le mettez pas en prison, franchement, je vois difficilement comment vous pourrez mettre d’autres dignitaires de l’ancien régime en prison. Vous savez, en dehors de Karim Wade qui représente au moins, à lui seul, la moitié des 4 000 milliards, il y a les autres 40 voleurs. Lui Karim, c’est le Ali Baba Junior mais il y a les autres 40 voleurs dont des femmes grandes voleuses de l’ordre national. Ces gens-là ont des fortunes qui varient entre 50 milliards de francs Cfa et 100 milliards voire plus. Je vous dis ici qu’il y en a pas un seul parmi eux qui est poursuivi pour un milliard. Ca veut dire quoi ? Que voilà des gens qui en l’an 2000 n’avaient rien. Certains n’avaient même pas une maison. Ça veut dire que si on les prenait en compte dans un classement comme en France où existe le classement des 500 plus grandes fortunes pour un pays de 65 millions d’habitants, tous nos 40 voleurs seraient entre la 200e place et la 400e place. Ils viendraient plus de cent places avant d’autres grandes fortunes. Ils viendraient avant les propriétaires des Editions Albin Michel, des Editions Gallimard - ce sont des familles parfois qui sont tous du troisième âge - ils viendraient avant le famille Seydou propriétaire de la société cinématographique Gaumont. Ils viendraient au même niveau que les fondateurs de Cap Gemini, avant les propriétaires et fondateurs de société de sondage Ipsos. Ils viendraient au même niveau que la famille qui a fondé et est actionnaire majoritaire des Casinos en France. Je peux continuer cette démonstration jusqu’à demain. Et voilà ce qu’il faut démontrer pour prouver la culpabilité de ces gens-là.

Vous parlez comme s’il suffit juste de mettre ces gens en prison pour voir 4 000 milliards revenir au Sénégal dans des mallettes. Croyez-vous que cette procédure fera revenir l’argent volé ?

Si on continue comme on fait, je deviens sceptique. Mais si on utilise les méthodes qu’il faut utiliser, même si on ne récupère pas cet argent à 100 %, on pourrait quand même aller jusqu’à 3 000 milliards.

Ne risque-t-on pas de faire de Karim Wade un martyr qui tirerait profit de cette situation pour accéder au pouvoir comme on l’a vu avec Macky Sall en 2012 et même Idrissa Seck dans la moindre mesure en 2007 ? S’il en sort indemne bien sûr.

Oui, s’il sort indemne. Vous l’avez bien dit. Sil sort indemne de cette affaire tout est possible. D’ailleurs j’ai dit plus haut que si le pouvoir donne dans la pusillanimité, la faiblesse, il subira un retour de flammes même avant 2017. Parce que quand on a 50 ou 100 milliards qu’est-ce qui empêche de distraire 3 ou 4 milliards, de les mettre dans un pot commun et de créer des troubles, d’empêcher au pays de fonctionner ? Ils sont une quarantaine de voleurs. Je ne parle même des grands manitous voleurs qui, eux, peuvent distraire facilement 100 milliards pour cette cause. Donc c’est même extrêmement dangereux pour la sécurité de l’Etat de laisser ces gens-là en liberté. Je parle de sécurité de l’Etat. Donc il faut tuer dans l’œuf, toute tentative de déstabilisation de l’Etat. Nous sommes en train de perdre du temps sans s’en rendre compte.

«Tous ceux-là qui soutiennent qu’ils étaient milliardaires en l’an 2000, surtout en donnant des chiffres comme 8, sont des menteurs. Karim n’avait rien en l’an 2000. Quand il venait à Dakar, il roulait en 406 Peugeot. Il n’avait rien. Il voyageait en classe économique, pas en Jet ni en classe affaires. C’est pareil pour les autres.»

Mais est-ce qu’avec ces auditions et les manifestations en vue, la confrontation à la gendarmerie, ne risque-t-on pas d’assister à un remake de ce qu’on a vécu en janvier en février 2012 avec manifs tous azimuts ?

Je vous dis qu’il n’y aura rien. C’est moi qui vous le dis. Pour ce qui s’est passé l’autre jour à Colobane, personnellement je trouve anormal que la gendarmerie laisse l’attroupement se faire devant ses portes. Ensuite je trouve que si des gens viennent soutenir leurs compères, je ne vois pas pourquoi ils devraient se battre contre d’autres. Je crois que l’ordre public doit être maintenu pour que le travail se fasse correctement dans la sérénité. Plus on perd du temps, plus on perd la trace des choses.

