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Ibrahima SALL (Leader du Model) : ''J’ai définitivement tourné la page Pvd de Serigne Modou Kara'' (Entretien)

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Il faut qu’on arrête de faire la promotion des gens parce qu’ils sont dans un parti politique ou dans un autre. On ne peut pas continuer à gérer les Etats comme on le faisait au temps de la colonisation. Il faut changer ce pays où à chaque fois qu’il y a des sources d’argent, comme des abeilles, des gens s’y jettent… S’entretenir avec Cheikh Ibrahima Sall est un véritable régal de vérités. L’économiste qui vient de mettre fin à son compagnonnage avec le marabout politicien Serigne Modou Kara estime qu’il manque au Sénégal et aux Sénégalais des références et des référents.



Ibrahima SALL (Leader du Model) : ''J’ai définitivement tourné la page Pvd de Serigne Modou Kara'' (Entretien)
Wal Fadjri : Au mois de mars dernier, vous aviez été désigné pour présider aux destinées du Parti pour la vérité et le développement (Pvd). Cinq mois après, vous avez mis sur pied une autre formation politique. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à rompre avec Serigne Modou Kara ?

Ibrahima Sall : Je veux faire une précision aux Sénégalais. J’ai définitivement tourné la page Pvd et je ne vais plus en parler.

Wal Fadjri : Votre parti, le Mouvement pour la démocratie et les libertés, est en acronyme le Model. Est-ce un modèle à offrir aux Sénégalais en ce sens que dans votre lettre, vous avez comparé votre parti politique à un syndicat ?

Ibrahima Sall : Ce n’est pas de la prétention de dire que nous voulons nous poser en modèle. Nous pensons que la démocratie et les libertés sont, de nos jours, le fondement du développement économique. On a dit Mouvement pour la démocratie et les libertés. Il s’agit de la liberté de s’exprimer sans entrave dans les limites de la décence et de la loi ; de la liberté de produire et de jouir de sa propre production parce que la liberté d’entreprendre est le fondement des sociétés modernes. Nous pensons que les Sénégalais pour s’épanouir doivent avoir ces libertés. Dans un cadre démocratique, l’homme est respecté, il est au début et à la fin de toutes les actions. C’est pourquoi le mouvement se veut un modèle. Les membres du mouvement aussi se veulent un modèle parce que le référentiel et le référent sont très importants pour le peuple. Il manque au Sénégal et aux Sénégalais, bien qu’on ait ça dans notre histoire, des références et des référents. Nous proposons un modèle dans ce sens.

Wal Fadjri : A vous entendre parler, il y a une crise des valeurs au Sénégal.

Ibrahima Sall : La crise des valeurs est latente. C’est à nous de faire en sorte que les symptômes ne se transforment pas en maladie. Aujourd’hui une société émergente comme la Chine par exemple a une référence très forte à Confucius. Si vous prenez un Etat comme les Etats-Unis, la référence aux anciennes valeurs est très forte. Comme le disait l’ancien président du Sénégal, l’enracinement et l’ouverture sont les fondements d’un développement économique consensuel et concerté. Pour être moderne, il faut avoir des références et c’est cette référence-là que le Model veut offrir aux Sénégalais.

Wal Fadjri : Voulez-vous dire qu’il y a des gens qui font de la politique et qui ne devaient pas le faire ?

Ibrahima Sall : J’ai dit dans la lettre qu’il y a des individus qui se présentent en messies. Est-ce qu’il est concevable que des gens qui n’ont la certitude ni de leur honnêteté ni de leur compétence, puissent se prévaloir le droit de diriger le Sénégal ? C’est une question que les Sénégalais doivent se poser. Se résigner serait un péché originel pour nous. Nous sommes des intellectuels, des employés, des chefs d’entreprise, etc. Nous avons, à côté de nous, ce que j’appelle le vaudeville politique. La politique s’est théâtralisée au Sénégal. Nous avons des actions scéniques qui nous renvoient à des théâtres de boulevard. Nous ne devons pas laisser le Sénégal entre des mains qui ne sont pas conscients du rôle qu’ils doivent jouer pour le pays. La politique est très importante, c’est la gestion de la cité et c’est des hommes sérieux qui doivent le faire parce que la politique est une chose sérieuse.

