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IMPLANTATION DE GARAGES MÉCANIQUES: La pagaille au quotidien

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Aujourd'hui, les garages mécaniques sont implantés un peu partout à travers Dakar et sa banlieue. Pollution sonore, menace de l'environnement avec saletés et épaves de voitures, tels sont les désagréments que cause l'implantation anarchique de garages dans les rues de Dakar. Pour se défendre, les chefs de garage déclarent payer des taxes aux mairies de leur localité.

Des épaves de voitures installées un peu partout, des saletés, des mécaniciens mal habillés, tel est le décor qui accueille tout visiteur. Ici, la pollution sonore est au rendez-vous. Au moment où certains mécaniciens sont sous les voitures pour les réparer, d'autres profitent des voitures stationnées pour dormir un peu sur les chaises arrières. Malgré le bruit qui pollue l'atmosphère, les petits apprentis dorment profondément, fatigue oblige. Samba Sadio, chef de garage se laisse aller à des confidences : "Nous travaillons ici depuis des années. Nous étions sur le terrain vague de Liberté 6, aujourd'hui transformé en route goudronnée. Nous faisons de la mécanique générale, de la tôlerie, de l'électricité". Dans le garage de ce dernier, c'est le désordre total qui y règne.
Un de nos interlocuteurs du nom de Pape Gningue, chef de garage. déclare : "Nous attendons que l'Etat nous donne des emplacements dignes où nous pourrons exceller. Dans ce cas, nous pourrons tranquillement exercer notre métier. On nous renvoie fréquemment de nos lieux d'implantation. Nous n'avons que les terrains vagues à occuper provisoirement en attendant de la part de l'Etat que des lieux dignes de ce nom nous soient attribués. Nous formons beaucoup de jeunes qui ont abandonné l'école». Et M. Diallo d’ajouter : «Nous constituons des couches à ne pas négliger car sans le mécanicien, les véhicules qui servent au déplacement des populations ne pourront pas être réparées. Certes nous occupons la voie publique mais nous n'avons pas d'autres alternatives". Il poursuit : "Il est temps que l'Etat nous donne des terrains où nous pourrons exercer notre métier sans occuper la voie publique.
Un ami m'a prêté son terrain pour que j'exerce mon métier, mais dès qu'il aura besoin de sa parcelle, je serai obligé de lui rendre son bien. Comme vous le voyez, le terrain ne peut pas contenir toutes les voitures. C'est ce qui explique la présence des autres épaves sur la voie publique". Pour sa part, Mor Fall, chef de garage en banlieue soutient : "Nous sommes obligés d'implanter des garages mécaniques sur les terrains vagues car nous ne disposons pas de moyens pour avoir notre propre garage pour mener à bien notre travail.
Nous n'avons pas le choix, nous occupons les terrains en payant des taxes. Si maintenant les pouvoirs publics ont besoin de les récupérer, nous n'allons pas résister. Pour le moment, nous allons rester ici pour effectuer notre travail. Vous savez, nous n'avons pas de moyens suffisants pour quitter la voie publique". Dans la plupart des garages que nous avons visités, on note un désordre total. Les épaves des voitures sont un partout, occupant presque une bonne partie de la voie publique. Les mécaniciens travaillent sans protection.

Risques d’accidents

Dans les différents garages visités, les mécaniciens travaillent sans casques, ni gants. Ils affrontent les tas de ferraille avec des mains nues sans même se soucier des risques qu'ils peuvent encourir. Ces apprentis mécaniciens courent tous les jours des risques. Ils exercent leur travail au quotidien sans se plaindre. En cas d'accident, les chefs les font courir pour l'achat de médicaments. "Nous ne disposons pas de moyens pour nous protéger d'éventuels accidents de travail. Chaque jour, nous ne cessons de dire aux apprentis de faire attention avec les objets qu'ils manipulent. Nous travaillons les mains nues sans aucune protection. Nous ne pouvons pas acheter des matériels de protection car nous sommes confrontés aux problèmes de dépense quotidienne", note Pape Gningue.
Un autre chef de garage de dire : "Nous sommes des gorgorlous, nous avons des difficultés pour assurer la dépense quotidienne. Comment voulez-vous que nous achetions des matériels de protection alors que nous avons des problèmes pour mener convenablement notre vie au quotidien ? Dans tous les cas, nous continuerons à travailler sans protection. Parfois certains apprentis se blessent en travaillant et nous ne disposons pas de fonds pour les amener à l'hôpital". Sur place, notre attention a été attirée par un groupe d'apprentis, armés de marteau, qui s'acharnent sur les tas de ferraille sans aucun matériel pouvant assurer leur sécurité. Face à cette situation précaire, les garagistes sont restés inertes. Ils brandissent le payement de taxes pour justifier l'implantation anarchique des garages.
"Vous voyez ma main, je me suis blessé la semaine passée, mais jusqu'à présent on ne m'a rien donné pour l'achat de médicaments. C'est ma maman qui m'a payé les médicaments prescrits par le médecin. Notre chef m'a promis de payer une piqûre anti-tétanique mais jusqu'à présent il ne m'a rien donné. Chaque jour que Dieu fait, nous courons le risque d'accidents", souligne un apprenti mécanicien.

