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Interview : Les confidences de Mbaye Jacques Diop

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Interview : Les confidences de Mbaye Jacques Diop
L’As : Ce samedi 26 août, est célébré le 49 ème anniversaire de la journée des porteurs de pancartes. Voulez-vous nous rappeler ce haut fait historique ? Me Mbaye Jacques Diop : Les porteurs de pancartes sont les jeunes de l’époque qui, en 1958, avaient reçu le Général de Gaulle à la place Prothée, devenue place de l’Indépendance. De Gaulle, fraîchement venu au pouvoir, avait entrepris une tournée africaine en août pour expliquer les contours de la nouvelle Constitution Française dans laquelle, il y avait une partie consacrée à l’Afrique. Ce qu’il appelait la communauté franco-africaine. Il y avait aussi des dispositions qui permettaient aux pays africains qui allaient voter non à ce référendum, d’accéder à l’Indépendance. Auparavant, il y avait une situation d’effervescence dans les pays africains notamment sur le plan de la conscientisation des masses. Avant cela, il y avait également d’autres évènements qui se sont révélés déterminants dans cette prise de conscience politique des pays africains. En 1954, il y a eu la défaite française de Dien Bien Phu qui a été un coup de tonnerre pour nous autres colonisés. Voir que la France était vaincue par des colonisés était un événement important pour nous. La révolution algérienne a éclaté le 1er novembre 1954. Il y a eu en 1955, la conférence de Bandoung ayant permis aux pays du Tiers-monde, de se réunir et de dire leur détermination à être libre et à se départir du colonialisme. A cet effet, on peut citer Gamal Abdel Nasser, Chou En Lai pour la Chine, Kwamé Krumah pour l’Afrique noire…. La nationalisation du Canal de Suez est également intervenue à cette même date. Enfin, en 1957, le Maroc et la Tunisie ont accédé à l’indépendance. Sans oublier le Ghana. Tout cela a contribué à l’éveil des consciences. C’est ainsi qu’on a tenu le Congrès de Cotonou avec le Parti du regroupement africain (Pra) du 25 au 26 juillet 1958. J’en parle, aujourd’hui, avec beaucoup d’émotion et de fierté, j’étais désigné pour représenter les jeunes de l’Ups, section sénégalaise du Pra. J’étais avec Amadou Ndéné Ndao et feue Rose Basse. A ce congrès de Cotonou, il y avait les filles d’Abou Cissokho du Soudan, actuel Mali, Djibo Bakary du Niger, Barry 3 de la Guinée, Senghor et d’autres. On a dit que Degaulle devrait faire sa tournée mais, nous, africains du Pra, disions que nous sommes pour l’Indépendance immédiate; nous ne voulons pas de la Communauté franco-africaine. Un mois après, DeGaulle va en Guinée, le 25 août et il est reçu triomphalement par Sékou Touré. Le lendemain, 26 août, il est accueilli à Dakar de la même manière, c’est-à-dire bruyamment et ce, conformément au mot d’ordre de Cotonou. Ce qu’on ne dit pas souvent, c’est que le parti était déjà au pouvoir : Mamadou Dia était chef de gouvernement, Senghor était là et nous avions le gouvernement de la loi-cadre avec Latyr Camara, parrain de cette année. On a donné aux jeunes que nous étions, les moyens de préparer les pancartes et les banderoles pour coller au mot d’ordre : Premièrement, indépendance immédiate, deuxièmement ; Etats-Unis d’Afrique et troisièmement ; confédération avec la France. De l’aéroport à la place de l’Indépendance, on l’a inondé de tracts, de bruits, de slogans, cris et lorsqu’il est venu à la place Prothée, il y avait environ 65.000 personnes dont 90% des jeunes. Il y avait des syndicalistes, des militants de l’Ups et du Pai, des étudiants avec l’Ujao (Union des étudiants de l’Afrique de l’Ouest), des étudiants de la FEANF…. Donc, Degaulle était excédé par cet accueil et il a dit : «Maintenant je m’adresse aux porteurs de pancartes». C’est cela que nous allons fêter samedi 26 août.

Qui était le catalyseur de ce mouvement ?

