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INTERVIEW: Thione Seck révéle tout «J'ai fait 1 mois et 19 jours en prison»

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INTERVIEW: Thione Seck révéle tout «J'ai fait 1 mois et 19 jours en prison»

Comment se sent un musicien à plus de 50 ans et après 30 ans de carrière ?
Thione SECK : Il y a eu des hauts et des bas. J'ai traversé des périodes pas très difficile mais trop difficiles. J'ai été victime de beaucoup de choses, mais je n'ai jamais perdu la foi. En tant que musulman, je sais que Dieu existe comme disait un écrivain français, que « l'Univers est tellement bien fait qu'il était sûr que quelqu'un se trouvait derrière ». Ou encore le président Mitterrand qui disait souvent que « les cimetières sont remplis de personnes qui se croyaient indispensables ».


 


Parlez nous de vos débuts.


J'ai démarré difficilement, sans matériel, sans musicien, ni un sou, mais avec l'appui de mon père par le biais de la Sonaga. Demba Ndir, le gérant du Sun Set Sahel avait créé un orchestre, le "Dialoré", vite disparu à cause de nombreux problèmes. Il avait débauché des musiciens de Youssou Ndour, lequel a répliqué par la même pratique et il y a eu jusque des convocations à la Police. Rien ne m'a échappé de cette histoire même si j étais en France pour un projet avec Paco Rabanne Music qui faisait connaître les artistes africains. Il y avait mis beaucoup d'argent. Mais j'y suis resté six mois pour ne voir Paco Rabane qu'une fois, lors de l'audition de ma cassette. J'en garde toutefois un bon souvenir: en attendant ma musique, toutes les dames d'un bureau à l'étage sont descendues pour me voir. C'était trop long et finale¬ment je suis revenu au Sénégal, motivé surtout par le fait qu'on disait pendant mon séjour à Caen chez mon ami l'ancien footballeur des Niayes Malick Ndoye que Thione Seck était en prison pour vente de drogue. Et en revenant, j'ai eu à composer de nombreuses chansons dans ma solitude dont « Siiw du Diami Borom ».

 

Ou avez vous pu trouver du matériel ?

 

Demba Ndir ne voulait plus de son orchestre et vendait le matériel acheté des USA, alors sans le sou, j'ai fait un dossier auprès de la Sonaga, une banque, qui m'a demandé une garantie foncière. Je m'en suis ouvert à mon père, qui me dit après un silence d'une trentaine de minutes : « je n'ai qu'une seule maison et tu n'es pas mon seul fils, j'ai quatre femmes, une trentaine d'enfants, mais je vais donner les papiers, parce que tu as de la vergogne dans le sang et tu feras tout pour que ces papiers me reviennent en bonne et due forme ; il me les a remis en secret. Le crédit était de 8 millions. La Sonaga a envoyé ses experts évaluer la maison qui, selon eux, valait 16 millions. Le crédit était donc bon et la banque a directement payé à Demba Ndir. J'ai récupéré mon matériel pour créer le Raam Daan, qui signifie ramper doucement jusqu'à atteindre son but. Vu que le matériel a été livré la veille du Ramadan, j'ai pris ce mot pour le transformer.

 

Avez-vous l'impression d'avoir tout fait dans la musique ?

 

Je ne le dirais pas. Mais par rapport aux maigres moyens que j avais, à la rigueur pour en arriver là, je rends grâce à Dieu. Je pense avoir atteint  90% de l'objectif.

Que considérez-vous comme votre plus grande réussite dans la musique ?

 

Le fait de me battre, d'exister jusqu'à obtenir droit de citer. Je suis Chevalier de l'Ordre national du Lion, Chevalier de l' Ordre de  Mérite, Chevalier des Arts et des Lettres de mon pays, Ambassadeur de l'Unesco avec l'appui du gouvernement de mon pays. C'est du chemin, mais j'ai eu trop (il le martèle) de problèmes. J'ai même failli laisser tomber. Pour créer un groupe, il fallait m'endetter. Quand tu t'endettes et que les choses ne roulent pas, tu ne peux dormir. Sur le plan musical, je me débrouille pour que toutes mes chansons puissent exister de génération en généra¬tion. J'ai eu l'honneur d'être cité par tous les journalistes du Sénégal qui avaient titré que « Thione Seck est le meilleur parolier de toute sa génération ». Je vais essayer de mériter cette confiance, jusqu' à la fin de ma carrière musicale. C'est pourquoi, dans toutes les chansons, je fais de mon mieux pour que les textes soient bien solides.