Wal Fadjri : Dans votre lettre, vous avez aussi parlé de Groupements d’intérêt politique (Gpi). Voulez-vous dire que ceux qui sont aux affaires et ceux qui ont été aux affaires sont à classer dans cette catégorie ?

Ibrahima Sall : Non. Je ne classe personne dans cette catégorie. Je dis simplement que la plupart des partis politiques au Sénégal sont formés dans le but de la compromission, dans le but de faire une carrière. Si vous allez dans les autres pays, avant de faire de la politique, il faut avoir prouvé quelque chose sur le terrain. On ne peut pas venir faire de la politique un métier. La politique est un sacerdoce. C’est un service que l’on rend à l’Etat. Ce n’est pas une manière de vivre dans la luxure, la facilité, sur le dos du contribuable. Vouloir faire de la politique, c’est vouloir rendre service à son pays. Nous allons la faire cette politique en nous basant sur un programme économique concerté et écrit. Nous allons faire de la politique loin de la rhétorique et de la théorie. C’est ça le nouveau programme du Model.

Wal Fadjri : Le Model propose un nouveau programme. Mais propose-t-il un homme politique nouveau ?

Ibrahima Sall : Tout à fait. Ce sont des hommes politiques qui servent le peuple, mais qui ne se servent pas du peuple. C’est l’homme intègre, l’homme compétent. Je suis souvent choqué de voir comment certains individus peuvent avoir le culot de venir nous dire : ‘Nous vous dirigeons’, alors que nous savons bien que ce sont des gens qui n’ont pas la probité morale nécessaire, qui n’ont pas la compétence nécessaire (…) Au Model, nous allons servir la Nation pour le bien-être de toutes les populations. Les gens peuvent dire : ‘Oui, encore des politiciens qui forment un parti politique.’ Je vous dis tout de suite que nous ne sommes pas un parti politique de plus. Nous sommes l’espérance, et cette espérance-là, nous l’avons vue quand nous avons lancé cette initiative, puisqu’une centaine de cadres ont quitté leurs partis politiques respectifs pour venir et créer quelque chose de neuf. Une alternative crédible à ce qui se passe. De toutes les façons, notre génération doit prendre le relais et il faut s’y préparer. Cette génération-là, pour pouvoir prendre le relais, doit prouver sur le terrain qu’elle mérite la confiance du peuple sénégalais et c’est à cela que le Model va s’attacher.

Wal Fadjri : Depuis les indépendances et peut-être même au-delà l’homo senegalensis est politiquement façonné d’une certaine façon. Vous voulez apporter une touche tout à fait différente. Croyez-vous qu’il va vous suivre dans votre logique ?

Ibrahima Sall : Mais l’homo senegalensis n’a jamais rien demandé. C’est les politiques qui imposent aux Sénégalais des comportement répréhensibles, des attitudes pas dignes. Les Sénégalais subissent ces gens. Il faut que nous disions aux Sénégalais qu’il existe autre chose à côté. Est-ce que nous avons le droit de dire qu’à tout prix, il faut être là, pour pouvoir conduire une belle voiture, avoir une belle maison ou une belle femme. Est-ce que le Sénégal mérite cela ? Nous disons non. Nous disons que nous nous mettons au service du peuple sénégalais. Et les gens qui sont dans le parti, sont connus pour être des gens qui ont une probité certaine et une compétence assurée. C’est le peuple qui doit dire tolérance zéro. On ne peut pas vivre de l’argent du contribuable, les impôts du vendeur de cacahuètes et faire n’importe quoi. C’est au peuple sénégalais de trancher et de choisir ses propres dirigeants. A l’image de nos valeureux ancêtres qui ont construit le pays à la sueur de leur front et aux gouttes de leur sang.

‘Trouvez-vous normal que des députés, des sénateurs, des ministres ne soient pas capables de comprendre ce que c’est une balance commerciale, alors que la gestion de l’Etat demande cette compétence ?’

Wal Fadjri : Vous plaidez en faveur d’une alternance générationnelle. Peut-on savoir la sociologie de ceux qui composent le Model ?