C’était Abdoulaye Ly, aujourd’hui, tombé dans l’anonymat mais c’est un très grand Monsieur (il se répète). C’est un patriote ardent, exceptionnel ; un des premiers Docteurs Es-Lettres d’Afrique.

Pendant ce temps, où étaient Senghor et Dia ?

Senghor était absent du Sénégal, tout comme Mamadou Dia. (Rires) !

Certains disent qu’ils avaient fui…

Non, non, non. Le mois d’août était sacré pour Senghor et il était en vacances en Allemagne. Mamadou Dia était en Suisse pour soigner ses yeux. C’est pourquoi ils n’étaient pas là. Le fameux discours de Waldiodio Ndiaye, un grand patriote, a été préparé avec Jean Collin, à qui, il faut rendre hommage. Ah oui, il le faut même si, après, je n’étais toujours pas, d’accord avec lui. Bref, il a aidé à la rédaction du discours de Waldiodio.

Vous avez eu le privilège de travailler avec les trois présidents de la République du Sénégal. Peut-on dire que Mbaye Jacques Diop a de la baraka ?

(Rires) ! Merci et je rends grâce à Dieu. D’abord, vous avez, tantôt, vu que j’étais avec mes camarades (porteurs de pancartes). Le conservateur Atoumane Ndiaye disait qu’il a perdu dans ses archives un document datant de 1957 où il était mentionné que j’étais élu avec Amadou Ndéné Ndao et Amadou Racine Ndiaye comme délégué des jeunes au bureau politique du Bps. A cette date, j’avais à peine 24 ans et à cet âge, c’était pour moi, un honneur de siéger dans un bureau politique qui se réunissait chaque semaine avec Léopold Sédar Senghor, Mamadou Dia, Abdoulaye Ly, Waldiodio Ndiaye, Amadou Mactar Mbow, Assane Seck, j’en passe. Effectivement, j’ai été avec Senghor, par la suite, j’ai travaillé avec Diouf et avec Wade. Autrement dit, je suis avec mon pays. C’est cela qu’il faut retenir ! Comme disait Napoléon, la baraka, c’est à la fois, la circonstance et la chance. Il disait aussi que la baraka, c’est un moment donné où il faut prendre en compte ce petit moment qui permet d’avoir ce qu’on appelle la chance. C’est dire que j’ai eu cette lumière, ce déclic et ce privilège d’être depuis lors, au service de mon pays et de ma ville Rufisque.

Vous avez donc travaillé avec Senghor, Diouf et aujourd’hui Wade. Qui vous a le plus marqué ?

J’aime rappeler que j’ai été façonné par Senghor, c’est-à-dire qu’il m’a appris beaucoup de choses. Senghor était resté toute sa vie un professeur, un enseignant. Donc, il façonnait ses collaborateurs. Il m’a appris aussi à rédiger. J’ai eu la chance d’être un de ses chargés de missions et, à la fois, son conseiller technique. C’est lui qui m’a poussé à aller faire des études supérieures à un âge avancé. Cet homme m’a façonné et je lui rends hommage. J’ai dit à mes amis ; Senghor m’a façonné, mais Abdoulaye Wade m’a fasciné. Entre la façon de faire quelqu’un et celle de fasciner, il y a une frontière ténue. Senghor est un grand Monsieur, tout comme Wade. Diouf m’a trouvé dans le parti. Autant Senghor avait créé un parti auquel j’ai adhéré en tant que jeune, autant Wade a créé un parti, avec lequel, j’ai fusionné. Diouf m’a trouvé dans le parti, on était ensemble et il a eu plus de chance que moi. C’est tout !

Rien pour Diouf ?

Non, je n’en dirai pas plus !

C’est comme si Diouf n’avait rien fait pour vous. Vos relations étaient-t-elle conflictuelles ?

Non, non, non. (Il se répète). Elles n’étaient pas conflictuelles. On s’est d’ailleurs rencontré, il y a moins d’un mois quand je revenais de Chine. Il m’a bien reçu et je mets tout cela sur le compte du passé.

En 2000, Mbaye Jacques Diop disait «toujours élu, jamais nommé». Est ce que c’était une manière de s’en prendre à Diouf ?

