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Irak : La répression des chiites en procès à Bagdad

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Avec son sobriquet d’Ali ‘le Chimique’, en référence à l’usage d’armes chimiques dans l’extermination de populations kurdes au nord du pays en 1988, le cousin de Saddam Hussein, Ali Hassan al-Madjid occupe une place de choix dans ce troisième procès de l’ancien régime baasiste. Mais derrière les jeux d’images, le procès est joué d’avance selon les observateurs spécialisés.



Irak : La répression des chiites en procès à Bagdad
Jusqu’à aujourd’hui, les charniers n’en finissent pas de livrer les restes des dizaines de milliers de victimes des représailles vengeresses exercées en mars 1991 et pendant les années qui ont suivi à Bassorah où contre les villes saintes chiites de Nadjaf et Karbala. ‘Plus jamais de chiites à partir de ce jour’, martelait alors le slogan repris en leitmotiv par la garde républicaine et les forces spéciales de Saddam Hussein. Défait dans sa tentative de phagocyter le petit émirat voisin du Koweit, ce dernier s’est vu en revanche laisser le champ libre pour restaurer son autorité sur un Irak en ruines dont Washington redoutait toutefois la décomposition, face à l’Iran en particulier. Saddam Hussein a donc pu resserrer les rangs pour ramener sous sa férule les chiites ou les Kurdes qui l’avaient cru suffisamment affaibli et comptaient sur l’appui de la coalition pour lui donner l’estocade. Le toujours ‘maître de Bagdad’ avait expressément nommé ministre de l’Intérieur Ali Hassan al-Madjid pour écraser le soulèvement chiite. Ce qui fut fait dès la mi-mars moyennant des dizaines de milliers de morts, une stratégie de harcèlement policier et de déplacements forcés se chargeant par la suite d’anéantir toute velléité de rébellion.
Le 28 février 1991, George Bush père avait proclamé la victoire de la coalition sur l’armée baasiste. Peu avant, il avait appelé les Irakiens à se révolter contre Saddam Hussein avant de se raviser, le renverser n’étant finalement pas inscrit à l’agenda américain. Entre-temps, des soldats humiliés et des civils opprimés avaient cru leur heure venue. Pour sa part, le maître d’œuvre de la répression de 1991 s’est présenté, mardi, au juge Mohammed al-Oreibi al-Khalifah comme ‘le combattant Ali Hassan al-Madjid’. Avec lui comparaissent dans la ‘zone verte’ bunkérisée de Bagdad un ancien ministre de la Défense, Sultan Hachim al-Tai, et un ancien directeur adjoint des opérations militaires, Hussein Rachid al-Tikriti. Ces derniers ont fait appel de leur condamnation à mort le 24 juin dernier pour le massacre de dizaines de milliers de kurdes pendant la campagne militaire dite al-Anfal (le butin, en arabe), en 1988, un génocide selon l’organisation humanitaire Human Rights Watch qui a enquêté sur place et rassemblé ‘18 tonnes’ de documents abandonnés derrière elle par l’administration baasiste.

Comme chef du Parti Baas dans le nord du pays de mars 1987 à avril 1989, Ali Hassan al-Madjid avait en mains la direction de la sécurité militaire et des renseignements mais aussi droit de vie et de mort dans les régions kurdes décrétées ‘zones interdites’ par le régime Saddam Hussein pour les besoins de son programme de règlement par le vide, l’opération al-Anfal. Celle-ci a effectivement vu, entre février et août 1988, des milliers de villes et de villages rasés et leurs habitants pourchassés à mort entre le 23 février et le 6 septembre 1988. Bagdad présentait ces confins frontaliers irakiens comme ‘le lieu de rassemblement des terroristes agents de l’Iran et de tous les apparentés aux traîtres à l’Irak’. Et c’est ainsi, par exemple, que ‘quelque 5 000 Kurdes ont été tués lors du bombardement chimique de la ville kurde de Halabja, en mars 1988’.

Avant la guerre, Ali Hassan al-Madjid avait aussi participé au déplacement forcé des habitants des marais du Sud, finalement asséchés, par le régime en même temps que leur population tombait de plusieurs centaines de milliers à une quarantaine de milliers. Al-Madjid avait aussi supervisé l’occupation du Koweit où il a servi Saddam Hussein entre août et novembre 1990. Entre les deux guerres du Golfe, en février 1996, le fidèle cousin avait sacrifié sur l’autel du pouvoir son neveu Hussein Kamel, l’un des gendres de Saddam Hussein, assassiné à son retour à Bagdad après une année d’exil en Jordanie passée à critiquer le régime. Membre de l’organe dirigeant du Conseil de commandement de la révolution, ‘le combattant Ali Hassan al-Madjid’ s’était vu confier le commandement de la région militaire sud après le déclenchement de l’offensive américano-britannique du 20 mars 2003.

Le parti Baas mis hors-jeu par Washington, les sunnites boycottant le gouvernement, Bagdad voit aujourd’hui les chiites se disputer le pouvoir dans un chaos chaque jour plus sanglant. Dans ce climat guère propice à la sérénité distante d’une justice qui se voudrait exemplaire, les témoins disparaissent de mort brutale et les avocats se désistent. Cela a été le cas tout au long des premières procédures qui ont vu, notamment, Saddam Hussein pendu le 30 décembre 2006 dans des circonstances indignes et au terme d’un procès qui ‘n'a pas été conforme aux normes internationales d'équité’, selon Human Rights Watch. L’organisation a produit un dossier complet avec pièces judiciaires traduites à l’appui pour démontrer le caractère ‘inique’ de procès reposant notamment ‘sur les positions gouvernementales des accusés pour établir qu’ils avaient connaissance des crimes et l’intention de les commettre’ ou d’accusations fondées sur ‘leur statut de membre du parti Baas sans désigner de preuves de la nature du régime Baas’, mais en s’appuyant sur la notion de ‘faits notoires’.

Aujourd’hui, le procureur réclame l’anonymat pour des raisons de sécurité et accuse Ali Hassan al-Madjid d’avoir exécuté des prisonniers sur la foi de vidéos à l’époque destinées à un usage dissuasif. ‘Les hélicoptères bombardaient les villes et les maisons, dit-il, et Madjid allait dans les centres de détention où il attachait les mains des prisonniers avant de leur tirer une balle dans la tête avec son arme personnelle’. L’un des quinze co-accusés, Sabbawi al-Ibrahim, ancien responsable des services de renseignement, a tenté pour sa part d’entraîner la première audience sur le terrain de la rivalité entre Téhéran et Bagdad. ‘L'Iran n'avait pas pu atteindre ses objectifs en 1988 [date de la fin de la guerre Iran-Irak], alors, il a cherché à profiter de l'affaiblissement de l'Irak et des agents iraniens se sont mis au travail dans le Sud’. Un argument qui n’a guère de chances d’être retenu à décharge dans l’Irak d’aujourd’hui.

Source: Walfadjri

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Mercredi 22 Août 2007


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