Cela pourrait dégénérer par exemple si l’ancien président de la République s’y mêle lui qui avait prévu de revenir au Sénégal soutenir ses enfants et ses militants.

Il ne le fera pas. Il n’a pas intérêt à le faire. Il m…, il avait déjà dit qu’il allait venir puis il a raconté des salades en disant que c’est le président Ouattara qui l’a dissuadé. C’est faux. C’est lui qui a sollicité Ouattara. Il a été chef de l’Etat, il n’est pas naïf, il sait ce qui l’attend s’il le fait. Tout cela, c’est de la bravade, c’est de l’écume à la bouche.

Pourquoi ne pas interpeller tous les Sénégalais soupçonnés de s’être enrichis de façon illicite pour ne pas donner l’impression d’un abus ou de l’acharnement contre Wade et les pontes de son régime ?

Je voudrais que Wade nous dise : quand sa fille reconnaît que dans le Fesman, le président Ali Bongo a donné 3 milliards dont elle ne sait pas la destination est-ce que ça c’est de l’abus ou de l’acharnement ? Quand son fils a géré 400 milliards de l’Oci et qu’il n’y a eu aucun compte rendu, est-ce que c’est de l’abus de chercher cet argent ? Est-ce que lui Abdoulaye Wade qui parle, s’il n’avait pas eu Moustapha Niasse au deuxième tour en l’an 2000 pour amener 30 millions il aurait fait campagne ? Est-ce que son fils Karim qui nous dit qu’à l’époque il était milliardaire, un bon fils regarderait son père dans une situation là où il doit tendre la main à quelqu’un pour se faire financer une campagne ? Tous ceux-là qui soutiennent qu’ils étaient milliardaires en l’an 2000, surtout en donnant des chiffres comme 8, sont des menteurs. Karim n’avait rien en l’an 2000. Quand il venait à Dakar, il roulait en 406 Peugeot. Il n’avait rien. Il voyageait en classe économique, pas en jet ni en classe affaires. C’est pareil pour les autres. Il y en avait un ou deux qui étaient plus ou moins à l’aise qui pouvaient prendre une chambre à l’hôtel Méridien. Ce sont des gens qui pouvaient peut-être voyager régulièrement mais toujours avec Nouvelles frontières. Il n’y avait pas de milliardaires. Pour défendre son fils, Wade nous dit qu’il a donné des milliards à un tel ou tel autre. Mais il ne les a pas enrichis à 4 000 milliards. Il se peut qu’il ait donné un milliard à tel ou tel autre, mais pas 4 000 milliards.

On vous avait annoncé à la tête du Sénat mais rien. Maintenant on parle du Conseil économique social et environnemental. Jean Paul Dias est annoncé partout mais nommé nulle part alors.

Ce que je recherchais, c’est de dégager Abdoulaye Wade et son régime, mais lui personnellement. De ce point de vue, je suis pleinement satisfait. Je me suis investi physiquement, intellectuellement, médiatiquement au plan national comme international. J’ai réussi ce que je voulais. Maintenant pour le reste, mon parti et moi avons un accord daté, paraphé, signé en public avec le candidat Macky Sall. C’est clair que nous attendons, maintenant celui qui était le candidat est devenu le président Macky Sall, nous attendons même si ce n’est pas à cent pour cent que la plupart de ces éléments de l’accord soient mis en œuvre. Mais je ne suis demandeur fondamentalement de rien du tout. Cela n’a pas été la base de mon engagement. Je peux vous dire que mon nom n’a jamais été avancé pour cela. Mais pour le reste, je ne dirais pas plus ce que j’ai déjà dit, je laisse le président agir comme il pense. Etant entendu qu’il sait lui-même le fondement de notre accord, il le connaît. Donc je ne vais pas m’énerver, faire des marches ou sortir dans la place publique. Vous verrez dans toute l’histoire que le Bcg et moi-même, n’avons jamais été des agitateurs pour des postes. On l’a jamais fait et on ne le fera pas.

