Référence multimedia du sénégal
.
Google


hh



IMPACT DES JOURS FERIES : Ils coûtent 3% de la production

Le nombre de jours fériés au Sénégal n’est pas élevé par rapport à d’autres pays, mais ses effets sur l’activité industrielle et sur l’économie globale sont loin d’être négligeables, selon une étude toute fraiche de la Direction de la prévision et des études économiques(Dpee).



IMPACT DES JOURS FERIES : Ils coûtent 3% de la production
Pour l’ensemble de l’économie nationale, la perte annuelle due aux jours fériés serait de 0.01% du PIB réel et c’est une perte de 2.6% que les congés payés coûtent par an à la production industrielle. C’est ce qui ressort d’une étude de la Direction de la prévision et des études économiques(Dpee) qui s’est proposé d’examiner les effets des jours fériés sur la production industrielle et l’activité globale au Sénégal, entre 1980 et 2010. Dans ce cadre, si le benchmarking montre que le nombre de jours fériés observés au Sénégal n’est pas élevé par rapport à d’autres pays, en revanche, ses effets sur l’économie nationale font que le Sénégal ne parvient pas à bien se positionner par rapport aux principaux concurrents en termes de compétitivité.

Le nombre de jours fériés officiels correspondant à des fêtes nationales au Sénégal, qui s’élèvera à 14 en 2012, peut paraitre élevé. Mais, comparé au nombre de jours fériés nationaux de la Corée du Sud (14), de l’Afrique du Sud (14), de la Malaisie (12), de la Tunisie (15), du Botswana (16), du Cap Vert (11), du Rwanda (11) ou de la Côte d’Ivoire (15), le nombre de jours fériés n’est pas a priori très élevé au Sénégal.

Aussi, une conjoncture favorable aurait-elle 71,6% de chances de se prolonger au trimestre suivant si l’on expurge les effets des jours fériés, contre 70,2% pour la série brute, selon les résultats de l’étude qui, estimant un seuil critique de jours fériés à partir d’un modèle à effets de seuil avec régresseurs endogènes, établissent un impact négatif sur l’output gap au-delà de 13 jours fériés par an. Le contexte est tel que le Sénégal éprouve des faiblesses structurelles à relever durablement la productivité des facteurs surtout celle du travail, d’où l’étroitesse des parts de marché à l’étranger, aussi bien sur les nouveaux marchés qu’au niveau des destinations traditionnelles des exportations.

Il apparaît dès lors intéressant de s’appesantir sur les facteurs susceptibles d’amortir la hausse de la productivité et à cet égard, le nombre de jours travaillés est potentiellement important, dans un pays doté d’une tradition de tolérance religieuse où, presque toutes les fêtes célébrées se traduisent en jours de travail perdus par l’économie, estime l’auteur de l’étude. La plupart des jours fériés, telles que les fêtes musulmanes et les fêtes de Pâques, d’Ascension et de Pentecôte, calquées sur le calendrier lunaire, sont mobiles. Il apparait alors, entre les trimestres, une variation du nombre de jours ouvrables due aux jours fériés.

En retraçant l’historique des jours fériés ainsi que leur répartition entre les jours de la semaine et les semestres, les données révèlent que de 13 en 1980 on est passé à 12 jours (prévus) en 2012 pour une moyenne de 14 au cours des trois dernières décennies, le minimum étant de 12 et le maximum de 17 (en 1989). Par ailleurs, à peine un jour férié sur cinq a lieu durant le weekend. En outre, on constate également que 62% des jours fériées ont lieu vers la fin du mois, entre le 25 du mois en cours et le 05 du mois suivant. En somme, la majorité des jours fériés (82%) ont lieu durant les jours ouvrables de la semaine, ce qui peut amplifier leurs impacts sur l’activité. Par ailleurs, la répartition des jours fériés par mois ou par trimestre permet d’avoir une meilleure visibilité sur les effets de saisonnalité et de calendrier. Le nombre de jours fériés par trimestre oscille entre 1 et 8 jours.

