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ILES DU SALOUM : Quand les populations casquent fort pour avoir de l’eau douce

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Avoir de l’eau douce constitue un véritable casse-tête pour les populations des îles du Saloum, à cause de la salinisation. Pour s’en procurer, ces dernières sont obligées de se rendre sur la terre ferme, notamment à Sokone, Toubacouta ou Ndangane, en payant cher. Reportage.



6 h 30 du matin, ce jeudi. L’heure de départ fixée pour une randonnée dans les îles du Saloum, plus précisément à Diogane. La ponctualité est de rigueur. Et à bord d’un véhicule 4x4 avec les responsables de la Caritas, cap d’abord sur Ndangane, sous un temps frisquet. Un constat connu de tous. Il est extrêmement difficile de circuler sur l’axe Kaolack-Fatick. La route, dont les travaux se sont achevés depuis trois ans, est complètement dégradée. Un véritable parcours du combattant pour l’expédition qui a failli y laisser beaucoup de plumes. C’est dire que les tracasseries du voyage n’épargnaient personne. Et le calvaire ne s’arrête qu’à Fatick, une occasion pour automobilistes et passagers de pousser un grand ouf de soulagement. Une fois au croisement Ndiosmone où les vendeuses d’eau et de mangues se disputent la chaussée, cap à gauche pour emprunter la route qui mène à Ndangane. Un axe pour le moins impraticable. C’est aux environs de 9h, que le cortège arrive à Ndangane Sambou, une zone touristique qui offre ses charmes aux nombreux visiteurs qui ne manquent de chanter la beauté angélique de ces lieux paradisiaques. A quelques encablures de là, s’offre à nos yeux, Ndangane-village, le summum de la tradition sérère. C’est la berge de Ndangane qui nous accueille avec ces dizaines de pirogues qui offrent une belle vue. Ce sont alors mes compagnons d’infortune et pas moins esclaves de sérères qui m’invitent à prendre le petit déjeuner dans un « tangana ». Au bout de quelques minutes, nous embarquons dans une de ces pirogues spécialement conçues pour les randonnées des touristes en mer. Point n’est besoin de dire que nous avions enfilé nos gilets de sauvetage, question de nous mettre à l’abri d’éventuels désagréments. Nostalgique, c’est avec bonheur que je redécouvre ces pirogues dont j’avais perdu l’habitude d’emprunter. C’est cette même joie qui m’a habité à l’idée de retrouver ces îles aux charmants « bolongs ». A mi-chemin, les spectacles sont offerts par une famille de dauphins dans leurs interminables ballets, qui faisaient mouvement vers l’océan du fait de la marée basse, le charme des réceptifs hôteliers de Marlodj. Après 2 h de pirogue à travers les « bolongs », nous arrivons à Diogane. Un calme plat règne au niveau du débarcadère. Une grande pirogue bourrée de bagages (sacs de voyage, bouteilles d’eau, ustensiles de cuisine...) attire l’attention. Dans cette même pirogue, une jeune femme était en train de faire la cuisine. Renseignements pris, l’embarcation a été louée par un groupe de touristes français pour un séjour d’une semaine dans les îles du Saloum, préférant cette embarcation aux réceptifs hôteliers. A quelques mètres de la berge, se dresse le poste de santé du village. Une brève visite de courtoisie au maître des lieux, Diakhou Lô. Très souriante, l’infirmière chef de poste explique qu’elle est secondée par trois matrones pour prendre en charge une population de 1800 âmes. Cette structure sanitaire dispose d’une pirogue qui sert d’ambulance pour l’évacuation des personnes malades vers le centre de référence de Foundiougne. Mais, c’est coûteux pour les parents du malade. Pour les indigents, c’est le comité de santé qui prend en charge les frais d’évacuation. Dans ce village, la lutte contre le paludisme est bien menée avec la distribution gratuite de moustiquaires imprégnées aux enfants et aux femmes enceintes. Située à une centaine de mètres du poste de santé, l’école primaire est vide. Point d’enseignants, ni d’élèves. Un habitant du village nous siffle que tous les enseignants de la zone se sont retrouvés à Bassoul, chef-lieu de la communauté rurale du même nom, pour les besoins d’un séminaire. A quelques mètres de là, un attroupement attire notre attention. Ce sont les touristes français entourés par un groupe d’enfants. A l’intérieur du village, nous visitons l’impluvium (ouvrage de collecte d’eaux pluviales), d’une capacité de 10 m3, réalisé chez la dame Fatou Sarr. Cette dernière explique que ce bassin de 10 m3 va lui permettre, après l’hivernage, de disposer de l’eau douce en abondance durant des mois. « Cela va atténuer nos souffrances dans la recherche d’eau douce », confie-t-elle. Puis, elle révèle que le bidon de 20 litres d’eau douce leur coûte 200 Frs ou plus, précisant qu’il faut aller jusqu’à Sokone, Ndangane, Toubacouta pour s’en procurer. Notre interlocutrice a, en outre, remercié la Caritas. La poursuite des visites nous a permis de constater que presque toutes les maisons sont bénéficiaires de ces bassins de 10 ou 15 m3 qui se ferment. Et chaque bassin dispose d’un robinet. Diogane dispose d’un forage dont l’eau est salée, mais n’est pas encore doté d’un château pouvant permettre aux populations de se ravitailler chez elles. Créé en 1988, ce forage, qui tombe souvent en panne, constitue le point de convergence des femmes. Selon le président du comité du forage, cela pose problème, souhaitant ainsi une réaction prompte des partenaires pour la pose d’adduction d’eau à travers le village. Après la visite, retour au poste de santé pour un rafraîchissement. Nous y retrouvons le groupe de touristes français. Ces derniers y étaient le temps de prendre le déjeuner avant d’aller découvrir d’autres îles. Après quelques minutes de pause, nous nous décidons de reprendre la pirogue pour le retour. Hospitalité sénégalaise oblige, l’Icp, Mlle Diakhou Lô, nous demande de patienter, histoire de nous offrir le déjeuner. Et un succulent « thiébou dieune » qu’aiment bien mes cousins sérères a été servi. Puis, nous quittons cette île, laissant sur place de paisibles populations, souvent coupées du reste du monde à cause de problème de réseau de téléphonie mobile.

Oumar Ngatty BA
Source Le Soleil

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Mercredi 13 Mai 2009





1.Posté par tonto le 13/05/2009 18:53
et faites un tour a betenty aussi pour tout voir .ces gens n'ont meme pas d'electricite pour une population de 10.000hbts.c'est vraiment dommage

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