J'ai aussi souffert de la trahison de beaucoup de musiciens. Ils ont profité de mes tournées à l'étranger pour prendre la fuite, mais aucun n'a évolué. Etre musicien est plus facile ici qu'en Europe. On trouve dans le métro un musicien qui joue de la guitare avec son nez, un saxophoniste qui fait des choses extraordinaires, mais tous tendent la main pour manger. Le plus grand guitariste au Sénégal est forcément l'apprenti de celui qui joue dans le métro en France.

L'histoire vous retient comme un des chanteurs les plus prometteurs des années 70.

 

J'étais d'abord au Star Band d'Ibra Kassé. C'est Laye Mboup qui m'a découvert lors de la grande nuit de la Jeanne d'Arc. Le stade était rempli de monde et l'on nous a permis, Doudou Seck et moi, à la pause de reprendre « Hé Ya Yo Ngay Rombé Dioumbé » de Khady Diouf transformé par Feu Ndiaga Mbaye en « Hé Ya Yo Mbëguel Metina ». Laye nous suivait de loin et à la fin, il m' a approché pour s'informer sur mon âge, mon adresse et tout le reste, avant de me demander si je pouvais le retrouver au théâtre Sorano le lendemain. Il me dit: «je t'ai écouté chanter, tu as un grand avenir et j'aimerais t'encadrer ».

Je lui fis savoir que je me cachais pour chanter à cause de mon père, qui, adjudant de police en charge de la porte de Feu Kéba Mbaye alors président de la Cour Suprême. Laye m'a accompagné le voir pour lui demander de me laisser tenter une chance dans la musique. Mon père a promis d'essayer et a un peu atténué sa position mais, j'ai profité du mariage de ma grande soeur Daba Seck avec Abdoulaye Mbaye dit Ya, batteur de djembé du ballet Mansour Guèye, pour demander l'intervention de mon homonyme, le grand frère de mon père. Lequel l'interpelle ainsi devant toute la foule : « à partir de maintenant je veux que tu laisses Thione Seck junior chanter, n'ou¬blie jamais qu' il l'a dans le sang, son grand père était chanteur dans la cour du Damel du Cayor ; nos esclaves vivent encore dans le village de Marène qu'il lui a cédé. Et je veux que tu me jures devant ce monde-là que tu ne l'emmerderas plus ». J'étais tellement content ce jour-là d'avoir enfin le feu vert.

 

C'est l'explication de vos relations spéciales avec feu Laye Mboup ?

 

Exactement. Laye Mboup s'est même battu pour me protéger. Aussi, lorsqu'il m'a surpris en train de fumer, il s'est montré un vrai champion du monde de course 1000 m pour me rattraper. Je venais de chez Doudou Ndiaye Rose, une cigarette à la bouche et Laye était dans le coin. C'était une folle course-poursuite et je dus me réfugier derrière le comptoir d'une boutique. Il me dit « que ce soit la dernière et je ne te permets plus d'ici un mois de venir à la maison » . J'ai respecté sa décision mais après réflexion et avant la fin de l'ultimatum, il est venu me voir à Pikine. Il a appelé ma mère pour lui dire: « je sais que je ne vivrais pas longtemps (ma mère le rectifiait par des astafiroulah), je sais que Thione sera mon digne remplaçant ». 15 jours après, Laye Mboup est décédé.

 

Laye Mboup vous a-t-il influencé?

 

Il ne m'a pas appris à chanter. On l'a dans le sang. Personne ne peut appendre à un autre à chanter. On dit qu'en prenant un oeuf cru avec du sel, on a une belle voix, ce n'est pas vrai. Le talent de chanter, on l'a ou l'on ne l'a pas. Iso Lô me disait qu'après 5 ou 6 chansons, il a la voix cassée.

 

On raconte que les grands groupes de l'époque, Baobab, Number One et Star se disputaient votre voix ?

