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[INTERVIEW] ALIOUNE BADARA DIAGNE «Golbert» journaliste et comédien «Le pharaon» de Saint-Louis

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[INTERVIEW] ALIOUNE BADARA DIAGNE «Golbert» journaliste et comédien «Le pharaon» de Saint-Louis
« II faut savoir ce que l'on veut, quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire, quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire ». Cet aphorisme de Clemenceau El Hadj Badara Diagne ditGolbert l'a fait sien. Lui qui sacrifia ses études en classe de cinquième au lycée technique André Peytavin de Saint-Louis pour se lancer dans la radio. Tout commence un soir de Ramadan. « À l'heure de couper le jeûne, j'entends la voix Lamine Diakhaté qui sort du vieux poste Grundig de mon papa. Sa voix radiophonique m'avait tellement envoûté que j'ai très tôt compris ma vocation ». Ce que ses parents n'entendent pas de cette oreille. « Mon papa me bastonnait, m'administrait des punitions », se rappelle-t-il. Mais rien n'y fit. Le jeune Golbert continuait de sécher les cours. Quand ses camarades prenaient le chemin de l'école, lui se rendait à la pointe nord, siège de Radio Sénégal. Adossé au mur du stade Abdoulaye Diagne qui fait face à la radio, il rêvassait du jour où il deviendrait journaliste. Né en septembre 1941 à la Rue de France, dans l'île de Saint-Louis le petit Golbert fréquente d'abord les daaras de la vieille ville c l'Aof « comme tout Saint-Louisien de (son) âge ». Reconnaissant et faisant preuve d'une mémoire d'éléphant, il cite encore ses maîtres d'écoles coraniques et ceux qui l'ont initié à communication. « Ils m'ont encadré et appris la technique ». Aujourd'hui, Golbert déplore l'impatience des jeunes qui veulent rapidement voler de leurs propres ailes. Bougane Guèye, patron Dak'cor, Boubacar Kambel Dieng de la Rfm, il en a formé une quarantaine à Téranga Fm, sa radio. II en est fier même s'il dit que « certains d'entre eux (m)'ont trahi, d'autres sont partis avec (son) argent ». Mais il les pardonne. C'est que Golbert n'a pas sa langue dans la poche. Et qu'il n'a pas que des admirateurs. Un jour à Saint-Louis, des professeurs n'ont pas apprécié que « Golbert s' en soit pris en direct, dans son émission, à un de leurs collègues i aurait insulté une de ses élèves ». Ces derniers non contents de lire dans les classes une pétition, voulaient organiser une marche contre « le pharaon Golbert ». Narcissique, quand il parle de Saint-Louis et des valeurs qu'il dit propres à cette ville, le leader de la troupe de théâtre Bara Yéggo ponctue chaque mot par une tape sur l'épaule de son interlocuteur. Ses gestes et mimiques rappellent des séquences drôles de ses téléfilms. Agé aujourd'hui de 66 ans, marié à trois femmes, Golbert peut s'accorder quelques petits moments de repos, dans son grand salon au style marocain, situé à l'étage de sa radio. Un repos mérité après 37 ans de radio, qui ont débuté dans le studio B, le studio désaffecté où il imitait dans le vent les commentaires du regretté Allou, grand reporter de football. Dans l'entretien qui suit, El Hadj Badara Diagne Golbert revient sur ses débuts en radio, ses relations avec l'ancien président Diouf ainsi qu'avec son successeur Abdoulaye Wade, entre autres sujets. Sans oublier la ville « qui (lui) a tout donné », Saint-Louis ou Ndar.


« Je me considère comme UN BIEN DU PEUPLE SENEGALAIS »


Comment êtes-vous entré en radio ?


EL HADJ ALIOUNE BADARA DIAGNE GOLBERT » : Je le dois à une femme, Marianne Seck, Mme Sy, directrice de programme à la Rts à qui je rends un grand hommage. Elle a eu le flair de dire un jour à Ibrahima Diop Pino directeur de la station « ce garçon-là je veux l'amener au programme ». Bien que j'étais à la technique faisant les annonces, puis de l'animation en Wolof et en français, ce deux ans durant. comme j'avais la voix, on m'a parachuté journal parlé.
Le premier journal que j'ai présenté devrait l’être par Hélène Harley, absente ce jour-là. A l’ époque le travail était bien stratifié. Il y avait des rédacteurs, des dactylos, des « speakers » et des speakerines, de belles voix pour présenter le journal. Et Mme Sy me dit « toi, viens ici, tu vas présenter le journal ». Je tremblais et suais de toutes pores à cause du trac.
Je suis allé au robinet pour faire mes ablutions et j'ai récité tous les versets que j'avais en tête. Finalement la présentation s'est bien déroulée.
Depuis ce jour j'ai intégré la grande équipe du journal parlé, aux côtés de Bachir Kounta, Hélène Harley, parfois Marianne Sy.
Quelque temps après, le directeur général de la Rts, Alioune Fall de passage à Saint-Louis tombe sur un journal que j'avais présenté. Pensant qu'il s'agissait d'un stagiaire sorti de Lille, il demanda à Bachir Kounta le nom du présentateur. Le même soir j’étais en reportage au Cocotier, l'actuelle mosquée« lhsan » d'El Hadj Madior Cissé. Nagra en bandoulière, je trouve mon Dg sur place que j'ai interviewé. Il m'encouragea en ces termes: « tu seras un bon journaliste ». De retour à Dakar, il me signe mon premier cachet de 4.000F CFA, que je donne aussitôt à ma maman.