Je n’en veux à personne. Mitterrand était un grand monsieur, un grand homme politique et il disait qu’il vaut mieux être élu que nommé. Un homme politique doit toujours avoir une base politique, un fief électoral, des hommes et des femmes qui lui font confiance, votent pour lui, le poussent à aller de l’avant. C’est ce que j’ai fait tout le temps avec Diouf. Depuis 1964, je suis conseiller municipal de ma ville. Cela fait un bail…

Aujourd’hui, entre Wade et l’opposition, le dialogue est rompu alors que vous êtes connu comme médiateur. N’êtes-vous pas tenté d’offrir vos services ?

Les Sénégalais ont tranché par un vote que je considère comme absolument transparent. Depuis le 18 septembre 1958, et avec le fameux référendum proposé par de Gaulle, je vote comme acteur politique. Aussi, la Présidentielle du 25 février était l’une des plus transparentes. Pour la première fois, on a eu autant d’engouement populaire avec ce scrutin. Dès lors, les 56% qui ont voté pour Wade l’ont fait à bon escient. Wade est un président de la République légitime et cela est incontestable. L’opposition a été battue et, c’est cela aussi le jeu politique. Pour que la situation politique soit débloquée, il faut que l’opposition accepte qu’elle a en face d’elle, un président de la République légitiment élu. C’est la condition principale. Le reste sera facile. Tant que le Président Wade prendra sur lui cet affront comme quoi, il n’est pas légitime en tant que Président, il sera difficile de renouer le dialogue.

Vous ne pensez pas qu’il est temps de proposer vos bons offices ?

Oui, je suis prêt. Je sais qu’il y aura de part et d’autres des conditions à poser. Je profite, d’ailleurs, de l’occasion pour dire que je n’ai pas de contentieux personnel avec Ousmane Tanor Dieng, ni avec Amath Dansokho, Abdoulaye Bathily, encore moins, avec Moustapha Niasse que je considère comme mon cadet. J’ai eu avec Niasse, un cheminement exceptionnel, depuis l’Ups jusqu’à présent. Je vous dis un secret : Entre les deux tours, je fais partie de ceux qui ont travaillé pour rapprocher Niasse et Wade. Par deux ou trois fois, je suis allé nuitamment chez lui. Une fois, je vous le dis aujourd’hui, j’étais accompagné de Sidy Lamine Niasse et une autre fois par d’autres. Je voudrais bien jouer ce rôle pour le compte de mon pays, à condition que l’opposition accepte que Wade est légitiment élu par les Sénégalais.

Que pensez-vous des Assises nationales prônées par cette opposition. Est-ce pertinent ?

Mais non ! Encore une fois, c’est de l’agitation et le Sénégal est un pays avec des hommes de qualité, une presse, des médecins, des enseignants de qualité. Un pays qui avance dans la démocratie jour après jour, n’a pas besoin d’Assises nationales parce que des gens sont allées aux élections et d’autres n’ont pas participé. Ça ne vaut pas la peine. Les éléments constitutifs de cette démocratie existent ; l’opposition est là et le pouvoir aussi. Seulement, il faut arriver à ce qu’ils se parlent et discutent pour faire avancer le pays. Je suis partant en tant qu’ami des hommes politiques les plus anciens, l’homme politique en activité le plus ancien parce que je suis en activité depuis 1954. Je suis en tout cas prêt à apporter ma contribution pour que le dialogue soit repris.

Wade a, estimé que le Pds est un parti «informel». Est-ce là, les causes des remous que ce parti connaît actuellement ? Et que pensez-vous du retour de Idrissa Seck ?

Mais rien ! Moi, je suis au Pds par une fusion avec mon parti et je m’y sens à l’aise. Parce que le secrétaire général m’a mis à l’aise. Il me consulte, me parle et je l’en remercie. C’est lui-même qui a dit au cours d’un comité directeur que le Pds était un parti informel. Il n’a pas exactement employé le terme refonder, mais il a dit qu’il faut revoir ça. Il y a ceux qui parlent de refondation, de restructuration. Le plus important est que tout le monde s’accorde à dire qu’il faut changer le Pds, tel qu’il fonctionne actuellement. Il faut qu’il soit moins informel, plus vivant, animé, qu’il y ait plus d’activités et c’est cela qui est en discussion. Pour que le parti reste encore au pouvoir, il faut que toutes ces conditions soient réunies.