Taxes municipales

La plupart des garagistes estiment qu'ils paient des taxes à la municipalité de leur localité pour des frais d'implantation. "Nous payons des taxes à la mairie, ce qui nous donne le droit d'occuper la voie publique. Je paye 15 000 F de taxes aux agents de la municipalité. Même si nous payons des taxes et à tout moment, on peut nous demander de vider les lieux. Je pense qu'il faut qu'on règlemente les choses en nous donnant des lieux adéquats. Dans ce cas, nous pouvons payer les taxes qu'ils vont nous fixer", souligne un chef de garage. Un autre chef de garage de dire : "Nous sommes au nombre de 10 chefs de garage car chacun d'entre nous a sa spécialité. Chacun d'entre nous doit payer une taxe de 5 OO0F. À la fin du mois, nous payons 5O OOO F. Donc nous n'avons pas occupé la voie publique sans rien, nous payons des taxes". Avec le paiement des taxes, les garagistes jugent normale l'implantation de leur garage sur la voie publique.
"Dans tous les cas, nous payons des taxes pour occuper les terrains vagues. Qaund les pouvoirs publics nous demanderont de quitter les lieux, nous allons partir. Cependant, pour le moment, nous n'avons pas un autre lieu où partir. Je paie des taxes allant jusqu'à 5 000 F. Les autres chefs de garage paient plus que moi. Il y a certains chefs de garage qui peuvent payer jusqu'à 18 000 F", note un garagiste. Il poursuit : "Nous payons des taxes et nous courons le risque de devoir quitter les lieux. Les pouvoirs publics ont décidé de débarrasser Dakar des épaves de voitures et nous avons beaucoup d'épaves dans nos garages. Nous serons les premiers concernés par ces mesures". Ces garages constituent de véritables menaces pour l'environnement.

Menace sur l'environnement

L'implantation anarchique des garages constitue une véritable menace sur l'environnement. Ils détruisent le cadre de vie des populations en produisant de la pollution sonore. Les garages génèrent également beaucoup de saletés avec les épaves de voitures et surtout la pollution du sol avec de l'huile qui s'echappe des moteurs. "Tous les garages sont pareils, nous faisons beaucoup de bruit certes mais celà rentre dans le cadre de notre travail. Je reconnais que nous produisons beaucoup de saletés surtout avec les épaves. Les pouvoirs publics veulent débarrasser la voie publique des épaves de voitures. Nous sommes en tout cas menacés car s'ils commencent à le faire, ils vont nous attaquer les premiers", note un chef de garage. "Les garages mécaniques produisent de la pollution sonore.
Durant toute la journée, les mécaniciens ne cessent de taper sur les épaves de voitures. Les gens qui ont leur maison à côté des garages ne peuvent même pas se reposer à cause du bruit", avance Pape Mboup. "L'implantation anarchique des garages nous pose beaucoup de problèmes. Non seulement ils occupent illégalement la voie publique en gênant parfois la circulation, mais ils produisent également des saletés tout en empêchant les gens de dormir avec le bruit qu'ils font à longueur de journée. Vous voyez ces épaves de voitures qui gênent la voie publique", souligne un riverain.
Ces garages mécaniques produisent beaucoup de saletés et de pollution, ce qui constitue une menace sérieuse contre l'environnement. L'implantation anarchique des garages porte un sacré coup au cadre de vie. Il est temps que les pouvoirs publics agissent pour mettre fin à cette pagaille qui continue de perdurer. Pour le moment, l'implantation anarchique des garages mécaniques continue de faire partie du quotidien des Sénégalais en attendant qu'une mesure de l'Etat ne vienne régulariser les choses

Source: le Matin

Article Lu 1750 fois

Mardi 30 Octobre 2007


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