Donc vous n'avez pas suivi de formation ?

Seulement sur le tas. C'est en 1972, année, d’entrée en vigueur de la première convention collective, qu'on m'a embauché en même temps que Abdoulaye Diaw avec un cachet de 21.000 francs CFA. Six mois après, on nous fait faire des tests à l'Ucad pour que cette convention nous soit appliquée. Aux côtés de grands noms : Ahmeth Tidiane Diop, Djibril Bâ, Ibrahima Dème, j'ai réussi et l'on m'a affecté chez feu Allé Ndao, le chef de la station régionale. Avec Laye Diaw, on nous octroie chacun un cachet de 16.000 francs que je remets à mon père malade. Abdoulaye Diaw fut affecté à Kaolack et moi je suis resté à Saint-Louis. J'ai gravi tous les échelons avant ma retraite : Rédacteur en chef, Directeur des programmes, adjoint chef de station et Directeur de la radio. Après 37 ans, j'ai pris ma retraite le 2 septembre 1996 et créé la radio Fréquence Téranga le 27 septembre de la même année. À 3 heures du matin, la sourate « Alif Lâm Mime » devient le pre¬mier son émis par ma radio.


Pour ouvrir Fréquence Téranga, Vous avez bénéficié de crédit du Fpe, qui a fait beaucoup de bruit parce que certains débiteurs n’étaient pas solvables. Votre amitié avec l’ancien président Diouf vous a-t-il aidé dans ce sens ?
C'est vrai que j'avais commencé à faire les démarches avec Abdou Diouf. En tant que St-louisien doublé d'un musulman et je respecte l'autre. Je parle dans un journal coté et populaire. Je suis sûr que les agents du Fpe la société nationale de recouvrement et même la Présidence le lisent. J'avais beaucoup de difficultés à rembourser le Fpe vu que la publicité n'apporte presque rien à la radio et que les charges sont énormes (téléphone, eau, électricité). Dans un premier temps, je le faisais sans problème. Ensuite, des amis vous amènent leurs enfants qui n'ont ni le bac ou n'ont pas fait le Cesti à qui je donne des cachets, les recettes de la boîte deviennent déficitaires. A un moment, je ne pouvais plus payer et le Fpe me le faisait savoir par des correspondances.
C'est par la suite que le dossier a été transféré à la société de recouvrement qui m'a soutenu et encadré. Depuis lors ça va. Je paie chaque mois un acompte par rapport à ce que la radio gagne. Alors s'il y a certains qui ne payent pas, je ne suis ni juge, ni comptable, ni Dieu, je préfère ne faire aucun commentaire là-dessus. Je paie en fonction de mes possibilités.
Pour étayer votre amitié avec le président Diouf on raconte d'ailleurs votre reportage lors d’une de ses visites, ou vous aviez même versé des larmes ?

Je vous remercie beaucoup de m'avoir posé cette question parce que des confrères vont très vite en besogne alors qu’ils doivent vérifier leurs informations. Je n’ai jamais dit que j’ai pleuré pour Abdou Diouf.
Je vais vous dire pourquoi j'ai pleuré. Lors de cette visite, dans le cadre de sa tournée nationale, deux tendances rivales s'opposaient : celles de Momar Sourang et d'Abdoulaye Chimère Diaw, tous deux du Ps. J'avais remarqué que partout où le président passait, les populations s'étaient mobilisées de manière extraordinaire. Saint-Louis étant la ville de la Téranga par excellence, j'avais peur que les partisans des deux camps fassent acte d'incivisme devant le président de tous les Sénégalais. Dieu merci, ce que je craignais n'a pas eu lieu et je n'ai pu m'empêcher de verser des larmes de soulagement. Mes concitoyens m'avaient honoré de par leur attitude civique. C'est là qu'El Hadj Mansour Mbaye a dit dans le micro que « Golbert pleure, le président arrive ». Et il y a eu amalgame. J'ai de bonnes relations avec Abdou Diouf, hier plus qu'aujourd'hui et moins que demain. Nous avons fait l'école Brière de L'Isle, le daara de Serigne Ousseynou Sarr ensemble. Il habitait chez Toutane Basse, à la rue André Lebon et moi à la rue de France, à moins de 100 mètres. C'est mon ami bien qu'il soit plus âgé de 4 ou 5 ans. Nous allions au stade Abdoulaye Diagne et pêchions derrière la prison ensemble. Il m'a aidé. D'ailleurs un de mes fils porte son nom.