Ibrahima Sall : L’alternance générationnelle ne peut pas être décrétée. Elle est biologique. Naturelle. Qu’on le veuille ou non, elle existera. Nous ne poussons personne vers la sortie. Tout relève de la volonté de Dieu. Nous croyons que c’est notre temps et nous allons prendre la responsabilité de le faire savoir et de le faire dire. Nous pensons que l’homme qui doit diriger le Sénégal doit être, de par sa compétence, capable de relever le défi du monde nouveau qui s’est modernisé et qui se bat dans un marché international implacable. Aujourd’hui, les Etats sont devenus des entités transnationales. Ce n’est plus un conglomérat administratif que l’on transforme en butin que l’on se partage. L’Etat doit être aujourd’hui comme une entreprise moderne où la recherche de financement, la gestion des biens publics doit être fait par des hommes compétents, honnêtes et amoureux de leur pays. Il n’est pas normal que les pays africains aient cette classe politique. Trouvez-vous normal que des députés, des sénateurs, des ministres ne soient pas capables de comprendre ce que c’est une balance commerciale, alors que la gestion de l’Etat demande cette compétence ? Le Model va éclairer les Sénégalais sur ces questions parce qu’il est temps que les hommes compétents soient là, comme le disent les Américains, ‘the right man in the right place’.

Wal Fadjri : Vous prônez une rupture totale. Pouvez-vous présenter aux Sénégalais qui est Ibrahima Sall ?

Ibrahima Sall : Je suis économiste de formation. J’ai eu la chance, après mon baccalauréat au lycée technique Maurice Delafosse, d’aller faire mes études à l’Université de Bordeaux I où j’ai eu mon diplôme de troisième cycle d’économie. J’ai eu aussi un Dess de gestion des entreprises à l’Institut d’administration des entreprises de Bordeaux. Je suis aussi diplômé de sciences politiques. J’ai eu la chance déjà à 25 ans d’avoir présidé le groupe Djily Mbaye qui était à l’époque le premier groupe privé Sénégalais. Sous ma houlette, le groupe a réalisé beaucoup d’ouvrages au Sénégal, notamment l’immeuble Fayçal, l’immeuble Fahd, la cité Djily Mbaye, la cité Fayçal, la cité Bagdad de Louga. Nous avons aussi participé à la création du projet pétrolier et gazier du Sénégal avec Tyllow Oil, à la création aussi des projets comme Canal horizon. J’ai eu la chance, dans mon expérience privée, de participer à une dizaine de conseils d’administration, notamment la Seib, la Socopao etc. Ce parcours, je l’ai partagé avec le président Djily Mbaye avec qui j’ai eu la chance d’avoir rencontré beaucoup de personnalités. J’ai aussi une expérience sur le plan de la gestion de l’Etat d’autant plus que j’ai été le conseiller personnel du président Diouf. Même si cela n’a pas duré trop longtemps, cela m’a permis de connaître les rouages de l’Etat du Sénégal. Je descends aussi d’une famille maraboutique de Darou Mousty. Je suis le petit-fils de Borom Darou. J’ai très tôt eu la sensation que l’important pour un homme est de servir son pays. C’est pourquoi, après avoir eu cette carrière, après avoir aussi été depuis longtemps consultant international, directeur du cabinet Young and Sall, associé actuellement au cabinet Ssc International, je me suis dit qu’il serait important pour moi de mettre mon expérience au service de mon pays afin de pouvoir apporter une pierre à la construction de cet Etat du Sénégal. Un Etat que nous voulons moderne et démocratique.

Wal Fadjri : Le président de la République a, sur les ondes de la Voix de l’Amérique, dressé le portrait robot de son successeur qui doit connaître entre autres le monde des finances. Qu’en pensez-vous ?

Ibrahima Sall : Cela ne m’a pas surpris du président. Il ne l’a pas dit parce qu’il est économiste. L’Etat s’est modernisé, l’Etat est une entité transnationale donc, il faut une gestion économique de l’Etat. Qu’est-ce que c’est un Etat ? C’est comme une maison où le matin il faut trouver un budget pour manger, payer le gaz, payer l’électricité. Il faut que les gens qui gèrent le Sénégal soient capables de financer un budget, de financer les investissements, de rendre attractif le pays et surtout de gérer bien les deniers publics pour les mettre à la portée des populations pour lutter contre les inégalités, pour développer la production et ça, c’est un économiste qui est capable de le faire. Le président de la République aime son pays et sa déclaration est à saluer. Il n’est pas question de laisser le Sénégal entre des mains qui ne peuvent pas s’adapter au monde moderne. Le monde moderne, c’est un monde économique, un monde financier. C’est un monde aussi où, au-delà de la compétence, il faut une probité morale, il faut une capacité d’entendre le peuple et d’être au service de ce peuple (…)

Wal Fadjri : Le politicien que vous êtes, descend d’une famille maraboutique. Comment apprécie-t-il la visite du khalife général des mourides au président de la République et, au-delà, quel regard porte-t-il sur les relations entre le spirituel et le temporel ?

