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JORDAN, ECURIE TAY SHINGER - Le libero de l’arène

A 27 ans, l’actuel lieutenant d’Eumeu Sène de l’écurie «Tay Shinger» a longtemps traîné un destin de footeux avant de s’engager dans la lutte



JORDAN, ECURIE TAY SHINGER - Le libero de l’arène
Son pseudonyme est évocateur. Mais ce Jordan-là est aux antipodes du célèbre basketteur des Chicago Bulls des années 90. Ce Jordan-là n’est ni un yankee ni un basketteur, malgré son physique imposant. Ce Jordan-là, Sénégalais pur jus, a préféré la lutte au basket Ball, l’arène au teraflex. Seule similitude avec son «homonyme» de basketteur ? La taille. «Je mesure 1,96m. J’étais le plus élancé de ma bande de copains, c’est la raison pour laquelle mes camarades m’ont affublé de ce surnom. En plus, quand nous allions dans les champs pour chaparder des fruits, c’est moi qui grimpais toujours pour les cueillir. Et comme le surnom passait bien lors des «mbappats (combats de lutte sans frappe)», j’ai fini par l’adopter», confie le lutteur qui, pour des raisons mystiques, refuse de dévoiler son véritable nom.

«Jordan mou Selbé Ndom.» Révélé au grand public par la prédication de la célèbre voyante, Selbé Ndom, lors de son combat contre Forza de l’écurie Fass (il avait été déclaré perdant par la «sorcière» de l’arène), Jordan a déjoué tous les pronostics. Victorieux, il se plait aujourd’hui à évoquer ce combat avec un sourire forcé. «C’est ce combat qui m’a fait connaître davantage car les gens m’affublent désormais du surnom de «Jordan mou Selbé Ndom.» Après ce combat, j’ai beaucoup gagné en notoriété», déclare le lieutenant d’Eumeu Sène. Né à la Cité Baraque de Colobane, un certain jour de 1986¸ Jordan a connu une existence nomade, changeant d’habitacle et de quartier au gré des pérégrinations de sa famille originaire du Baol. Il quitte le malfamé quartier de Colobane pour la grouillante banlieue de Pikine Guinaw Rails. Déjà initié au Coran, le bambin qui venait juste de fêter ses 3 ans intègre l’école française en 1995. Gamin à l’esprit vif et prédestiné à un avenir radieux, il maîtrise rapidement l’alphabet et effectue un cursus scolaire sans faute. Au fil des classes, il fait la fierté de ses parents qui caressent l’espoir qu’un jour, leur fils fera parler de lui en enrichissant le gotha des intellectuels partis de rien. Il n’en sera rien ! Jordan n’usera pas longtemps ses culottes sur le banc des classes qu’il quittera contre son gré à l’âge de 12 ans alors qu’il était en classe de Cm2. La faute à une longue maladie qui l’éloignera définitivement du chemin de l’école. Alors que ses camarades de classe s’apprêtaient à passer le concours de l’Entrée en 6e, le jeune Jordan passera de longs mois cloué sur un lit d’hôpital. Sa santé le désertera en même temps que le goût des études. Epuré du mal qui le rongeait, Jordan décide de ne plus retourner à l’école et nourrit le désir de se prendre en charge en intégrant le monde actif. Il s’essaie à la couture, à la boulangerie avant de déposer définitivement ses baluchons à la Seras (Société de gestion des abattoirs du Sénégal). Il y gagnera son premier salaire. «C’est à Seras que j’ai fait presque toute ma carrière en tant qu’éleveur et boucher», raconte-t-il. Une page se ferme.

Libero. Physique d’athlète, taille de basketteur, Jordan ne passe jamais inaperçu. Féru de sport, le boucher se découvre à ses heures perdues une passion pour le football. Enfant de la balle, il passe son temps à taquiner le ballon rond dans les ruelles de Pikine. Il sera vite remarqué par les «grands» du quartier qui avaient déjà mis sur pied une équipe de football. Enrôlé dans l’équipe, Jordan affiche ses talents de défenseur et grimpe en un laps de temps les catégories. Très vite, le cadet de la petite catégorie intègre l’équipe senior. Footeux dans l’âme, avec du «culot» à revendre, Jordan vise haut et espère atteindre le graal en devenant un footballeur de renommée. Il enchaîne les entraînements en fréquentant assidûment les dunes de sable blond, en compagnie d’un ami lutteur. Mauvaise pioche ! A force de corps à corps, de ‘’djéls’’ (chutes) et de ‘’Ndéguègnes’’ (frottement que font les lutteurs avec leurs oreilles), il finit par choper le virus du «Sport de chez nous». « Je suis devenu lutteur à force de côtoyer mon ami, Ibou Laye. Il m’attendait toujours quand je jouais, pour après m’emmener dans les dunes pour des séances d’entraînements. C’est ainsi que j’ai senti une autre force en moi. Je devenais adepte de cette nouvelle séance d’entraînement qui me rendait plus robuste et plus fort physiquement. C’est ainsi qu’il a fini par me convaincre que la lutte était meilleure que le football», révèle-t-il. Jordan est entré dans la lutte comme d’autres entrent en religion. La foi en bandoulière et l’audace pour surmonter les nombreux obstacles qui escortent la carrière des belligérants de l’arène. Des duels entre copains aux «mbapatts», il se fait progressivement un nom en alignant des victoires. Il fini par raccrocher godasses et crampons pour se consacrer à son nouveau béguin. «J’ai tourné le dos au football pour me concentrer à la lutte. J’ai créé ma propre écurie : «Les loucheurs» du nom de l’équipe de football de notre quartier qui a été créée par nos grands frères. C’est après mon entrée dans l’arène (2005-2006) qu’on l’a transformée en écurie. Son palmarès compte aujourd’hui 7 combats dont 3 grandes affiches en tant que tête de file.

«Tay Shinger.» Un strapontin qu’il quittera pour rejoindre l’écurie «Tay Shinger» d’Eumeu Sène, l’ancien lieutenant de Mohamed Ndao dit ‘’Tyson’’, après un bref passage à «Boul Faalé», l’écurie de Tyson. Il avoue : «J’ai intégré «Boul Faalé» sur la demande d’Eumeu Sène et c’était juste après son combat contre Balla Gaye 2. Je ne pouvais refuser car notre relation date de très longtemps. J’ai grandi devant lui.» Loyal envers son «compagnon de chambre», il suivra Eumeu Sène quand ce dernier décide de s’émanciper de l’écurie «Boul Faalé» en créant sa propre école de lutte, le «Tay Shinger». La gorge étreinte par l’émotion à l’évocation du «divorce» avec «Boul Faalé», il narre : «C’était très difficile parce que «Boul Faalé» était comme ma seconde famille. Mais, ma loyauté et mon amitié envers Eumeu Sène ne me permettaient pas de rester là-bas. Comme il avait quitté, je me devais d’en faire autant. Mais aujourd’hui, je ne regrette rien.» A Tay Shinger, il occupe le poste de premier lieutenant d’Eumeu Sène et depuis, la chance ne cesse de lui sourire. La preuve, il est sorti victorieux de son combat contre Forza, la saison passée. Un heureux présage ?

MAMADOU FALL
source LOBSERVATEUR

Jeudi 5 Septembre 2013



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