 

Seuls le Star Band et le Baobab étaient au top. Tout a commencé avec la période des panales, suscités par le président Senghor. C'était une question d'honneur, de coupe et d'argent. Il n'y en avait que pour les panales. Ndiouga Dieng chantait pour Gorée, Laye Mboup pour la Médina et n'avait donc plus le temps de venir jouer normalement avec le Baobab. C'est Moussa Kane, le toumbiste du Baobab qui leur a parlé de moi comme « un gosse qui chante bien et peut combler le vide laissé par Laye Mboup ». J'avais peur de réaction de Laye Mboup qui finalement donnera son autorisation. Ce n'était pas pour un problème d'argent, puisque je gagnais 6000 francs par semaine et venant de Pikine, il me fallait 2000 francs par jour  mon transport. Je suis resté deux ans Baobab et c'est le tube « Sey » (il chantonne quelques notes) qui m'a lancé.

 

Vous avez connu des difficultés au Baobab?

 

Le seul mauvais souvenir que j'ai gardé de ce passage, et j'en parle pour la première fois, était relatif à un jeune chanteur Abbo Ka. Il avait subtilisé chez l'ancien ministre de l'Intérieur Abdoulaye Fofana un sac contenant 7 millions de francs CFA et 10 millions de francs français. Ne connaissant pas le FF, il l'a jeté sur les rails de Rufisque croyant que c'était des faux billets. Il a décidé de se faire des amis chanteur: Doudou Seck et Mbissane Ngom d'abord, puis il est venu au Baobab et m'a demandé de lui reprendre le titre « Pape Ndiaye ». Il m'a donné 300000 francs comptant, 50000 à Laye Mboup et s'est présenté comme un diamantaire venu du Gabon. Il était tout le temps bien habillé et voulait m'avoir toujours à ses côtés, prétextant une grande estime. Prenant connaissance de mon cachet, il m'avait aussitôt remis 250000 et demandé de ne pas travailler cette semaine-là (rires). Il avait pris en charge une famille démunie à Pikine. Nous n'étions au courant de rien jusqu'à ce que Dakar Matin révèle un « Vol chez le ministre de l'Intérieur ». Arrêté par les policiers, après enquête, il révèle les noms de tous ceux qui ont touché à l'argent et nous fûmes convoqués. Quand le commissaire, a dit Laye Mboup 50000, il a tout de suite remboursé. Nous, les jeunes chanteurs devions rester en prison le temps de l'enquête. J'y est séjourné 1 mois 19 jours. C' est en prison que j'ai pris du poids, avant j'étais chétif.

 

Comment ont réagi vos amis du Baobab ?

 

Aucun d'eux n'est venu me voir, histoire de me remonter le moral. Aucun ! Idem lorsqu'une semaine après ma sortie, je baptisais ma fille. Je n'avais pas compris. Cela, je ne vais jamais l'oublier, ce sont des souvenirs d'enfant. J'ai décidé depuis de faire cavalier seul en créant mon orchestre folklorique avec ma famille. Il a eu tellement de succès en un laps de temps. J'ai joué partout, pour le public tous les jours étaient bons, que ce soit du Thione et troupe. Nous gênions l'Ensemble Instrumental et un de ses dirigeants prit micro un jour à Sorano pour dire : « nous avons pris nos dispositions, à partir de maintenant ceux qui donneront de l'argent dans la salle auront des problèmes avec la Police ». L'ensemble Instrumental n'ayant plus de contrat, j'ai compris que je dérangeais. Ce dirigeant, feu Edje Diop, travaillera avec moi pour la réception du disque d'or d'honneur des Jackson grâce à El Hadj Fall. Ce compatriote marié à une nièce des Jackson m'avait permis d'être le second sénégalais à recevoir cette récompense, après le président Diouf. Pour lui c'était en rapport avec son combat contre l'Apartheid et moi, après avoir écouté tout le monde, que j'étais le plus harmonieux. C'était aussi un coup de chance. L'avocat de la famille était là, les membres étant retenu par la maladie de leur père. Le gou¬vernement m'avait prêté la salle du Cices. On a fait la fête, mais des journalistes, utilisés peu être payés, avaient écrit que ce disque était « faux ». L'année suivante, « Sey » avec Africando est couronné, on dit « enfin un vrai disque d'or ». Puis il y eut un double disque d'or avec Disiz La Peste et des éloges du genre « Thione rap sur l'or ».