Ibrahima Sall : La visite du khalife qui est mon oncle, est une visite privée. Je n’ai pas de commentaire à faire là-dessus. Ce que je voudrais dire, c’est qu’on voudrait nous faire croire que la politique doit être séparée fondamentalement du spirituel. L’intellectuel sénégalais devrait comprendre que l’Europe, pendant 200 ans, a été fondée et développée par l’église chrétienne. Aujourd’hui, vous allez en Allemagne, il y a les démocrates chrétiens, dans d’autres pays comme la Turquie, il y a des démocrates musulmans, etc. Si le spirituel ne vient pas empêcher la marche de la démocratie, elle peut servir d’adjuvant. Toutefois, je ne crois pas utile que le religieux commande l’Etat.

Wal Fadjri : Vous voulez réinventer le Sénégal. Comment comptez-vous procéder ?

Ibrahima Sall : Pour réinventer ce que nous appelons le Sénégal nouveau, il faut de l’audace. Il faut aussi une responsabilité générale, mais aussi une responsabilité de chaque individu. Le comportement individuel devrait être changé. Ce pays est sur le fil du rasoir. Il faudra que les gens sachent que rien ne sera plus comme avant. La crise que nous vivons n’est pas une crise. C’est le contour d’un monde nouveau, où les gens vont gagner moins d’argent, où le partage des richesses sera plus dur. Il faudra donc que nous changions d’habitude. Toutes les habitudes : dépenser moins, mieux gérer, mieux produire, mieux financer. Il faut des gens capables de mettre en place cela. Le Model va essayer de proposer non seulement au peuple sénégalais, mais aux hommes politiques des schémas nouveaux qui permettront de trouver des solutions.

Wal Fadjri : Vous épousez donc l’idée de Marc Ravalomanana selon laquelle, il faut gérer un pays comme on gère une entreprise…

Ibrahima Sall : (Il s’empresse de préciser) Je pense qu’il y a une convergence d’idées. Je ne savais même pas qu’il l’avait dit, je sais que lui, c’est un chef d’entreprise ; moi aussi, je l’étais. En tout cas, il faut forcément des hommes nouveaux. Qu’est-ce qu’un homme politique qui n’est là que parce qu’il a fait des meetings ou au bon vouloir du chef ? Qu’est-ce qu’un homme politique de ce genre peut apporter comme réponse face à l’armada des techniciens de la Banque mondiale qui parlent de courbe, d’économétrie ou de marge ? Il ne peut rien apporter, c’est évident. Il faut qu’on arrête de faire la promotion des gens parce qu’ils sont dans un parti politique ou dans un autre. Le Model voudra gérer ce pays en intégrant toutes les compétences. C’est pourquoi nous appelons d’ailleurs tous les cadres à nous rejoindre pour essayer de trouver des solutions avec nous. Le Sénégal en a vivement besoin.

Si je dis que le parti est le syndicat de la population, c’est parce que je veux que les intellectuels trouvent pour le peuple des solutions. On ne peut pas continuer à gérer les Etats comme on le faisait au temps de la colonisation. C’est le même système qui a continué jusqu’à à peu près cinq à dix ans. Il faut moderniser. Moderniser les hommes, moderniser les mentalités, et surtout moderniser les dirigeants. Il urge de passer à la passe active parce que plus le temps passe, plus nous nous approchons du précipice.

Wal Fadjri : Comment le Model compte-t-il conquérir le cœur des Sénégalais ?

Ibrahima Sall : Conquérir leurs cœurs et leurs suffrages. Ce que nous allons faire d’abord, c’est aller vers les gens, sur le terrain, dans les régions, rencontrer les gens et discuter avec eux. On ne peut pas parler de choses que l’on ne connaît pas. La deuxième chose, c’est d’utiliser le ‘know how’ que nous avons dans tous les domaines et établir un programme solide pour le Sénégal. Beaucoup de cadres et des gens de toutes les catégories socioprofessionnelles nous ont rejoint. Beaucoup de jeunes ont intégré le parti. Cela va nous permettre de mettre sur pied notre ‘think tank’ et d’aller à la conquête du pouvoir.