Au sein de la coalition Macky2012, les nominations qui se font après les Conseils des ministres font de plus en plus grincer les dents pour certains. Est-ce à dire qu’il y a véritablement problème ?

La coalition Macky2012 est la coalition-mère autour de Macky Sall. Ce sont ces gens-là qui sont des alliés. J’insiste bien, ce sont eux les alliés de Macky Sall. Ceux qui sont venus au deuxième tour sont ralliés. Ce n’est pas la même chose. Parce que ceux qui ont fait confiance à Macky Sall, dès le début de la conquête électorale du pouvoir, je dis que ceux-là ont raison s’ils observent des nominations qui les sautent régulièrement alors qu’eux et les gens de leur groupe ou de leur mouvement ont des capacités pour assumer des fonctions et surtout quand ils voient des gens de l’ancien régime être recyclés et ce immédiatement. Franchement, il n’est pas juste de vouloir leur demander d’observer ça dans la sérénité. Je pense que des explications à l’interne ont été faites. Je pense que le président de la République a dû prendre la mesure des choses et je souhaite que dans les délais relativement normaux que les choses soient rétablies. Je vais vous signaler que la coalition Macky2012, c’est environ 53 partis politiques et mouvements, la plupart des mouvement sont des locaux, à l’heure où nous parlons il n’y a que 23 individus qui peuvent dire que «j’appartiens à tel groupe qui sont en position de servir le pays». Je pense que dans des délais très brefs, il faudrait ajouter au moins une vingtaine d’autres pour pouvoir arriver à un niveau acceptable. Je dois dire d’ailleurs que dans ces groupes-là, il y a des chefs de mouvement qui sont des hommes d’affaires et qui ne sont pas à la recherche de postes. Mais quand ces hommes d’affaires, l’Etat leur doit 200 millions ou 300 millions et qu’ils ont été bloqués par Abdoulaye Wade, - je veux vous rassurer, il ne s’agit pas de Bara Tall - il s’agit d’autres qui ont leur argent bloqué et qui ne sont pas payés, ces gens-là qu’ils le disent ou pas ils ont raison ils doivent être payés. Parce que le fait de s’être allié une fois de plus avec Macky Sall leur a porté préjudice. Donc ils ont droit d’avoir des postures de revendication.

Dernièrement on a vu des jeunes de l’Apr se soulever pour dénoncer le mutisme de certains alliés pendant qu’on attaquait le président Macky Sall ?

Ces jeunes se sont trompés. Ils parlent des ralliés pas des alliés. Les alliés, depuis le début, défendent le président. Maintenant, les ralliés, c’est autre chose.

Vous aussi, vous estimez que les ralliés ne défendent pas assez le président Macky Sall ?

Moi, je n’estime pas, je ne fais pas de jugement. Je dis simplement que dans la défense du président, il y a des gens qui sont des communicants mais qui sont payés pour ça, ils n’ont qu’à le faire. Il y a des ministres à l’intérieur du gouvernement qu’ils le fassent. Quand on a attaqué le Premier ministre pendant 5 jours tout le monde l’a fermée. Donc il y a des gens qui doivent se mettre devant, vu les positions qu’ils occupent. Je ne vois pas pourquoi on veut exiger que d’autres qui ne sont pas dans des positions se mettent devant. Ils ne le feront pas.

Apparemment, selon vous la communication autour du président ne fonctionne pas ?

Je n’ai pas dit autour du président. J’ai dit qu’il y a des gens autour du gouvernement autour du président, autour du Premier ministre ou à l’intérieur qui devraient être des boucliers. Ils sont les mieux placés pour être des boucliers. Pourquoi voulez-vous que ce soit d’autres. Donc ces jeunes ont raison dans le fond, mais ils n’ont pas raison dans les cibles. Les cibles sont les ralliés.

«Je ne serais pas scandalisé que le président Macky Sall revienne sur sa décision de maintenir le mandat à 5 ans. Je pense que le Sénégal aurait pu avoir un système où le premier mandat est de 7 ans et le second mandat de 5 ans.»

Vous étiez l’un des défenseurs du mandat présidentiel à 7 ans, maintenant que le président Macky a tranché pour 5 ans. Etes-vous déçu ?