Avez-vous des rapports similaires avec le président Abdoulaye Wade que vous êtes allé soutenir à Paris lors de sa réception du Prix Houphouët-Boigny pour la paix ?

Il est le président de tous les Sénégalais, le protecteur des Arts et des Lettres. Pour le Prix Houphouët-Boigny, un matin, j'ai reçu un coup de fil du ministre de la Culture me demandant de lui envoyer mon passeport. J'étais sélectionné parmi les nombreux artistes que compte ce pays. Ce fut un honneur pour moi et pour ma ville, Saint-Louis. Quand j'ai eu un accident de la circulation, c'est lui qui a pris en charge mon hospitalisation. Et matin et soir, il envoyait son médecin s'enquérir de mes nouvelles. Je connais ce qu'est la Téranga, je l'en remercie infiniment.

Vous évoquez souvent Saint-Louis dans vos propos, que représente pour vous cette ville ?

Saint-Louis représente toute ma vie. Je suis Saint-Louisien avant d'être Sénégalais. Quand je le dis, les gens se marrent. Je tiens à ma « Saint-louisienneté » plus qu'à ma « Sénégalité ». C'est très normal. J'y suis né et j'y ai grandi. Tout ce que j'ai eu, après Dieu et la bénédiction de mes parents, je le dois à cette ville. Elle m'a tout donné et je pense que je n'ai pas encore fait grand chose en retour. Si j'étais aujourd'hui ministre des Finances ou président du pays, je consacrerais plus de 50% du budget national à cette ville. Et je ferais d'elle la plus belle d'Afrique.

Vous pensez donc que les autorités locales en particulier ne font pas assez, pour Saint-Louis, comparativement à Dakar par exemple où les chantiers se concentrent ?

Je ne veux jeter l'anathème sur personne. J'ai côtoyé plusieurs maires. Abdoulaye Mar Diop, Macodou Ndiaye, Abdoulaye Chimère Diaw qui ont beaucoup fait pour la ville. Je suis apolitique jusqu'à la moelle. Je n'appartiens à aucun parti. Je me considère comme un bien du peuple sénégalais. Ma je puis dire que l'actuel maire, Ousmane Masseck Ndiaye, a plus fait que ses prédécesseurs. Même plus que son père qui était également maire de Saint-Louis La preuve, promenez vous dans la ville. De la pointe nord à la pointe sud, les quais, l’ éclairage, le jet d'eau, les places publique l'assainissement, etc. Saint-Louis est en train de revivre. À ceux qui disent que ces sites ne sont pas les priorités, je réponds qu'ils ne sont pas nés dans une grande ville. La beauté architecturale est un élément essentiel à l’attrait et à l’essor d’une région.


Saint-Louis manque quand même d'infrastructures industrielles capables de fixer ces jeunes qui risquent leur vie en voulant gagner l'Europe.

C'est vrai qu'il manque des industries. Certains pays ont le pétrole ou des gisements de minerais, ce n'est pas le cas du Sénégal. Et les gens ont besoin de manger, d’avoir un toit et d'aider leurs parents. Saint-Louis est une ville où la pêche rapporte annuellement 10 milliards de francs Cfa. On ne peut pas ne pas s'indigner du manque d'usines de transformation ou de conservation des produits halieutiques. Cette situation fait très mal, car les braves pêcheurs qui ramènent ces énormes prises ne vivent pas décemment de leurs activités. Ce sont d'autres mareyeurs qui viennent acheter ces produits à vil prix parce que les pêcheurs de Guet Ndar sont obligés de brader.
Il faut que l’Etat se décide à y mettre des unités industrielles pour éviter la paupérisation des pêcheurs Saint-louisiens.
En plus nous sommes dans la région fille du fleuve et de la mer avec 740.000 terres irrigables. Je pense que l'autosuffisance alimentaire ne peut être atteinte que par cette ville. Donc il urge pour les autorités de trouver des solutions pour permettre aux jeune l’accès à la terre, d'avoir des financement substantiels pour cultiver et pêcher et pour vivre de leur métier, à l'image du chef de l'Etat, du Pm. Ils ne sont pas plus nobles que ces gens-là.