‘Tant qu’on n’aura pas des hommes compétents qui n’ont aucun complexe vis-à-vis des banquiers, de la Banque mondiale et du Fmi, du point de vue de la compétence, nous serons toujours à la remorque de leurs idées. Des idées fausses et inadaptées’.

Wal Fadjri : L’actualité au Sénégal est marquée par les assises nationales et une année scolaire mouvementée sanctionnée par des résultats catastrophiques. Quel regard portez-vous globalement sur le pays ?

Ibrahima Sall : Le Sénégal a besoin de se mettre autour d’une table. On ne peut pas gérer un pays dans la divergence. Je ne sais pas ce qu’apportent les assises. Est-ce que ça divise ou ça unifie les Sénégalais. Il est temps que tous les partenaires de ce pays se mettent autour d’une table, sans arrière-pensée, que chacun fasse un pas. Notre pays a traversé une année difficile. Il est temps d’arrêter la saignée au point de vue de l’enseignement. L’université est saturée, il y a une prolifération d’écoles privées qui donnent des formations plus ou moins viables. On doit faire les états généraux de l’enseignement parce que la formation est fondamentale. Est-ce que la formation qu’on donne dans notre pays, est adaptée au monde moderne ? On doit aussi discuter avec les syndicats pour permettre à l’éducation déranger par les grèves.

Wal Fadjri : Et la Grande offensive agricole pour nourriture et l’abondance (Goana) ?

Ibrahima Sall : J’ai souvent écrit que l’agriculture est le fondement d’un développement économique durable pour le Sénégal. Nous avons 350 000 hectares à exploiter dans la vallée et c’est une absurdité économique que le Sénégal injecte 1 200 milliards pour acheter des vivres. Il faut que le gouvernement discute avec les gens concernés, ceux qui sont vraiment des agriculteurs et ne pas politiser la Goana. Il faut que l’argent de la Goana arrive réellement entre les mains des gens qui vont faire de la production. Il faut changer ce pays où à chaque fois qu’il y a des sources d’argent, comme des abeilles, des gens s’y jettent. Le président doit faire attention et mettre en place une structure de contrôle pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixés.

Wal Fadjri : Avec la présente crise alimentaire mondiale, des voix soutiennent que c’est l’opportunité pour l’Afrique de se développer. L’économiste Ibrahima Sall est-il de cet avis ?

Ibrahima Sall : Ce sont plutôt les populations démunies qui vont trimer pendant une dizaine d’années pour s’en sortir. La première réaction qu’on devrait avoir, c’est essayer de voir comment nous allons, de manière conjoncturelle, régler le problème de la flambée des prix. J’ai expliqué dans différentes interventions comment l’augmentation du prix du baril de pétrole a grevé le coût de transport des matières premières, grevant ainsi le coût du riz et des autres produits alimentaires. Cette crise était prévisible. Les hommes politiques sénégalais ont une grande responsabilité là-dessus. Depuis le début des années 60, notre pays a subi le diktat du Fmi et de la Banque mondiale. De 1974 à 1985, nous avons subi des ajustements structurels. Nous avons connu de nouvelles politiques agricoles, de nouvelles politiques industrielles. Les ajustements n’ont pas intégré une dimension sociale. Mais pendant tout ce temps, que faisaient nos gouvernants ? Nous continuons de subir ce diktat en disant que nous voulons avoir le financement des institutions internationales.

L’Etat aujourd’hui est une entité transnationale. Vous avez des centaines de milliers de dollars qui circulent sur le marché financier international. Si les Etats ont des hommes compétents pour aller chercher cet argent, elles n’auront plus besoin du Fmi et de la Banque mondiale qui sont d’ailleurs des institutions en déclin. Il faudra que les Africains sachent une bonne fois pour toute que jamais les Européens ne nous donneront des solutions parce qu’ils puisent leurs forces dans nos faiblesses. Tant qu’on n’aura pas des hommes compétents qui n’ont aucun complexe vis-à-vis des banquiers, de la Banque mondiale et du Fmi, du point de vue de la compétence, nous serons toujours à la remorque de leurs idées. Des idées fausses et inadaptées. Au Model, nous allons essayer de dresser des programmes pour proposer aux Sénégalais des solutions de sortie de crise.