L’effet « pont »

Le nombre assez élevé de jours fériés peut induire une baisse plus que de raison de la production dans les industries et les services, en liaison avec l’absentéisme, au-delà des jours de repos autorisés. Le cas des grandes fêtes religieuses musulmanes est là pour le démontrer. L’administration centrale ainsi que la majorité des activités économiques du pays étant concentrées à Dakar, pour des raisons pratiques, notamment les problèmes de transport, beaucoup de travailleurs migrants internes ne peuvent pas rejoindre la capitale le lendemain des fêtes. S’il s’agit d’une grande fête religieuse coïncidant, par exemple, avec le jeudi, certains travailleurs prolongent le repos jusqu’à la fin de la semaine : c’est un effet « pont », constate l’étude qui estime que ce phénomène toucherait moins les provinces.

Vite, un férié !

Au-delà de ces raisons objectives, il semblerait que les pertes d’heures de travail occasionnées par ces jours fériés procèdent ainsi d’habitudes largement encrées chez des travailleurs. Ainsi, l’argument du manque à gagner s’analyse aussi en termes de baisse de la productivité. Par ailleurs, certains jours fériés ne sont pas connus par avance par les entreprises qui ne peuvent pas organiser parfaitement le travail. Cela constitue assurément un choc préjudiciable à la productivité du facteur travail. Lorsqu’ils ne sont pas correctement anticipés par les agents privés ou s’ils se multiplient, ces chocs peuvent avoir particulièrement des effets sur le respect des délais de livraison des commandes.

Toutefois, il apparaît que l’impact des jours fériés sur la productivité et la compétitivité ne peut s’apprécier uniquement à l’aune des heures de travail perdues. Il semble, ô surprise, que les jours fériés peuvent avoir des effets positifs sur l’activité économique. Selon l’étude de la Dpee, la célébration de fêtes religieuses est souvent l’occasion d’une hausse significative des dépenses de consommation des ménages. Ainsi, les grandes fêtes religieuses ont des effets dynamisants dans les activités telles que le commerce, les transports et les télécommunications ainsi que sur l’activité du secteur informel d’une manière générale. Aussi, dans les services, les jours fériés affecteraient l’activité dans des proportions moins sévères. Il semble que certaines activités dont les transports et les télécommunications profitent en général de ces fêtes et que, même dans le cas contraire, le reflux est contenu du fait notamment des effets d’anticipation des consommateurs qui boostent l’activité la veille des fêtes. Dans 36.8% des cas, les entreprises de services considèrent ainsi que leur activité n’est globalement pas affectée par les jours fériés, 15.8% des répondants observant même un regain d’activité à la faveur des fêtes civiles et religieuses traditionnelles. Le constat est quasi identique pour les fêtes occasionnelles sauf que celles-ci provoquent une baisse de l’activité dans 17.6% des cas.

Quant aux entreprises commerciales, 40% des répondants constatent une hausse en moyenne dans l’activité lors des jours fériés. Par contre, aucun effet positif n’est à mettre à l’actif des fériés occasionnels. Pis, une baisse faible ou modérée est notée dans la moitié des cas alors qu’une forte diminution est enregistrée dans 25% des réponses.
En définitive, l’impact global des jours fériés sur l’activité mesurée par le PIB réel à 0.01% s’expliquerait par la part relativement faible de l’industrie dans l’économie (près de 20%) alors que dans le secteur tertiaire dont le poids avoisine 60% du PIB, plusieurs sous-secteurs profitent des jours fériés.

De même, dans le secteur primaire, la production est plus dépendante des conditions climatiques que des jours ouvrables. Mais comme en conclut l’étude, pour une économie en développement aspirant à réaliser de gros progrès dans le domaine de l’industrialisation, « un facteur occasionnant une perte de 3% de la production annuelle dans ce secteur ne devrait pas être négligé par le gouvernement ».

Malick Ndaw
Source Sudonline.sn

Mercredi 25 Avril 2012



Nouveau commentaire :
Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Lundi 19 Août 2013 - 13:13 FERMETURE DES ENTREPRISES : Le fond du débat








Plateforme d’information et d’intéraction a temps réel
Optimisé pour être vu en 1024x768 I.E. 6.0 ou plus récent

Info sur Xibar.net | Conditions d'utilisation | Données personnelles | Publicité | Aide / Contacts |
Copyright © 2007 Xibar multimedia Tous droits réservés