 

Vous étiez, paraît-il, à l'époque le chouchou de toutes les dames ?

 

A l'époque, les journalistes me qualifiaient d' « idole des femmes » et je m'en réjouissais. Car dans toutes les opérations sans la femme, il n'y a rien. Je suis parti du Baobab à cause de frustration. Mais avant, les gars se sont rendus compte que je n'avais plus le temps. Et c'est Barthélemy Atissso, guitariste du groupe, qui me dit: « on voit que tu as grandi, pris de l'ampleur, on ne parle plus que de toi, tu portes même des plaques et des bagues en or. On sent même que tu n'as plus besoin de ton cachet de 6000 francs par semaine. Maintenant on doit aller en France, il faut choisir le Boabab ou ta troupe de famille. Tu as 48 heures ». Il me l'a dit cru. J'ai quitté tout de suite.

 

Pourquoi créer le Raam Daan alors que la troupe folklorique marchait bien ?

 

J'avais envie de faire autre chose. Au bout de deux ans et demi, je m'en suis lassé. Mais il y avait aussi trop de problèmes avec les autres qui nous accompagnaient ma soeur Khady, mon frère Mapenda et moi. Plein de bruit pour des contrats qui ne dépassaient pas 250000 francs CFA. Je me suis dit que le jeu n'en valait pas la chandelle. Mais, je suis parti en France pour l'expérience avec Paco Rabanne Music évoquée plus haut.

 

Pourquoi avez-vous toujours voulu travailler avec des membres de la famille ?

 

Ils ont eu la chance qui m'a manquée. Je me suis dit qu'il me faut pousser mes frères. En tant que grand frère, je suis mieux placé que quiconque pour leur donner un coup de main. Je n'ai pas eu de grand frère musicien ou chanteur. C'est moi qui m'endettait, me cassait la tête pour exister en les tirant pour qu'ils soient connus. Et sur ce plan, l'objectif a été atteint. Dans chaque cassette, il y a eu quatre chansons de Thione, une de Mapenda et une de Assane Ndiaye. Je m'endettais à chaque production.

 

Que retenez-vous du chemin fait ensemble ?

 

Ils n'ont pas été solides. Mes frères se sont laissés influencés par d'autres pour casser le Raam Daan. C'est regrettable. Si nous étions restés soudés, on aurait fait beaucoup de dégâts. Vu que je dérangeais et ne pouvant pas m'atteindre, ils sont toujours passés par mes frères et ont réussi à faire dans la polémique, mais jamais à me dévier de mon objectif ou à m'enlever mon inspiration. En créant la polémique entre mes frères et moi, c'est pour saper ma réputation, faire penser que Thione est difficile, compliqué. C'est diamétralement opposé de ce que je suis.

Ousmane est le cadet de ma mère. Mapenda a ouvert la porte à beaucoup de polémique. Mon père lui avait dit : « si tu veux réussir dans ta carrière, fais tout pour ne pas affronter ton grand frère sur le plan musical et dans la vie, je vous connais tous les deux. Si vous jouez dans deux salles face à face, Thione aura un monde fou même à 10000 francs l'entrée et toi rien pour une entrée gratuite. Ta chance est d'être derrière ton grand frère ». Il a tenté de créer à deux reprises un groupe à mon insu. A la troisième tentative, je l'ai appelé pour lui annoncer, devant nos deux épouses, ma décision de le laisser faire une carrière solo en lui donnant une sono de 30 millions et détachant mon bassiste qu'il va nommer chef d'orchestre pour diriger les répétitions. Je lui ai trouvé un contrat dans une boîte où je jouais. J'ai été quitte avec lui. J'ai voulu qu'il n'ait besoin de la sono de personne. Malheureusement, il n'a pas eu la maturité pour l'entretien idoine. Il m'a dit qu'on l'a volé pièce après pièce, d'autres soutiennent qu'il l'a vendu. Je ne sais pas.


C'est un même dessein que vous aviez pour Assane Ndiaye ?

