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HUIT ANS DE TRAVAUX FORCES : La condamnée avait versé de l’huile chaude sur sa co-épouse

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Suite à une altercation l’ayant opposé à sa coépouse, la dame Holla Kâ, avait rouvert les hostilités en recourant à de l’huile chauffée. Elle en avait arrosé Ngaboulé Diao et atteint gravement avec le liquide l’enfant de cette dernière âgé de trois ans. Son geste a finalement coûté la vie à sa coépouse. La Cour a sanctionné l’accusée en la condamnant à huit ans de travaux forcés.



Au moment où le village de Darou Kaffat (arrondissement de Maka Yopp, département de Kaffrine) commençait à dormir, la dame Holla Kâ mettait à exécution son plan ourdi contre sa coépouse Ngaboulé Diao, en ce jour du 31 mars 2004. C’était à la suite d’une banale altercation à propos du tour de balayage assuré par les deux coépouses. Au fond, Holla, qui n’avait pas d’enfant, dit-on, enviait à sa rivale sa progéniture. Vers 22 heures, au moment où la famille de El Hadji Diamhaly Kâ, maître des lieux, dormait dans la cour, Holla se permit de réveiller Ngaboulé Diao pour l’ébouillanter avec de l’huile chaude, ainsi que son enfant Aliou Kâ, âgé de trois ans seulement. Alertés par les hurlements des victimes, les membres de la famille ont poursuivi Holla Kâ qui, pour sauver sa peau après avoir réalisé la gravité de son acte, se réfugia chez le chef de village pour échapper au lynchage. Blessée au thorax, aux membres supérieurs, au visage, au cou et à l’oreille gauche, Ngaboulé Diao fut évacuée à l’hôpital régional de Kaolack où elle fut admise pendant quelques jours avant de rentrer chez elle. C’est le 19 août 2004 au centre de santé de Koungheul où elle fut admise six jours auparavant qu’elle rendit l’âme des suites de ses blessures. Devant le magistrat instructeur, Holla Kâ soutiendra avoir agressé ainsi sa coépouse pour se défendre. Elle dira même qu’elle s’était réfugiée dans la cuisine pour échapper à la dame et à ses enfants qui la prenaient à partie.

Entendue par les gendarmes dans son lit d’hôpital, Ngaboulé Diao avait confirmé l’altercation dont faisait état sa coépouse, en précisant que c’est au moment où elle dormait dans son lit, devant sa case, que l’accusée l’a aspergé d’huile chaude alors qu’elle voulait lui demander les raisons pour lesquelles elle voulait la réveiller. Malheureusement, l’enfant de trois ans, couché à côté de sa mère, fut touchée par le liquide chauffé. Il résulte du certificat médical délivré le 03 juin 2004 par le docteur Bogol Joseph et du certificat de genre de mort établi le 23 août par le docteur Djirel Diagne, médecin chef du district sanitaire de Koungheul que Ngaboulé Diao est décédée des suites de ses brûlures au quatrième degré. Ce qui conduisit la mise en cause devant la barre des assises. Née en 1979 à Ngouye Diaraf, dans le département de Kaffrine, cette ménagère, mariée et sans enfants, est dépeinte dans l’enquête de personnalité comme une dame belliqueuse et mal éduquée, capable de toutes sortes d’atrocités et jalouse de sa coépouse pour sa progéniture de sept enfants. Est-ce pour cela qu’elle s’en est prise à Ngaboulé et atteint au passage l’enfant de cette dernière ?

Contredite par son mari

La thèse d’une agression dont Holla serait victime avant d’ébouillanter sa coépouse a été contredite par les déclarations de son propre époux Demba Kâ et son beau-père El Hadji Diambaly Kâ. Ces derniers ont expliqué que toute la maison, y compris la victime Ngaboulé Diao, dormait au moment des faits. Les va et vient incessants entre sa case et la cuisine observés par son beau-père dans la soirée du 31 mai 2004, montrent que Holla Kâ avait bien mûri son acte. A la barre, l’accusée n’a pas nié les faits mais affirme qu’elle a versé sur sa victime de la sauce d’arachide dans la cuisine et non de l’huile. Elle dira même qu’elle n’avait pas retrouvé sa victime dans sa chambre pour accomplir son forfait. Son mari, entendu à titre de renseignement, a non seulement confirmé les faits mais s’est constitué partie civile. Le ministère public, par la voix de Abdou Karim Diop, a étayé la préméditation en affirmant que Holla a eu largement le temps de laisser dormir toute la famille pour ensuite réveiller sa victime et déverser l’huile sur elle. « Avait-elle le droit d’ôter la vie à celle ci par simple jalousie ? », s’est interrogé l’avocat général qui s’est ému au passage sur le cas de Aliou Ba l’enfant âgé de trois ans qui dormait prés de sa mère et qui a été grièvement touché. Rappelant les articles 294 et 295 du Code pénal, l’avocat général a demandé la condamnation de l’accusée à 18 ans de travaux forcés, « une peine qui sied à la gravité de l’acte ».

Me Omar Diop de la défense, très en verve, rétorque que le mari de sa cliente a témoigné en sa faveur en rappelant le bon comportement de l’accusée avec toute la famille. Dès lors, estime-t-il, l’enquête de personnalité est tronquée. Dans ce dossier, poursuit la défense, il manque des témoins, il n’y a que la version donnée par la victime et Holla Kâ. « Qui croire ? », se demande l’avocat, sans manquer de rappeler l’impérieuse nécessité de la certitude et de la matérialité des faits. Or, ajoute-t-il, les seuls éléments objectifs du dossier se trouvent être les deux altercations, tout le reste n’etant que spéculation. Me Diop de déclarer que tout ce qu’on peut reprocher à sa cliente, ce sont des coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Par conséquent, il a sollicité la disqualification des faits en coups mortels. « C’était une bagarre qui avait mal tourné et Holla Kâ est une victime dans cette affaire. Je demande une application bienveillante de la loi, car la préméditation et l’intention de donner la mort ne sont pas justifiées », estime l’avocat. La Cour a déclaré Holla Kâ coupable de coups et blessures volontaires avec préméditation ayant entraîné la mort. Cependant, des circonstances atténuantes lui ont été accordées, ce qui fait que la Cour l’a condamnée à huit ans de travaux forcés et a réservé les intérêts civils. En détention depuis le 8 juin 2004, elle purgera le reste de sa peine.


MAMADOU DIEYE
Source: Le Soleil

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Vendredi 29 Juin 2007

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