A votre avis, quelle sera la place de la Génération du Concret ?

Est ce que vous pouvez mettre un nom à cette Génération du Concret ?

La génération du concret est reconnue. Elle a un récépissé et est présidée par Karim Wade ?

Mais, c’est une association ça ? C’est un mouvement (rires). Je considère qu’un moment viendra où cette Génération du concret va remonter à la surface et pour que l’on puisse savoir comment travailler ensemble. C’est tant mieux si le Pds doit s’ouvrir et qu’il soit plus attractif afin que d’autres jeunes y viennent. Moi, je suis en fin de carrière et je ne suis plus en compétition pour, quoi que ce soit. Donc, je ne peux plus être un homme sectaire. Le Pds veut toutes les bonnes volontés pour mieux affirmer à la fois sa personnalité et sa représentativité dans l’opinion sénégalaise. A cet égard, je suis pour que tout le monde vienne dans le parti et travailler pour renforcer les idées et la vision de Wade.

Pensez-vous que Karim Wade peut succéder à son père ?

Nous sommes dans une République, dans un pays qui a une histoire politique, sociale, en tous genres. Qu’on le veuille ou non. Nous sommes tous fiers d’être des Sénégalais. Un tel pays ne peut pas avoir à sa tête, demain et après-demain, des hommes et des femmes qui ne sont pas élus démocratiquement. Je le dis et je ne jette la pierre à personne, ceux qui voudront demain diriger le pays, devront se rapprocher des électeurs. Et ils devront être dans les conditions pour compétir car, il faut compétir. Donc ceux qui voudront diriger le pays sont tenus de se battre. Y compris Karim Wade et c’est valable pour tout le monde. On parle de Macky Sall. Si c’est vrai qu’il a des ambitions, il doit aussi compétir, pareil pour Idrissa Seck et les autres. Wade a été en compétition, plusieurs fois, avant de devenir président de la République, en l’an 2000. C’est donc par la compétition que les électeurs désigneront leurs représentants, aussi bien à la base qu’au sommet de l’Etat.

Vous disiez tantôt avoir mis un terme à votre carrière politique. Cela veut-il dire que vous excluez d’être candidat à la présidence de la République ?

Moi, exclu (il insiste), vous savez comme on dit, on ne dit jamais, jamais, en politique. Mais moi, je rends grâce à Dieu, vraiment comme me l’a appris Senghor, il faut savoir quitter la table, pendant qu’il est temps. Je ne serai plus candidat à quoi que ce soit ; plus jamais de compétition ! Quand je finirai mon mandat ici, Al hamdoulillah, je dirai Dieu, je Vous remercie, mes parents, je vous remercie, Sénégalaises et Sénégalais, je vous remercie de m’avoir accompagné, pendant si longtemps. Maintenant, je vais me reposer.

Que pensez vous du retour de Idrissa Seck dans ce Pds «refondé» ?

Mais Idrissa Seck est un bon élément. Il faut le reconnaître, c’est un bon élément. Il ne faut pas lui jeter la pierre, mais non, c’est quelqu’un qui a apporté quelque chose au Pds. Pendant que moi je n’y étais pas, il a beaucoup aidé, beaucoup apporté au Pds. Je l’ai rencontré et connu davantage au deuxième tour. Il a beaucoup contribué à la victoire de Me Wade au second tour. Qu’il vienne, mais qu’il soit humble, le conseil que je lui donnerais, en tant que doyen, c’est qu’il soit humble.

Il y a eu une levée de bouclier des Pds de «lait» s’opposant à la «refondation» du Pds…

Mais, moi je les laisse avec leur lait, moi, je ne tête plus (éclat de rire).

Vous êtes chef de délégation pour les négociations Etat du Sénégal / Mfdc. On ne vous entend plus, ou en êtes-vous ?

En effet, le président de la République m’a dit: «Le jour où il y aura des négociations entre le Mfdc et le Sénégal, c’est vous qui conduirez et agirez au nom de l’Etat du Sénégal». Ce jour-là, c’est certain, on verra tout le monde, mais avant cela, y a un travail souterrain. Et nous nous y attelons.

Où en est Foundiougne 2 ?

On y travaille.