 

Walahi ! Assane a prétexté une maladie fantaisiste (la vision de lions qui lui ordonnaient de se battre contre moi) et nous avons pris toutes les dispositions pour qu'il se soigne. Pendant ce temps, il répétait en catimini avec mes musiciens. C'est Lamine Nar Diop, homonyme de mon fils, qui m'a mis la puce à l'oreille un lundi, avoir entendu à la Zone B des dames parler d'un départ de Assane Ndiaye du Raam Daan. Le mardi, Le Témoin titra : « Assane Ndiaye quitte son frère Thione Seck et le Raam Daan ». J'ai appris que les amis commerçants de Assane avaient promis à mes musiciens une voiture et une villa-clés en main s'ils faisaient en sorte que le Raam Daan se casse.

Une entreprise de déstabilisation contre moi a été mise en place, avec des animateurs et des journalistes. On avait mis 46 millions sur Assane Ndiaye pour me faire la guerre. Avec le temps, j'ai été lavé sans lever le plus petit doigt.

 

Vous arrive aujourd'hui de rencontrer Assane Ndiaye ?

 

Il est venu ici au décès de ma mère. En fait il est venu avec la coépouse de ma mère, à qui je confiais mon argent et pour qui j'ai beaucoup de respect. Il m'a présenté ses condoléances et demandé pardon. J'ai pardonné après lui avoir dit que l'argent ne valait pas toute cette peine. Mais je ne vais jamais oublier parce que j'ai eu honte devant ma propre famille qui n'a jamais gobé que je pousse Assane davantage que Mapenda. Et quand Assane est parti, tout le monde a dit « niaw » (c'est bien fait).

je ne pouvais douter de rien, vu son respect à mon égard. Mais il oublie que quand on vient demander pardon à quelqu'un il faut aussi lui dire tout ce qu'on a fait pour le nuire, le détruire. C'est comme si couche avec la femme d'autrui, le lendemain en rencontrant le mari à la mosquée, pour me faire pardonner je dois lui dire tout ce qui s'est passé.

 

Qui de votre fils Lamine Nar ?


Me rendant compte de son intérêt pour le clavier, je l'ai inscrit à l'Ecole des Arts avant de lui trouver un instrument pour s'exercer à domicile. Je voulais lui prouver l'assistance de son père. Pour avoir le droit de jouer avec nous au Raam Daan, il devait normalement faire 7 ans d'apprentissage, mais je l'ai accepté après un an et demi, le lui payais 200.000 francs par mois et ne lui demandait que de remettre 50.000 à sa maman, d'ouvrir un compte. Je lui ai donné l'appartement de mon bureau à la Sicap Baobab avec comme seule condition de ne pas y emmener de fille. Il a fait le contraire.

Ce que je n'ai surtout pas pu lui pardonner, c'est d'assister à un complot contre son père et de ne rien dire.  Il mange avec moi l'après-midi, nous jouons ensemble le soir et il va aux répétitions de Assane Ndiaye le lendemain. Je n'aurai, jamais fait cela à mon père. J'ai voulu le sanctionner en le renvoyant du groupe et pour qu'il n'ait plus le sou à gâcher. Je suis resté trois ans sans lui parler, je refusais de le prendre au téléphone. Avec le temps, je lui ai pardonné en comprenant qu'il était jeune et pouvait être emporté. Qu'il vente, pleuve ou neige, c'est mon fils. Lors des deux dernières fêtes de Tabaski, il m'a payé le mouton bien que j'en ai les moyens au point d'en offrir une vingtaine. L'important c'est le symbole. Il vit en Italie main¬tenant et a ses papiers.

 

Des retrouvailles avec toute la famille sont-elles possibles ?

 

Pour juste un produit ou une émission de télé, mais pas dans un groupe pour évoluer ensemble. Cela m'a tellement créé de problèmes que je préfère que chacun aille de son côté.


Quel rôle jouait votre mère dont vous parliez souvent ?

 

Ma maman a eu sa part de responsabilité dans, certains de mes problèmes. Ne voulant que personne se fâche, elle faisait le jeu de tout le monde. Forcément, elle a sauvent fait du tort à un ou deux. Sinon, elle nous a tous couvée. Je suis le second de ses fils, mon grand frère s'appelle Ablaye Nar, homonyme du feu Abdoulaye Nar Samb de la RTS.

Qu'est ce qui explique la régularité des prestations du Raam Daan ?