Wal Fadjri : Quel est le point de vue de l’économiste sur les Accords de partenariat économique (Ape) et le récent échec des négociations de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) à Genève ?

Ibrahima Sall : J’ai eu à participer à la lutte contre les Ape parce que j’ai toujours pensé que l’indépendance économique de nos Etats passe par une refondation de nos économies et qu’il n’était pas question de laisser entrer le loup dans la bergerie parce que signer les Ape voudrait dire que nous allions tout droit à la catastrophe. Le fait qu’on n’ait pas signé le 31 décembre et que nous marchons sous un régime ancien, était déjà un succès. Nous avions mené cette lutte parce que nous pensions que pour défendre notre pays, il n’y avait pas de clivages politiques ni de parti et que les intellectuels devaient s’y mettre. Je pense que l’Omc ne peut pas dicter la marche aux peuples africains, mais il faut aussi que les Africains apprennent à parler d’une seule voix dans les grandes conférences internationales. Il faut qu’on mette en place une grande structure sur les négociations commerciales dans le monde où il y aura une délégation africaine qui, après avoir travaillé sur les dossiers du genre, ira négocier pour le continent. Ce faisant, nous allons nous faire entendre. Il n’y a pas d’autres solutions. Que représente un Etat qui représente 0,0001 % du commerce mondiale ? Rien du tout.

Wal Fadjri : Vous êtes un allié du président Wade, vous avez aussi travaillé avec le président Diouf. Quel souvenir gardez-vous d’Abdou Diouf ?

Ibrahima Sall : Je garde de lui le souvenir d’un homme très policé, d’un homme très respectueux. A chaque fois que je venais dans son bureau, il prenait la peine de me raccompagner jusqu’à la porte. Cette courtoisie, je l’ai remarquée chez le président Wade qui est un parent, qui est aussi mon beau-père du côté de mon père, mais qui est aussi un ami de longue date à mon père. Pour le moment, nous ne sommes l’allié de personne. Nous sommes l’allié du peuple sénégalais à qui je veux demander son suffrage.

Propos recueillis par Aly DIOUF

Source: Walfadjri

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Vendredi 8 Août 2008





1.Posté par deug le 08/08/2008 16:28
après avoir diffisé une video dans le net sur le président de la république, mister law est cherché par la DIC.
pour écouter le son tapez www.dailymotion.com/misterlaw et cliquez sur le clip mister law mr le président

2.Posté par Kunta le 08/08/2008 18:53
Comment je suis sidéré par ce mec! Depuis le début j'avais un brin de soupçon de savoiir où est ce kil allait venir. C'est bien d'avoir fait une bonne analyse de la situation politico socio économique du Sénégal mais sauf que vous faîtes preuve de mauvaise fois.
Comment pouvez vous condamner ces ministres, députés ou sénateurs (qui la plupart sont choisis par le Président Wade) qui ne connaissent pas ce qu'est une balance commerciale en dédouanant celui qui les a nommés en l'Occurrence ce Président? Ce n'est pas là une fuite de responsabilité.
Y'en a marre de nous faire croire que le spirituel et le temporel peuvent s'allier ensemble au Sénégal et de trouver des exemples dans les pays européens, ce ne sont pas les mêmes sociétés, ni la même histoire.
Mais j'hallucine du seul fait que t'as été conseiller du Président Diouf et vous venez nous faire croire que vous avez suffisamment de bagages pour connaître les rouages dans la gestion d'un Etat de qui se moque-t-on? Si ça ne relève pas de la prétention!! . T'as beau avoir des idées ou je ne sais de la compétence si t'as une certaine honnêteté politique ça ne changera rien. A t'écouter jamais t'as osé critiquer ce Président qui a montré à tout le monde ses limites et de surcroît vous nous dîtes que ce dernier AIME SON PAYS! arrêter!