La situation que vous déplorez n'est-elle pas la cause de l'émigration des jeunes Saint-Louisiens qui prennent les pirogues pour l'Europe avec Saint-Louis comme premier point de départ?

Cette émigration ne date pas de 2005 ou 2006. Certains jeunes de la ville avaient compris depuis longtemps que face à l'absence de moyens pour vivre ou survivre chez eux, il fallait partir vers d'autres cieux qu'ils espèrent plus cléments. Même si ce sont les pêcheurs de Saint-Louis qui ont découvert « le chemin », ils ne sont pas les seuls à tenter cette aventure suicidaire. Pourquoi, ils partent ? C'est parce qu'ils n'ont pas de travail. Le cas contraire, ils seraient restés chez eux. Un dicton wolof de Saint-Louis dit: « Kou dem waliyan, sa keur papa wala sa keur yaye mo teugoul sabar » (Celui qui part chez autrui, n'a pas ce qu'il désire chez lui, Ndrl).

N'êtes-vous pas en train de légitimer cette forme d'émigration ?

Je ne cautionnerai jamais cela. Des amis y ont perdu leurs enfants, des amis de mes enfants en sont morts. Je dis tout simplement qu'il faut trouver des solutions en donnant aux jeunes du travail qui peut les fixer dans leur cher pays. Ils ne partent pas de gaieté de coeur. Avec tous les moyens coercitifs mis en place par l'Union Européenne, l'Espagne et l'Etat du Sénégal, ils continuent de braver l'océan. Ces jeunes pensent tout simplement à leur ascension sociale, synonyme de respect. Ils veulent subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs proches. Encore une fois je n'encourage pas cette forme d'émigration. D'ailleurs, chaque semaine je fais une émission à la radio pour les sensibiliser.

Une autre émission, Ndar Ragne (Saint-Louis dans la clarté, en wolof), que vous animez vous-même et qui a la plus grande audience sur la bande FM de Saint-louis est parfois décriée du fait de la confusion des genres entre Golbert le journaliste, l'artiste, etc. ...

Ceux qui décrient cette émission ne sont pas des Saint-Louisiens. Si Saint-Louis fait 450.000 âmes, les 2/3 sont branchés à leur poste de radio. Même les autorités pour atteindre leur cible dans leurs différentes entreprises passent par « Ndar Ragne ». Cette émission ne m'appartient plus. Si aujourd'hui, je décide de l'enlever du programme de la radio, je peux jurer la main sur le Coran que les Saint-Louisiens descendront dans la rue pour me demander des explications.

Cette popularité auprès des Saint-¬Louisiens peut-elle un jour vous amener à solliciter leurs suffrages pour la mairie ?

Non, ma place n'est pas là-bas. Les postes politiques ne m'intéressent pas.

Les téléspectateurs attendent depuis un certain temps de voir une nouvelle production théâtrale de votre troupe...

Actuellement, un de nos membres, Daouda Guissé est souffrant. Nous attendons qu'il se rétablisse pour tourner une nouvelle pièce avec la Rts. Je demande aux téléspectateurs de ne pas trop s'impatienter. Car « Natacha » - le titre du téléfilm arrive bientôt. Et là, ils oublieront tout ce temps passé à attendre notre production.

 

Réalisé à Saint-Louis par Amadou BA
Photos: Abdoulaye SYLLA
Source: Thiof

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Jeudi 21 Juin 2007





1.Posté par gueye le 22/06/2007 01:50

2.Posté par Sall Magatte le 20/07/2007 12:17
Bravo GOLBERT tu fais la fierté des saint-louisiens
Actuellement je vis en france mais je suis née et j'ai grandi à Balacoss
Ma grande soeur faisait la gym avec toi au lycée Peytavin avec Assane Ndiaye qui était mon prof de sports durant toutes mes années au collège
EN écoutant RFM Dakar j'ai entendu MALAL JUNIOR y faire le journal en ouolof et c'est positif pour lui de sortir du cocon familial et de voler de ses propres ailes
Encore une fois bonne continuation et longue vie à toi ainsi qu'aux saint-louisiens et que ndar retrouve son lustre d'antan

3.Posté par djibril le 25/05/2008 15:29
salut golbert je m appele djibril gassama.avec un grand coeur tu est la meilleure.je voudrais te dire que je suis entrain de dessiner un tableau pour la region de saint louis.il y a une publicite pour ta radio.mais c est pas encore fini pour le voir tu mets www.djisabrilbah.skyblog.com


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