 

Je respecte mes contrats. Je suis très sensible aux facilités à faire à quelqu'un qui vient m'engager. Et puis, je n'aime pas les défaites, dans mes collaborations. A cause des travaux de la Corniche, le Kily est devenu difficilement accessible, je joue donc au Sahel, au Gal-Gui tous les mercredi et, depuis le 23 mars, tous les vendredi au papaye Nighi Club vers l'aéroport où il y a beaucoup de boîtes.

Combien de temps comptez-vous encore être au micro du Raam Daan?

Si cela ne dépendait que de moi, j'arrête aujourd'hui. C'est tellement compliqué de faire de la musique. On nous prend pour des riches alors qu'il y a tellement de dépenses, et à part la baguette et les sabars tous les instruments viennent de l'étranger On n'a pas de vie privée, on ne peut pas sortir librement. C'est dur d'être un artiste au Sénégal, mais les choses comment à changer. Sincèrement, le président Wade a contribué à accentuer le respect entre hommes politiques et musiciens en nous invitant lors de ses voyages. Je fus le premier, lors d'un voyage en Gambie pour co-animer une soirée de gala avec un

orchestre gambien. Le président s'en est réjoui et a pris l'engagement de ne plus se déplacer sans des musiciens.

 

Ce n'est pas pour que vous le souteniez ?

 

Aucune chanson ne peut faire élire quelqu'un. Dieu seul peut en décider, selon ma conviction religieuse. Un artiste peut apporter un soutien, influencer. Mais faire élire ? C'est un peu trop.

 

Et votre chanson N°10 pour Diouf alors ?

 

Je voulais parler de l'homme Diouf. Il a eu la chance de franchir de se voir confier des responsabilités tous les 10 ans. II a été gouverneur à 25 ans, alors que d'autres à cet âge n'ont même pas de quoi payer une cigarette. 10 ans après, il a été Premier ministre et président la décennie suivante. Ceux qui n'avaient pas compris soutenaient que « Thione considère le président comme un footballeur portant le N°10 et qui distribue les rôles ». Après ce titre, le président m'a révélé ne jamais se coucher sans écouter ma musique.

Ensuite  que lors d'une visite au Zaïre, il a eu la chair de poule en écoutant un orchestre local reprendre N°10.  J'ai voulu rappeler son cursus universitaire. Mais aussi qu'il est intelligent, le Sénégal et la Mauritanie seraient entrés en guerre. Et notre pays était  défavorisé à cause du soutien de Saddam alors tout puissant dirigeant irakien au président Taya. Il les avait armés de missiles et cela pouvait faire des dégâts énormes au Sénégal. N°10 était aussi un soutien qu'on m'avait demandé pour sa campagne. Je me suis réjoui de sa confiance tout en lui précisant que je ne m'en prendrait pas à un des autres candidats, Diouf était d'accord. C'est Khalifa Sall qui nous servait d'intermédiaire.

 

A quand une chanson pour le présdent Wade ?


J'ai failli faire l'hymne de la campagne du président Wade. Nous en avons parlé, lui et moi. J'ai failli le faire, je voulais le faire, il voulait que je le fasse. Malheureusement, ma façon de voir les choses n'a pas été respectée. Je n'ai pas eu envie de faire un hymne mort-né, qui ne vivrait que 21 jours de campagne et à Dakar. Le président ne pouvant pas faire l'unanimité partout je suis sûr que sur les 100000 distribués, 30000 allaient être cassés. J'ai demandé au président qu'on distribue 100000 exemplaires dans chaque région. Pour que la chanson soit très populaire et reprise par les populations. Le président était d'accord, mais ses conseillers ont jugé que le projet était très coûteux.

 

La production Remix Connexion avec Sidy Lamine Niasse?

 

Sidy m'a sollicité et j'ai accepté. Je l'en remercie. Nous avions depuis longtemps de bonnes relations. Je l'ai une fois sollicité concernant un animateur licencié de Radio Dunyaa, après renseignement, il l'a tout de suite embauché. J'ai voulu lui rendre la monnaie. Je suis mal jugé, mal connu, mais je sais qui je suis. Sidy a dit vouloir démarrer dans la production avec moi parce que mes textes concordent avec ce que dit l'Islam. Sur le plan succès, c'est satisfaisant, mais pas pour le côté financier. On voulait tirer 170000 CD et en envoyer 10000 dans tous les pays où se trouvent de nombreux sénégalais. Sidy a un peu reculé face aux coûts chers. Mais tous les Sénégalais ont aimé.