Le débat est dépassé, mais je reviens là-dessus et je maintiens toujours ma position. Si je me suis battu pour que le mandat reste à 7 à ans c’est parce que quand on met en œuvre un programme, on se rend compte au fur et à mesure qu’il y a des ajustements à faire. A l’heure où nous parlons, pratiquement une année est partie. Il y a eu des choses qui ont certes été faites mais pas assez en termes d’attente. C’est la vérité et il faut la dire. Donc quand on pense qu’avant 2017, dès 2016 on sera déjà en campagne directement ou indirectement, une autre année est partie en l’air. Donc il ne restera que 3 ans à Macky Sall pour concrétiser son programme. Il sera trop difficile de mettre en place les Fonds qui doivent soutenir l’économie. On les a annoncés, mais ce n’est pas encore mis en place. Il s’agit du Fonsis. J’ai entendu des idiots railler ce projet en disant que seuls des pays pétroliers peuvent avoir ce genre de Fonds. Ces gens-là ne connaissement que Dakar et Pikine. Le Fongip qui est un soutien de garantie des investissements prioritaires, qui doit surtout soutenir les Pme, a été annoncé. Mais le temps de les alimenter et de les tester à mon avis, c’est bien encore un an et demi qui partent. La Couverture maladie universelle (Cmu) n’est pas encore mise en place. Et il faudra aussi la tester. Là aussi c’est mon point de vue. J’estime qu’il faut d’abord la tester dans une ou deux régions comme on avait fait à l’époque pour la reforme administrative du temps de Jean Collin. Mais ça aussi il faudra l’adosser à la Capsis, qui est la caisse autonome qui va appuyer financièrement cette démarche-là. Vous voyez qu’il ne restera que trois ans pour faire tout cela. Donc je ne serais pas scandalisé que le président Macky Sall revienne sur sa décision de maintenir le mandat à 5 ans. Je pense que le Sénégal aurait pu avoir un système où le premier mandat est de 7 ans et le second mandat de 5 ans. Maintenant si pour des raisons diverses notamment international, Macky Sall considère qu’il ne peut plus revenir là-dessus, il faudra qu’il fasse ce qu’il peut faire, mais ce sera difficile de mettre tout ça en œuvre en 5 ans. Par contre si nous récupérons les 4 000 milliards que l’ancien régime nous a volés, en deux temps trois mouvements, nous pourrons réaliser tout cela. Car c’est quand même deux ans de budget qu’on nous a volé. Et cet argent est récupérable au plus tard en décembre 2013.

Le Premier ministre se trouve aujourd’hui au creux de la vague avec cette affaire concernant l’argent du président Habré. Etes-vous de ceux qui réclament sa démission ?

Je commence par signaler que le Premier ministre Abdoul Mbaye, nous n’avons pas joué aux billes ensemble, nous n’avons pas connu les copines ensemble. Mais c’est un homme qui me respecte et que je respecte. Mais lorsque j’ai vu qu’il a été attaqué de toutes parts pendant plus de cinq jours et que personne ne bougeait y compris dans son gouvernement, j’ai réagi en disant qu’il s’agit d’un faux procès. C’est injuste et c’est malhonnête. Cet homme vient du privé, il était directeur de banque. C’est quoi le rôle d’un directeur de banque ? C’est de rechercher des ressources financières pour son institution et de les prêter. Les banques ne prêtent pas de l’argent de leur capital ou de leurs fonds propres, elles prêtent de l’argent à partir de l’épargne. Quand le président Hissène Habré est rentré au Sénégal, c’était avec l’accord du président Abdou Diouf et de son régime. C’est tout à fait juste qu’il vienne avec de l’argent pour se mettre à l’abri. Et la Biao, à ma connaissance, n’était pas la seule banque qui ait reçu cet argent-là. Ensuite la banque centrale a reçu cet agent parce que soit c’est elle qui a fait la conversion des francs d’Afrique centrale en francs Cfa d’Afrique de l’ouest. Ou alors la conversion de certaines devises en francs Cfa avec lesquels Hissène est venu au Sénégal. Donc vous ne pouvez pas venir 20 ans après dire qu’il a blanchi de l’argent. Ce n’est pas vrai. C’est faux. Ce qui me désole dans cette affaire, c’est que chaque fois que Macky Sall a nommé quelqu’un, immédiatement on a attaqué cette personne. Pour quelle raison voulez-vous que quelqu’un qui avait une position donnée dans un secteur donné appelé aujourd’hui à une position d’Etat soit critiqué pour des choses qu’il a eu à faire dans ses positions antérieures ?