3.Posté par aliou le 08/08/2008 20:18
Formidable Kunta. Voici un autre imposteur. Comment faire tout ce bruit autour d'une autre maniere de faire de la politique avec des hommes honnetes et dire en reponse a la question de la visite du khalif: regarder l'europe, l'allemagne et la turquie, parti chretien et parti musulman. c'est juste de la mauvaise foi et une malhonnete singuliere que de vouloir faire une comparaison pareille.
Comment comparer des situation ou un parti mem s'il est de phylosophie religieuse a ete fondee sur la base de principe legaux a un homme qui utilise le bien et les ressources publique pour faire du "berde" a son marabout. Qu'es ce qu'il faut dire du desequilibre entre le traitement des differents confrerie ou religions avec tous les germes de destabilisations de la nation.D'ailleurs as tu une petite nation de ce que nation veut dire, ou meme democratie toi qui trouve que wade a raison de dire que son successeur doit etre economist.
T'aurais du dire que c'est pas a wade de dire qui sera le prochain president du senegal , c'est aux senegalais.
Mais que peut on attendre d'un ancien serviteur de Kara a la milice. ou etais tu quand kara formait sa milice? Qu'avais tu dit ou fais pour l'arreter?
Ou etais tu ou Kara valser entre le peuple et wade, qu'avais tu fais ou dit?
T'es juste un autre vendeur d'illusion pretentieux. Pour quelqu'un qui a etudie a bordeau, l'expression "savoir faire' etait plus simple que "know how''.

4.Posté par MODOU le 08/08/2008 23:49
C EST DU BLUFF CE GARS N A MEME PAS LE COURAGE DE CRITIQUER SON MARABOUT OU WADE IL N A PAS DE COUILLE POUR DIRIGER C EST NUL .

5.Posté par bopam le 09/08/2008 05:19
Que des "langues de putes" à la chaîne à l'expression... ils doivent vraiment avoir la haine pour pouvoir être aussi acerbes pour une analyse si pathétiquement rationnel...partout le pauvre mec a tellement bien répondu , avec tellement d'angles arrondis , et un bon "passeport" d'affaires , et en plus du secteur privé , sénéglais de surcroit .... dame ! what's the trouble? let him do his thing , 'cos time will tell .

Les gars , soyons moi aigris , un peu de discernement et de positivisme ,pourront nous aider à nous retrouver devant notre commun "barada " : le sénégal ... la critique systématique n'est en rien constructive , sinon que de leurrer les impotents le temps de faire place aux importants .

6.Posté par bopam le 09/08/2008 05:22
Au fait , Ibrahima Sall ... te fatigues pas trop , t'as pas une gueule " merchandisable " , commerciale ... vous avez une tête de ... rustre prononcé

7.Posté par Marnushab le 09/08/2008 09:34
Voilà un 'économiste' qui criait partout que Macky Sall allait faire de lui un ministre.
D'autres le sont.
Wade, malgré ses tares, sait qui est qui. Il n'a même pas voulu de Ibrahima Sall comme planton. ALors il crée son parti (la125 ème cabine téléphonique, je crois) et fait des clins d'oeil à Macky Sall et Wade.

La compétence, ce n'est pas héréditaire. Il ne l'a pas compris; il va jusqu'à la tentative de mystification " petit-fils", "diplômé de ..." . Il ne manquerait plus qu'il nous récite des Versets pour que la ressemblance soit avérée avec un autre I.S, Idrissa Seck...


PS: je me demande si le SOUROULnaliste qui a fait l'interview arrive à se regarder dans une glace le matin, en se rasant.

8.Posté par doff le 10/08/2008 02:13
dites nous la somme d'argent ka touchè ton pauvre sournaaliste.....

9.Posté par moussa le 27/08/2008 04:05
il y a trop de jaloux au senegal ibrahima est beau riche competent et intelligent et a une grande famille derriere lui alors il s'en fout d'etre miniistre il est plus que ministre et il sera notre futur président de la république

10.Posté par joe diop le 27/08/2008 04:16
ibrahima s'en fout de maky ou autre il a avnt eux dirigé de grosses entreprises et connu la gloire et c'est économiste émérite diplme de bordeaux il a une production intellectuelle il a réalisé l'immeuble faycal la cité faycal l'immeuble fahd et autres grands projets tout enrestant propre alors arretez vos jalousie il va réussir en avant notre sauveur

11.Posté par Bordelucheuse le 11/12/2008 14:34
Salut Ibou !!!
Tu n'as pas changé.............................................
Démocratie, liberté(s), Oh pauvre !!!!
BON COURAGE ET PLEIN SUCCÈS AU "MODEL"


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