 

Tout est-il rentré dans l'ordre entre Youssou Ndour et vous ?

 

Je suis le premier artiste à enregistrer dans son studio Xippi de Youssou Ndour en ville, contre l'avis de nombreuses personnes convaincus que j'allais être déçu. Je suis allé parce qu'un frère a ouvert un studio de grande envergure. J'ai payé 700000 et acheté deux grosses bandes. Les gens ont finalement eu raison, une des pistes laissait échapper un bruit dérangeant dans la qualité de l'enregistrement que nous avons découvert un peu tard. Quand il a fallu rectifier, on m'a révélé que Youssou a dit que le studio était occupé. Je n'ai pas aimé. J'ai été obligé de tout reprendre au studio 2000. Nous nous sommes retrouvés lors d'une réunion de la CIPEPS sur la loi sur proposition du président Wade pour faire de la piraterie un délit pénal pour choisir un porte-parole des musiciens et j'ai d'autorité désigné Omar Pène. Les autres en ont ensuite profité pour nous demander d'aplanir nos divergences. Youssou Ndour a demandé pardon s'il m'a fait du tort personnellement, ou de ses employés voire un membre de sa famille. C'était tout. Nous nous sommes retrouvés plusieurs fois après.


Pourquoi vous ne percez pas dans l'international ?

 

Je n'ai pas encore la chance. Car je n'ai pas eu la chance de signer avec une maison de disques major. Ça a failli arriver avec Sony, Virgin mais à chaque fois notre interlocuteur direct est parti juste avant. Orientissimo a été tellement bien fait que je me suis dit qu'il devait rester dans les annales.

 

Et l'expérience avec le producteur Joniba ?

 

Il avait la promesse d'un grand producteur cubain, qui n'a pas tenu parole.

 

Que considérez-vous comme votre principal défaut ?

 

Je suis trop franc. Je ne peux pas mentir et toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire.


De quoi avez-vous le plus peur ?


De Dieu.


Quel est le plus grand regret de votre vie ?

 

(après réflexion) Je ne regrette rien.

 

 
Réalisé par Souleymane THIAM
Source: Thiof


Article Lu 14274 fois

Mardi 26 Juin 2007





1.Posté par Diouf normal le 26/06/2007 20:25
Mane d'apres ce ke g lu tou le monde a toujour tord sauf l8, sa famille, ses frere, sa mere, youssou ndour, assane ndiaye, mapenda seck et le rest et l8 il est parfait et extrement honete com il le dit, il di ke son unik defaut c d'etr tro honete. lol

mais kan mem je lavoue il est extrement for en musik sa voi est unik au monde. aussi il me sembl kil est un gran travaileur c bien et surtou bone chance

2.Posté par charly le 26/06/2007 22:04
Thione, ton interview a été assez interessante vers la fin, car j'ai senti 1 esprit de tolérance et de grandeur d'esprit... Mais excuse-moi de te dire du début , jusqu'aux 3/4 de tes déclarations sont nulles et futiles. Je me suis demandé si certaines de tes réponses méritaient d'être divulguées. IL ya eu trop de bla-bla et 1 peu d'égocentrisme à outrance.
Nul n'ignore tes qualités et ton talent, mais tes décorations et consorts on s'en fout complétement.Au fait dis à ton pseudo journaliste de te poser des questions 1 peu intelligentes. Bon Courage et bonne continuation. Salam !!!

3.Posté par kasou le 27/06/2007 18:10
ecoutez le sénégal est en retard à cause des maslas et c vraiment pas bien. Tout ce thione vient de donner comme raisons de ses divergeances avec fréres, fils, ou collégues sont très valables mettez vous à sa place et vous verez un peu si votre réaction ne serez pas pire moi je suis de son coté
Sénégal khamouniou kou togne kou fayou la niou kham
Moi je t'estime vraiment continu sur cette lancée YALLA Deug la beug té Deug moy moudj.......

4.Posté par Gorgui Ndiaye le 27/06/2007 18:40
tieuy thione

5.Posté par Gorgui Ndiaye le 27/06/2007 19:18
tieuy thione.

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