Peut-on avoir une date ?

On y travaille. Les négociations, vous savez s’il s’agit de faire taire les armes, ce n’est pas facile ça. Ensuite, ça ne se fait pas sur la place publique.

Parlons maintenant de Rufisque, c’est l’éternel problème de l’assainissement, c’est quoi fondamentalement la difficulté ?

Il faut des moyens, il faut de la volonté politique. Je rappelle que le Président Wade, quand il est venu à Rufisque le 8 mars 2000 entre les deux tours, il a tenu meeting devant chez moi, j’étais maire de Rufisque. Il m’avait promis, en disant, je t’aiderai à faire l’assainissement de Rufisque. Je sais qu’il y a la volonté politique, après, j’ai quitté la mairie pour occuper le poste que j’ai aujourd’hui, grâce à sa confiance. Je crois qu’on n’a pas suivi, Il y a quelques jours le député de Rufisque, Seydou Diouf a posé une question très pertinente à l’Assemblée nationale, cela en rapport avec l’assainissement de Rufisque. Rufisque est dans une cuvette, le centre-ville est dans une cuvette et ça, il faut des moyens et de la volonté politique. Je compte en tout cas sur la nouvelle génération des gens, comme Seydou Diouf pour arriver à régler ce problème.

Cela signifie que vous souhaitez que Seydou Diouf reprenne le flambeau ?

Ah oui (il insiste), je le souhaite ardemment. Si cela ne dépendait que de moi, il sera le maire de Rufisque à l’issue des élections de 2008.

À la place de Ndiawar Touré ?

Je ne cite personne, mais en tout cas, si cela ne dépendait que de moi, je serais heureux que Seydou Diouf prenne les rênes, parce qu’il en a, à la fois, la compétence, la volonté, et le patriotisme local.

Contrairement à Ndiawar Touré ?

Non non, vous savez, (il hésite).

Ça bruit toujours entre Ndiawar Touré et vous qu’est ce qu’il en est...

(Il nous coupe) c’est un tort que l’on me fait vraiment. Moi, je ne suis plus en compétition. Vous savez, vraiment je compte sur vous pour y mettre un terme. Ndiawar Touré, ce n’est pas moi. Je suis plus âgé que lui, plus ancien que lui dans la politique, j’ai plus que lui tout ce qu’on veut, je ne le sous-estime pas. Mais, j’estime que lui et moi…, ce n’est pas la même chose. J’ai été amené à porter sa candidature, je l’ai aidé à être maire. Il est maire, c’est tant mieux pour lui. Aujourd’hui, il est en compétition, pas contre moi parce que je n’ai jamais été en compétition contre lui, je ne le serais jamais. Il aura en face de lui des gens comme Seydou Diouf, des gens comme Aliou Souaré qui est du Pds comme lui et qui était contre lui, en juin 2002, des gens comme Awa Diop, qui était contre lui en 2002, ces deux-là, qui sont des Pds originels, comme on dit, étaient contre lui, moi, je l’ai soutenu. Aujourd’hui, je ne le soutiens plus, mais non plus je ne le combats pas. Dans quelques mois, il y aura une compétition locale. Ce jour-là, en tant que citoyen, moi le Rufisquois, je choisirais librement qui me gouvernera parce que j’ai là-bas ma famille, j’ai là-bas mes biens et je veux bien savoir qui gouvernera Rufisque, mais de grâce, je compte sur vous pour qu’on sache que je n’ai rien contre Ndiawar Touré. Il n’y a pas de problème personnel entre lui, et moi, mais simplement, j’estime qu’un jour viendra, il faudra qu’on change l’équipe municipale de Rufisque, qu’elle soit à la dimension des projets que nous voulons pour Rufisque, mais aussi pour l’avancement de Rufisque.

L’idée de transformer le Conseil de la République en un conseil économique et social avait été agitée. Où en est-on ?

En réalité, nous sommes devenu un Conseil économique et social, nous le sommes redevenu entièrement. L’appellation ne change pas. C’est donc le Conseil de la République pour les Affaires économiques et sociales en abrégé, Conseil de la république, et non pas Craes. Je vais compter sur vous pour dire, après Maurice Druon, qu’il est fautif d’abréger ce que la loi a déjà abrégé. La loi a dit de manière claire, il est créé une institution dénommée Conseil de la République pour les Affaires économiques et sociales, en abrégé, Conseil de la République.