Mais est-ce que l’on pourra faire l’économie de sa démission si le procès de Habré doit se tenir dans quelques mois au Sénégal ? Surtout s’il est cité comme témoin.

Mais qu’on me cite alors pendant qu’on y est. Je ne suis pas favorable pour qu’on juge Habré. Je l’ai dit à l’époque à un de ses avocats qui n’était pas encore dans le système de l’Etat. Voici un homme qui a quitté son pays, renversé ou pas, qui est venu ici, il n’a jamais gêné personne, il a des enfants qui sont nés ici, qui probablement parlent wolof mieux que moi. Il a fréquenté les milieux les plus sérieux de ce pays : Les mosquées, les confréries. A ma connaissance il n’a jamais fait du mal à l’Etat du Sénégal. Hissène Habré n’était pas seul là-bas. Il y avait des exécuteurs. Pourquoi on ne parle pas de ces gens-là Goukouni Weddeye qui a été président du Tchad pourquoi ne regarde-t-on pas l’Algérie dans les yeux et dire qu’il faut juger Goukouni Weddeye ? C’est lui qui a assassiné le commandant Galopin, il a eu à faire des sévices sur Mme Claustre. Je me demande si elle n’est pas morte entre ses mains. Pourquoi donc les Ong ne s’agitent pas pour faire juger ce gars-là. Je suggère qu’en lieu et place d’un procès qu’on mette en place une Commission de réconciliation comme cela s’est fait en Afrique du Sud et ailleurs.

WALFADJRI Propos recueillis par Georges Nesta DIOP

Jeudi 29 Novembre 2012




1.Posté par moussa le 30/11/2012 01:01
Tonton pourquoi votre fils a vendu l'espace de jeux(terrain de football et de basket)des enfants de la sicap sacre coeur ,qui se trouve en face de la boulangerie jaune?.Croyez vous que votre fils de par cet acte est digne de parler et de representer la jeunesse?.Les enfants de cette localite par manque d'espace de jeux sont obliges de jouer au foot dans les rues etroites entre les maisons.Depuis quinze ans que ce quartier existe les jeunes de cette localite ont toujours eu espoir que quelqu'un viendrai les aider a amenager cet espace,mais non,il a fallu que votre fils soit administrateur de ce fief pour que cet espoir soit brise.Pourquoi pointez vous toujours les gens du doigt pour decrier cette imperfection chez eux alors que votre fils fait pire.Karim Wade lui au moins il a batit des ponts et des routes,par contre votre fils il a chiper le jouet des enfants.

2.Posté par moth le 30/11/2012 07:35
et ton fils assassin mr dias il é koi pr la société? un modele?

3.Posté par boytoucouleur le 30/11/2012 11:31
dans un pays respectable ce monsieur n'aurait droit à la parole

4.Posté par scat urbam le 30/11/2012 11:33
et attention j'habite à la Scat Urbam et je connais bocou de chose sur vous dans cette localité. bouma takha wax

5.Posté par VRAI le 30/11/2012 16:44
et ton fils d'assassin connard

6.Posté par Chekhou le 01/12/2012 18:23
Pour parler de sécurité commencez à dire à votre fils qu'une arme n'est pas un jouet.Landing Savané ,Abdoulaye Wade,Moustapha Niass,Amath Dansokho,Adoulaye Bathily ( pour ne citer qu'eux) ont fait plus de cinquante années de politique et ont subi toutes sortes de problèmes sans jamais avoir brandi une seule fois une arme sur leur compatriote.

7.Posté par Chekhou le 01/12/2012 18:23
Pour parler de sécurité commencez à dire à votre fils qu'une arme n'est pas un jouet.Landing Savané ,Abdoulaye Wade,Moustapha Niass,Amath Dansokho,Adoulaye Bathily ( pour ne citer qu'eux) ont fait plus de cinquante années de politique et ont subi toutes sortes de problèmes sans jamais avoir brandi une seule fois une arme sur leur compatriote.

8.Posté par soldiers le 03/12/2012 11:55
golo dias guess teudieu sa guate

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