Vous dites que le conseil de la République est devenu un Conseil économique et social ?

Absolument ! Le président de la République, en créant le Sénat, a estimé justement que le Sénat va être la chambre pour les collectivités locales. Avant, chaque département était représenté au Conseil de la République. Mais, vous avez vu avec l’élection sénatoriale que chaque collectivité locale va siéger au Sénat. Et le président a pris une loi organique qui modifie la composition du Conseil économique et social, mais qui ne sera appliquée qu’à partir de 2009, fin de cette présente mandature. Dans le prochain mandat du Conseil de la République, il n’y aura plus un seul représentant des élus locaux. Nous deviendrons totalement un Conseil économique et social, comme nous sommes aujourd’hui, sans les élus locaux. Mais le Président Wade a augmenté également dans nos missions celle de médiation. Nous sommes donc une agence, une institution, de propositions, d’idées et de conception, en plus de cette mission du conseil économique et social, nous sommes aussi une institution de médiation sociale. En cas de conflits, la loi nous donne la prérogative d’agir.

On parle de plus en plus dans certains cercles de votre départ prochain du Conseil ?

J’ai un mandat de 5 ans, je boucle 3 ans en septembre prochain, il me reste 2 ans et après cela, je prends ma retraite.

Est ce que cela nous vous glorifie pas que le conseil, considéré jadis comme une coquille vide, soit l’objet de toutes les convoitises maintenant ?

J’en suis heureux, par ce que tous, la presse y compris, le prenaient pour un machin, un gadget, un jouet, mais aujourd’hui, le Conseil de la République est reconnu au plan international. Ce que je ne vous ai pas dit, c’est qu’on nous envoie du monde entier, des gens pour venir voir ce que nous faisons. Récemment, le Tchad vient de mettre en place un conseil de la République et son président viendra nous voir dans quelques jours. La Mauritanie est en voie d’avoir un conseil, le Congo vient d’avoir le sien. Nous sommes, aujourd’hui le président de tous les Conseils de la République de la Francophonie, ce n’est pas rien ça. Encore une fois, nous avons un mandat de 5 ans, on a fait 3 ans, nous demandons à Dieu de nous donner la santé de finir les deux années, ce sera encore mieux. Que ceux qui veulent ma place viennent la prendre.

Vous êtes souvent consulté par le Président Wade, est-ce qu’il vous arrive d’infléchir ses positions ?

Contrairement à ce que l’on pense, c’est un homme ouvert. Même si quelques fois, il dit non, par la suite, il accepte. Non, ce n’est pas un homme rétif, c’est un homme soucieux d’arriver à trouver le bon point de jonction. Ensuite, il faut reconnaître que le Président est une machine intellectuelle, il a un cerveau, Alhamdoullilah, qui fonctionne très, très bien. Il est agréable, même s’il est rugueux parfois, mais ça c’est son tempérament. Moi aussi, je suis comme cela, mais l’essentiel, est d’arriver à des solutions.

Une fois à la retraite, qu’est ce que Mbaye Jacque Diop va faire ?

Je vais écrire, mais je vais écrire autrement que vous, comme me le disait Senghor, pour essayer d’enseigner. Écrire sur le Sénégal, notre pays commun, écrire sur ce que le Sénégal a apporté à l’Afrique, ce que le Sénégal a apporté au monde. C’est exceptionnel, mais le Sénégal a beaucoup apporté. L’éveil des consciences des peuples noirs, était assuré par des cadres Sénégalais, dont Alioune Diop qui a été directeur de Présences Africaines. C’est exemplaire, ce qu’il a fait. Dès 1945, il a ouvert en France une maison d’édition pour vendre l’Art Nègre. Aujourd’hui quand on parle de René Maran, on parle de Birago Diop quand on parle de Césaire, on parle forcément de Ousmane Socé Diop. Il ne faut pas oublier David Diop, talentueux, qui est mort dans un accident d’avion. Et Senghor, l’immense Senghor, Wade… Ils sont tellement nombreux.

Source: L'As

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Dimanche 26 Août 2007

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